11/03/13

"I want to live in a world where I know the rules, where people are just people."

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Syrli Ainsley n’a jamais vu le ciel. Son monde se termine au bord de la barrière en forme d’immense dôme d’énergie qui entoure tout ce qui reste de l’humanité. Pendant des siècles, la ville a nourri cette barrière en puisant l’énergie magique que ses enfants engendrent quand ils atteignent l’adolescence.

Lorsque c’est au tour de Syrli, elle apprend qu’elle est plus qu’une adolescente, qu’elle appartient à la légende elle-même. Contrainte de fuir pour éviter de devenir à vie une sorte de batterie humaine, Syrli doit se battre et quitter son monde. Elle est traquée. Mais elle sait que d’autres adolescents semblables à elle ont fui et se cachent dans le bois de Fer.

Quel univers étrange et confus ! Longtemps j'ai eu le sentiment de n'y rien comprendre, c'est triste à dire. L'intrigue est aussi longue à se mettre en place, ce qui n'aide pas à trouver ses repères. Sincèrement j'ai peiné pour m'accrocher à cette histoire. Et puis les personnages sont vagues, pas très attachants non plus. J'ai traîné, attendu, espéré la petite étincelle ... finalement j'ai refermé mon livre de dépit. Pas du tout convaincue, séduite ou embarquée par ce qu'on me proposait. Dommage !

Syrli, par Meagan Spooner
Milan, coll. Macadam, 2013 - traduit par Guillaume Fournier

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09/03/13

Aucun retour n'est possible, lorsqu'on quitte l'univers du réel pour entrer dans celui où le mystique règne en maître.

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Nous retrouvons notre petit couple formé par Vincent et Kate avec une joie non feinte, c'est frais, mignon et attendrissant. Le roman s'ouvre sur une histoire qui étale leur bonheur comme des feux d'artifice dans le ciel. C'est enivrant si on s'attache à une manifestation romantique et idéalisée du premier grand amour. Et puis l'auteur nous vend du rêve parisien en long, en large et en travers. Paris, la ville des amoureux, revêt son costume de noblesse.

Donc, après le départ de Charlotte et Charles, ce sont Violette et Arthur qui se joignent à la bande des revenants dans leur lutte contre les numa. Ces derniers restent mystérieusement discrets, aussi la vigilance est de mise. Kate et Vincent ont scellé leur destin, mais la jeune fille craint toujours de le perdre. Aussi son beau prétendant a juré de trouver une solution pour leur permettre de vieillir ensemble. Il n'ose rien lui avouer, mais physiquement il affiche une mine fatiguée qui contrarie la demoiselle. Du coup, Kate prend l'initiative de faire ses propres recherches et investit un univers obscur bien trop dangereux.

Encore une fois, ce sont les derniers chapitres qui nous tiennent en haleine et nous font vivre des sensations fortes. L'intrigue n'est toutefois pas très surprenante, j'avais deviné un gros paquet des rebondissements, mais la lecture n'en est pas moins agréable. Il y a tous les ingrédients pour faire chavirer les petits cœurs sensibles : de l'action, du dévouement, de la trahison, du sacrifice, du combat et de l'amour aussi. C'est rondement bien mené, pas bouleversant non plus, c'est pour un public adolescent et c'est très, très bien comme ça. Le troisième tome, Qu'importe l'éternité, est déjà annoncé pour le mois de juin ! De quoi satisfaire notre curiosité.

Que la mort nous sépare, par Amy Plum
Milan, coll. Macadam, 2013 - traduit par Marie Cambolieu

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10/12/12

Les Chroniques de Wolf Springs, tome 1 : Déchaînés, par Nancy Holder et Debbie Viguié

“What kind of freaks are they? Is this some result of banjo inbreeding?”

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Katelyn vient de perdre sa mère, elle quitte la Californie pour s'installer chez son grand-père, Mordecai McBride, qu'elle ne connaît pas du tout. C'est un type rustre, qui aime la chasse et la solitude, il impose à sa petite-fille des règles de vie très strictes : pas de sortie la nuit tombée, pas de promenade dans la forêt environnante, pas de balade en solo, tout simplement, et des leçons pour apprendre à tirer avec une arme à feu. Huuu, quel scandale pour cette petite mijorée herbivore, qui passe son temps à se plaindre et à pleurnicher.

