30/05/14

Ne reculer devant rien, par Ally Carter

Mission de haut vol T02 ne reculer devant rien

Ce deuxième tome a comblé toutes mes attentes, je l'ai lu très vite, en le savourant pleinement. On retrouve Katarina Bishop, entourée de ses complices, face au challenge de leur vie : dérober la célèbre pierre précieuse, l'Émeraude de Cléopâtre, lourde d'un héritage familial et historique, mais hélas porteuse d'une malédiction. En bref, le casse est strictement interdit. Mais Kat n'en fait qu'à sa tête, elle se croit en charge de réparer une injustice qui dure depuis des décennies. Sauf que, la belle histoire se complique et va toucher pile notre héroïne dans son orgueil. Notre petit génie doit revoir sa copie, mais sa confiance en a pris un coup dans l'aile. Naturellement elle peut s'appuyer sur le soutien indéfectible de Hale, irrésistible et imperturbable, même si parfois ses limites semblent être poussées à bout ! Le résultat n'en est que plus savoureux et surprenant. Si, si. Le succès de cette série tient autant sur sa palette de personnages, tous très attachants, que sur le ton drôle et décomplexé de l'intrigue. Franchement, on se moque si le fond est improbable et tarabiscoté, car c'est l'exemple parfait de la petite lecture légère, distrayante et agréable à découvrir. Espérons que le 3ème tome, disponible en VO depuis février 2013, tombe dans l'escarcelle de l'éditeur français !

préalablement publié sous le titre de : La vie cachée de Katarina Bishop, tome 2 : Criminels d'exception ♦ Michel Lafon, juin 2012 ♦ traduit par Françoise Hayward

disponible en format poche, Michel Lafon poche, avril 2014

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23/05/14

Mission de haut vol, par Ally Carter

Mission de haut vol

Je n'ai fait qu'une bouchée de cette lecture, franchement délicieuse et virevoltante. Katarina Bishop appartient à une grande famille de cambrioleurs, experts dans le vol d’œuvres d'art depuis des générations. La jeune fille a bien tenté de quitter le métier pour finir ses études, mais elle vient de se faire expulser pour une mauvaise blague dont elle est totalement innocente. En vrai, c'est sa famille qui veut lui remettre le pied à l'étrier car son père a besoin d'aide. Il est soupçonné d'avoir volé une série de tableaux rares chez un collectionneur richissime, mais peu commode, qui veut à tout prix les récupérer. Kat s'envole donc de Londres à Paris, en passant par New York, Las Vegas, Naples, Vienne et Varsovie. Elle rassemble ses troupes, monte son propre casse, se désolidarise de son mentor, bref met tout en œuvre pour sauver la peau de son père, qui a déjà Interpol aux trousses. Vavavoum. On n'a vraiment pas le temps de s'ennuyer, l'intrigue peut paraître insensée, mais elle est riche en rebondissements et maintient le suspense jusqu'au bout. Et n'oublions pas les personnages, tous plus attachants les uns que les autres, à commencer par Kat, dont l'histoire familiale entretient un voile de mystère, puis Hale, son inséparable bras droit, riche héritier, drôle, protecteur, on craque forcément. Ce début de série est très prometteur, enlevé, passionnant, je lis la suite sans plus attendre.

préalablement publié sous le titre de : La vie cachée de Katarina Bishop, tome 1 : Vols en haute société ♦ Michel Lafon, février 2011 ♦ traduit par Françoise Hayward

disponible en format poche, Michel Lafon poche, mars 2014

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Hantée, tome 1 : Les ombres de la ville, par Maureen Johnson

en poche ! 

