15/09/10

Ao, petit Neandertal

Un album d'après le roman de Marc Klapczynski, Ao, l'Homme ancien, qui a inspiré le film de Jacques Malaterre. Le jeune Ao, héros adulte du film, nous prend par la main dans une folle aventure aux origines de l’espèce humaine.

Ao__petit_Neandertal_de_Claire_Troilo

Dommage, dommage, dommage ! Cette histoire est beaucoup trop courte : en seulement 20 pages, les présentations sont à peine faites qu'il faut déjà se quitter. C'est frustrant ! J'avais envie que les aventures d'Ao se poursuivent, que les voyages paraissent interminables, que les conditions climatiques leur tombent sur la tête, que les rencontres ne cessent de surprendre, que les animaux sauvages, dangereux ou féroces soient encore de la partie, que l'amitié entre Ao, Aki et Grrrou ne se termine pas sur cette note hâtive, non c'est beaucoup trop court ! Car quand on aime, on ne compte pas ! (Ne vous trompez pas, j'ai effectivement BEAUCOUP aimé.)

Les illustrations sont superbes. Elles mettent en scène le grand nord, le froid et la tempête de neige qui saisissent Ao, son père et son grand-père au moment d'être face à une ourse géante. Le petit Néandertal se met à l'abri du mieux qu'il peut, mais s'égare. En chemin pour retrouver sa famille, il se lie avec un ourson, lui aussi paumé, et une fillette Cro-Magnon, également perdue. Trois âmes seules, livrées aux aléas du destin, à une époque totalement vierge de connaissances extérieures, c'est beau comme sujet ... non ?

L'album s'offre aux enfants, il donne des étoiles dans les yeux, l'histoire est belle, les personnages attendrissants, les rapports sentent bon l'innocence, la curiosité et l'envie d'apprendre, de connaître, de découvrir. L'étranger n'est pas montré du doigt, on va vers lui, on le questionne, on interroge et on explique les différences. En fin d'ouvrage, quelques notes historiques permettront aux plus jeunes de parfaire leurs connaissances. Et de pousser vers d'autres sources pour en savoir davantage !

par Claire Troilo (texte) et Emmanuel Roudier (illustrations)
Milan jeunesse, 2010.

 

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19/08/10

Edencity - Bienvenue en enfer

edencity

Pas facile, au début, de se sentir à l'aise dans cette histoire et de comprendre dans quoi on met les pieds... Saralyn figurant très loin comme une bout-en-train, on se sent vite égaré, limite à côté de nos pompes. Mais on devine aussi tout le potentiel derrière l'enquête et l'univers mis en place. Eden City vous ouvre ses portes, welcome on board !

Après avoir suivi une formation de Spécialiste, pendant deux ans, dans une contrée paumée et glaciale, Saralyn prend enfin ses fonctions pour combattre les Corbusards (des créatures inhumaines qui polluent la ville), avec pour associé  Gaspard Flynn. D'entrée de jeu, sa première enquête révèle des scènes de crimes à vous soulever le cœur - bains de sang, corps mutilés et autres joyeusetés du même goût. C'est moche et oppressant, mais ça interpelle le lecteur.

L'autre mystère du roman concerne la personnalité trouble de Saralyn. La demoiselle est une « lycaride » mais elle n'en sait pas davantage et cherche à obtenir plus d'informations sur ses origines. Gaspard n'est pas en reste, puisque lui aussi semble avoir ses petits secrets... En bref, c'est loin d'être une lecture basique, car elle a beaucoup à proposer et à développer. Pour l'heure, l'atmosphère est pesante. On croise de nombreux personnages, des débuts de piste, des idées et divers conflits entre sorciers, vampires, djinns et autres « aweryths».

C'est très bon, assez énigmatique... mais surtout, cela change des univers fantastiques qu'on trouve sur le marché. Série en trois tomes, qui ne s'adresse pas seulement aux ados. 

Edencity, tome 1 : Bienvenue en enfer - N.M. Zimmermann
Milan (2007) - 284 pages - 8,50€
illustration de couverture : Benjamin Carré

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01/07/10

A l'école

Super ! a dit ma fille. Je vais pouvoir préparer mon cartable pour la rentrée ! (sic)

Et pourtant, nous sommes à la veille des vacances. Je sais, c'est strictement incompréhensible. Proprement inacceptable. Dans la bouche de ma fille, non mais, je rêve ! ! ! (Je suis prête à la renier, tsss.)