Déjà, Katelyn ne me plaît pas des masses ! Mais je fais l'impasse, après tout l'ambiance de Wolf Springs n'est pas dénuée de charme, si l'on apprécie le côté petite ville américaine, figée dans le temps, baignant dans ses légendes, ses mystères et ses secrets. Un peu de poudre aux yeux, et me voilà presque séduite. Katelyn entame sa vie de lycéenne, se lie d'amitié avec Cordélia, une solitaire qui ne s'entend pas non plus avec sa famille, et fait la route tous les jours avec Trick, le mauvais garçon aux blagues pourries, mais très chevaleresque, ce qui pourrait chatouiller la jeune fille.

Bon, celle-ci croise aussi le cousin de Cordélia, Justin le motard, et là c'est le coup de foudre. Du genre, magnétisme animal. Elle lui saute dessus, il lui avale la langue, elle s'accroche à lui comme à une bouée de secours, il pourrait la dévorer sur place. Ahem et triple ahem. Après ce petit flirt très poussé, Katelyn tente de remettre ses idées en place en bûchant sur son exposé (une vieille histoire sur une mine d'argent, et un Cerbère qui sème la terreur dans la région). Dans le même temps, Wolf Springs est frappé par une série de meurtres. Les langues se délient, les masques tombent, Katelyn court tous les risques et sa nouvelle meilleure amie ne cesse de pâlir, blêmir et balbutie des excuses à la gomme.

Au programme, donc, un enchaînement d'évènements, de non-évènements, de passions débridées, d'émotions fortes et de révélations fracassantes... Pfiou ! J'ai slalomé sur la piste entre le bon et le moins bon, mais au final je sors décontenancée par ma lecture, riche en promesses, mais tenues à la légère. Peut-être la faute à une construction malhabile, des personnages qui s'éparpillent et font des grands gestes en poussant des cris très fort, sans le moindre intérêt. C'est un peu dommage, j'avais perçu le potentiel du livre, mais au final il me laisse insatisfaite et frustrée. La suite tranchera ! Sans quoi, je suggère aussi la découverte d'une autre série méconnue, 13 to Life de Shannon Delany - j'en appelle aux éditeurs français !

Milan, coll. Macadam, 2012  -  traduit par Marie Cambolieu

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16/10/12

Les Excalibrius, ou les Pipelettes !

Une chronique familiale tendre et décalée.

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Ernest et Louise vivent dans un château. Ils ont pour amis trois monstres que leur royal père ne peut pas voir en peinture. En clair, les monstres  ont interdiction de mettre une patte ou une griffe dans le château ! Sauf qu'il est interdit d'interdire... Alors les enfants n'en font qu'à leur tête, souvent leur Mamyblou, une sorcière mauve, leur prête main forte avec ses sortilèges. Prière de ne pas en abuser. Gare aussi à celui qui chipe la baguette magique sans demander l'autorisation. Cette série, parue dans la revue Toboggan, est parfaite pour les enfants dès 6 ans. Ce sont pas moins de 27 histoires qui sont réunies ici (elles sont courtes, seulement 3 pages à chaque fois). J'ai vendu mon âme à cette collection, j'adore pratiquement tout ce qui sort chez eux (en tête, Grenadine et Mentalo ; Michel ; Raoul et Glouglou ; WafWaf et Captain Miaou ; Eddy Milveux ; Ariol ...) ! Les Excalibrius ont de quoi séduire eux aussi. Les dessins de Grégoire Pont sont plaisants et paraissent enfantins mais il ne faut pas sous-estimer les détails. Le scénario laisse entrevoir la vie d'une famille pas tout à fait comme les autres, mais les fondamentaux ne changent pas (des bêtises, rien que des bêtises, et des solutions !). Une chouette découverte, donc. Une lecture royale, avec un peu de magie, de fantaisie et d'humour. Un bon cocktail ! 

