16/10/14

Le 5e Règne, de Maxime Chattam

Le 5e regne

La petite ville d'Edgecombe, en Nouvelle-Angleterre, est sens dessus dessous lorsque la police fait la découverte d'un nouveau crime d'enfant. Le shérif Hannibal n'a pas l'ombre d'une piste et voit arriver un agent du FBI, Glenn Ferguson, pour lui prêter main forte. Mais celui-ci commence à s'engager sur un sentier pentu, impliquant des théories peu rationnelles. Allô, Mulder ? Des puissances occultes auraient-elles élu domicile dans cette bourgade paisible ?

Ou serait-ce ce vieux grimoire, trouvé dans un grenier par une bande d'ados, qui aurait déclenché les hostilités ? Toujours est-il que Sean, Lewis, Zach, Tom, Eveana et Meredith ont mis le doigt dans l'engrenage, ils ont ouvert un livre interdit et libéré son pouvoir démoniaque. Les voilà maintenant aux prises d'hallucinations effroyables, se sentent poursuivis par des yeux rouges et entendent des bruits dans leurs placards...

Ils seront vite dépassés par la situation, qu'ils ne peuvent expliquer aux adultes. Pris à leur propre piège, devant affronter seuls des ennemis redoutables, ils vont vivre un cauchemar éveillé, sous les traits d'un Ogre qui dévore les enfants et rôde dans l'ancienne usine désinfectée, mais aussi d'un trio diabolique, débarqué de nulle part, qu'il vaut mieux éviter de croiser le soir dans une ruelle. Mamma mia !

C'est à vous filer des frissons dans le dos ou je ne m'y connais pas. L'ambiance, digne d'un roman de Stephen King (je ne compte plus les ressemblances), est crépusculaire, sourde, oppressante, mystérieuse et inquiétante. Même les éléments sont déchaînés (il pleut constamment et ça dégénère en cyclone !). Cela vous plante le décor, et c'est plutôt efficace. En tout cas, c'est parfait en cette saison automnale, dédiée aux lectures qui font peur. ;o)

J'ai également beaucoup apprécié les personnages, surtout Lewis, dont les réparties rigolotes ont plus d'une fois permis de détendre l'atmosphère. Certes, il y a aussi pas mal d'incongruités, comme la quasi absence des parents, qui vivent leur vie en marge, sans se soucier du maniaque en ville et du couvre-feu en vigueur. Les adolescents sont en roue libre, même l'encadrement au lycée est très léger. Ce sont des détails, et je chipote, car franchement c'est une lecture prenante et forte en sensations, qui a su me scotcher du début à la fin. 

Pocket, janvier 2012 pour la présente édition (éditions du Masque, 2003, sous le pseudonyme de Maxime Williams)

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14/10/14

La théorie Gaïa, de Maxime Chattam

La Théorie Gaïa

Un couple de scientifiques, Peter et Emma DeVonck, accepte sans réfléchir une mission secrète qui va les conduire, l'un à l'observatoire du pic du Midi et l'autre à Fatu Hiva, en Polynésie française, dans le but de vérifier si les équipes de chercheurs sur place ne profiteraient pas de financements occultes pour se livrer à des expériences interdites. Or, la réalité sur le terrain est beaucoup plus effarante.

À l'instar des personnages totalement incrédules, on avance à l'aveugle, dans ce cauchemar sans nom. L'histoire, racontée par alternance, donne également le tournis en proposant deux ambiances différentes, l'une glaciale et l'autre tropicale. Mais toutes deux ont en commun d'être mystérieuses et angoissantes à souhait. L'auteur n'a pas fini de nous surprendre et nous réserve encore un tas de surprises et de sensations fortes. Car Chattam est redoutable, dans ce livre il fait peu de cas de l'action (lente et quasi inexistante), au profit de la suggestion. Un principe que j'ai trouvé diaboliquement efficace ! Du moins, les émotions sont palpables et le suspense entier. Chaque fin de chapitre est terriblement frustrante, puisqu'il faut généralement attendre le tour prochain pour connaître la suite (surtout pour l'histoire d'Emma... nettement plus effrayante, j'enrageais après chaque chute !).

