13/02/13

"Neferet est plus dégoulinante que de la fiente d'oiseau sur un toit en tôle."

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** attention, spoilers ** Le Conseil Supérieur a rétabli Neferet dans ses fonctions de grande prêtresse de la Maison de la Nuit. Cette démone a été blanchie du meurtre de Heath, faisant porter la responsabilité sur Kalona. Ce dernier rêve de se venger, mais est prisonnier par un lien invisible. Il complote avec son fils préféré, Rephaïm, pour ramener Zoey à Tulsa. Celle-ci se ressource sur l'île de Skye auprès de Stark et n'a pas l'intention de rentrer. Son âme a été brisée, elle ne se sent plus elle-même et son cœur est meurtri. Il faudra l'annonce d'une nouvelle bouleversante pour la convaincre de rejoindre ses amis éplorés.

J'ai eu un peu de mal à me remettre dans le bain, la série s'éternisant et le rythme de publication étant ce qu'il est, ce n'est pas toujours facile de raccrocher les wagons. Et cette série demande tout de même un temps d'adaptation, histoire de reprendre ses marques. Après quoi, tout roule comme sur des roulettes. La série est bien rodée, les engrenages s'activent et font apparaître la machination infernale. Cette fois, moins de Zoey en premier plan, plus de Neferet, et une Lucie en affirmation totale dans son rôle de leader. Vraiment, quel chemin parcouru pour l'ancienne amatrice de musique country qui était souvent mal embouchée !

Mais surtout, ce qui m'a surprise, c'est l'éventail de petites intrigues qui éclosent et donnent naissance à d'autres scénarios tous plus ahurissants, sournois mais habilement troussés. Alors, oui il y a des personnes qui meurent, d'autres qui choisissent leur camp, d'autres qui se dévoilent, et d'autres qui obtiennent une seconde chance... Je crois même déceler entre les lignes des petites bombes à retardement ! Enfin, tout ça nous promet d'autres heures de lecture palpitantes, avec des petites pointes d'humour, des références à la pop-culture et pas mal de réflexions métaphysiques aussi (je sais enfin distinguer les interventions de la fille dans l'écriture de la mère !). Série annoncée en 12 tomes, c'est énorme, il n'en faut pas plus !

House of Night #8 : Awakened - P.C. Cast & Kristin Cast
en VF : Libérée - traduction de Julie Lopez - Pocket jeunesse, 2013

Prochain tome à paraître en octobre.

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07/01/13

"Well, she's not responding to my advances," he observed more brightly than he felt, "so she must be dead."

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Encore une réussite pour Cassandra Clare, qui a su me séduire avec sa série sur les origines de la Cité des Ténèbres. Ce n'était pas difficile non plus, puisque bon nombre d'éléments ont su me rappeler ce qui m'avait tant plu déjà. Car même si l'histoire se passe à Londres, au XIXème siècle, nous retrouvons les fondamentaux avec les chasseurs d'ombres, l'Institut, les runes, les créatures obscures, les personnages torturés, les secrets, les badinages amoureux, les liaisons impossibles... C'est follement passionnant, je l'avoue. J'ai été prise dans les filets au bout de quelques pages, pleinement séduite et avide de curiosité.

Au centre de l'histoire, nous découvrons Tessa Gray, orpheline de seize ans, qui vient de débarquer par le premier navire pour rejoindre son frère Nate, lequel aurait mystérieusement disparu, et ce sont les redoutables Sœurs Noires qui vont accueillir la jeune fille et l'initier à leur monde occulte. Tessa croisera aussi la route de William Herondale et de James Carstairs, deux chasseurs d'Ombres aussi dissemblables que le jour et la nuit. Will est impétueux, sarcastique et possédé par le démon, Jem est plus sensible, mystérieux et frappé d'un mal étrange. Ils vont être les remparts de Tessa, dont le caractère franc et frondeur risque bien de se heurter à des dangers qu'elle n'aurait jamais cru possible d'exister, elle aura de plus la tâche de sauver son frère, comprendre qui elle est vraiment et se débattre avec ses sentiments naissants pour un beau chasseur.

