23/10/13

“Looking for Narnia ? You’re in the wrong universe.”

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A North Hampton, petite bourgade cossue, nichée au bord de l'océan, vivent trois sorcières, Joanna, la mère, et ses deux filles, Freya et Ingrid. [Oui, il s'agit de la même Freya qui a guéri Oliver de son addiction !] Elles ont toutefois l'interdiction de pratiquer leur magie et doivent se fondre dans la masse, vivre comme des humaines, sans attirer l'attention sur leurs particularités.

La tentation est pourtant grande, nos sorcières vont ainsi glisser des touches de magie dans leur existence ordinaire : Freya en concoctant des filtres d'amour au bar où elle bosse, Ingrid en tressant des nœuds pour permettre aux femmes de démêler leurs soucis intimes, comme tomber enceinte, et Joanna en distrayant un petit garçon, en volant sur son balai, en mijotant de bons gâteaux, etc.

La vie semble leur sourire, Freya vient de se fiancer à Bran Gardiner, le célibataire le plus convoité de la côte, et est convaincue d'avoir trouvé son élu. Pourtant, le soir de ses fiançailles, la jeune femme rencontre le frère cadet, Killian, et succombe à ses charmes. Les jours suivants, impossible pour elle d'oublier ou de résister, elle court se jeter dans ses bras, tout en ressentant de l'amertume et de la culpabilité, tout de même !

C'est une relation qui semble un peu tirée par les cheveux, et puis finalement qui trouvera son explication dans les derniers chapitres. Sinon, globalement le roman se lit vite et bien, il est superficiel, léger, assez prenant, truffé de clichés et de facilités. C'est du Melissa de la Cruz, donc c'est très distrayant et sans prise de tête. Par contre, ce n'est pas une série pour ados, malgré les apparitions de Mimi Force, les personnages sont adultes, font des allusions sexuelles, et pas que (mais ce n'est pas graveleux, ni vulgaire non plus).

C'est un bon début de série, qui se déclinera en trois tomes, la suite est déjà disponible : Le Doux baiser du serpent. A noter aussi qu'une série tv, Witches of the East End, inspirée de la série, est actuellement diffusée sur Lifetime aux USA.

Les Sorcières de North Hampton, par Melissa de la Cruz (Orbit, janvier 2013 - traduit par Hélène Bury)


22/04/13

"I'm your worst nightmare come to life."

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Un matin, Jessica se réveille tordue par les douleurs de la transformation : elle est en train de devenir un loup garou ! Voilà qui n'était pas prévu. Ce phénomène extraordinaire doit aussitôt être tenu au secret, puisqu'une vieille légende court sur les femelles garou qui n'ont pas droit de vie car elles pourraient provoquer chaos et destruction. Heureusement, le père de Jessica est l'Alpha de la Meute et entend protéger sa fille coûte que coûte. Il lui astreint une garde rapprochée, protégeant ses moindres faits et gestes, à l'affût de l'ennemi qui opère plus vite que son ombre. Plus un doute n'est permis : un traître se cache parmi eux !

Nouvelle série, premier tome et une mythologie qui fait peau neuve : Amanda Carlson a su se retrousser les manches pour nous embarquer dans son univers particulièrement brut de décoffrage. L'héroïne n'est pas une mijaurée, elle est loup-garou, la seule et unique femelle à l'horizon, elle possède une force phénoménale et ne cesse d'appréhender des dons et talents cachés. C'est aussi une décidée, qui n'hésite pas à ruer dans les brancards, elle a pour boulet un flic teigneux qui ne la quitte pas d'une semelle et cherche à percer son secret. En même temps, Jessica veut prouver sa loyauté au clan, cerner sa louve, sans trop la brider non plus, et découvrir qui cherche à l'éliminer.

Résultat, l'ensemble est foisonnant, très cash mais un peu lourdaud aussi. Il n'y a pas une once de sensualité dans l'histoire, c'est de l'urban fantasy sans romance, et oui ça m'a manqué ! Même sa rencontre avec Rourke, l'inconnu à la voix sexy, ne vaut pas tripette. En un battement de cils, Jessica et lui réalisent que ... Mais franchement, c'est trop court, trop soudain, sans glamour. C'est du flan tout flasque, allégé en sucre. Par contre, l'histoire est menée à un train d'enfer, on a du rebondissement sur rebondissement, et énormément de bla-bla pour bien nous expliquer où l'on se trouve et comment cela fonctionne. La découverte est donc intéressante, mais pas aussi excitante que je l'avais supposé.

Sang nouveau (Jessica McClain #1), par Amanda Carlson
Livre de Poche, coll. Orbit, 2013 - traduit par Isabelle Pernot

02/05/12

"Freaking males, I thought, they couldn't be more obvious about their territorial dispute if they'd both peed on me."