Les Excalibrius, tome 1 : Les enfants rois par Grégoire Pont
BD Kids, 2012

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Et pour les filles, qui se languissent après les nouvelles histoires de Mistinguette, Marie-Lune, Lucy Poids Plume ou du journal de Julie... voici un groupe de 4 copines à se mettre dans la poche. 

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Présentation des Pipelettes : Marie-Hélène ('intello amoureuse de son correspondant allemand), Agnès (à la chevelure rousse et aux tenues excentriques), les deux Anne (l'une est blonde aux yeux bleus, l'autre se sent plus quelconque...). Toutes les quatre sont élèves au collège et passent beaucoup de temps à papoter en classe, au grand dam des fayots du premier rang. Ce qui est bien, dans ce volume, c'est que l'histoire se suit sans être interrompue par des petits chapitres où on passe souvent à autre chose, en effaçant le reste. Là on est dans la continuité, les blagues potaches, les coups de coeur, les déceptions, la trouille, l'envie de plaire, les remises en question, les fâcheries avec les parents... autant d'anecdotes rigolotes et qui rappellent l'ordinaire de la vie, du moins celle qui touche essentiellement les jeunes lectrices à qui se destine cette série ! Récapitulons : humour un peu vache et taquin, mettant à l'honneur l'amitié entre copines, portrait d'une adolescence pétillante et exaltée... forcément cela plaît à la demoiselle de cette maison !

Les Pipelettes, tome 1 :  ... Taisez-vous !  par Anne Guillard
BD Kids, 2012   / planches parues dans le magazine Julie depuis 2009

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04/10/12

Des êtres humains, voilà ce que voit Margot. Avec tout ce qu'il y a de bon et de mauvais en chaque être humain.

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Par la faute de la couverture, que je ne trouve pas très avenante, j'étais moyennement motivée pour ouvrir ce livre. Et puis, en une soirée, j'ai d'abord jeté un oeil indiscret, lu le début, puis un chapitre, me suis installée dans un fauteuil, j'ai tourné les pages de plus en plus vite, n'ai pas osé interrompre ma lecture pour avaler un morceau, j'étais DANS l'histoire, complètement stupéfaite par ce que je découvrais, et surtout parce que je ne m'étais PAS DU TOUT attendue à un truc pareil.

En gros, ce n'est que du positif ! L'histoire débute bêtement, une adolescente n'a pas de nouvelles de son petit copain ni de sa meilleure amie, de mauvaises ondes à l'école cherchent à distiller le doute dans son esprit, mais un autre évènement vient interrompre le cours de ses pensées lorsqu'un prof s'écroule en classe, raide mort. Dans toute la ville, on ne compte plus le nombre de victimes ! Autre phénomène incroyable : les morts se relèvent et forment une armée de zombies. Sic.

La résistance s'organise, autour de Margot, son père Thierry, Lucas son copain, Pauline sa meilleure amie, Robert l'armurier pâtissier, Enzo le dévoreur de livres... Le rythme est vif, à aucun moment il ne nous est permis de souffler car l'histoire est racontée à un train d'enfer, cela se lit vite et bien, on est immédiatement pris dans le feu de l'action, on se pose mille questions, on se demande jusqu'où ça va nous mener, il y a même des sacrifices en bonne et due forme, on zigouille à tour de bras, on a juste le temps de hausser les sourcils et de lâcher un oh du bout des lèvres...

Enfin bon, vous voilà prévenus, ce roman a plus d'un tour dans son sac, il s'amuse à être trash et endiablé pour mieux nous accrocher à ses pages, et c'est tant mieux, car on passe un sacré bon moment ! C'est une digne découverte qui vaut qu'on ne s'attarde pas sur les impressions mitigées laissées par la couverture. Pour le reste, c'est ... sauve qui peut, zombies droit devant ! 

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Les Proies, par Amélie Sarn  (Milan, coll. Macadam, 2012)

Des êtres humains, voilà ce que voit Margot. Avec tout ce qu'il y a de bon et de mauvais en chaque être humain. Et elle espère, de tout son coeur, qu'ils auront un avenir.

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22/06/12

“Why does it say she has three hundred and twenty friends?" Josh asks. "Who has that many friends?”