Peu de temps mort au programme, la mécanique est imparable : de l'action, un univers solide, des clins d'œil à perte d'horizon (Magnus Bane dans la place !), des répliques savoureuses, du suspense, des doutes et des trahisons... En somme, c'est une lecture habile et divertissante, car bichonnée avec amour et tendresse. L'effet est prenant et terriblement addictif ! Je suis tentée de lire la suite, déjà disponible en VO (Clockwork Prince).

L'Ange Mécanique, par Cassandra Clare
PKJ. novembre 2012 - traduit par Julie Lafon

04/12/12

De ma fidélité et de mon honnêteté ce sang sera la preuve !

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En attendant la parution du 8ème tome en février 2013, voici une histoire courte portant sur l'adolescence de Lenobia, l'un des personnages les plus attachants de la Maison de la Nuit. On la découvre à l'âge de seize ans, fille illégitime d'une servante et d'un baron français. A la mort de la jeune maîtresse de maison, sa mère saisit l'occasion de l'envoyer à la Nouvelle-Orléans pour se marier et vivre une meilleure vie. Pour cela, elle usurpe l'identité de Cécile Marson de la Tour d'Auvergne.

La supercherie est toutefois compromise, lorsque l'évêque Charles de Beaumont monte à bord du même navire. Ce religieux perfide a une réputation de sale pervers. Il connaît la jeune Lenobia et la croquerait bien pour son quatre-heures, mais sa mère avait su la protéger à temps. Non seulement ce type risque donc de menacer sa couverture, mais il va faire de sa vie un enfer.

Heureusement, au cours du voyage, Lenobia fait la rencontre de Martin, un jeune métis qui nourrit la même passion pour les chevaux. Tous les matins, dès l'aube, ils se croisent dans la cale, discutent et finissent par tomber amoureux. Même si leur histoire semble sans issue, Lenobia veut croire en son destin et en sa chance. C'est sans compter sur l'acharnement de l'évêque ! Qu'il est démoniaque, ce rustre ! J'avais des bouffées de haine dès qu'il apparaissait au détour d'un chapitre.

Hélas, l'histoire se termine vite, trop vite. J'aurais franchement aimé partager plus de temps avec Lenobia, tant je me sentais à l'aise dans ce décor, j'étais séduite par ce que je découvrais et j'en voulais encore. En gros, cela se termine juste au moment où cela devient encore plus palpitant ! Sinon, la lecture s'apparente à une jolie balade en plein air. On prend le large en attendant le retour aux sources. C'est très bon, assez distrayant, juste terriblement frustrant de se contenter de ces 140 pages. 

Le serment de Lenobia, par P.C. et Kristin Cast
PKJ. (2012) - traduit par Aurore Alcayde

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14/11/12

“If you ain’t scared… you ain’t human.”

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Présentation du décor : nous avons un Bloc, avec des murs immenses et des portes qui se ferment tous les soirs, pour se protéger des créatures du Labyrinthe. Car derrière cette enceinte, se trouve une jungle de lianes, où se cachent les Griffeurs, des espèces de limaces immondes qui s'en prennent à leurs victimes en les piquant, ce qui provoque une crise de delirium appelée la Transformation. Pour en guérir, il faut injecter le Sérum et attendre deux jours en poussant des cris d'horreur.

Au sein du Bloc, on trouve une petite vingtaine d'adolescents. Débarqués de nulle part, ils ne se souviennent ni de leur passé, ni de leur histoire. Chaque mois, un nouveau candidat surgit d'une boîte, complètement hébété et seulement capable de bredouiller son prénom. Cela fait deux ans que cette étrange aventure dure, les adolescents sont à cran, aussi accueillent-ils avec dépit le dernier arrivant. Mais Thomas est un empêcheur de tourner en rond, il pose des questions, juge et émet des opinions, il fourre son nez partout et il a pour ambition de devenir Coureur (pour affronter le Labyrinthe et ses Griffeurs). En gros, il dérange.

