09/06/15

Comment Thomas Leclerc 10 ans 3 mois et 4 jours est devenu Tom l'Éclair et a sauvé le monde, de Paul Vacca

Comment Thomas Leclerc 10 ans 3 mois et 4 jours est devenu Tom l'Eclair et a sauvé le monde

Un titre à rallonge, une couverture sobre et un simple t-shirt qui déchire... que nous réserve ce nouveau roman de Paul Vacca ? Une histoire de super-héros, tiens donc. « Le 14 octobre 1968, à 10 ans, 3 mois et 4 jours, Thomas Leclerc comprend enfin pourquoi il est sur Terre : il n'est pas Thomas Leclerc, mais Tom l'Éclair plus vif que l'Éclair... » Très vite, on s'attache à l'histoire de ce jeune garçon au comportement autistique. Solitaire, n'exprimant aucune émotion, indifférent au monde qui l'entoure, il réalise soudain que pour “entrer dans la norme” il doit se plier à quelques règles d'usage, comme s'ouvrir aux autres et se faire des amis !

Commence alors un vrai parcours du combattant, car Tom ne sait pas trop comment s'y prendre et puise des idées dans un bouquin volé chez le marchand, mais se heurte à un mur d'incompréhension. À force d'observation et de mimétisme, l'enfant obtient des résultats concrets... jusqu'à ce que son univers se mette en branle : ses parents parlent de séparation, sa copine Palma est portée disparue. Soit ses pouvoirs de super-héros sont vraisemblablement rouillés, soit il s'agit d'une conspiration cosmique. Il est plus que temps de passer à la vitesse supérieure !

Fantastique et douce-amère, l'histoire de Tom ne manquera pas de vous toucher ! J'ai ressenti un élan de tendresse pour ce petit bonhomme désireux de se fondre dans la masse, accomplissant des miracles au gré de ses pulsions, à l'instinct, mais non sans heurt. Je ne m'attendais pas à une lecture aussi sensible et émouvante, et pleine de surprises. On a le cœur qui bat au rythme de ses pérégrinations, on sourit et on retient son souffle. Suspense, humour et émotion, le compte est bon ! Ajoutez aussi une bouffée de nostalgie (les années 60, la libération de la femme, les premiers comics...) je dis Amen ! ;-) 

Belfond ♦ avril 2015 ♦ à lire absolument : La Petite Cloche au son grêle

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07/05/09

Nueva Königsberg ~ Paul Vacca

« Ici, je vis un cauchemar. Je suis tombé dans une communauté du genre des Amish. Oui, ces sectes qui ont arrêté le temps et vivent comme au XVIIIe siècle. Ces fous se sont enfuis de Königsberg où les bombes tombaient du ciel et ont décidé de vivre à la manière de Kant. Oui, Immanuel Kant, l'austère philosophe allemand...
Quand je dis vivre "à la manière de", c'est vivre exactement comme lui. Oui, tu as bien lu : ils ont arrêté le temps en 1771 ! On se déplace en calèche. Exit les transistors, le téléphone, l'eau chaude, les voitures, les cigarettes, le jazz, l'électricité... Et même - excuse ce détail trivial - les toilettes et les bidets !
Il y a une statue de Kant au centre de la communauté. Chaque fois que je passe devant elle, j'ai l'impression qu'il m'épie.
Et puis tu verrais comment on est habillé... Je porte, comme tous les hommes ici, la tenue de Kant : bas, pantalon, chemise à jabot, veste et perruque !
Quant aux femmes, elles ressemblent toutes à des servantes avec leur grande robe couleur taupe, une bagnolette plaquée sur les cheveux. Et pas une once de fond de teint, de rouge à lèvres ou de khôl. Pas vraiment sexy ! Bref, le cauchemar. »

nueva_konigsberg

Vous avez peut-être eu le coeur gros en lisant La petite cloche au son grêle, vous allez sourire et rire en lisant cette aventure philosophico-burlesque, avec dans les rôles de Pangloss et Candide, Botul, le philosophe français, et Sébastien, un jeune zazou des beaux quartiers de la rive gauche. « Pourquoi pas le Paraguay ? » lui a glissé le philosophe, le garçon a dit banco et tous deux ont traversé les océans pour s'installer à Nueva Königsberg, une communauté d'exilés qui revit à l'identique les préceptes de Kant. Un détail risque de mettre en péril cette douce utopie : le sexe. Faut-il ou non le pratiquer, si l'on considère la chasteté légendaire de Kant ? En suivant cette logique, l'avenir de la communauté est vouée à s'éteindre.
En huit causeries, Botul va donc amener les disciples à réfléchir sur les contributions et motions sexuelles ; parallèlement, Sébastien, en plein supplice existentiel, vit une passion nouvelle et naissante avec une maîtresse d'école, portant collerette, fichu et tablier, le verbe en bouche, les idées sûres et arrêtées.

