ArtO et la FéE des liVRes
Vous aimez les livres qui parlent de livres ? les histoires sur l'amour des livres ? A l'instar de Sophie et le relieur par Hideko Ise, un album terriblement élégant et gracieux, Arto et la Fée des livres se révèle plus poétique et rêveur. En commun, on parle du métier de relier les livres. En commun, bien évidemment, nous pénétrons un univers enchanteur qui met à l'honneur un métier rare, précieux et paré de pouvoirs magiques.
Tara la petite relieuse raccommode les phrases, réconcilie les mots et recoud les pensées.
Chez elle, ça sent le cuir et la poussière, le papier, le carton et le thé aux amandes grillées.
Un jour, le jeune Arto se présente chez Tara en lui tendant un album en cuir rouge, usé et effiloché. Et l'enfant espère que les doigts de fée de la relieuse permettront aussi de raccommoder ses parents (qui se disputent sans cesse).
Laissez-vous conter une histoire merveilleuse, pleine de douceur et de poésie, où l'on palpe le papier et le tissu, où l'on sent la colle et le thé, où l'on discute du passé, de ses souvenirs et des parents, où l'on apprend ce que signifie la patience, où le temps devient aussi un compagnon. Et où l'on pose un baiser sur la joue et où l'on sourit, et son sourire est un soleil. C'est beau, tout simplement. Les illustrations sont parées de couleurs chaudes, à travers lesquelles beaucoup de charme et d'amour se dégagent.
Un joli coup de coeur.
Arto et la fée des livres ~ Agnès de Lestrade
illustrations d'Olivier Latyk
éditions Milan (2010) - 12€
Le buveur de fautes d'orthographe ~ Eric Sanvoisin
Illustrations Olivier Latyk
Nathan poche, coll. Draculivre, 2009 - 44 pages - 4,90€
Il s'agit déjà du 6ème volume de cette série mettant en scène Draculivre, un ancien vampire devenu allergique au sang et qui passe son temps à boire l'encre des livres. Mordu à son tour, Odilon, héros principal, est désormais un buveur d'encre. Sa spécialité : les fautes d'orthographe. C'est « aussi fort que du piment dans le couscous ou de la moutarde avec la viande froide. Une larme de ketchup déposée avec amour sur une frite bien croquante ».
Pourtant, Draculivre se fâche et lui confisque ses ouvrages truffés de coquilles (je sais maintenant leur utilité : nourrir les buveurs d'encre !).
Le vampire lui avance une excuse bidon : trop de fautes bues pourrait le rendre malade. Or, en consultant le docteur Freudkenstein, Odilon apprend que Dracula est atteint d'un mal incurable, qui s'appelle l'orthographobie.
Aidé de son amie Carmilla, son amoureuse, Odilon veut venir en aide à Draculivre, alors que ce dernier boucle l'accès de son cercueil, interdit formellement d'y mettre les pieds, sous peine de graves représailles.
Pour un lecteur qui aime les livres, la lecture et tout ce qui s'y approche, je trouve cette série intéressante. L'histoire est simple, les personnages ressemblent à des vampires, mais sont des croqueurs de livres. En voilà une idée originale ! De plus, l'intrigue met vraiment en avant l'objet-livre non plus comme un accessoire à collectionner, mais dans lequel on plonge, on scrute, on décrypte pour rassasier sa SOIF de lecture. Car le message est clair : les livres nous nourrissent et nous sont nécessaires !
A boire tout son soûl.
à partir de 7 ans.
le blog d'éric sanvoisin : http://sanvoisin.over-blog.com/