Et puis, il n'ose pas l'avouer, mais il a une impression de déjà-vu. L'endroit lui semble familier mais sa mémoire lui joue des tours. Il comprend toutefois que la soudaine arrivée d'une fille parmi le groupe est le signe d'un grand changement. Ensemble, peut-être vont-ils cerner le mystère qui les entoure. Mais bon, rien n'est simple et puis la bande des Tocards met souvent des bâtons dans les roues, car cette succession d'évènements hors du commun est perturbante et provoque des grognements de frustration.

Concrètement, l'histoire est très curieuse : elle suscite l'interrogation, excite l'imagination et incite le lecteur à tourner les pages à toute vitesse. C'est un roman d'action, de suspense et de manipulation (ou je ne m'y connais pas). Le milieu est à la fois exotique et hostile, on s'y sent mal à l'aise, en danger et on n'y comprend rien du tout ! Sur ce plan, c'est infaillible, nos nerfs sont à vif et on devient un pantin entre les mains de l'auteur (et des Créateurs du Bloc !). Très bon épilogue, à ce propos, qui lance la perspective d'une suite encore plus flippante (mais moins surprenante, je suppose). Toutefois, j'émets une petite réserve car j'ai trouvé le style un peu lourd et pesant. J'ai passé un bon moment de lecture, mais il m'a tout de même manqué la petite étincelle pour revendiquer un enthousiasme débordant.

L'Epreuve, tome 1 :  Le Labyrinthe,  par James Dashner
PKJ. (2012) - traduit par Guillaume Fournier

01/10/12

"I know you can hear me. The guy I love is still in there. Come back to me."

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** Spoilers droit devant ! ** Nous retrouvons la spectrale Bianca et le très vampirique Lucas, condamnés à retourner à Evernight où Mrs Bethany, cruelle et impitoyable, promet de ne pas rester les bras croisés, avec ce sourire énigmatique et ce regard hautain plaqués sur le visage, pour bien longtemps ! En effet, elle prépare un projet fou en cherchant à emprisonner les fantômes ancrés aux humains. Pourquoi, comment ? Notre couple va se donner la peine de trouver des explications.

Ce n'est pourtant qu'une goutte d'eau dans un océan, pas seulement parce que l'ambition démesurée de la directrice représente une vraie menace pour toute l'humanité, c'est surtout la nouvelle condition du couple qui pose un gros dilemme. Ils ont été maudits, condamnés, seuls contre tous... Maintenant, ils sont pire que tout : immortels, mais sans espoir de vivre ensemble. C'est compliqué, je sais, mais si je lâche le morceau, ce ne sera plus drôle pour les prochains lecteurs.

En fait, j'ai trouvé ce dernier tome assommant de romantisme, de lyrisme et d'absolutisme... que du -isme gonflant dont certaines séries pour ados s'abreuvent, à tort, car cela représente tout ce qui me pompe l'air dans ce créneau ! Donc, vraiment dommage. Un peu d'humour, par exemple, ne fait jamais de mal. J'ai apprécié le retour à Evernight (l'académie me manquait), mais les idées sur l'immortalité, le retour à la vie, le mélange des sangs, les sacrifices et tout ça, pfff, j'ai eu du mal. Je regrette aussi la présence effacée de Balthazar, personnage qui deviendra le héros exclusif du 5ème livre, avec la jeune Skye Tierney, mais ce sera un roman totalement indépendant de la série. Donc, voilà la fin de l'histoire, sans surprise, sans éclat, et tellement sirupeuse. Finalement seuls les deux premiers tomes de cette saga valaient le coup d'oeil, le reste... c'est moyen.

Evernight (Livre IV), par Claudia Gray
Pocket jeunesse, 2012 - traduit par Cécile Chartres

“You’ll live forever and being remembered by you is the only immortality I’ll ever need if I only live on as a part of you – Bianca, that’s my idea of heaven.” 