Mais peut-on lui en vouloir lorsqu'elle découvre dans son courrier ...

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une pochette d'Annelore Parot et son univers fétiche des kokeshis (nous sommes FANS !)

qui, pour cette fois, porte sur l'école avec son nécessaire indispensable pour une rentrée réussie (dans deux mois).

Ce kit comprend : un livre de conseils, un style six couleurs, un crayon à papier (ou crayon de bois), deux cahiers, une règle, une gomme, une planche d'autocollants, le tout dans une jolie pochette qu'on aimerait bien piquer à son enfant ! ...

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Totally kawai ! ! !

ça coûte 14,90€ - disponible chez Milan Jeunesse.

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16/05/10

Blue Cerises saison 3

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" Les Cerises, c'est la possibilité d'être nous, tels quels, sans masque, sans paraître. Un cocon, peut-être, où nous pouvons nous protéger de tout le reste. " (Satya, de musc et de havane)

Voilà une troisième saison beaucoup plus rude pour nos Cerises. C'est le soir du réveillon de la saint-sylvestre, tous les quatre se rendent à une fête costumée, mais rien ne se passe comme prévu. Violette apprend que son frère a disparu, Amos pète un câble et lui envoie un scud en pleine figure, Zik et Satya frisent le rapprochement avant de revenir sur terre pour recoller les pots cassés. Quelle soirée !

Après la saison des secrets, voici la saison des révélations et du sentiment de trahison. Les masques tombent, le fantôme d'Olivia revient tous les hanter, entre apparition surréaliste ou harcèlement d'un dégénéré, les Cerises sont paumés et ont besoin de leur amitié pour ressouder les liens qui se desserrent. Or, l'amitié bat des ailes. Zik a le sentiment d'avoir été mise de côté, Amos a cru pouvoir se séparer de sa famille qui part au Canada en se consolant auprès des Cerises, mais soudain le déchirement devient vif et inexplicable, Violette a bafoué la confiance de ses proches, aujourd'hui elle en paie douloureusement le prix, et enfin Satya ne veut pas entendre parler de ce type débarqué de New York qui aurait bien connu ses parents en Inde. A l'instar de ses amis, il préfère se protéger de la réalité, ne pas affronter certaines vérités, trouver un refuge ailleurs, à la Cinémathèque par exemple. Quand on a toujours compté l'un pour l'autre, et l'un sur l'autre, cela devient subitement troublant de ne plus rien retenir et de découvrir que tout se délite. Et le désespoir de Zik est juste beau, poignant et émouvant.

" J'y ai tellement cru, aux blue Cerises, j'ai tellement cru qu'ils m'aidaient à vivre. Notre mot de passe n'est-il pas : "On en parle ?"
Dans ce cas, pourquoi est-il si difficile de se dire les choses ? N'y a-t-il pas une gigantesque supercherie à croire que l'on ne peut être rien sans les autres ? Je n'en peux plus. J'ai envie de hurler. Je ne supporte plus cette hypocrisie de merde. "
  (Zik, lonely cat)

Les blue Cerises, c'est l'amitié puissance 4. Une amitié fusionnelle, qui n'est pas épargnée par les coups de griffes, mais après tout il faut aussi grandir dans la douleur, et comme nos petits Cerises ont un goût inné pour la dramaturgie (on ne se gave pas de cinémathèque en apprenant par coeur les répliques implacables pour rien !), tout ça vous vrille le coeur et le corps. Cette saison se boucle donc sur une note d'amertume, en même temps lire quatre fois une cinquantaine de pages où les émotions sont intenses et exarcerbées ne peut pas se terminer autrement. Et c'est avec une certaine boule au ventre qu'on repose nos quatre petits bouquins, avec des questions qui passent en boucle, comme de ne pas comprendre où Amos a perdu la raison, à une lettre près (ça signifie "entendre son coeur") et sur quelle épaule Zik a calé sa tête (en se glissant dans la peau de Scarlett).

Donc, les larmes, les cris, la colère, la boisson, les notes de musique ont beaucoup versé dans cette saison mais c'est un mal pour un bien. Cette série, à travers son concept, son idée, son style et son portrait de quatre adolescents inséparables, montre que l'union fait la force.

