01/09/17

Jusqu'à l'impensable, de Michael Connelly

Jusqu'à l'impensableÀ force de tirer sur la corde, en usant de méthodes arbitraires pour résoudre ses petites enquêtes, Harry Bosch a été poussé à la retraite, avec un sérieux  blâme à la clef. Profitant de cette période de flottement, son demi-frère, l'avocat Mickey Haller, lui demande de remplacer son enquêteur au pied levé, suite à un étrange accident de moto. Haller a besoin de lui pour prouver l'innocence de son client, accusé d'un crime qu'il jure n'avoir pas commis. Forcément, Bosch fait la grimace - ce n'est pas éthique de soutenir la défense après des années passées au LAPD. S'il franchit la ligne jaune, il n'y aura plus de retour possible. Bosch n'étant toutefois plus à une contradiction près accepte de rencontrer Da Quan Foster, puis de jeter un œil à son dossier avant de farfouiller à droite et à gauche. Très vite, notre amateur de jazz et de justice flairera un parfum douteux autour de cette affaire qui fait bizarrement tomber les suspects, les enquêteurs et les rares témoins... 

Encore un très bon épisode de la série, laquelle s'apprécie à sa juste valeur, et davantage si l'on suit chronologiquement la parution des romans ! Bosch s'embarque donc dans une énième enquête semée de coups fourrés et de révélations sordides, selon un schéma classique mais conduit avec efficacité. J'ai beaucoup aimé. Ce sont presque 12 heures qui défilent dans nos oreilles, à écouter le comédien Jacques Chaussepied, lequel incarne désormais un Bosch à jamais cabochard et allergique à toute forme de corruption. Un rendez-vous qui ne déçoit pas les attentes, et qui me laisse dans l'expectative d'une prochaine collaboration entre les deux frangins. Une combinaison toujours réjouissante.

©2015 / 2017 Hieronymus, Inc. / Avec l'accord de Little, Brown and Company, Inc. / Calmann-Lévy. Traduit par Robert Pépin

(P)2017 Audiolib - Texte lu par Jacques Chaussepied (durée : 11h 50)

 


31/05/16

Mariachi Plaza, de Michael Connelly

Mariachi Plaza Audiolib

Je transgresse mon principe de précaution en lisant la dernière aventure de Harry Bosch, faisant ainsi un bond dans le temps pour retrouver notre ami proche de la retraite, cantonné au service Cold Case, et qui s'accroche à son poste comme un forcené pas pressé d'être rangé au placard. Pour l'occasion, il doit superviser la formation d'un récent transfert, Lucia Soto, la gloire montante de la police, tout juste auréolée de la médaille du mérite pour sa bravoure lors d'une fusillade au cours de laquelle son collègue a trouvé la mort. Pour couronner les premiers pas du jeune prodige, les deux enquêteurs sont chargés du dossier Orlando Merced, un mariachi qui vient de succomber à ses blessures, dix ans après les faits qui avaient fait grand bruit (un échange de coups de feu sans explication et des tonnes de supputations inabouties). L'autopsie a permis de retirer la balle traîtresse et de lancer les policiers sur un début de piste. Cette affaire sera rapidement complétée par un autre Cold Case concernant un incendie criminel impliquant des enfants, dont Lucia quand elle était gamine. Ce drame terrible n'a jamais cessé de la hanter. Aussi profite-t-elle de sa fraîche promotion pour tirer au clair son passé obscurci par des cauchemars. De fil en aiguille, les deux enquêtes vont se télescoper et apporter de l'ampleur à la lecture qui manquait un peu de tonus depuis sa mise en route. La conduite de l'intrigue renoue ensuite avec la mécanique routinière en servant les rebondissements d'usage et en gonflant le rythme au fil des chapitres, car ces retrouvailles avec Harry Bosch collent sans surprise au standard de la série et sont ni plus ni moins ordinaires. J'apprécie toujours autant les clins d'œil, les blagues entre initiés et Matthew McConaughey (bien  meilleur que Clint Eastwood). La fin est juste excellente et s'inscrit en point d'orgue dans le parcours de notre Super Harry Bosch, ce qui présage un prochain tome à contre-courant des attentes habituelles (il faut lire le résumé de The Crossing pour s'en convaincre et s'émoustiller du retour de Mickey Haller). Chic !