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Ce livre m'a un bref instant fait penser à celui de Sarah Mlynowski, Parle-moi !, dont l'idée générale est assez proche : avoir la possibilité de prendre le contrôle de son avenir. Serait-ce vraiment une aubaine ? Cette histoire semble prouver le contraire. Nous sommes à la fin des années 90. Emma vient de recevoir un CD-Rom pour installer internet sur son nouvel ordinateur. Et là, surprise, elle découvre un site du nom de Facebook qui s'ouvre pile sur la page d'une personne qui s'appelle comme elle, Emma Nelson Jones, avec quinze ans de plus. Eh oui, elle a sous les yeux son propre futur !

Elle met aussitôt dans la confidence son meilleur ami Josh et ensemble ils commencent à bidouiller leur avenir pour s'éviter la perspective d'une vie peu folichonne, sauf qu'ils tombent rapidement dans le piège du « toujours plus » et en font une fixation. Résultat, ils en perdent leur spontanéité, leur libre-arbitre, ne prennent plus les bons choix et mettent leur amitié en péril. De plus, Josh et Emma se plaisent follement mais n'osent pas se l'avouer car ils ont peur des incidences sur le futur. Ils sont tombés dans le piège (garder le contrôle de leur vie) mais ont perdu innocence et fraîcheur.

J'ai vraiment beaucoup apprécié cette lecture, qui m'a fait sourire rien que par le gouffre générationnel : dans les années 90, on ne connaissait certes pas Glee, ni Harry Potter, et encore moins les SMS ou les blogs. Mais on ne vendait pas son âme aux réseaux sociaux, en étalant sa vie privée à la face du monde. Ce n'est toutefois pas un livre sur la nostalgie et l'idée que « c'était mieux avant ». Simplement une manière de rappeler qu'il faut se protéger (délivrez-vous des griffes de Facebook !), vivre l'instant présent et apprécier les petits détails d'une vie, certes pas toujours parfaite. La lecture est vraiment sympathique, mais pas idéalisée par cette couverture... tendance has-been. 

Profil, par Jay Asher & Carolyn Mackler
Milan jeunesse, coll. Macadam, 2012 - traduit de l'américain par Guillaume Fournier 

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30/05/12

"Puisque je te demande d'abandonner l'ordinaire, je ne compte t'offrir rien de moins que l'extraordinaire."

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Le roman d'Amy Plum raconte une très jolie histoire d'amour romantique, entre Kate, inconsolable depuis la mort accidentelle de ses parents, et Vincent, un garçon très beau mais tout aussi énigmatique. Exilée à Paris, chez ses grands-parents, Kate tente de reprendre goût à la vie, mais avec difficulté. Sa rencontre avec Vincent signe le début d'un espoir, vite douché par la réalité de la situation. Car la nature secrète de Vincent rappelle trop douloureusement à Kate la fragilité d'une vie humaine, de l'étincelle qui peut s'éteindre en un souffle, sans prévenir, et son âme meurtrie n'est pas encore prête à se risquer à un tel tourbillon d'émotions.

C'est à partir de cette vision idyllique et très romanesque que l'histoire se construit, tout en délicatesse. C'est savoureux à déguster, l'action n'est pas très présente puisque l'univers se dessine et fait apparaître certains enjeux, et même si la menace se profile, le dénouement se joue sans frémir. Ce premier tome ne fait que se consacrer à l'intrigue amoureuse entre Kate et Vincent (rencontre, éblouissement, séduction, prise de conscience du fossé qui les sépare, panique à bord, distance réparatrice, obsession, etc. etc.). On connaît la chanson ! Ce n'est pas désagréable à lire non plus, les personnages sont mignons, bien que le couple interprète trop souvent la sérénade de l'amour impossible avec une naïveté touchante, il ne faut pas hésiter à se tourner vers les personnages secondaires pour s'arracher un sourire canaille (Jules, notamment, figure en pôle position).

Ancrée dans ses clichés jusqu'au bout, l'histoire campe son intrigue à Paris, dans ses quartiers chics qui font presque passer la ville pour un village carte postale, en soulignant bien le charme et le sentiment de sécurité de la capitale, ahem. Tant de candeur inspire naturellement une sensation de bonheur, et c'est ce que je retiendrai de cette lecture (ou relecture, devrais-je dire, car j'ai lu le roman en VO la première fois) : c'est une lecture sentimentale et sensible, teintée d'une note mélancolique, pour toutes les âmes romantiques qui se respectent. La suite est déjà disponible, Until I die, mais pas encore traduite.

