05/10/18

La Faute, de Paula Daly

La FauteLisa Kallisto mène une vie bien remplie : responsable d'un refuge pour chiens, elle habite une ferme isolée, pleine de courants d'air, avec son mari et leurs trois enfants. Le jour où elle apprend la disparition de la fille de son amie Kate, Lisa réalise son erreur : elle avait promis de récupérer Lucinda à la sortie de l'école mais a complètement oublié ! Lisa ne sait plus quoi faire pour s'excuser. Kate est en mode zombi, seule sa sœur peut l'approcher mais celle-ci veille à filtrer toute communication (en fait, Alexa lui reproche toujours la débâcle d'une soirée d'il y a quatre ans au cours de laquelle son mari et elle avaient trop bu). La police a également d'autres chats à fouetter puisqu'il s'agit de la deuxième adolescente enlevée dans la région. La panique gagne tous les habitants, à quelques jours de Noël, et la météo paralyse les routes avec son froid polaire.

L'ambiance hivernale m'a immédiatement frappée, plongée dans les paysages ruraux, j'ai aimé cette immersion bucolique et tellement british. L'auteur décrit aussi avec beaucoup de réalisme la vie bordélique de Lisa, son quotidien fait de petites galères, de temps qui passe trop vite et d'une montagne de charges à assumer. Cette femme est épuisée, complètement à la masse et désabusée, elle envie l'existence aisée des autres, s'accuse de négligence et s'en rend coupable. Lisa veut donc se racheter et comprendre ce qu'elle a loupé. En plus du travail des enquêteurs, elle aussi farfouille et se triture les méninges. Au final, on a une lecture convaincante : suspense, émotion, angoisse, tout y est. On tourne les pages avec empressement. On patauge dans le no-man's land. On suit l'inspecteur Joanne Aspinall sur son terrain (elle aussi est très crédible, flic ordinaire, rarement confrontée aux crimes sordides, usée par son mal de dos à cause de sa poitrine trop forte). On salue cette simplicité à raconter la vie ordinaire, même l'enquête trace sa route en évitant la surenchère. Chaque pièce du puzzle s'emboîte progressivement, de façon cohérente, si ce n'est le dénouement un peu abrupt et inattendu, qui nous laisse un goût amer en bouche et un sentiment de frustration... mais pourquoi pas ?

Traduit par Florianne Vidal - le cherche midi (2014) ou pocket (2015)

Posté par clarabel76 à 10:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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