04/05/17

Roland est mort, de Nicolas Robin

EN POCHE ! La couverture est kitsch, mais le roman vaut le détour. Avis aux amateurs d'humour acerbe ! ♥

roland est mort

Roland est mort. Roland, qui ? Son voisin ! C'est la dame du dessous qui vient annoncer la nouvelle au narrateur (dont on ignore le nom). Lui s'en fiche complètement. Il ne connaissait pas son voisin, sinon que c'était un vieux monsieur solitaire, qui aimait écouter Mireille Mathieu à plein volume. Le jour où les pompiers viennent récupérer son corps, ils lui confient le caniche du défunt, puis quelques jours plus tard, son urne pleine de cendres. Notre gars soupire et déprime. Après tout, ce Roland a tout l'air d'une triste projection de son propre futur. À quarante ans, notre anti-héros est lui aussi célibataire, sans boulot et amateur de porno. Sa mère lui reproche son état végétatif, sa grand-mère lui rebat les oreilles avec le mariage, même sa masseuse coréenne fait chorus au concert de désapprobation générale. Sur ce, notre héros inspire profondément et écarte les bras en croix en se demandant si la vie est belle et s'il aime la vie. Ha, ha. 

L'humour de cette histoire est volontairement caustique, avec en sus un narrateur cynique, froid et calculateur, même pas antipathique. Il incarne à lui seul le désespoir de notre siècle, un pauvre type solitaire et blasé de vivre, alors qu'il est sous le contrecoup d'une rupture amoureuse, sans ambition, ni réseau social, et qui réduit au minimum son contact avec l'extérieur, si ce n'est pour boire du Campari ou un Picon-bière au comptoir du coin. Le tout est vachement mordant, décapant et incisif. Et c'est bougrement bon. On ne fait que se marrer tout du long ! 

Le Livre de Poche - mai 2017

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01/08/16

Roland est mort, de Nicolas Robin

roland est mort

Son voisin Roland est mort. 

C'est la dame du dessous qui vient lui annoncer la nouvelle en pleurant. Mais lui s'en fiche. Il ne connaissait pas Roland, sauf pour dire que c'était un vieux monsieur, qui vivait seul et qui aimait les disques de Mireille Mathieu. Le jour où les pompiers viennent récupérer son corps, ils lui larguent le caniche de Roland au passage, sans lui laisser le temps de refuser. Qu'est-ce qu'il va faire d'un clébard ? Se rendre à la SPA ou le filer à sa mère ? Mais les petits yeux noirs de Mireille lui vrillent les entrailles. Et notre gars soupire.

Alors il se trimballe partout en ville un chien qui perd ses poils et qui sent mauvais, en plus d'une urne pleine des cendres de Roland. Son objectif : se débarrasser des boulets. Sa conviction : prendre sur lui de virer Roland de sa conscience. Car après tout, pourquoi lui ? pourquoi Roland ? Peut-être que ces deux-là ont finalement plus à partager qu'ils ne le supposent. Un constat déprimant pour notre narrateur qui affiche quarante ans, célibataire, sans boulot et amateur de porno. Sa mère lui reproche de ne pas se secouer, sa grand-mère lui serine : et pourquoi t'es pas marié, même la masseuse coréenne, à la coupe au bol impeccable, désapprouve la vacuité de son existence et son goût douteux pour des films dégradants.

Le voisin de Roland inspire et écarte les bras en croix en se demandant si la vie est belle et s'il aime la vie. Il ne sait que faire de l'urne de Roland, il se verrait bien la poser en décoration sur le manteau de cheminée chez ses parents, l'oublier dans un bus ou l'offrir à l'occasion d'une fête d'anniversaire de sombres inconnus. Mais chacune de ses tentatives se solde par des échecs et donne lieu à des situations cocasses qui font franchement glousser.

Car l'humour de cette histoire est volontairement caustique, avec en sus un narrateur cynique, froid et calculateur, même pas antipathique. Il incarne à lui seul le désespoir de notre siècle, un pauvre type solitaire et blasé de vivre, sous le contrecoup d'une rupture amoureuse, sans ambition, n'alimentant aucun réseau social et réduisant au minimum son contact avec l'extérieur, si ce n'est pour boire du Campari ou un Picon-bière au comptoir du coin. C'est vachement mordant, décapant et incisif. Et c'est bougrement bon. On ne peut que se marrer tout du long ! 

Éditions Anne Carrière, mars 2016

 

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