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Sabina Kane est à moitié vampire, à moitié mage. Ses parents décédés, elle a été élevée par sa grand-mère Lavinia, chef des Dominae, l'institution qui commande les vampires, et pour laquelle Sabina travaille en tant qu'exécutrice. Sa dernière mission consistait à éliminer son meilleur ami. Pas de problème pour Sabina, elle est programmée pour ne pas décevoir les attentes de sa grand-mère, pour qu'on lui pardonne aussi d'être une métisse. Elle accepte aussitôt un nouveau contrat plus dangereux, qui consiste à infiltrer les camps de l'ennemi, dont le chef de fil est Clovis, de trouver le traître qui sévit parmi leurs troupes et d'éliminer les éléments en trop.

En chemin, Sabina rencontre Adam, directement débarqué de New York. Il officie pour les Mages et doit convaincre la jeune femme d'accepter une entrevue avec l'autre moitié de ses origines. Petit à petit, il cherche à lui faire comprendre certaines choses, mais Sabina est trop butée pour l'écouter. Dans le genre, c'est une parfaite héroïne au caractère belliqueux, sauf que sa rage de vivre ne masque en rien son mal-être. Blindée derrière sa carapace, la jeune femme se veut froide et sans état d'âme dans un premier temps, puis elle change un tout petit peu, notamment au contact de Vinca (sa colocataire fey), de Giguhl (le démon qui se transforme en chat) et même d'Adam, qu'elle n'aime pas trop côtoyer à cause des sensations qu'il fait naître chez elle.

Il n'y a pas de grande originalité au programme, et certains dénouements nous apparaissent aussi vite évidents, mais pour une première approche, cela n'a pas été désagréable. Cela manque peut-être de glamour, mais ce n'est pas rédhibitoire non plus, j'ai tout simplement bien aimé, cela ne s'explique pas et c'est comme ça. J'ai apprécié la personnalité des personnages, leurs complexités surtout, et les pointes d'humour et de séduction (infime, il faut bien le reconnaître). Et puis l'univers aussi est intéressant, on croise des vampires, des démons, des feys et des mages, cela ouvre de multiples possibilités. En gros, ce n'est pas la découverte phénoménale non plus mais ça se lit vite et bien. C'est déjà pas mal pour un début.

Red-Headed Stepchild (Sabina Kane #1) - Jaye Wells
Published April 2009 by Orbit / édition française 2011, traduction de Michelle Charrier

“Floote, what is going on? Do they think I am contagious? Should I assure them I was born with a nose this size?”

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Sous la pression sociale, Alexia quitte l'Angleterre en compagnie de son fidèle Floote et de Madame Lefoux. Toujours en colère contre son époux, elle décide de rejoindre l'Italie pour y comprendre l'étrange indisposition qui la frappe, souhaitant ainsi trouver une explication plausible auprès des Templiers. Mais son voyage est un calvaire de chaque instant, Alexia est notamment pourchassée par des vampires, mais aussi par des coccinelles meurtrières. Bref, sa vie ne tient plus qu'à un fil.

De son côté, son volcanique époux écume sa rage et sa frustration dans le formol ! Au grand dam du professeur Lyall. Je dois avouer que l'attitude du lord m'a profondément ennuyée pendant une majeure partie du roman, d'ailleurs c'est un peu le constat général, le rythme du roman peut se vouloir entraînant, il n'en demeure pas moins que la séparation du couple pèse sur l'ensemble. C'est nettement moins excitant, même si Alexia fait toujours preuve d'esprit, son aventure en solo n'offre pas non plus l'occasion de s'extasier.

Soit, de nouvelles théories sont exploitées et l'univers de Gail Carriger est une source inépuisable de découvertes et d'ingéniosité. Mais la débandade du couple vedette montre que la série tient énormément à leur alchimie, sans cela c'est plus terne, limite poussif. Même certains personnages, comme lord Akeldama ou la truculente Ivy Hisselpenny, manquent à l'appel. Soit leur apparition tarde à venir, soit elle est trop fugace... Encore un sujet de frustration ! Non, vraiment, ce troisième tome pêche un peu dans l'excellente appréciation que j'avais pour la série jusqu'à présent, je ne suis pas affligée ou déçue à un point irrémédiable, j'estime juste que cette lecture sera vite oubliée pour renouer avec une intrigue nettement plus digne de son flegme légendaire.