En attendant un dénouement apaisant (Zik / Satya ?!?), la saison 3 a posé les bonnes questions : " Pourquoi cette violence ? (...) Où est ma place dans cette histoire ? Je suis libre d'être ce que je suis. Les ailes froissées, je me cogne, encore et encore, aux lumières de la vie. Et je me consume. " (Violette, la minute papillon)

La saison 3 des Blue Cerises comprend :

* Violette, la minute papillon ~ Cécile Roumiguière
* Zik, lonely cat ~ Maryvonne Rippert
* Amos, anticorps ~ Sigrid Baffert
* Satya, de musc et de havane ~ Jean-Michel Payet

Milan, coll. Macadam (2010) - 4€ chaque livre. 

28/04/10

ArtO et la FéE des liVRes

Vous aimez les livres qui parlent de livres ? les histoires sur l'amour des livres ? A l'instar de Sophie et le relieur par Hideko Ise, un album terriblement élégant et gracieux, Arto et la Fée des livres se révèle plus poétique et rêveur. En commun, on parle du métier de relier les livres. En commun, bien évidemment, nous pénétrons un univers enchanteur qui met à l'honneur un métier rare, précieux et paré de pouvoirs magiques.

Tara la petite relieuse raccommode les phrases, réconcilie les mots et recoud les pensées.

Chez elle, ça sent le cuir et la poussière, le papier, le carton et le thé aux amandes grillées.

Un jour, le jeune Arto se présente chez Tara en lui tendant un album en cuir rouge, usé et effiloché. Et l'enfant espère que les doigts de fée de la relieuse permettront aussi de raccommoder ses parents (qui se disputent sans cesse).

Arto

Laissez-vous conter une histoire merveilleuse, pleine de douceur et de poésie, où l'on palpe le papier et le tissu, où l'on sent la colle et le thé, où l'on discute du passé, de ses souvenirs et des parents, où l'on apprend ce que signifie la patience, où le temps devient aussi un compagnon. Et où l'on pose un baiser sur la joue et où l'on sourit, et son sourire est un soleil. C'est beau, tout simplement. Les illustrations sont parées de couleurs chaudes, à travers lesquelles beaucoup de charme et d'amour se dégagent.
Un joli coup de coeur.

Arto et la fée des livres ~ Agnès de Lestrade
illustrations d'Olivier Latyk
éditions Milan (2010) - 12

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14/03/10

poème à sang-froid (*)

L'avertissement est donné dès la première page : j'aime pas les poèmes d'amour ni ceux qui dégoulinent de sentiments

mon_coeur_a_des_dentsLe reste, ce sera bizarre aussi
avec des mots qu'on comprend pas et des phrases en petits morceaux sans point sans virgule parce que la grammaire on s'en fout et puis zut la poésie c'est pas parler comme tous les jours

les rimes ?
y en aura pas c'est pas du rap c'est pas du slam c'est un truc à moi je l'ai dans les doigts dans la voix et j'éclate ma tête pour l'écrire mon poème
trois bouts de ficelle vieux papiers et un morceau de fil de fer
je le bricole avec ce que je ramasse
dans mes poubelles
c'est pas un poème
à mettre en vitrine
pas un poème
à réciter chanter expliquer

Ce livre, qui veut s'adresser aux adolescents en premier lieu, se révèle une ébouriffante découverte pour tout lecteur ! Il ne respecte pas les codes, il détonne, dérange, désordonne. Il fait du bien, il donne l'effet d'un coup direct dans la face, il met k-o avec bonheur, il fait remuer la tête, le corps, les bras, les jambes, les pieds... et le ventre aussi est tout retourné. On y évoque la vie, l'amour et la violence avec une exactitude qui met à plat, qui abat les cartes. Tricher n'est pas jouer, on l'a bien compris. Bernard Friot, l'auteur illustre des Histoires pressées, renouvelle le genre de la poésie avec un lyrisme d'une vitalité et d'une modernité cinglantes. Je dis, bravo !

j'enroule un fil
autour de tes doigts tes mains tes bras
un fil barbe à papa
je t'encoconne d'un amour un peu écoeurant
je te croquerai avant qu'il soit longtemps
mon sucre doux mon rond bonbon

mais tu souris
et je fonds c'est moi ton prisonnier
liens de sang et de sel
larmes et nuits de soleil
je suis le repos de l'ogresse
dévore-moi dévore-moi
je ferme les yeux et j'attends
la marque de tes dents

pourvu oh pourvu
que je sois à ton goût

L'esthétisme du livre est également un travail à lui tout seul : ce sont des ronds, des boucles, des gribouillages, des interdictions de gribouiller, des sauts de puce, des ratures, des apartés, des cadres noirs, des parcours fléchés, des (faux) dessins numérotés, des devinettes, des indices, des liens, des détours ... Un vrai plan- drague !

l'ouvrage se consulte sur ce site - à feuilleter et à écouter.

