10/11/17

David Bowie n'est pas mort, de Sonia David

David Bowie n'est pas mortJe suis clairement dans une thématique à fendre l'âme, ces temps-ci, et j'enchaîne les lectures bouleversantes à un point... Je ne suis plus qu'une flaque de larmes, c'est dit. Ce roman de Sonia David a également fait big-bang dans mon cœur et ma tête. Il a pour lui de parler de famille dysfonctionnelle, de parents qui s'éteignent, de deuil à absorber, de souvenirs à redorer, de portraits sans fard à dessiner... C'est tout ça, mais c'est surtout terriblement personnel, ça résonne partout, ça vous touche et ça vous interpelle.
Hélène a 52 ans et deux sœurs, Anne et Émilie, qui ont respectivement 55 et 49 ans. Elles mènent chacune une existence autonome et se voient une fois par an pour conforter leur lien sororal. Fin mai 2015, Hélène apprend par téléphone la mort de sa mère. Un choc, plutôt qu'un chagrin, car Hélène avait pour sa mère, égoïste et fantasque, des sentiments contradictoires. Un an plus tard, c'est au tour de son père de tirer sa révérence - un père doux et mystérieux, qui aimait défendre ses idées avec ardeur.
Hélène et ses sœurs, Anne et Émilie, sont donc tiraillées entre la tristesse et la colère, jugeant, blâmant, condamnant. Leur mère était une “connasse” sans cœur, qui ne montrait jamais son affection, mais exerçait un chantage affectif à sa façon. A contrario, leur père brillait en société, se passionnait pour les débats et luttait contre les injustices, il avait abandonné le foyer familial, refait sa vie et s'était brouillé avec l'une de ses filles, il en souffrait mais avançait sans se retourner. Hélène et ses frangines ont ainsi grandi entre le marteau et l'enclume, se forgeant au mieux leur force de caractère et leur désir d'indépendance. Elles ont rapidement mis les voiles pour échapper au naufrage, mais se retrouvent pour gérer ensemble le deuil, pour évoquer leurs souvenirs, pour ranger, jeter, classer les papiers, pour organiser les funérailles, et disperser les cendres, pour se lancer dans des démarches administratives et renoncer à leur héritage.
Au milieu de ces deux disparitions, vient se glisser David Bowie. L'artiste est décédé début janvier 2016. Et avec lui, s'envole une autre part de l'enfance et déferlent les réminiscences d'un passé oublié. C'est toutefois à travers lui que la narratrice parvient à tisser les liens familiaux, à reconstruire son arbre bancal et à retrouver sa place sur l'échiquier. Elle nous raconte son histoire avec force et authenticité, c'est tout à la fois émouvant et bouleversant. D'une grande justesse, et d'une sincérité aussi magnifique que déconcertante.
En somme, j'ai beaucoup, beaucoup aimé. 

Fantastique Micky Sebastian qui est la lectrice pour Audible Studios de cette histoire renversante. 


>> Ce livre audio est proposé en exclusivité par Audible et est uniquement disponible en téléchargement.

©2017 Robert Laffont (P)2017 Audible Studios. Texte lu par Micky Sebastian - Durée : 4 h 18 

 

 

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17/01/17

Terminus Elicius, de Karine Giébel

TERMINUS ELICIUSSecrétaire dans un commissariat de police à Marseille, Jeanne prend le train chaque jour depuis Istres en s'installant toujours sur la même banquette. Un soir, elle trouve une lettre adressée à son nom. Un certain Elicius lui déclare sa flamme, puis lui révèle un autre aspect de sa personnalité. C'est lui l'auteur des crimes en série qui mettent à cran le capitaine Esposito avec lequel Jeanne travaille. Sous le choc, la jeune femme est d'abord tentée de tout raconter à son supérieur avant de se raviser. Pourquoi ? Jeanne est une petite souris au physique quelconque, à l'existence insipide et aux troubles obsessionnels compulsifs. Fragile et émotive, elle va lier avec cet individu une relation amoureuse, aussi inconvenante soit-elle, et qui la fait fatalement basculer dans des délires profonds.
Le roman part ainsi loin dans la spirale de la folie et des troubles comportementaux. C'est assez prégnant, au point d'en ressentir un sentiment de malaise. Je le répète, je ne supporte pas les désaxés dans les bouquins. Hélas pour moi, Karine Giébel en a fait une constante, cf. Juste une ombre par exemple, d'où un sentiment de ras-le-bol et de frustration ! Je n'ai pas aimé le personnage de Jeanne (sa psychose, son abrutissement, sa démence et sa paranoïa...). Bref. C'est étouffant et très dérangeant. Mais d'un autre côté, c'est toute la force de l'intrigue dont on découvre les rouages à force d'avancer dans le brouillard. L'ambiance est lourde, on ne porte aucun crédit à ce qu'on nous raconte et on s'embarque dans cette sinistre aventure en redoutant le pire. J'ai néanmoins trouvé le dénouement étriqué et peu ambitieux. J'espérais mieux. Et la soudaine “prise de conscience” du capitaine Esposito est trop risible pour l'envisager sérieusement. Premier roman de l'auteur, préalablement publié en 2004 aux éditions La Vie du Rail, Terminus Elicius a été remis au goût du jour par Belfond mais accuse encore une certaine verdeur, un manque de maturité, tout en laissant apercevoir son potentiel. Une nouvelle inédite (Aurore) est proposée en fin d'ouvrage, elle s'écoute en une heure et se révèle parfaitement anecdotique. Une lecture en demi-teinte, donc. 

Les amateurs de lecture audio auront plaisir de reconnaître en Micky Sebastian la voix de Sharon Stone ou de Samantha dans Sex and the City (Kim Cattrall). Son interprétation colle au mieux au caractère à fleur de peau de Jeanne, frôlant parfois l'hystérie, mais rendant l'histoire juste et sensible, glaçante d'effroi et d'angoisse. C'est saisissant, et néanmoins très bon ! 

Texte lu par Micky Sebastian pour Audible Studios- Durée : 8 h

>> Texte en version intégrale uniquement disponible en téléchargement sur le site Audible (exclusivité).

©2016 Belfond (P)2016 Audible FR

Terminus Elicius | Livre audio

Posté par clarabel76 à 11:30:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
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