13/04/20

L'île du diable, de Nicolas Beuglet

L'île du diableÀ peine sortie de prison, Sarah est conduite chez son père qui vient d'être assassiné dans son manoir. L'homme a succombé à des tortures et gît sous le regard de sa fille impavide. Son supérieur lui réserve l'affaire en sous-marin car officiellement c'est le jeune officier Adrian Koll qui conduira la marche à suivre. Choquée par le drame qui frappe sa famille, Sarah se montre docile et conciliante. Son père... distant, froid et secret. Comment imaginer un crime d'une telle barbarie ?

Sarah n'est pas au bout de ses peines car elle doit également encaisser le déballage médiatique qui vient effriter son image d'enquêtrice chevronnée. Elle ignore encore que Christopher va en faire une affaire personnelle et chercher à éclairer cette sombre histoire qui lui colle à la peau. Enfin un peu de débroussaillage dans le tableau ! Depuis Le Cri, on a vu se dessiner les failles dans son personnage de bull-terrier : ses traumatismes, ses fantômes, ses secrets... Eh bien le mystère entier sera levé. Youhou. Est-ce pour autant renversant ? que nenni.

Bon point pour ce roman : L'île du Diable compte 200 pages en moins (et ça fait du bien). La lecture est plus rapide, avec moins de niaiseries entre les personnages et une histoire qui va à l'essentiel. Les révélations historiques qui y sont faites sont glaçantes mais l'exploitation au cœur de l'intrigue laisse parfois à désirer. J'avais deviné beaucoup, beaucoup de choses. Oups. Seul un détail me chiffonnait... et bim, réponse dans l'épilogue. Euh. 🙄 Sans surprise, ce troisième rendez-vous avec Sarah Geringën n'a pas permis de me réconcilier car je trouve le scénario cette série beaucoup trop cinématographique et convenu. Mais il en faut pour tous les goûts !

©2019 XO Éditions (P)2020 Lizzie, un département d'Univers Poche

 

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26/03/20

Complot, de Nicolas Beuglet

ComplotEn commençant ce nouveau roman de Nicolas Beuglet, j'avais oublié ce que j'avais pensé du précédent - Le Cri (lu trois ans plus tôt). Mais en me relisant, j'ai immédiatement songé que je pouvais copier - coller mon avis car ce sont encore les mêmes qualités et défauts que je retrouve.

L'inspectrice Sarah Geringën est appelée en urgence pour décrypter une scène de crime hors du commun et dont la victime est l'actuelle Première Ministre de Norvège. Son compagnon doit, de son côté, calmer les ardeurs d'un journaliste qui cherche à révéler un pan caché du passé de Sarah. Au passage, cela ébranle aussi les certitudes qu'avait l'homme sur son amoureuse. Bonjour l'embrouille ! Bref. Les voilà tous les deux embarqués pour une nouvelle course-poursuite d'un pays à un autre... Car ce que révèle l'enquête initiale est hallucinante ! J'avoue que cela me fatigue de lire des romans pareils où l'auteur développe des théories (probables ou pas) mais qui me mettent la tête à l'envers. Oui c'est plausible mais vraiment incroyable. Je ne sais pas, je ne sais plus. Je suis fatiguée de douter à ce point. Les personnages peinent toujours à me convaincre. Le dénouement incite méchamment à lire L'Île du Diable (je me connais, je peux facilement céder à la tentation alors que je ne suis pas contente). Soupirs longs et désespérés.

En tout cas, si vous ne jugez pas Dan Brown comme étant un possible illuminé aimant fumer la moquette de son salon, vous apprécierez à sa juste valeur Nicolas Beuglet qui défend la cause des femmes avec beaucoup de panache !

©2018 XO Éditions (P)2019 Lizzie

De la Norvège à la vieille cité de Byblos, et jusqu'au cœur même du Vatican, c'est l'odeur d'un complot implacable qui accompagne chacun de ses pas. Et dans cette lutte à mort, Sarah va devoir faire face à ses peurs les plus profondes. à ses vérités les plus enfouies.

 

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06/03/20

Le Théorème des Katherine, de John Green

Le Théorème des KatherineDégoûté d'être largué par sa dix-neuvième petite copine prénommée Katherine, Colin Singleton part en vadrouille avec son meilleur pote Hassan pour soigner son spleen (et mettre au point une démonstration révolutionnaire). Direction Gutshot, Tennessee, une petite ville qui produit la ficelle en coton des tampons hygiéniques et qui abrite la sépulture du regretté François-Ferdinand d'Autriche. Sur place, ils rencontrent Lindsey Lee Wells à qui ils expliquent le théorème des Katherine (calculer mathématiquement le potentiel d'une relation amoureuse). Frappée par ces deux énergumènes, elle propose de les embaucher pour l'été dans leur usine locale.