En bref, c'est du bon, du brut, du suggestif, pour un thriller qui donne à réfléchir sur nos actes et les conséquences sur la planète (réchauffement climatique). La tension constante du récit est parfaitement rendue par l’interprétation sobre et intense de Laurent Jacquet. Excellent audiolib qui fait passer les 14 heures d'écoute comme une lettre à la poste. 

Audiolib, juin 2008 ♦ texte intégral lu par Laurent Jacquet (durée d'écoute : 14h environ) ♦ suivi d'un entretien de 45 minutes avec l'auteur 

Ce livre s'inscrit dans le Cycle de l'homme et de la vérité, en troisième position après Les arcanes du chaos et Prédateurs. Nul besoin de les lire dans l'ordre établi.

02/09/14

La Patience du diable, de Maxime Chattam

Il est clairement préférable d'avoir lu La Conjuration primitive avant celui-ci.

La Patience du diable

L'histoire nous renvoie auprès de Ludivine Vancker, lieutenant à la Section de Recherche de Paris. La jeune femme est encore fortement traumatisée après les douloureux évènements survenus dix-huit mois plus tôt. Elle a tout tenté pour garder la tête hors de l'eau, même un stage chez le criminologue Richard Mikelis, avec qui elle a appris à cerner la sombre psyché des dangereux sociopathes. Très attachée à son boulot, elle peut s'appuyer sur une équipe solide et efficace, dont Segnon, son socle, sa valeur sûre, qui veille sur elle comme un bon papa gâteau.

Bref, un soir, en région parisienne, l'équipe intervient pour une arrestation de dealers, mais découvre avec horreur qu'ils ne transportent pas de la drogue, mais de la peau humaine ! Une découverte que les inspecteurs ne recoupent pas tout de suite avec la soudaine épidémie de violence qui sévit en France : deux ados qui tirent sur les passagers d'un TGV, des bombes artisanales déposées dans des salles de cinéma, des pistolets à eau remplis d'acide abandonnés dans un centre commercial, un commando suicide dans un restaurant... Le monde est devenu fou !

Mais tout ceci rappelle tristement à Ludivine la sinistre « conjuration primitive », une théorie flippante à laquelle elle avait été confrontée, et qui semble se rejouer sur les mêmes accords, à un seul détail près : l'implication du diable en personne. Hallucinations ou nouveaux préceptes délirants? La gendarmerie est à cran. Le lecteur aussi. Parce qu'on nous assomme de nouveau avec une succession de violence, avec force détails macabres et sanguinolents, et qu'on n'a pas le temps de dire ouf que les faits nous abreuvent, nous étouffent.

C'est la mécanique imparable de M. Chattam, et c'est sombrement efficace. Le livre est peut-être un tout petit peu moins bon que le précédent, avec un goût de réchauffé, mais le résultat est au final infaillible : on ne lâche jamais le morceau et on gobe tout !! La version Audiolib est en cela angoissante à souhait. La réalisation sonore étant quasi inexistante, cela vous fige une ambiance, glaciale et stressante, c'est bluffant. La lecture a de nouveau été confiée à Sylvain Agaësse, qui avait parfaitement réussi à instaurer une tension palpable dans le précédent opus et renouvelle brillamment l'exploit.

On sort de là avec le sentiment d'avoir vu ses cauchemars réveillés et sa paranoïa exacerbée ! Un cocktail de sensations dérangeantes mais tellement grisantes, qui nous fait revenir livre après livre...

Audiolib, juillet 2014 ♦ texte intégral lu par Sylvain Agaësse (durée d'écoute : 14h 45) ♦ éditions Albin Michel, mai 2014

11/02/14

La conjuration primitive, de Maxime Chattam

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Oh, purée ! Quelle lecture sensationnelle, mais ô combien éprouvante ! L'histoire débute quelque part dans les montagnes, un jeune gendarme toque à la porte d'un profiler à la retraite, puisqu'il aurait besoin de ses précieux services pour aider sa brigade à résoudre une affaire complexe. Le type dit niet, avant de se rétracter suite à un énième acte abominable, relayé par la presse. Une redoutable machination est en place, qui impliquerait tous les tordus de France et Navarre à se mobiliser pour faire entendre leur Cause et créer une nouvelle donne.

