09/12/13

#8PM, par Jeff Sampson

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J'ai été agréablement surprise par ce roman, même s'il m'a demandé un peu de temps pour m'habituer à son histoire fort mystérieuse, j'ai fini par lui trouver un certain potentiel. Car malgré les petits défauts ci et là, je suis sûre qu'ils seront corrigés par la suite pour offrir une intrigue plus dense, plus palpitante. Pour l'heure, c'est la mise en bouche, on goûte, on tâte, on s'interroge et on attend. Emily Webb est une jeune fille de 16 ans, réputée calme, discrète et timide. Pourtant, tous les soirs, après 8 heures (8pm), elle se transforme en une fille délurée, en quête de sensations fortes, de rencontres et d'interdits à braver. C'est plus fort qu'elle, comme si elle était soumise à une incontrôlable pulsion, sa personnalité se dédouble. Ce n'est pas seulement gênant, mais inquiétant pour elle, car depuis quelques jours un tueur en série rôde dans les rues de la ville et a déjà fait deux victimes.

Il faudra toutefois un peu de patience pour dépatouiller le croustillant derrière l'amoncellement d'informations et autres spéculations que nous sert l'auteur en début de roman. Cela peut paraître brouillon, alors que cela a le simple dessein de planter un décor et de cerner le contexte. On peut cependant se satisfaire de l'humour particulièrement corrosif de la jeune Emily et du suspense prégnant de bout en bout ! Pour un avant-goût prometteur, c'est plutôt pas mal. La série s'annonce étonnante et excitante, en trois tomes, la suite est déjà disponible #8PM : Effets Secondaires.

éditions Milan, coll. Macadam, octobre 2013, traduit par Mim (Deviant : 1.Vesper) ♦ Déception pour la couverture & le titre français, j'ai une préférence pour la maquette de l'édition américaine (en un clic). 

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12/11/13

Le Chat botté de Charles Perrault et Raphaël Gauthey

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À la mort de son père, un jeune homme se retrouve seul au monde. Sans argent ni maison, il s'en va par les chemins avec son chat. Oui mais voilà, ce n'est pas n'importe quel chat !...

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Penchons-nous maintenant sur cette version proposée par Raphaël Gauthey, au ton plus vif et moderne, sans le moindre soupçon de second degré. Soupirs.

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A vrai dire, ce qui m'a plu, immédiatement, dans cet album, c'est son format, son esthétisme et son beau papier. On comprend tout de suite qu'on a entre les mains un ouvrage d'une qualité remarquable ! Je suis moins sensible aux images et à l'ambiance générale de cette adaptation, mais c'est une question de point de vue...

Le Chat botté de Charles Perrault et Raphaël Gauthey (éditions Milan, septembre 2013)

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25/06/13

Rencontrer un véritable super-héros dans la vraie vie peut se révéler une expérience inoubliable

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Jack Vandal est le rejeton d'un couple de super-méchants, dont les projets de détruire la planète sont souvent contre-carrés par le Capitaine Justice, l'idole de toute une génération. Jack, lui, tente de mener une vie de collégien ordinaire, sous une fausse identité. Mais les choses se compliquent avec l'apparition de son Don (la combustion spontanée), mais surtout de Sophie Martin, la nouvelle élève qui semble aussi avoir un secret à préserver !

En fait, il s'agit de la fille du Capitaine Justice. Jack en reste bouche bée mais ne lui parle pas du poids de son héritage, seulement de son statut de super-héros. Certes, il doit choisir son camp mais ce n'est pas gagné. Être un super-méchant, pour lui, ce n'est pas une sinécure non plus. Ses parents ne le forcent pas, même s'ils le conduisent au Salon annuel du Super-Méchant, en tout bien tout honneur.

Cette lecture est extrêmement drôle et bien rythmée, cela a été une vraie bonne surprise au moment de la découvrir (je n'aime pas beaucoup la couverture). Les personnages sont étonnants, de pures caricatures, mais le trait est forcé exprès, sans jamais être lourd. L'auteur s'amuse à dépeindre un super-héros en véritable businessman en terme de marketing, tandis que les méchants font doucement rigoler (on les aime d'être si redoutables !). L'intrigue est simple, mais sait tenir en haleine. Il y a sans cesse de l'action, du rebondissement et beaucoup d'humour aussi.