Texte lu par Jacques Chaussepied pour Audiolib, mai 2016 (durée : 12h 50)

Traduit par Robert Pépin (The Burning Room) pour les éditions Calmann Lévy

Mariachi Plaza (Harry Bosch 20) | Livre audio

©2014 / 2016 Hieronymus / Calmann-Lévy. Traduit de l'anglais par Robert Pépin (P)2016 Audiolib

👾.👾.👾.👾.👾.👾

Voir Clint Eastwood incarner Terry McCaleb dans Créance de sang et Matthew McConaughey jouer Mickey Haller dans La Défense Lincoln vous a gêné pour écrire leurs autres aventures ? - J’avais peu écrit sur eux avant leur adaptation. Clint a totalement obscurci l’image de Terry dans ma tête. Matthew… Il est tellement bon que je le vois maintenant quand j’écris les livres sur Mickey Haller mais ça ne me gêne pas.

Article paru dans Studio Ciné Live – Hors-série n°29 – Avril 2015

 

19/04/16

La lune était noire, de Michael Connelly

La lune était noire CL

Cassie Black est en liberté conditionnelle, après avoir passé cinq ans en prison pour complicité dans une série de cambriolages dans les casinos. Elle tente aujourd'hui de mener une existence rangée et se fait la plus discrète possible, même si son moral est au plus bas. Elle a perdu son compagnon, Max, vit seule et travaille chez un concessionnaire de voitures de luxe, voit fréquemment son agent de probation mais peine à masquer son coup de blues. Car Cassie vient d'apprendre une nouvelle douloureuse, qui l'oblige à renouer avec son passé pour obtenir de l'argent au plus vite et prendre la fuite sur une île dans le Pacifique. Le coup n'a rien d'exceptionnel, puisqu'il consiste à récupérer une mallette bourrée d’argent dans la suite d’un casino de Las Vegas. Cela implique de retourner au Cleopatra, lieu chargé de mauvais souvenirs, et de se remettre à niveau pour déjouer la sécurité. Cassie est motivée et se sent capable de gérer la situation. Et puis, tout dérape... L'individu qui vient d'être spolié est retrouvé mort sur son lit. Miss Black est en fuite, Jack Karch du Cleopatra se lance à ses trousses. Seulement, les méthodes de cet agent spécial, dépêché par le casino, sont musclées et impitoyables. Le type est déterminé à reprendre le magot, il va pister la détrousseuse et semer des cadavres sur son passage.

Je vous épargne les détails technologiques et les interminables anecdotes sur l'art d'accomplir le casse parfait - cela s'éternise sur 150 pages et c'est long, très long pour un début. D'entrée de jeu, le rythme est cassé et j'ai eu beaucoup de mal à accrocher à l'histoire. La course-poursuite entre Cassie et Karch tente ensuite de relever le niveau et donne du piquant à l'intrigue, mais l'ensemble demeure néanmoins glaçant et manque de vibrations. Connelly a voulu bousculer ses habitudes, en se glissant dans la peau d'une femme, qui plus est un escroc. Et ça ne colle pas du tout ! J'ai été assez déçue - trop de longueurs et manque d'empathie au programme. Je tape du poing sur la table et réclame le retour de Harry Bosch ! ^-^

Traduit par Robert Pépin (Void Moon, 2000) pour les éditions Calmann-Lévy ♦ Le Livre Poche, Janvier 2012