Hantée

À Londres, un assassin hante les rues de la ville, en réveillant la légende de Jack l'Éventreur. Rory, arrivée depuis peu sur son campus à Wexford, fait peu de cas de l'affaire et privilégie son adaptation en douceur. L'ambiance, immédiatement, nous apparaît sombre et flippante même si c'est avant tout un roman très adolescent dans l'âme, avec des préoccupations toutes simples, comme le fait de se retrouver nouvelle à l'école, de bûcher ses leçons, de sortir entre amis ou d'avoir un béguin pour un garçon. En fait, l'auteur a choisi d'adopter un rythme nonchalant, où l'on glisse ses pas dans ceux de Rory, avec l'illusion d'une petite vie normale, sauf qu'elle va se se rendre compte qu'elle est capable d'apercevoir l'ombre du tueur légendaire. Un fait troublant, mais passionnant. D'ailleurs, plus on avance dans l'histoire, et plus on quitte la sphère du mignonnet pour entrer dans une gamme plus fantastique. Le résultat n'en est que plus ensorcelant, mystérieux et totalement dépaysant.

Michel Lafon poche, avril 2013 ♦ traduit par Maud Desurvire

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13/05/13

“Never Forget Who You Are Because Its Like Forgeting Water Is Wet, The Sun Is Bright, Snow Is Cold.”

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Gene, le narrateur, est un humain qui vit parmi les vampires. Il doit, bien évidemment, masquer sa condition de pauvre homiféré en se faisant passer pour un vamp, aussi entretient-il une hygiène de vie irréprochable (se raser le corps, l'enduire d'une bonne couche d'onguent pour ne pas attraper de coup de soleil, ne pas transpirer, ne jamais sourire, afficher un air terne et stoïque, ne pas faire preuve d'intelligence en classe...). C'est son père qui lui a tout appris, avant que celui-ci succombe à son tour à une morsure.

Désormais seul, blindé pour survivre coûte que coûte parmi leurs ennemis, Gene se rend la nuit au lycée et tente de mener l'existence ordinaire d'un adolescent comme les autres. Lui aussi participe à l'excitation collective au sujet de la Loterie, qui consiste à désigner une poignée de gagnants pour participer à une traque monumentale des quelques homiférés élevés en batterie, nourris et soignés pour gâter les appétits des chasseurs.

Eh oui, c'est particulièrement glauque et peu ragoûtant, mais cela peut faire son petit effet auprès des lecteurs avides de sensations fortes. Pour ma part, je n'ai pas trop adhéré à cette histoire, où l'on ne nous explique pas pourquoi l'ennemi a pris la place de l'homme, ni pourquoi Gene tient absolument à se jeter dans la gueule du loup et à vivre au sein de leur communauté. Certes, il n'y aurait pas d'histoire non plus. Mais j'ai trouvé celle-ci maladroite, passable et racontée sur un ton morne et ennuyeux.

De plus, Gene n'est pas un héros digne de ce nom, au contraire il s'avère souvent couard et passif lors de circonstances déterminantes, au mieux il suit la tendance, au pire il subit ce qui se précipite autour de lui. Même son histoire d'amour avec l'éblouissante, mais non moins mystérieuse, Ashley June n'a pas su allumer la plus petite étincelle d'intérêt chez moi. En fait, j'ai fini par être exaspérée par le personnage de Gene, très mauvais dans son rôle, ce qui a altéré le plaisir que j'aurais pu avoir à découvrir ce roman.

Traqué, par Andrew Fukuda
Michel Lafon, 2013 - traduit par Benjamin Kuntzer

12/12/12

“She was the purest, biggest truth.”

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Mackie Doyle n'est pas un garçon ordinaire, avec ses cheveux blancs, sa peau très pâle, son air de souffrir dès qu'il s'approche du fer, ses maux de tête et sa fatigue perpétuelle, bref le garçon est un adolescent effacé, qui ne sort qu'avec sa bande de potes, certains soirs, pour écouter du rock ou jouer au billard, mais sinon il reste chez lui, où on fait comme si tout va bien, ses parents ont remisé l'inox au fond des placards, seule sa soeur Emma est attentive à ses baisses de régime.