Bon sang de bon sang ! C'est qu'on ne rigole pas du tout. Et je vous épargne les scènes abjectes des faits et autres méfaits de ces malades, qui prennent leur pied en bichonnant leurs penchants sadiques. Parfois je me disais, ouf l'auteur va faire l'impasse, il s'arrête juste au moment crucial, et puis non ... quelques lignes plus loin, on est en plein dedans, dans la gadoue, dans l'innommable, l'impensable, l'intolérable. Mais comment il fait, l'auteur, pour jongler entre sa petite vie tranquille et son univers d'écrivain sans cesse au bord du gouffre  ?!!

J'adore les thrillers qui me collent des sueurs froides, avec Chattam c'est comme avaler un café sans crème et sans sucre, tellement noir que ça vous filerait presque un ulcère à l'estomac, mais pas de problème, j'en veux encore ! Pourtant, l'histoire est rude, les rouages grinçants, irritants, le rythme infernal, la bascule dans l'horreur est incessante, la surenchère n'est pas loin, mais j'étais déjà cuite. Je me suis même surprise à vouloir mettre mon quotidien entre parenthèse pour reprendre ma lecture et connaître la suite de l'histoire.

La version Audiolib est sans fausse note, juste un poil agaçante dans l'interprétation du profiler, mais il faut dire aussi que, même sur papier, c'est un type aux aptitudes surestimées, qui ne fait que de la figuration dans la résolution de l'intrigue et qui apparaît simplement en monsieur-je-sais-tout la plupart du temps. Un rôle surfait, pas assez exploité ! L'interprétation de Sylvain Agaësse ne nous le sauve pas, puisqu'il lui donne un air docte et désagréable ! Sinon, l'équipe de la Puzzle Squad est très attachante. La mise en scène est flippante à souhait, elle tient en haleine, nous plonge dans l'angoisse et l'horreur, le contrat est rempli, le lecteur mis k-o.

Audiolib, janvier 2014 - texte intégral lu par Sylvain Agaësse (durée d'écoute : 13h) - éditions Albin Michel, mai 2013

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12/11/08

Autre-Monde : l'Alliance des Trois - Maxime Chattam

 

Amis lecteurs, voici un brillant roman qui saura vous capturer dans sa toile pour ne plus vous relâcher avant d'avoir ingurgité les quelques 400 pages et des poussières. C'est signé d'un auteur réputé - Maxime Chattam. Je le connaissais de nom mais j'avais toujours tourné autour sans m'y intéresser. Cette première rencontre est une découverte, pour moi. Et j'en suis particulièrement ravie ! 

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5115SDk9SmL__SS500_L'histoire débute à New York, un peu avant les fêtes de fin d'année. Matt et ses deux camarades, Tobias et Newton, traversent la ville sans but précis. Par dépit, ils se rendent chez le vieux Balthazar, le patron d'une boutique d'objets bizarres. Ce type n'aime pas les enfants, il les accueille en beuglant de déguerpir. Mais Matt s'aperçoit que l'homme est entortillé avec le corps d'un serpent. Non, ceci n'est pas un piège, c'est beaucoup plus effrayant. L'adolescent se sauve et confie à ses amis son étrange sensation d'avoir été témoin d'un truc qu'il n'aurait pas dû voir.
Bref, chacun rentre au bercail. Noël arrive, en même temps qu'une tempête jugée colossale selon les chaînes d'informations. D'un seul coup, un froid polaire tombe sur la ville, des bourrasques de vent et des coupures de courant s'enchaînent. Matt préfère se coucher, malgré l'angoisse qui monte. Et au cours de la nuit, il est réveillé en sursaut. C'est trop calme dehors, le ciel est zébré par des éclairs de lumière. C'est plus qu'une simple foudre, cela ressemble à une main de fer qui s'introduit dans tous les appartements new-yorkais. 
Dans quel but ?
C'est bientôt au tour de l'immeuble de Matt et ses parents. Il faut agir au plus vite, mais le garçon de 14 ans n'aurait jamais pu imaginer ce qui l'attendait.