La lune était noire LdP

11/04/16

L'Envol des anges, de Michael Connelly

Lenvol des anges

Harry Bosch et ses deux équipiers, Kizmin et Edgar, sont convoqués en pleine nuit sur une scène de crime survenu dans le célèbre funiculaire de L.A. où a été assassiné le célèbre avocat des droits civiques, Howard Elias, réputé pour ses procès fracassants contre la police. L'homme est une icône chez la communauté noire de la ville, aussi tous les services ont été réquisitionnés pour enquêter en priorité sur l'affaire, de crainte d'une nouvelle flambée de violence (comme les émeutes qui ont suivi l’affaire Rodney King ou le procès d’O. J. Simpson). Harry est contraint de bosser avec John Chastain, des enquêtes internes, avec lequel il a souvent eu maille à partir. Le meurtre d'Elias remet aussi sur le tapis l'assassinat d'une fillette, dont le principal suspect, accusé à tort, a porté plainte contre les bavures policières, avec coups et blessures. L'affaire Howard Elias devient donc un imbroglio administratif et judiciaire dans lequel il faut montrer patte blanche pour chaque initiative, chaque dossier à compulser, chaque témoin à rencontrer. Les services font officiellement front commun, même si Harry est la tête pensante de l'investigation, son caractère fort et indépendant risque de se sentir à l'étroit au sein de ce consensus. Et puis son horizon sentimental est à nouveau bouché, obscurci par une épouse mal dans sa peau, qui a cédé à ses vieux démons du jeu. C'est donc avec impuissance et frustration que notre homme voit sa douce lui filer sous le nez. 

Cet épisode est un bon cru de la série, d'abord pour ses touches d'humour (enfin!) et ses références au cinéma (Clint Eastwood, Créange de sang, Terry McCaleb). Puis, parce qu'on y découvre les rouages du système américain et le jugement est sans appel - l'auteur rend compte des dérapages et des violences pouvant survenir lors des interrogatoires musclés et fait état des arrangements pour servir au public un bouc-émissaire et calmer les esprits échauffés. Même le crime devient politique. Évidemment, Bosch se lèvera seul contre tous pour préserver son intégrité mais ne sortira pas indemne de son jusqu'au-boutisme. “C'était le cri des anges déchus qui plongent vers l'enfer. Il savait qu'il ne pourrait jamais se permettre de l'oublier.”

Le Livre de Poche (Policier) / Mai 2012 ♦ Traduit par Jean Esch (Angels Flight)

Lenvol des anges CL

Calmann-Lévy / Robert Pépin Présente

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

24/03/16

Créance de sang, de Michael Connelly

Créance de sang

L’ex-agent du FBI, Terry McCaleb, se remet tout doucement d'une opération à cœur ouvert. Astreint à un repos forcé, il profite de l'occasion pour bichonner son bateau et occupe son temps libre entre la pêche et éplucher ses vieux dossiers. La visite d'une inconnue, Graciela Rivers, vient cependant perturber sa tranquillité alors qu'elle se présente comme étant la sœur de Gloria Torres, abattue à bout portant alors qu'elle faisait ses emplettes, laissant son fils orphelin. Ce drame a cependant été profitable à Terry, désormais le récipiendaire du cœur de la victime. En l'apprenant, McCaleb est sous le choc et accepte d'enquêter sur le meurtre de Gloria. La suite de l'intrigue n'est cependant pas aussi époustouflante qu'un habituel roman de Connelly, on a les rebondissements et le suspense d'usage, l'ensemble se laisse lire avec plaisir, mais il lui manque ce petit truc capable de faire la différence. Terry McCaleb n'a d'abord pas su me convaincre, c'est un personnage éteint, qui a tendance à verser dans la sensiblerie (imaginez Clint Eastwood dans son rôle convient tout à fait !). De plus, le bouquin se noie dans des niaiseries sentimentales qui rendent l'histoire et son sujet (le traitement des dons d'organes) beaucoup trop mielleux ou pas crédibles du tout. Sans être une déception, le roman est quelconque, avec une fin nunuche et mortifiante. En somme, on a un rendez-vous attendu et classique, parce que c'est du Connelly, mais la lecture est assez sommaire. Il est temps de retrouver Harry Bosch... ;-)

Traduit par Robert Pépin pour les éditions du Seuil (Blood Work)