Mon coeur a des dents ~ Bernard Friot
Milan, coll. Macadam, 2009 - 156 pages - 9€
création graphique et illustrations : Bruno Douin

(*) poème à sang-froid
regarder la vérité en face
il n'y a rien à dire
ça n'empêche pas d'écrire
je ne fais pas de littérature
enfin ça dépend
comment on l'entend

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10/03/10

Caméléons ... Oh ! Hé !

cameleon_bleu

Un caméléon, seul, se lamente de n'avoir pas d'amis.
Ce n'est pas faute de chercher, de se fondre et de vouloir à tout prix ressembler à autrui : un cacatoès rose, une banane jaune, un escargot tourbillon, une sauterelle verte ...
Mais tous lui tournent le dos, le fuient, le regardent d'un drôle d'air.
Près à abandonner, le camaléon va finalement trouver son alter ego parfaitement coloré !

Emily Gravett ne cesse de surprendre son lecteur. Une nouvelle fois, au détour de chaque page tournée, on se surprend à attendre avec impatience la suite de l'aventure. Découvrir la facétie de son imagination. Sourire et apprécier l'humour. Les clins d'oeil, les petites phrases, hello on se fait la paire ?
Jusqu'au génie de la page blanche... faites glisser votre main sur la page, vous comprendrez.

L'histoire est assez minimaliste, ce qui ne signifie pas que l'intérêt soit minime. Au contraire. Les plus jeunes seront sensibles à découvrir les couleurs et les formes, les autres seront sensibles à la beauté des illustrations, à l'humour et au second degré. Mélanie en parle avec beaucoup d'enthousiasme.

Caméléon Bleu ~ Emily Gravett
Kaléidoscope, 2010 - 12,50€
texte traduit de l'anglais par Elisabeth Duval

Une autre histoire de caméléon, la nouvelle coqueluche des lecteurs d'albums, qui sait ?  Ni vu ni connu de Michaël Escoffier et Kris Di Giacomo (éditions Frimousse, 2009).  Mel en parle sur le blog de la Soupe.

J'en termine avec une nouvelle idée de lecture, dans la série "je suis un héros qui sort de l'ordinaire" : Je veux qu'on m'aime de Leo Timmers.

je_veux_quon_maime

Le héros de cette histoire est - chose peu commune - un corbeau ! Lui aussi est seul et se plaint de ne pas avoir d'amis. Il tente de faire copain-copain avec un trio de petits moineaux trop mignons (une mésange, une perruche, un pinson) mais rien n'est jamais simple. On lui reproche son look de canaille, il adopte le camouflage, la mascarade et autres déguisements colorés, hélas il se plante à chaque fois.

La fin, toutefois, se révèlera cocasse.

Le visuel de cet album est superbe. Le noir du corbeau jure avec le fond blanc et les touches de couleurs autour. Rien n'est surchargé, c'est un bonheur de lecture. Les petits copains du corbeau sont eux aussi très expressifs. Au début, ils ont peur du corbeau, cet inconnu, et puis ils apprennent à le connaître et à ne plus le juger sur son apparence. Encore un très bel album à découvrir ! (Oui, je sais, je n'évoque QUE des albums que j'aime et dont j'estime qu'il faut absolument faire la découverte.)
Soupirs.

Je veux qu'on m'aime ~ Leo Timmers
Milan jeunesse, 2009 - 10,90€
adaptation française d'Etienne Schelstraete

challenge Je lis des albums - 15

challenge1jelisaussidesalbums

09/03/10

Un dragon, ici, dans son lit ?

