02/09/15

La Première blessure, de Ali Knight

La première blessure

Nicky a vu sa meilleure amie Grace être assassinée sous ses yeux. Cinq ans plus tard, ce drame continue de la hanter, même si elle a su trouver un certain réconfort dans les bras du veuf éploré. Mais le couple bat de l'aile à force de se croiser, entre Londres et Los Angeles, et communique de moins en moins. C'est alors que Nicky tombe sur Adam, un jeune homme rencontré dans l'avion. Fils de bonne famille, il est charmant et d'agréable compagnie. Il lui propose aussi de faire connaissance avec sa tante Connie, qui a travaillé dans une célèbre boîte de nuit dans les années 70 et flirté avec des tas de célébrités. Cela pourrait donner de la matière à un article pour son journal.

Nicky accepte et va sans se douter débarquer dans une grande saga familiale, aussi riche que mystérieuse, et visiblement cernée de dangers inavoués. En le suivant pour un weekend à la campagne, la jeune femme bascule toujours plus loin vers une zone de non-droit. Adam change de visage. Le séjour vire en pleine débâcle. À ce stade, on a là un roman qui a énormément de potentiel, où se joue une partie de séduction sulfureuse, au suspense pernicieux, et où les protagonistes endossent tous un rôle trouble, qui brouille volontairement les cartes. Un programme franchement alléchant et plutôt engageant, qui sera hélas nuancé dans la deuxième moitié du récit, plus décevante et longuette.

D'étranges accidents se produisent et font surgir de nouvelles révélations. Grace n'était pas la première épouse de Greg à décéder tragiquement. Un tueur à gages est de nouveau sur les rails. Adam a-t-il toute sa tête ? Pourquoi Nicky renonce à porter plainte contre lui et suspecte son mari d'attenter à ses jours ? À nous de débroussailler le vrai du faux parmi l'accumulation de données nébuleuses... Mais cette lecture m'aura finalement fait l'effet d'un appétissant moelleux au chocolat, à déguster sitôt sa sortie du four, lorsqu'on réalise avoir inversé le sucre avec le sel. Quelle amertume ! Le dénouement choisit la facilité, convenue et trop lisse.

JC Lattès / Mars 2015 ♦ Traduit par Nicolas Thiberville (The First Cut)