Points coll. Policier / novembre 2013 pour la présente édition

bannerfans_17181035 Hitchbannerfans_17181035 Hitchbannerfans_17181035 Hitch


21/03/16

Le Cadavre dans la Rolls, de Michael Connelly (Harry Bosch #5)

Le cadavre

Suite à son coup de déprime, cf. Le dernier coyote, Harry Bosch vient tout juste de retrouver sa place au sein de la brigade criminelle, avec une promotion à la clef en tant que chef de son équipe comprenant Jerry Edgar et Kizmin Rider (nouvelle venue). Pour célébrer la fin du weekend du Labor Day, un concert du Philharmonique est donné en plein air, alors que Bosch est appelé, non loin, pour enquêter sur l'assassinat d'un producteur de cinéma, Tony Aliso, tué d'une balle dans la tête, le corps retrouvé dans le coffre de sa Rolls. Une exécution sommaire, qui semble porter la signature du crime mafieux. Mais Bosch n'est pas du style à se satisfaire des apparences et entend chercher plus loin. Il rencontre la veuve, glisse ses pas dans ceux de la victime, se rend à Vegas, négocie avec la police urbaine, se mouille avec la pègre locale et se coltine une fois encore les affaires internes. Une triste habitude pour notre inspecteur précédé de sa réputation d'empêcheur de tourner en rond. Au-delà de toutes ces tractations et magouilles politiques et judiciaires, Harry va également se confronter à un fantôme de son passé - l'inoubliable Eleanor Wish, croisée dans Les égouts de Los Angeles - avec laquelle il a très, très envie de faire un bout de chemin. Et plus encore. 

Ce tome recense l'aspect le plus bling-bling de la ville des anges et sa jumelle racoleuse - Vegas et ses casinos, ses clubs, ses hôtels, son argent sale, sa mafia et ses blondes fatales... Par certains aspects, on aurait presque pu s'imaginer dans un polar des années 50, à la Raymond Chandler (Veronica Aliso est un cliché du genre). Harry est cependant très éloigné de Philip Marlowe et choisit de nous surprendre avec ses idylles qui lui donnent des ailes et le font accomplir des merveilles ! Whooo... Ce tome m'inspire donc plusieurs sentiments et oscille entre le pur roman noir, l'épisode indissociable d'une série qui ne cesse de s'enrichir et la lecture de pure distraction avec des rebondissements à la clef, un coupable insaisissable et des fausses pistes lâchées exprès pour étourdir le quidam. Un rendez-vous indiscutable. 

Points, coll. Policiers, thrilles & romans noirs ♦ Juin 2014 pour la présente édition

Traduit de l’anglais par Jean Esch (Trunk Music) pour les éditions du Seuil

bannerfans_17181035 (2)bannerfans_17181035 (2)bannerfans_17181035 (2)

17/03/16

Le Poète, de Michael Connelly

Le poète

Je n'ai pas abandonné Harry Bosch, seulement je tente de suivre au plus près l'ordre chronologique des livres de Connelly. Et donc... Le Poète. Classé parmi les meilleurs polars de tous les temps. Sans exagération. Voilà qui catalogue d'office cette lecture parmi les plus stressantes et attendues au tournant. Je ne vais pas vous faire languir et avouer de suite que le rendez-vous a été à la hauteur des espérances !