Les enfants apprécieront, sans nul doute. Les parents également, en lecture orale notamment.

Jack Vandal, par Lee Bacon
Milan jeunesse, 2013 - traduit par Amélie Sarn
illustration de couverture : Sébastien Telleschi

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11/03/13

"I want to live in a world where I know the rules, where people are just people."

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Syrli Ainsley n’a jamais vu le ciel. Son monde se termine au bord de la barrière en forme d’immense dôme d’énergie qui entoure tout ce qui reste de l’humanité. Pendant des siècles, la ville a nourri cette barrière en puisant l’énergie magique que ses enfants engendrent quand ils atteignent l’adolescence.

Lorsque c’est au tour de Syrli, elle apprend qu’elle est plus qu’une adolescente, qu’elle appartient à la légende elle-même. Contrainte de fuir pour éviter de devenir à vie une sorte de batterie humaine, Syrli doit se battre et quitter son monde. Elle est traquée. Mais elle sait que d’autres adolescents semblables à elle ont fui et se cachent dans le bois de Fer.

Quel univers étrange et confus ! Longtemps j'ai eu le sentiment de n'y rien comprendre, c'est triste à dire. L'intrigue est aussi longue à se mettre en place, ce qui n'aide pas à trouver ses repères. Sincèrement j'ai peiné pour m'accrocher à cette histoire. Et puis les personnages sont vagues, pas très attachants non plus. J'ai traîné, attendu, espéré la petite étincelle ... finalement j'ai refermé mon livre de dépit. Pas du tout convaincue, séduite ou embarquée par ce qu'on me proposait. Dommage !

Syrli, par Meagan Spooner
Milan, coll. Macadam, 2013 - traduit par Guillaume Fournier

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09/03/13

Aucun retour n'est possible, lorsqu'on quitte l'univers du réel pour entrer dans celui où le mystique règne en maître.

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Nous retrouvons notre petit couple formé par Vincent et Kate avec une joie non feinte, c'est frais, mignon et attendrissant. Le roman s'ouvre sur une histoire qui étale leur bonheur comme des feux d'artifice dans le ciel. C'est enivrant si on s'attache à une manifestation romantique et idéalisée du premier grand amour. Et puis l'auteur nous vend du rêve parisien en long, en large et en travers. Paris, la ville des amoureux, revêt son costume de noblesse.

Donc, après le départ de Charlotte et Charles, ce sont Violette et Arthur qui se joignent à la bande des revenants dans leur lutte contre les numa. Ces derniers restent mystérieusement discrets, aussi la vigilance est de mise. Kate et Vincent ont scellé leur destin, mais la jeune fille craint toujours de le perdre. Aussi son beau prétendant a juré de trouver une solution pour leur permettre de vieillir ensemble. Il n'ose rien lui avouer, mais physiquement il affiche une mine fatiguée qui contrarie la demoiselle. Du coup, Kate prend l'initiative de faire ses propres recherches et investit un univers obscur bien trop dangereux.

Encore une fois, ce sont les derniers chapitres qui nous tiennent en haleine et nous font vivre des sensations fortes. L'intrigue n'est toutefois pas très surprenante, j'avais deviné un gros paquet des rebondissements, mais la lecture n'en est pas moins agréable. Il y a tous les ingrédients pour faire chavirer les petits cœurs sensibles : de l'action, du dévouement, de la trahison, du sacrifice, du combat et de l'amour aussi. C'est rondement bien mené, pas bouleversant non plus, c'est pour un public adolescent et c'est très, très bien comme ça. Le troisième tome, Qu'importe l'éternité, est déjà annoncé pour le mois de juin ! De quoi satisfaire notre curiosité.

Que la mort nous sépare, par Amy Plum
Milan, coll. Macadam, 2013 - traduit par Marie Cambolieu

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10/12/12

Les Chroniques de Wolf Springs, tome 1 : Déchaînés, par Nancy Holder et Debbie Viguié

“What kind of freaks are they? Is this some result of banjo inbreeding?”

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Katelyn vient de perdre sa mère, elle quitte la Californie pour s'installer chez son grand-père, Mordecai McBride, qu'elle ne connaît pas du tout. C'est un type rustre, qui aime la chasse et la solitude, il impose à sa petite-fille des règles de vie très strictes : pas de sortie la nuit tombée, pas de promenade dans la forêt environnante, pas de balade en solo, tout simplement, et des leçons pour apprendre à tirer avec une arme à feu. Huuu, quel scandale pour cette petite mijorée herbivore, qui passe son temps à se plaindre et à pleurnicher.