L'Autre-Monde est une trilogie qui raconte le bouleversement de notre société égoïste et inconsciente qui verrait ainsi la disparition des adultes pour la sauvegarde des enfants et adolescents afin de rebâtir un monde meilleur. La planète détraquée s'est vengée et a choisi de faire un tri en confiant son destin entre des mains jugées plus innocentes.

Ecologique, ce roman ?
En quelque sorte.
Car il nous fait signe, il nous interpelle. Il lance un message : L’Homme est-il toujours au sommet de la chaîne alimentaire ? L'Enfant est-il appelé à sauver le monde ? Et quel avenir pour la planète ?

L'intrigue est très habilement construite, autour de son jeune héros - Matt - et de ses futurs compagnons d'infortune. Qui sont-ils ? Ce sont les Pans, des enfants rescapés qui se sont regroupés pour unir leurs forces et affronter les Gloutons et les Cyniks. Ces derniers sont des créatures mutantes et des rares adultes rendus sauvages par le dérèglement du monde.
Tout est proprement chamboulé.
Je vous laisse découvrir l'ampleur des dégâts et je charge l'adrénaline (que j'ai bien sûr ressentie !) pour le reste.

Lorsque j'ai commencé cette lecture, c'était en toute ignorance de son histoire. Je me suis donc laissée embarquer et je ne regrette pas l'effet de surprise !
C'est un roman captivant et curieux, axé sur le fantastique, et qui recrée une ambiance mélangeant Sa Majesté des Mouches, Tolkien et les Goonies (film vu tout récemment, d'ailleurs).
Au début l'atmosphère est assez angoissante, telle une lente traversée de l'enfer vers l'inconnu frileux. On accompagne les acteurs principaux en faisant communion avec leurs émotions. Tout y est : la curiosité, le doute, la peur, la panique, le courage, le dégoût et la volonté.
Lorsqu'on arrive enfin dans l'île aux enfants, chez les Pans, on sent aussi un changement dans l'histoire. Cela devient mieux ! J'aimais déjà l'entrée en matière, mais mon enthousiasme est encore monté d'un cran. 
On y découvre alors des manoirs hantés, des dons attribués aux enfants dont l'organisme a été altéré, des créatures qui ont triplé de volume, et des chauve-souris qui attaquent en bande soudée, comme si elles étaient à la recherche de quelqu'un en particulier.
De son côté, Matt n'est pas en peine : il souffre de cauchemars, se sent la cible d'une menace noire, malsaine et imminente. Il fait alliance avec deux camarades, car il a surpris des conversations dénonçant un complot au sein des Pans. L'adolescent va chercher à démasquer le traître, en même temps qu'il s'habitue à cet Autre-Monde.

C'est très chargé comme synopsis, mais c'est admirablement bien étalé. Les pièces du puzzle trouvent peu à peu leur place, mais le résultat ne nous laisse pas pour autant repu et soulagé car il faut rebondir et s'armer de patience pour partir vers d'autres aventures !

Ce roman mettant en scène des enfants et adolescents peut être lu par un public jeunesse, mais pas seulement ! (Mon cheval de bataille contre les préjugés sur la littérature dite de jeunesse est prêt à ruer dans les brancards !)
C'est un roman qui brasse moults genres : l'aventure épique, le parcours initiatique, la quête philosophique. Et j'en passe.
Je reprendrai simplement les propos de l'auteur, qui dit que ce livre est un grimoire. « Prenez garde si vous décidez de tourner la page, il vous faudra une baguette magique : votre âme de rêveur. Celle que bien des gens perdent en devenant adultes. »
La possèdez-vous encore ? Telle est la question. Je ne doute pas de votre réponse.
Bonne lecture !

Albin Michel, novembre 2008 - 483 pages - 20€

Et une bande-annonce pour se mettre dans l'ambiance : 

 

 

L'avis de Madame Charlotte

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