L'histoire concerne le journaliste Jack McEvoy, anéanti par le suicide de son frère, Sean, un policier qui ne supportait plus le stress de son boulot et l'échec de  l'affaire Theresa Lofton (une jeune étudiante sauvagement assassinée). Voulant comprendre les raisons de son geste tragique, Jack reprend tout à zéro et remarque assez rapidement plusieurs cas de suicide à travers le pays concernant d'autres flics éreintés par une grosse enquête non aboutie. La coïncidence est troublante, mais n'en attire pas moins le FBI, en la personne de l'agent Rachel Walling, aussi belle que redoutable, et dont la première intervention est aussi sexy que musclée. Jack est sous le charme et négocie finement pour rester au cœur de l'action, au nom de son frère, mais aussi pour la primeur du scoop et rendre justice à des victimes incomprises (le serial killer a trop longuement sévi en toute impunité). La suite de ses investigations continuera de le traîner loin, très loin, notamment sur la piste d'Edgar Allan Poe (point commun avec Les Mots qui tuent de Martha Grimes), ainsi que sur des terrains vagues où Jack va s'embourber à plus d'un titre. Connelly use de nombreux subterfuges pour égarer les enquêteurs (et le lecteur) et nous assomme avec une succession de pistes et de fausses pistes - qui rendent cependant le rythme haletant et le dénouement inattendu et époustouflant. Son seul point faible, à mon goût, réside dans ses interludes romantiques, maladroits et encombrants, qui servent inutilement l'intrigue ou la pimentent de façon lourdaude. Mais je lui pardonne aisément car il me tarde de plonger à nouveau dans son univers de mec bourru, qui rend le tout pas mal addictif.

Calmann-Lévy / ROBERT PÉPIN PRÉSENTE ♦ Juin 2015

Traduit par Jean Esch pour les éditions du Seuil (The Poet, 1996)

Le Poète Points

Points / Mai 2013 pour la présente édition

14/03/16

Le Dernier coyote, de Michael Connelly

le dernier coyote editions retrouvees

Harry Bosch, on le sait, est colérique, impulsif et sanguin, du genre à s'emporter en claquant les portes et en crachant les pires insultes. Sa manie de passer au-dessus des ordres et de franchir constamment la ligne jaune a fini par lasser sa hiérarchie, qui le contraint à suivre une thérapie avec le Dr Carmen Hinojos. Bosch est en pétard, mais prend peu à peu conscience du mal qui le ronge - le meurtre de sa mère, Marjorie Lowe, survenu trente ans plus tôt et jamais résolu. Il comprend alors qu'il est temps pour lui de s'y pencher, pour peut-être débloquer ce verrou tenace qui l'enserre depuis l'enfance. Toutefois, plonger dans le passé de call-girl de sa mère est extrêmement éprouvant pour Bosch. Bien que frappé d'interdiction d'enquêter (il a également rendu son badge), il se sert de l'identité de son supérieur, Harvey Pounds, pour mener ses investigations et pénétrer les hautes sphères de l'administration dans l'espoir d'éclairer les relations sulfureuses de Marjorie (elle entretenait une liaison avec un politicien en vogue). Mais cette manœuvre sera lourde de conséquences, pour Harry... qui va goûter à l'amertume de son insolence et conserver en bouche une aigreur persistante.  

Cette lecture est étonnante de sensibilité et prend aux tripes dans son initiative de vouloir percer la carapace de notre inspecteur revêche et le délivrer de ses démons. Certes, Harry traverse une mauvaise passe et collectionne les coups durs (Sylvia l'a quitté et sa maison est à deux doigts de s'effrondrer depuis le tremblement de terre qui s'est produit près de Los Angeles en janvier 1994). Il n'aime pas s'épancher sur son triste sort, mais doit reconnaître qu'il a un mauvais karma à soigner. Et c'est décidément dans le rôle du sauveur des causes perdues qu'il est le plus fort, avec ce cas le plus personnel de sa carrière à appréhender. Le dénouement de l'intrigue ne manquera pas non plus de déstabiliser le lecteur... j'ai d'ailleurs pensé à la série Cold Case pour l'émotion, l'ambiance nostalgique, l'injustice et le suspense du contexte. De fait, c'est un roman sombre et poignant, mais qui ne transforme pas Harry Bosch en personnage mollasson et pétri de douleur pour autant. Loin de là ! L'épisode est très bon et constitue une partie d'un tout, je ne peux qu'enchaîner avec la suite... ;-) 

Les éditions retrouvées / Mars 2015

Traduit par Jean Esch pour les éditions du Seuil (The Last Coyote, 1995)

Le dernier coyote

Points / Septembre 2015 pour la présente édition

 