Pourquoi ? Car des années plus tôt, c'est elle qui a surpris une silhouette se glisser dans la chambre de son frère, s'approcher du berceau, s'emparer du bébé et en déposer un autre avant de s'enfuir. C'est une pratique courante dans la petite ville de Gentry, mais personne n'ose en parler ouvertement. Un récent drame risque de secouer toute la communauté, lorsque la fille aînée des Stewart, Tate, prétend que ce n'est pas sa soeur qu'on vient d'enterrer et qu'elle va remuer ciel et terre pour avoir des réponses. Elle se tourne vers Mackie, qui panique et s'enfuit.

Sa santé le mettant de plus en plus au supplice, Mackie fait appel aux seules personnes susceptibles de l'aider, des personnes comme lui, qui vivent dans des galeries souterraines, qui font semblant d'être comme tout le monde, qui se nourrissent des émotions humaines et qui tentent de communiquer, à leur façon, de l'énergie. Mais ce marché a un prix, Mackie doit accepter le deal, ou sinon la Méchante de l'histoire va sortir ses griffes et faire un massacre.

L'histoire est superbement parée d'un climat sombre, oppressant et mystérieux, c'est particulièrement fascinant, mais sitôt qu'on soulève le voile, qu'on gratte les artifices, on découvre une intrigue qui se réduit comme une peau de chagrin. Vraiment très peu consistante. C'est à se demander si la magie essentielle de ce livre ne réside pas entièrement dans son univers, gothique et effrayant, car les éléments autour sont vides d'intérêt. C'est même assez simpliste, jusqu'à la fin, pas très folichonne non plus. Si vous aimez les romans d'ambiance, les petites villes hors du commun, avec leurs légendes qui font peur, vous apprécierez de connaître Gentry, "un océan de monospaces, de pelouses et de golden retrievers".

L'Echange, par Brenna Yovanoff
éd. Michel Lafon, 2012  -  traduit par Isabelle Saint-Martin

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20/11/12

La Célibataire

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Voilà une BD charmante, qui combat les clichés de la jeune femme célibataire (non, elle ne passe pas ses soirées en pyjama devant une comédie romantique à manger de la glace à même le pot !) et qui nous offre, en une succession de planches et d'anecdotes, une vision positive, fraîche et pétillante, de la jeune femme qui s'affirme, s'interroge, cherche sans trouver, mais sans désespérer non plus.

Non, le célibat n'est pas tabou ! Ce n'est pas une honte non plus. Et la vie de couple, avec les horaires des biberons ou les soirs de match, est-ce franchement le rêve ? Quand on vous dit que l'herbe est toujours plus verte ailleurs... ;)

Allez, on rigole, on respire, on prend le temps de lire les tribulations de cette célibataire bien dans sa peau, et on se marre réellement. La vision du célibat fait sourire, elle flirte avec les clichés, montre les bons et mauvais côtés, sans jamais friser le ridicule, ni exagérer (ou juste un peu). Il est aussi question de la quête du Grand Amour, de l'ex sur lequel il faut tirer un trait, se dire qu'on est beaucoup mieux sans lui, qu'il faut aller de l'avant, fantasmer, sortir, rencontrer de nouvelles têtes et ne pas trop écouter les proches avec leurs bons conseils (ou en prendre et en laisser). En somme, il suffit d'être bien avec soi-même et vivre sa vie sans se soucier du reste.

Cette bande dessinée aura le don de vous mettre de bonne humeur, c'est léger et très agréable à parcourir, de plus j'ai beaucoup aimé les dessins de Magalie Foutrier, bien mariés avec l'humour d'India Desjardins, qui est aussi l'auteur du Journal d'Aurélie Laflamme, la série fétiche des adolescentes. Une chouette découverte, sans prétention. 

La Célibataire, par India Desjardins et Magalie Foutrier
Michel Lafon, 2012

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09/10/12

"Je suis son oxygène qu'il meurt d'envie de respirer."

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C'est une relecture pour moi, puisque j'avais découvert ce roman en VO (en novembre dernier). J'avais eu un vrai coup de coeur pour lui, tant il m'était apparu envoûtant et admirablement écrit. Aussi j'étais soucieuse de la traduction, car il y a dans ce livre une véritable magie stylistique, un exercice de haute voltige au cours duquel l'auteur livre les émotions, les sensations, les pensées de l'héroïne. C'est pur, beau, sincère et touchant. Vraiment, j'avais été subjuguée. Donc il me tenait à coeur de vérifier que la magie existait encore...