Déjà, Katelyn ne me plaît pas des masses ! Mais je fais l'impasse, après tout l'ambiance de Wolf Springs n'est pas dénuée de charme, si l'on apprécie le côté petite ville américaine, figée dans le temps, baignant dans ses légendes, ses mystères et ses secrets. Un peu de poudre aux yeux, et me voilà presque séduite. Katelyn entame sa vie de lycéenne, se lie d'amitié avec Cordélia, une solitaire qui ne s'entend pas non plus avec sa famille, et fait la route tous les jours avec Trick, le mauvais garçon aux blagues pourries, mais très chevaleresque, ce qui pourrait chatouiller la jeune fille.

Bon, celle-ci croise aussi le cousin de Cordélia, Justin le motard, et là c'est le coup de foudre. Du genre, magnétisme animal. Elle lui saute dessus, il lui avale la langue, elle s'accroche à lui comme à une bouée de secours, il pourrait la dévorer sur place. Ahem et triple ahem. Après ce petit flirt très poussé, Katelyn tente de remettre ses idées en place en bûchant sur son exposé (une vieille histoire sur une mine d'argent, et un Cerbère qui sème la terreur dans la région). Dans le même temps, Wolf Springs est frappé par une série de meurtres. Les langues se délient, les masques tombent, Katelyn court tous les risques et sa nouvelle meilleure amie ne cesse de pâlir, blêmir et balbutie des excuses à la gomme.

Au programme, donc, un enchaînement d'évènements, de non-évènements, de passions débridées, d'émotions fortes et de révélations fracassantes... Pfiou ! J'ai slalomé sur la piste entre le bon et le moins bon, mais au final je sors décontenancée par ma lecture, riche en promesses, mais tenues à la légère. Peut-être la faute à une construction malhabile, des personnages qui s'éparpillent et font des grands gestes en poussant des cris très fort, sans le moindre intérêt. C'est un peu dommage, j'avais perçu le potentiel du livre, mais au final il me laisse insatisfaite et frustrée. La suite tranchera ! Sans quoi, je suggère aussi la découverte d'une autre série méconnue, 13 to Life de Shannon Delany - j'en appelle aux éditeurs français !

Milan, coll. Macadam, 2012  -  traduit par Marie Cambolieu

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16/10/12

Les Excalibrius, ou les Pipelettes !

Une chronique familiale tendre et décalée.

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Ernest et Louise vivent dans un château. Ils ont pour amis trois monstres que leur royal père ne peut pas voir en peinture. En clair, les monstres  ont interdiction de mettre une patte ou une griffe dans le château ! Sauf qu'il est interdit d'interdire... Alors les enfants n'en font qu'à leur tête, souvent leur Mamyblou, une sorcière mauve, leur prête main forte avec ses sortilèges. Prière de ne pas en abuser. Gare aussi à celui qui chipe la baguette magique sans demander l'autorisation. Cette série, parue dans la revue Toboggan, est parfaite pour les enfants dès 6 ans. Ce sont pas moins de 27 histoires qui sont réunies ici (elles sont courtes, seulement 3 pages à chaque fois). J'ai vendu mon âme à cette collection, j'adore pratiquement tout ce qui sort chez eux (en tête, Grenadine et Mentalo ; Michel ; Raoul et Glouglou ; WafWaf et Captain Miaou ; Eddy Milveux ; Ariol ...) ! Les Excalibrius ont de quoi séduire eux aussi. Les dessins de Grégoire Pont sont plaisants et paraissent enfantins mais il ne faut pas sous-estimer les détails. Le scénario laisse entrevoir la vie d'une famille pas tout à fait comme les autres, mais les fondamentaux ne changent pas (des bêtises, rien que des bêtises, et des solutions !). Une chouette découverte, donc. Une lecture royale, avec un peu de magie, de fantaisie et d'humour. Un bon cocktail ! 

Les Excalibrius, tome 1 : Les enfants rois par Grégoire Pont
BD Kids, 2012

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Et pour les filles, qui se languissent après les nouvelles histoires de Mistinguette, Marie-Lune, Lucy Poids Plume ou du journal de Julie... voici un groupe de 4 copines à se mettre dans la poche. 