Blameless (Parasol Protectorate #3) - Gail Carriger
Published September 2010 by Orbit / édition française, 2012 (traduction de Sylvie Denis)

18/01/12

“What’s wrong with you? Are you ill? I forbid you to be ill, wife.”

la suite de Soulless,

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La vie maritale offre à Alexia l'occasion de s'envoyer en l'air, par dirigeable, et de découvrir l'Ecosse et ses kilts, avec un aplomb tout à fait remarquable. Il faut dire que la paranaturelle a déjà frôlé la mort par deux fois, c'en est assez pour rouspéter et fourrer son nez dans les affaires de son mari, de plus en plus cachottier. Alors que tous deux affrontent son ancienne meute de Kingair, un phénomène d'humanisation frappe les créatures surnaturelles, sans raison valable. Comme c'est étrange ! De plus, la meute est rancunière et veut protéger ses secrets, mais Alexia n'en peut plus de faire semblant et brûle de mettre les pieds dans les plats. La connaissant, cela promet d'être virulent. Et de nouvelles rencontres, comme la modiste française, Mme Lefoux, aux allures excentriques, sèment le trouble dans l'esprit de notre héroïne, ça et les déboires sentimentaux de miss Ivy et la soudaine obsession lubrique de sa soeur Felicity, quel chantier ! Je ne sais plus si je suis amoureuse de l'univers de Gail Carriger, ou de ses personnages, ou de l'humour, ou même de l'intrigue bien fournie et mystérieuse, sans oublier le point final, crucial, mémorable, impitoyable. Tout ce que je sais, c'est qu'il ne faudrait pas attendre trop longtemps pour dévorer la suite. Miam !

Changeless (Parasol Protectorate #2) - Gail Carriger
Published April 1st 2010 by Orbit 

Quelques perles :

“I like fish," chirruped Tunstell. 
"Really, Mr. Tunstell? What is your preferred breed?" 
"Well"--Tunstell hesitated--"you know, the um, ones that"--he made a swooping motion with both hands--"uh, swim.”

***

She reached inside the wide ruffle and pulled out a little vial. 
“Poison?” asked Lady Maccon, tilting her head to one side. 
“Certainly not. Something far more important: perfume. We cannot very well have you fighting crime unscented, now, can we?” 
“Oh.” Alexia nodded gravely. After all, Madame Lefoux was French. “Certainly not.”

 

11/01/11

Stop playing verbal games with me, madam, or I shall go out into that ballroom, find your mother, and bring her here.

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Autant l'avouer tout de suite, je me suis clairement régalée en lisant ce livre. Miss Alexia Tarabotti est décrite comme une vieille fille sans charme, au physique qui rappelle trop ses origines italiennes, et qui ne répond nullement aux critères victoriens de l'époque. Par contre, la demoiselle possède érudition, intelligence, indépendance et force de caractère. Cela fait désordre, mais c'est le cadet de ses soucis. Autre détail la concernant, Alexia ne possède pas d'âme, c'est une "preternatural", ce qui signifie qu'elle est capable par un simple toucher d'annuler les facultés surnaturelles des autres créatures (vampires, loups-garous etc.). Oui, tout ce joli petit monde vit parmi les humains, leur intégration a eu lieu des siècles auparavant, il n'est pas rare d'en croiser jusqu'aux sphères de la haute société. La reine a d'ailleurs créé un Bureau spécial pour les affaires de ce genre, et l'Alpha de Woolsey Castle, Lord Maccon, est un agent redoutable.

Ah ! Lord Maccon... Je ne vous cache pas qu'il est un personnage au potentiel fort affirmé. Son caractère de cochon se marie à merveille avec le tempérament volcanique de Miss Tarabotti. Depuis qu'ils se connaissent, ces deux-là ne font que se disputer et s'agacer mutuellement. En fait, leur badinage incessant marque aussi le début d'une idylle, pimentée et fougueuse. Du fait de leur orgueil respectif, ils se protègent contre leur attirance, et qu'est-ce que c'est bon ! C'est drôle, c'est sexy, c'est irrésistible.

A côté, il y a un semblant d'intrigue qui se met en place. Tout commence lors d'une soirée mondaine. Alexia est agressée par un vampire qu'elle tue maladroitement. C'est le début de ses ennuis. Il lui faut rendre des comptes, rencontrer la reine des vampires, comprendre qu'elle est mouillée jusqu'au cou dans cette histoire qui fait apparaître la disparition de vamps et de garous solitaires. Le bureau de l'Alpha n'était pas encore au courant et se charge d'enquêter aussitôt sur ces faits étranges.

Avec ce premier tome, Gail Carriger nous fait cadeau d'un univers qui flirte entre les genres (urban fantasy, romance historique et steampunk). J'ai trouvé l'ensemble très intéressant, sensuel, spirituel et exquis. Les personnages possèdent beaucoup de charme, Lord Maccon et Alexia en tête, mais également les figures secondaires comme le Professeur Lyall, le Beta de la meute, ou Floote, le majordome de Miss Tarabotti, mais aussi Lord Akeldama, un vampire excentrique qui s'est pris d'affection pour la jeune femme, ou miss Ivy Hisselpenny, sa meilleure amie qui porte des chapeaux affreux. Enfin bref, j'ai adoré et je suis déjà prête pour dévorer la suite - Changeless & Blameless (tomes 2 et 3 déjà parus).   

Soulless (The Parasol Protectorate #1) - Gail Carriger
Orbit, 2009.

LUENVO Lu en VO - 4

A paraître en VF le 12 janvier 2011 !

Posté par clarabel76 à 09:35:00 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
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