Juliette est internée dans une cellule depuis 264 jours, accusée d'un crime. Son drame, c'est de posséder le don de tuer rien que par le toucher. Son cas a été étudié, analysé, décortiqué, mais jamais expliqué. Ses parents ont eu honte, l'ont abandonnée, normal que Juliette se sente désormais misérable. Un jour, un garçon la rejoint dans sa cellule. Il s'appelle Adam, il est bavard, trop curieux, il pose des questions, il ne la quitte pas des yeux et c'est tout son monde qui s'écroule. Un dénommé Warner va également la prendre en otage, vouloir obtenir d'elle des faveurs, l'installer dans ses beaux quartiers, lui offrir de belles robes, l'inviter à partager des repas copieux. Il a pour secret désir de faire d'elle son arme contre le monde extérieur et la résistance...

Il faut ouvrir ce roman sans chercher à connaître tous ses secrets, car l'histoire renferme plusieurs tiroirs cachés et c'est toujours grisant de les trouver, de les ouvrir, de s'extasier. Cela rend la lecture encore plus tourbillonnante, plus prenante. Il faut aussi découvrir Juliette, une héroïne faussement vulnérable et tellement attachante, de même que Warner et Adam sont deux personnages attirants et troublants, avec du potentiel, des drames enfouis, du sex-appeal et du mystère. Pas de triangle amoureux en plat du jour, mais une grande complexité dans l'art de dresser des relations mystérieuses, sensuelles et vénéneuses. En bref, c'est bluffant !

J'ai donc relu ce roman avec gourmandise, passion et enthousiasme. Comme pour la première fois, j'ai trouvé la fin de l'histoire particulièrement déroutante. Attendons la suite des réjouissances pour mieux juger. Pour l'heure, l'opération séduction est en marche : la traduction est scrupuleuse, je n'ai pas complètement retrouvé l'étincelle de la VO, mais cela n'enlève en rien le charme de l'histoire, des personnages, etc. Il faut goûter ce roman, l'apprivoiser, l'aimer pour ce qu'il offre et promet d'offrir ! 

Belle lecture à tous,
le comité Clarabel

Insaisissable, tome 1 : Ne me touche pas, par Tahereh Mafi 
éditions Michel Lafon, 2012 - traduit par Jean-Noël Chatain

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23/06/12

Une fille avec un souhait dans le coeur.

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Hazel pensait réaliser son rêve en rencontrant sa mère biologique, mais en réalité elle découvrira qu'il est définitivement trop tard et toutes ses chances se sont envolées en fumée. Effondrée, elle murmure alors un souhait puis s'endort. Au moment de son réveil, elle se retrouve dix-huit ans plus tôt, sur l'île de Martha's Vineyard. L'énigmatique couturière de Mariposa de la Mission a encore mis son grain de sel en confiant une robe d'exception à une fille qui désespérait d'avoir une seconde chance.

C'est donc l'été, le temps est magnifique, Hazel rencontre Rosanna, une artiste peintre qui accepte de l'héberger dans sa grande maison, où d'autres jeunes ont élu domicile pour les vacances, comme Luke, notre prince charmant de service, et Julia, dont le tempérament revêche fait souvent soupirer Hazel. Mais les secrets ne font pas long feu sur cette île, et même en tant que lecteur on devine facilement les ficelles de l'histoire, rien de surprenant, donc, et ce n'est pas gênant non plus. On retrouve à travers les pages du roman une douce et chaleureuse ambiance, un air de parfum estival, agréable, dépaysant, nostalgique aussi. L'héroïne est une jeune fille émotive, qui s'accroche à ses espoirs comme à sa bouée de secours. C'est, selon moi, une jolie lecture pour les vacances, avec une petite dose de magie qui fait très conte de fées !