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

02/03/16

La Blonde en béton, de Michael Connelly

La Blonde en béton CL

Quatre ans après avoir tué Norman Church, le principal suspect dans l'affaire du Dollmaker, Harry Bosch doit rendre des comptes devant les tribunaux, accusé par la famille du défunt de grave erreur policière. Notre inspecteur tient bon la barre, contre vents et marées, affrontant les foudres de l'avocate Money Chandler, dont la spécialité consiste à épingler les dérapages des forces de l'ordre. La position de Bosch reste inflexible, jusqu'au jour où ses collègues sont prévenus de la présence d'un corps, coulé dans le béton, qui porte toutes les traces du serial killer, alors que celui-ci avait déjà été tué. Cette nouvelle découverte ébranle les certitudes de notre super-flic, qui doit agir vite et bien, et ce dans la plus grande discrétion, pour ne pas alerter l'accusation ni la presse. Mais l'étau se resserre et la paranoïa gagne du terrain. Bosch pointe du doigt l'éventualité d'un copieur et l'existence d'autres corps. Son enquête vole en éclats par la faute d'une taupe au sein de son équipe. Harry se sent acculé mais tente de cerner au mieux la personnalité du criminel et multiplie les suspects. Le dénouement est ainsi une succession de rebondissements après maintes déductions et tentatives d'approcher le coupable. Et c'est super bien rendu. Le scénario, haletant et habile, nous cueille par le nez pour nous guider là où il faut, quand il faut.

Ce roman est aussi pour moi la conversion ultime à la série Harry Bosch dont les deux premiers tomes (Les égouts de Los Angeles et La Glace noire) n'avaient pas su me charmer au-delà du possible. Cette fois, l'alchimie a opéré et je suis fatalement conquise. Bosch est un flic teigneux, pas sympa, mais sa force et sa détermination sont aussi la dynamique de la lecture, qui jongle entre la procédure judiciaire et la quête du serial killer, deux directions fort palpitantes pour l'intrigue. J'ai entrepris de suivre la série par ordre chronologique et vais découvrir ça avec grand plaisir dorénavant ! 

Calmann Levy / Robert Pépin présente (Mai 2014)

Lire le premier chapitre de "La Blonde en béton"

 

La blonde en béton   La blonde en béton LdP 2015

Points Policier (Mai 2012) / Le Livre de Poche (Mai 2015)

Traduit par Jean Esch (The Concrete Blonde, 1994)

Posté par clarabel76 à 10:30:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

19/05/15

Dans la ville en feu, de Michael Connelly

Dans la ville en feu

Vingt ans après les émeutes de Los Angeles, Harry Bosch décide de revenir sur l'Affaire Blanche-Neige : une journaliste danoise a été exécutée dans une ruelle, sa famille n'a jamais abandonné le combat pour connaître la vérité. La présence sur place d'une douille a permis à la balistique de remonter une piste fumeuse - guerre des gangs, suspects sous les verrous - mais Harry ne se satisfait pas des conclusions et va pousser plus loin ses investigations, bravant, une fois encore, l'autorité de son supérieur. On lui colle dans la foulée une enquête interne, mais notre inspecteur n'en a cure avant de se braquer et d'envisager une approche différente avec les gens qui lui sont proches (« David » Chu !). Toujours cette attitude de rebelle au grand cœur, de flic bourru et obstiné, du type qui fonctionne à l'instinct sitôt qu'il flaire une piste... Cette 18ème enquête ne nous surprend pas ou plus. C'est comme retrouver un bon vieux pote, en territoire conquis et familier. Au micro, Jacques Chaussepied, le lecteur pour Audiolib, conforte par son ton et son interprétation le caractère bonhomme de notre lascar. C'est confondant d'authenticité et rend la lecture saisissante, sans fausse note.

Audiolib, Avril 2015 ♦ Texte lu par Jacques Chaussepied (durée : 11h 27) ♦ Traduit par Robert Pépin (The Black Box) pour les éditions Calmann-Lévy