Le prince Igor n'en revient pas.
Et ce dragon-là est de l'espèce des grands bavards.
Le prince Igor n'a pas le temps de dire un mot que Kalaman lui a expliqué qu'il est en voyage pour trouver une certaine fleur qui pourrait guérir son amie Luminelle, qu'il connaît depuis qu'il est tout petit et qui a attrapé un mauvais rhume en se baignant dans une eau glacée.
Une seule fleur suffirait... mais il ne sait pas à quoi ressemble un camélia.

le_secret_du_soir

Chacun a son secret ... son secret du soir ! Le mien, c'est de ne rien vous dire sur cet album que j'ai trouvé magnifique ! Il vous entraînera vers des voyages fous, décoiffants et magiques, où vous sentirez le vent frais sur votre visage, ou vous jouerez à saute-mouton avec votre nouvel ami  et les cachalots en survolant la mer, et aussi soufflerez sur la fumée des volcans pour fêter des anniversaires imaginaires ...

Encore une histoire qui aide à grandir grâce aux amis imaginaires, qui évoque aussi l'amitié comme briseuse de solitude alors qu'autour de vous, mille trésors vous entourent, vous couvent, vous pèsent un peu plus chaque jour.

Très belles illustrations d'Eric Gasté, qui soulignent la tendre complicité entre les deux personnages.

Merci Cécile !  Une nouvelle fois, tes mots ont su me donner le sourire et m'enchanter. Cet album prouve, lui aussi, qu'il n'y a vraiment pas d'âge pour se plonger dans un album et s'éblouir des images, de la petite musique des mots, etc.

A VOIR :   Cécile Roumiguière – Le secret du soir – Interview

Le Secret du Soir ~ Cécile Roumiguière + Eric Gasté
Milan jeunesse, 2010 - 12€

Gaëlle a aussi beaucoup aimé.

challenge Je lis des albums - 13

challenge2jelisaussidesalbums

 

26/02/10

Je lis aussi des Albums ! #4

Cet album va enchanter tous les amoureux des livres. Petits et grands.
le_meilleur_ami_des_livresA travers l'histoire d'un chien qui aime passionnément la lecture et décide d'ouvrir une librairie pour partager son goût des livres, nous suivons ses premiers pas teintés de déception, de frustration, de solitude pour enfin s'ouvrir sur la magie, l'imagination et la révélation. Car finalement, tout le plaisir de la lecture réside dans le partage.
C'est un album qui ne manque pas d'humour, et qui nous montre que lire permet de casser la monotonie, l'ennui et d'ouvrir l'esprit, d'inviter au rêve et à l'évasion. J'ai été tout simplement charmée !
Les illustrations sont tendres, j'ai vraiment apprécié, et puis j'aime les chiens, donc j'étais plutôt gâtée. Notre héros de l'histoire est craquant et plus qu'attachant. 
Louise Yates se révèle pour moi une très belle et enthousiasmante découverte.

Le meilleur ami des livres  ~ Louise Yates (Milan jeunesse, 2010 - 10,90€)

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Au début, l'histoire d'Un loup à la maison semble être une simple version revisitée du Loup et des Septs Chevreaux. Sympa, mais sans plus. C'est après que la bonne surprise arrive et que ça touche la corde sensible.
un_loup_a_la_maisonOn découvre comment Mme Bê, une ménagère accomplie et qui aime tenir sa maison, son jardin et ses enfants à la baguette, va progressivement s'assouplir du fait de sa cohabitation avec un loup, vieux, fatigué et usé. Papilou a été recueilli par les enfants alors que leur maman était au marché. Il est faible, très malade, les chevreaux s'attachent à lui alors qu'il se retape une santé et commence à s'occuper d'eux en leur racontant des histoires. Mais cette situation exaspère Mme Bê, qui n'en peut plus. Sa maison est en désordre, il y a des poils partout, elle déteste ce loup ! Celui-ci en a conscience, il se montre discret, prévenant et petit à petit il invite sa bienfaitrice à se détendre. A prendre le temps de se prélasser sous un pommier. A ouvrir les fenêtres et les portes de la maison. C'était devenu si rare, dans le quartier chaque maison  reste cloîtrée et plus personne ne rend visite à son voisin. La présence de Papilou va finalement décomplexer la crispation générale. Les visites deviennent plus nombreuses, la maison de Mme Bê ne désemplit plus, même si elle se montre souvent excédée, elle prend finalement plaisir à voir son quotidien bousculé, à avoir de la compagnie, à vivre dans l'harmonie, la joie et la bonne humeur.
La fin est un chouia triste, les enfants y seront probablement sensibles, mais ils en apprécieront davantage la portée de l'histoire. Le loup, qui incarnait l'ennemi de longue date, s'avère ici le ressort pour faire sauter les soupapes de sécurité d'une petite vie trop bien rangée et malheureusement étriquée. Cet album est très beau, grâce aux illustrations et aux couleurs de Sébastien Pelon, et Mim nous raconte une histoire qui traite d'amitié et de respect.
Une lecture qui gagne à être connue. (Milan jeunesse, 2010 - 13€)

challenge Je lis aussi des albums - 8

challenge1jelisaussidesalbums

 