On retrouve sans peine les rudiments de John Green dans ce roman (sa deuxième publication, en fait, après Qui es-tu Alaska ?) : un narrateur surdoué qui manque de confiance de lui, qui cherche un sens à sa vie, qui s'entoure de copains aussi excentriques que lui, qui blablate beaucoup sur le monde qui l'entoure et qui se penche aussi énormément sur son nombril. Il ne supporte plus sa situation d'échec, il a besoin de cadrer ce qui ne fonctionne pas entre les filles et lui, il en discute ouvertement avec son pote et sa nouvelle camarade, tout en observant ses comparses dans leurs propres aventures sentimentales (parfois étonnantes et souvent cocasses). On plonge alors dans une lecture subtile, brillante mais laborieuse. Un peu trop bavarde et d'un intérêt variable (sensation de ventre mou, entre le début et la fin). Je me plains, je me plains... et pourtant les dialogues sont futés, l'humour fin et les personnages (surtout Hassan) franchement décalés. Ça existe, en vrai, des ados pareils ???

Le potentiel est donc en place, façon parcours initiatique en dents de scie, sans grande action ni surprise. En fait, on ne lit pas une histoire, on assiste à un tour de force littéraire, la marque de fabrique de l'auteur. Sympa, oui... mais parfois lassant car le schéma se répète. Pour moi, de toute façon, son meilleur roman reste 
Tortues à l'Infini.

©2002 / " An abundance of Katherines", par John Green / 2012 : Éditions Nathan pour la traduction française. Traduit par Catherine Gibert (P)2020 Lizzie

Cynisme, autoflagellation, doute et interrogation... le comédien donne le ton et incarne un adolescent de 17 ans, surdoué sans génie, paumé et désabusé par ses ruptures répétées, ainsi que son meilleur ami d'un optimisme à toutes épreuves, un peu cinglé mais terriblement attachant. Mêmes les personnages féminins trouvent leur place, sans caricature ni excès, dans cette mise en scène intelligente et pleine d'esprit !

La traduction de la citation de Philip Roth qui apparaît en exergue est extraite de "La Tache", Éditions Gallimard. Traduction de José Kamoun

 

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16/01/20

Je sais que tu sais, de Gilly Macmillan

Je sais que tu sais LizzieLecture clairement efficace en format audio !
Vingt ans après le meurtre de ses deux meilleurs amis, Cody Swift relance l'affaire avec un podcast car il est convaincu que le coupable incriminé était innocent. Son initiative n'est pourtant guère accueillie avec entrain auprès des témoins de l'époque. Entre les traumatisés à vie et les réfractaires allergiques à remuer le passé, cette enquête de la seconde chance s'annonce pénible et douloureuse.
Et pourtant, contre toute attente, Cody Swift fait bouger les lignes. Sa compagne et lui reçoivent d'ailleurs des menaces pour les obliger à cesser leurs activités. Le succès de leur émission grandit. Le dossier est finalement déterré et la police revoit sa copie.
C'est le troisième roman de Gilly Macmillan que je lis (il me semble). J'aime bien ses histoires à suspense qui nous mènent par le bout du nez et nous font gober tout et n'importe quoi. On mord facilement à l'hameçon, ne cherchant pas à botter en touche. On se laisse prendre dans ses filets, comme ça, on a le plaisir de tomber des nues en lisant son dénouement.
Cela me convient tout à fait : un bon cold-case rondement ficelé avec des acteurs pas très nets et de nouvelles révélations qui viennent les ébouriffer. C'est plutôt pas mal. Mais là où je dois reconnaître le succès de cette lecture, c'est son format audio : la réalisation est top et la performance réussie. C'est super addictif à écouter et on ne voit pas le temps passer. Je recommande fortement (10 heures d'écoute) !

©2019 Édition française publiée par Les Escales, traduit par Séverine Quelet (P)2019 Lizzie

  • Lu par : Emmanuel DekoninckOliver Premel
  • Durée : 10 h env.
  • Avec la participation de Thierry Janssen, Pierre Lognay, Fabienne Loriaux, Claire Tefnin, Maxime Van Santfoort et Patrick Descamps
  • L'émission L'HEURE DE LA VÉRITÉ de Cody Swift est également disponible en 11 volumes de 15 à 20 minutes chacun : L'heure de la vérité

 

  • En savoir + : https://urlz.fr/bArY