C'est très drôle, et même si je fais allusion à Candide, le texte de Paul Vacca reste beaucoup plus digeste (j'ai détesté Candide !), le contenu philosophique de cette intrigue se boit comme du petit lait, pas besoin de se creuser les méninges. Le comique de situation n'est jamais lourdingue, c'est fin, spirituel, enlevé, cocasse.
J'ai beaucoup aimé !

Philippe Rey, 2009 - 215 pages - 17€

 

A déjà été lu par Lily, Keisha et Cathulu ... & Amanda

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03/10/08

La petite cloche au son grêle - Paul Vacca

Attention, pépite ! Gros coup de coeur pour ce roman.
D'ailleurs, il est tellement incroyable que c'est presque lui faire injustice d'en parler, mes mots n'arriveront jamais à la cheville d'une telle histoire. Mais je vais essayer, par souci de vouloir partager mon amour pour ce roman. Et puis, comme il est écrit à un moment dans le livre : "Quel bonheur de partager un secret ! Maintenant, ils savent comme nous que ce livre est un grimoire empli d'heureux sortilèges."

L'histoire se passe dans un petit village du Nord de la France, au charme bucolique rafraîchissant et enchanteur. La Solène coule le long d'un sentier herbeux, à travers les sous-bois. Là, le jeune narrateur de 13 ans et sa mère Paola ont trouvé leur refuge et butinent l'air fleuri en laissant éclater leur bonheur. Il y a une vraie complicité entre eux, un amour grand comme le monde. Le père est témoin passif, mais pas totalement en retrait non plus. Il est le cafetier du village, il voue à son épouse une admiration sans bornes. En gros, tout le monde est beau, tout le monde est gentil et c'est la belle vie.

Non, bien sûr. La belle Paola est malade et doit se rendre à Paris pour des examens. Surtout ne pas inquiéter le garçon et prétendre qu'elle rend visite à une vieille tante. C'est juste une histoire de quelques jours... En attendant, notre jeune héros est amoureux d'une demoiselle qui le snobe. Avec son copain Mouche, il échafaude des plans tordus pour attirer son attention, mais le résultat n'est pas à la hauteur des attentes. Et puis, il y a aussi la prof de français, la terrible Mlle Jeannin, qui vante les barbaries et autres solécismes dans lesquelles se noient ses rédactions avec un sadisme écoeurant, et ce, devant toute la classe !

C'en est trop pour la mère. C'est vrai que son fils n'aime pas les livres et risque mal de devenir un grand écrivain. Sauf qu'elle ignore que ce même fiston est plongé, tous les soirs, dans un pavé aux longues phrases sinueuses, qui éveillent en lui des sentiments nouveaux et vertigineux. En rentrant d'une promenade, le garçon a trouvé un livre abandonné, qui appartenait à une femme belle comme le jour, il s'en est emparé et le cache sous son oreiller. Il s'agit de Marcel Proust, Du côté de chez Swann. "Je ne sais pas encore à quel point ce livre va changer notre vie."

La suite est une valse étourdissante entre les éclats de rire, la tendresse, l'envie et le désespoir. C'est beau à en pleurer ! J'ai longtemps cru qu'on allait échapper au chagrin tant l'auteur s'ingéniait à faire basculer les passages tristes avec ceux plus joyeux. Bien entendu, j'ai versé ma petite larme. Pourtant je ne voudrais pas qu'on charge ce roman d'un pathos gluant et déplacé, c'est tout le contraire. C'est une histoire d'admiration, d'amour et de grandeur. On peut aussi y voir un hymne formidable au pouvoir des mots et de la lecture, à son bienfait fédérateur (tout un village se mobilise pour créer un spectacle). Ne passez pas votre chemin et dévorez ce livre... il est magnifique !   

un grand merci à l'auteur de m'avoir fait partager ce plaisir de lecture ***

Philippe Rey, mars 2008 - 180 pages - 16€

L'avis de Cathulu

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Posté par clarabel76 à 07:00:00 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
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