Plus encore que la vie, par Amy Plum
Milan jeunesse, coll. Macadam, 2012 - traduit par Marie Cambolieu 

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03/05/12

Héros dans l'herbe

Les parents de Raoul sont épiciers et découvrent un matin un drôle de chou dans une cagette. Or la créature, toute verte, se réveille en poussant des grands cris et en bondissant dans la boutique. C'est un chou vivant, un chou qui hérite du nom de Glouglou puisque c'est tout ce qu'il sait dire (et aussi Gniii !). Glouglou se révèle vite une drôle de chose qui passe son temps à manger et faire des bêtises, madame Grossel, une cliente souvent décrite comme une vieille sorcière, peut en témoigner (dès qu'il la voit, elle est victime d'une catastrophe !). Ce n'est bien sûr jamais méchant, mais vif et sympathique. Chaque anecdote est racontée sur deux pages, cela va très vite et la chute de chaque histoire apparaît encore plus percutante, car souvent désopilante. Cette bande dessinée ne peut que séduire les enfants, amateurs d'humour facile et de situations cocasses. Les aventures de Glouglou sont de plus ancrées dans un quotidien authentique (l'école, les vacances, les fêtes comme Halloween ou Noël), et puis le format est plus que convaincant : un rythme effréné, une succession de bêtises, un couple attachant... c'est tout bon ! 

Raoul et Glouglou, tome 1 : Né dans les choux par Francisco Lopez et Frédéric Thome (BD Kids, 2012)

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Retour gagnant du célèbre Captain Miaou et de sa chose jaune appelée WafWaf (oui, les choses ont le vent en poupe dans la bande dessinée pour enfants !) : leurs nouvelles aventures sont encore plus déjantées et drôles. D'abord, le capitaine doit fuir pour échapper à la pendaison (il est puni pour désertion) et rencontre en chemin un drôle de bandit qui vole de l'or pour attirer l'attention de sa belle (celle-ci s'en moque un peu, puis intervient au cours du duel qui doit déterminer lequel entre José et Miaou est capable de mourir par amour...). C'est parfaitement cocasse, et c'est justement cet humour absurde qui fait tout le charme de la série. Notre équipage va également se frotter à un troupeau de hyènes qui exerce du chantage pour un droit de passage (une partie de barbichette peut vous sauver la vie, ouf !). Et les péripéties se suivent, toujours plus insolites sans friser l'ineptie. C'est à savourer sans rougir, en se gaussant dans son fauteuil. 

WafWaf & Captain Miaou, tome 2 : Héros dans l'herbe par B-gnet (BD Kids, 2012)

Cette collection a le don de remonter les morals en berne, je ne peux que lui en être reconnaissante ! 

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16/04/12

Lulu et le Brontosaure

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Lulu est une petite fille capricieuse et têtue, qui prend tous ses désirs pour des réalités. Jusqu'à présent, ses parents se sont pliés en quatre pour satisfaire ses exigences, mais la dernière en date s'annonce tellement excentrique qu'ils doivent se résoudre à dire NON. Et là, ils s'exposent à une furie : Lulu hurle et tape du pied comme une folle. Lulu n'accepte pas la résistance, alors elle fait sa valise et part dans la forêt à la recherche de son nouvel animal de compagnie.
Oui, Lulu a pour lubie d'avoir un brontosaure pour son anniversaire. On passera outre l'impossibilité d'une telle opportunité, car Judith Viorst n'en fait qu'à sa tête elle aussi. L'auteur a décidé de raconter sa propre histoire, d'inventer ce qu'elle veut, de faire des entorses au règlement et de modeler ses propres arrangements à sa convenance. Elle est libre, elle le revendique, elle fait d'ailleurs de nombreux apartés dans son récit et c'est ce qui est excessivement drôle et excusable.
Alors on suit Lulu dans la forêt, croisant des animaux sauvages qui veulent la dévorer, mais aussi à la découverte de son nouvel ami, le brontosaure. Celui-ci aussi a bien envie de compagnie, et il va rouler la petite Lulu dans la farine, ça lui apprendra à ne jamais dire SVP !
Cette lecture est fraîche, enthousiasmante, généreuse et farfelue. Les intrusions de l'auteur sont une très bonne idée, comme celle de suggérer pas moins de trois fins au récit. Pourquoi pas ? Le sourire ne nous quitte pas un instant, on pardonne les excès d'humeur de la petite Lulu, le ton ne se veut pas moralisateur non plus, cela permet d'avaler plus doucement la pilule. Les illustrations sont de Lane Smith, c'est différent de ce qu'on connaît de lui jusqu'à présent (C'est un livre ! et L'histoire en vert de mon grand-père), mais c'est parfaitement coordonné avec le ton humoristique, un peu mordant et insolent de l'histoire !
Je connaissais déjà l'édition originale, aussi j'ai été ravie de découvrir que cette collection était maintenant accessible sur le marché français. Convient aussi à la lecture à haute voix.