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Présentation des Pipelettes : Marie-Hélène ('intello amoureuse de son correspondant allemand), Agnès (à la chevelure rousse et aux tenues excentriques), les deux Anne (l'une est blonde aux yeux bleus, l'autre se sent plus quelconque...). Toutes les quatre sont élèves au collège et passent beaucoup de temps à papoter en classe, au grand dam des fayots du premier rang. Ce qui est bien, dans ce volume, c'est que l'histoire se suit sans être interrompue par des petits chapitres où on passe souvent à autre chose, en effaçant le reste. Là on est dans la continuité, les blagues potaches, les coups de coeur, les déceptions, la trouille, l'envie de plaire, les remises en question, les fâcheries avec les parents... autant d'anecdotes rigolotes et qui rappellent l'ordinaire de la vie, du moins celle qui touche essentiellement les jeunes lectrices à qui se destine cette série ! Récapitulons : humour un peu vache et taquin, mettant à l'honneur l'amitié entre copines, portrait d'une adolescence pétillante et exaltée... forcément cela plaît à la demoiselle de cette maison !

Les Pipelettes, tome 1 :  ... Taisez-vous !  par Anne Guillard
BD Kids, 2012   / planches parues dans le magazine Julie depuis 2009

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04/10/12

Des êtres humains, voilà ce que voit Margot. Avec tout ce qu'il y a de bon et de mauvais en chaque être humain.

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Par la faute de la couverture, que je ne trouve pas très avenante, j'étais moyennement motivée pour ouvrir ce livre. Et puis, en une soirée, j'ai d'abord jeté un oeil indiscret, lu le début, puis un chapitre, me suis installée dans un fauteuil, j'ai tourné les pages de plus en plus vite, n'ai pas osé interrompre ma lecture pour avaler un morceau, j'étais DANS l'histoire, complètement stupéfaite par ce que je découvrais, et surtout parce que je ne m'étais PAS DU TOUT attendue à un truc pareil.

En gros, ce n'est que du positif ! L'histoire débute bêtement, une adolescente n'a pas de nouvelles de son petit copain ni de sa meilleure amie, de mauvaises ondes à l'école cherchent à distiller le doute dans son esprit, mais un autre évènement vient interrompre le cours de ses pensées lorsqu'un prof s'écroule en classe, raide mort. Dans toute la ville, on ne compte plus le nombre de victimes ! Autre phénomène incroyable : les morts se relèvent et forment une armée de zombies. Sic.

La résistance s'organise, autour de Margot, son père Thierry, Lucas son copain, Pauline sa meilleure amie, Robert l'armurier pâtissier, Enzo le dévoreur de livres... Le rythme est vif, à aucun moment il ne nous est permis de souffler car l'histoire est racontée à un train d'enfer, cela se lit vite et bien, on est immédiatement pris dans le feu de l'action, on se pose mille questions, on se demande jusqu'où ça va nous mener, il y a même des sacrifices en bonne et due forme, on zigouille à tour de bras, on a juste le temps de hausser les sourcils et de lâcher un oh du bout des lèvres...

Enfin bon, vous voilà prévenus, ce roman a plus d'un tour dans son sac, il s'amuse à être trash et endiablé pour mieux nous accrocher à ses pages, et c'est tant mieux, car on passe un sacré bon moment ! C'est une digne découverte qui vaut qu'on ne s'attarde pas sur les impressions mitigées laissées par la couverture. Pour le reste, c'est ... sauve qui peut, zombies droit devant ! 

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Les Proies, par Amélie Sarn  (Milan, coll. Macadam, 2012)

Des êtres humains, voilà ce que voit Margot. Avec tout ce qu'il y a de bon et de mauvais en chaque être humain. Et elle espère, de tout son coeur, qu'ils auront un avenir.

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22/06/12

“Why does it say she has three hundred and twenty friends?" Josh asks. "Who has that many friends?”

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Ce livre m'a un bref instant fait penser à celui de Sarah Mlynowski, Parle-moi !, dont l'idée générale est assez proche : avoir la possibilité de prendre le contrôle de son avenir. Serait-ce vraiment une aubaine ? Cette histoire semble prouver le contraire. Nous sommes à la fin des années 90. Emma vient de recevoir un CD-Rom pour installer internet sur son nouvel ordinateur. Et là, surprise, elle découvre un site du nom de Facebook qui s'ouvre pile sur la page d'une personne qui s'appelle comme elle, Emma Nelson Jones, avec quinze ans de plus. Eh oui, elle a sous les yeux son propre futur !