Fais un voeu, tome 2 : Trois chances pour tout changer par Alexandra Bullen
éd. Michel Lafon, 2012 - traduit de l'américain par Florence Mantran 

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13/06/12

Post-Chaos 2029

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Depuis deux ans, Sarah et Adam sont en fuite. Cachés dans une forêt, ils sont rattrapés par des motards qui kidnappent Mia. Obligés de suivre Saul, le meneur, Adam et Sarah vont être conduits dans une institution où se tiennent des expériences secrètes. Le but de Saul est de s'emparer des nombres des autres, mais Adam a reçu un choc sur la tête et se sent complètement désarçonné, comme s'il avait perdu la mémoire. De son côté, Sarah, enceinte, tente de sortir de cet enfer, afin de préserver le secret de Mia.

C'est le dernier tome de la série, et pour moi c'est aussi le meilleur. J'ai toujours eu beaucoup de mal avec l'ambiance que Rachel Ward a tenté de communiquer, pas que l'effet chape de plomb me mette mal à l'aise, mais j'avais surtout le sentiment d'assister à une course-poursuite effrénée, où l'espoir n'était jamais permis. A la longue, ça usait. Ce troisième tome se conclut donc avec panache, non sans avoir flirté avec les affres du manichéisme à un point de non-retour. La lecture se veut tellement angoissante, mais tellement prenante aussi. J'ai apprécié d'en finir ainsi, de façon nette et précise, tout à fait logique également. Verdict sur la série : sympathique, stressante et pas du tout guillerette.

Intuitions, tome 3 : Infini par Rachel Ward
Michel Lafon, 2012 - traduit par Isabelle Saint-Martin 

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10/05/12

The Name of the Star

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Débarquant de sa Louisiane natale, Rory compte profiter de son année scolaire pour parcourir la ville de Londres. Mais au même moment, un crime horrible vient d'être commis pas loin de son école, un crime dont la mise en scène n'est pas sans rappeler les actes du célèbre Jack the Ripper. Rory fait peu de cas de cette affaire et de la presse, à la place elle se familiarise avec sa nouvelle vie à Wexford, son pensionnat anglais. Et c'est son train-train quotidien qu'on suit avec moult détails, non dénués d'intérêt bien sûr.

Très clairement, ce roman apparaît faussement monotone, chuchotant une bande sonore envoûtante, très discrète, et qui confirme l'idée que l'ambiance n'est pas qu'anodine, mais sombre et flippante. L'enquête criminelle à laquelle Rory va joindre sa participation bien malgré elle occupe peu à peu le terrain, sans toutefois crever l'écran, j'ai particulièrement aimé cette façon de faire, en distillant les indices, en plaçant délicatement les pions sur la carte, le reste n'est qu'attente. On a aussi un roman très adolescent dans l'esprit, avec des préoccupations toutes simples, comme le fait de se retrouver nouvelle ou étrangère à l'école, de bûcher ses leçons, de sortir entre amis ou d'avoir un béguin pour un garçon. Pas de romance au programme, ce n'est pas un mal non plus.

Ce roman a décidément beaucoup de choses à partager, et à faire découvrir. Le mieux, c'est d'accepter de suivre le rythme nonchalant, de glisser ses pas dans ceux de Rory, une héroïne en apparence ordinaire, qui va se découvrir des facultés qui risquent de tout bouleverser. D'ailleurs, plus on avance dans l'histoire, et plus on quitte la sphère du laisser-faire pour entrer dans une gamme plus fantastique. C'est surprenant, mais très bien amené. Maureen Johnson prouve ici qu'elle sait raconter des histoires et se renouveler. C'est en effet très différent des lectures, aussi plaisantes soient-elles, de Suite Scarlett ou 13 Little Blue Envelopes. C'est ensorcelant, c'est mystérieux et c'est totalement dépaysant.

Hantée, tome 1 : Les Ombres de la ville, par Maureen Johnson
éd. Michel Lafon, 2012 - traduction de Maud Desurvire 

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