Lulu et le brontosaure, par Judith Viorst - illustré par Lane Smith smileyc002
Milan jeunesse, 2012 - traduit de l'anglais par Nathalie Zimmermann 

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13/04/12

“Heroes are made by the paths they choose, not the powers they are graced with.”

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Un an plus tôt, Nikki Beckett a disparu de la circulation, en bouleversant la vie de ses proches. Elle réapparaît au bout de six mois, sans toutefois révéler qu'elle revient de l'Enfernité (un monde parallèle où des âmes en peine sont attirées, car leurs émotions servent de nourriture aux habitants). Nikki ne dispose que de six mois pour se racheter et faire ses adieux correctement. Il y a an, elle était naïve et amoureuse, mais elle a cru tout perdre et a voulu effacer sa douleur, sauf que cette solution avait un prix. Aujourd'hui sa vie ne lui appartient plus, elle est liée à Cole, même si elle est de retour pour Jack.

On plonge tout de suite dans l'ambiance dès le premier chapitre, ce roman est d'une beauté sombre et émouvante, c'est prenant, quelque peu accablant, mais franchement c'est fascinant. Nikki est un personnage dévasté, qui se débat avec son histoire, en même temps qu'elle cherche à trouver une solution car elle est toujours attirée par Jack et veut sauver leur histoire. C'est grâce au principe du va-et-vient qu'on découvre leur idylle, tellement craquante, et même si le temps a passé et brisé leurs belles illusions, on découvre aussi que les sentiments ne sont pas complètement éteints, il n'y a que les doutes et la peur qui demeurent à la surface. Jack est un garçon adorable, il a été blessé par le départ de Nikki et il est bouleversé par son retour, ses émotions sont toutes chamboulées, on le comprend, de son côté Nikki ne sait plus si elle doit le préserver ou leur accorder cette fameuse seconde chance (parce que son temps est compté !). Le couple est face à une impasse, mais c'est plus fort qu'eux.

Et puis il y a Cole. C'est lui le mauvais garçon, il est guitariste dans un groupe de rock, il a une moto, il traîne dans les clubs, il dragouille sans vergogne et il a une influence sur Nikki. C'est un Enfernaute, il cherche à l'entraîner avec lui, il la veut à ses côtés mais l'histoire n'explique pas tout. A sa façon, lui aussi exerce une séduction au goût d'interdit, c'est palpable mais indéfinissible. En somme, ce roman est tout simplement envoûtant. Avec son ton doux-amer et son romantisme désabusé, il nous dévoile une intrigue qui ne fait pas dans la dentelle. Car plus on avance dans l'histoire, plus le compte-à-rebours nous saute à la gorge. Le dénouement paraît soudain si fatal, franchement attendez-vous à avoir le coeur pris en étau. Personnellement j'ai adoré, je suis impatiente d'en savoir plus car c'est inhumain de nous abandonner sur ces notes de tristesse !

Enfernité, par Brodi Ashton smileyc002
Milan, coll. Macadam, 2012 - traduit de l'anglais (USA) par Jacqueline Odin. 

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