Elle met aussitôt dans la confidence son meilleur ami Josh et ensemble ils commencent à bidouiller leur avenir pour s'éviter la perspective d'une vie peu folichonne, sauf qu'ils tombent rapidement dans le piège du « toujours plus » et en font une fixation. Résultat, ils en perdent leur spontanéité, leur libre-arbitre, ne prennent plus les bons choix et mettent leur amitié en péril. De plus, Josh et Emma se plaisent follement mais n'osent pas se l'avouer car ils ont peur des incidences sur le futur. Ils sont tombés dans le piège (garder le contrôle de leur vie) mais ont perdu innocence et fraîcheur.

J'ai vraiment beaucoup apprécié cette lecture, qui m'a fait sourire rien que par le gouffre générationnel : dans les années 90, on ne connaissait certes pas Glee, ni Harry Potter, et encore moins les SMS ou les blogs. Mais on ne vendait pas son âme aux réseaux sociaux, en étalant sa vie privée à la face du monde. Ce n'est toutefois pas un livre sur la nostalgie et l'idée que « c'était mieux avant ». Simplement une manière de rappeler qu'il faut se protéger (délivrez-vous des griffes de Facebook !), vivre l'instant présent et apprécier les petits détails d'une vie, certes pas toujours parfaite. La lecture est vraiment sympathique, mais pas idéalisée par cette couverture... tendance has-been. 

Profil, par Jay Asher & Carolyn Mackler
Milan jeunesse, coll. Macadam, 2012 - traduit de l'américain par Guillaume Fournier 

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30/05/12

"Puisque je te demande d'abandonner l'ordinaire, je ne compte t'offrir rien de moins que l'extraordinaire."

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Le roman d'Amy Plum raconte une très jolie histoire d'amour romantique, entre Kate, inconsolable depuis la mort accidentelle de ses parents, et Vincent, un garçon très beau mais tout aussi énigmatique. Exilée à Paris, chez ses grands-parents, Kate tente de reprendre goût à la vie, mais avec difficulté. Sa rencontre avec Vincent signe le début d'un espoir, vite douché par la réalité de la situation. Car la nature secrète de Vincent rappelle trop douloureusement à Kate la fragilité d'une vie humaine, de l'étincelle qui peut s'éteindre en un souffle, sans prévenir, et son âme meurtrie n'est pas encore prête à se risquer à un tel tourbillon d'émotions.

C'est à partir de cette vision idyllique et très romanesque que l'histoire se construit, tout en délicatesse. C'est savoureux à déguster, l'action n'est pas très présente puisque l'univers se dessine et fait apparaître certains enjeux, et même si la menace se profile, le dénouement se joue sans frémir. Ce premier tome ne fait que se consacrer à l'intrigue amoureuse entre Kate et Vincent (rencontre, éblouissement, séduction, prise de conscience du fossé qui les sépare, panique à bord, distance réparatrice, obsession, etc. etc.). On connaît la chanson ! Ce n'est pas désagréable à lire non plus, les personnages sont mignons, bien que le couple interprète trop souvent la sérénade de l'amour impossible avec une naïveté touchante, il ne faut pas hésiter à se tourner vers les personnages secondaires pour s'arracher un sourire canaille (Jules, notamment, figure en pôle position).

Ancrée dans ses clichés jusqu'au bout, l'histoire campe son intrigue à Paris, dans ses quartiers chics qui font presque passer la ville pour un village carte postale, en soulignant bien le charme et le sentiment de sécurité de la capitale, ahem. Tant de candeur inspire naturellement une sensation de bonheur, et c'est ce que je retiendrai de cette lecture (ou relecture, devrais-je dire, car j'ai lu le roman en VO la première fois) : c'est une lecture sentimentale et sensible, teintée d'une note mélancolique, pour toutes les âmes romantiques qui se respectent. La suite est déjà disponible, Until I die, mais pas encore traduite.

Plus encore que la vie, par Amy Plum
Milan jeunesse, coll. Macadam, 2012 - traduit par Marie Cambolieu 

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