16/02/10

Escape lane

Voilà un petit roman qui a su parler à mon coeur de maman, un roman que j'ai même eu beaucoup de mal à ouvrir, à lire, à finir, tant il me mettait sens dessus dessous. D'ailleurs cela fait une semaine que je le picore, mais j'étais agacée, j'avais la tête à l'envers, je ne supportais pas l'adolescente de seize ans, Luce, et puis je me posais beaucoup de questions, j'étais glacée, comble de tout, j'ai été pétrifiée en lisant ces quelques mots :

Luce n'arrivait plus à concevoir qu'elles aient pu partager, un jour, la douceur d'être ensemble, la complicité des sourires, la rondeur plumeuse d'un câlin. Elles avaient oublié l'époque où la fillette admirait sa maman par-dessus tout, quand celle-ci opposait le rempart de ses bras en berceau à la dureté du monde, aux chagrins, à la mort...

Bref, j'avais peur. Ce livre me renvoyait une image qui me touchait trop intimement, j'avais le sentiment de voir dans ce duo mère-fille le futur conflit m'opposant à ma miss de dix ans (bientôt). J'anticipe, j'extrapole, mais il y a tant de petites étoiles perdues dans ce livre, qui me semblaient avoir été lâchées exprès pour moi. Tant de coincidences, trop de coincidences, au début j'avais mal. Je n'avais pas envie de plonger dans un avenir hypothétique, je n'en avais pas le coeur non plus, heureusement j'ai repris du poil de la bête, ma tête a retrouvé sa place, merci, et j'ai avalé ce roman en une goulée. C'était drôlement bon !

metal_melodieLuce et sa maman étaient tout l'une pour l'autre, depuis le décès du papa, alors que la fillette n'avait que cinq ans. A l'adolescence, ça ne manque pas, la demoiselle nous fait une crise, adopte un look de gothique, fréquente une bande du même goût, elle ne s'entend plus du tout avec sa mère, la communication est coupée, c'est la guerre froide. Un jour, Luce rentre chez elle et découvre un appartement vide et le petit mot abandonné par sa mère : Inès est partie en Australie, pour son boulot, elle sera absente de longs mois, elle ne veut pas que sa fille la rejoigne ni ne cherche à la contacter, cette séparation a du bon, l'espère-t-elle, car elle leur offre la possibilité de souffler, de penser, de s'émanciper, de couper les ponts.

Sur le moment, j'ai trouvé que c'était dingue ! Aberrant. Comment et pourquoi arriver à de telles extrêmités ?

La suite de l'histoire nous en raconte plus, de mon côté je lâche l'affaire. En clair, je me tais. Je vous laisse entre les mots de Maryvonne Rippert, une vraie magicienne, la même qui avait su m'ensorceler avec son Amour en cage. Je sais qu'elle va lire ces mots, donc je me sens intimidée et muette, mais j'ai envie qu'elle sache que son roman a su me toucher, qu'il m'en a fait voir de toutes les couleurs, mais que j'ai aimé ce chemin escarpé. Et puis Luce, qui cristallisait tous mes démons, a fini par m'émouvoir. C'est une vraie tête à claques, pour commencer. Et des claques, d'ailleurs, elle s'en prend de plus en plus, c'est bon, lâchez-la, la pauvre minette.

Vous l'avez compris, ce roman s'adresse aux adolescents et à leurs mères. C'est comprendre le pont qui nous lie, c'est se rappeler que nous sommes passés par là, que nous avons parfois des petites filles vampires élevées dans du cocon... Soupirs. C'est un roman magnifique, qui parle d'amour et qui donne des ailes. Aux filles et aux mamans.

Metal Mélodie ~ Maryvonne Rippert
Milan, coll. Macadam, 2010 - 210 pages - 9,50€

 

 

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