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28/09/12

“Forget normal.” He grinned. “We’re going to be extraordinary.”

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** risque de spoilers ** Ce troisième tome fait suite aux tragiques évènements survenus précédemment, avec l'attaque de l'école, Bianca et Lucas sont en fuite, aux côtés de la Croix Noire. Techniquement, la position de la jeune fille est délicate. Aussi, elle affiche un profil bas et se contente de coller son petit copain du mieux qu'elle peut. Sa couverture est menacée dès lors que Balthazar a été capturé après un raid sanglant mené par Mrs Bethany.

Mais l'histoire ne tourne pas éternellement autour des intrigues secrètes au sein des tueurs de vampires, Bianca et Lucas veulent fuir, ce sont les amants maudits par excellence, lui est un traître aux yeux de ses proches, elle est un monstre à abattre, ils sont seuls contre le monde entier. Ajoutez aussi que Charity la folle est de retour en ville, toujours aussi cinglée et déterminée à se venger de son frère, sans oublier les spectres qui rôdent non loin de Bianca, lui susurrant qu'elle leur appartient, hein, il ne faudrait pas l'oublier, ses parents et elle ont des comptes à régler.

Enfin bref, tout ça nous place dans une configuration particulière, la mise en scène de ce tome est aussi très appuyée sur le mélodrame, mais vraiment, que de théâtralité ! La fin, surtout, décroche le pompon. C'est un peu dommage. On sort les violons, on tire les ficelles jusqu'au bout, on joue à fond avec la corde sensible, on en rajoute une couche avec l'amour impossible, huuuu, c'est moi ou c'est franchement pénible ? Parce que, dans tout ça, Bianca n'est pas une héroïne très digne ou remarquable, elle est plate, gnangnan, sans jugeote et passive. Alors je ne sais pas ce que j'attendais en vrai, mais ce tome a presque failli me décevoir. Je trouve qu'il est désespérément sérieux et grave, c'est triste, non ? Un grain de fantaisie ne ferait pas de mal à cette série, et puis je dois avouer que le cadre d'Evernight m'a beaucoup manqué.

Evernight (Livre III), par Claudia Gray
Pocket jeunesse, 2012 - traduit par Cécile Chartres

“People get stupid when they're in love; people want what they can't have; and the years between ages twelve and eighteen always, always suck.” 

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12/06/12

"You never think it's gonna happen to you."

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Londres, 2015. Le gouvernement a décidé de restreindre les dépenses énergétiques et impose à la population une carte avec un quota de 200 points. Au-delà, de sévères réprimandes vous tombent sur le museau, vous passez pour un écocitoyen irresponsable, vous pouvez ramper sous terre, votre cas fait mal aux yeux !

Pour Laura Brown, seize ans, cette restriction entraîne un éclatement familial auquel elle assiste avec effarement et ironie. Elle consigne tout dans son journal, jour après jour. Elle raconte aussi sa petite vie d'adolescente passionnée de musique, de lycéenne qui n'en fiche pas une, et de jeune fille amoureuse de son voisin mais qui semble totalement l'ignorer !

Si le roman cherche à éveiller les consciences concernant notre façon de vivre, notre incapacité à nous limiter et à réfléchir à nos véritables besoins, je trouve que l'intrigue a tapé juste. Par malchance, ce propos a tendance à se noyer parmi le blabla d'une adolescente qui relate son quotidien (se sortir de son lit chaque matin, se rendre à pied à l'école, marcher dans la neige, supporter les pannes d'électricité dans le métro, être plongée dans le noir, assister à la débâcle d'un système qui fout le camp...).

Enfin bref, si vous vous attendiez à un certain sensationnalisme, vous risqueriez d'être déçus ! Certes, on assiste à un début de chaos, certains quartiers sont dépouillés, les manifestations déchaînent les passions et les violences, la météo est détraquée, même la cousine de Laura qui vit aux USA assiste à un soudain revirement de situation qui paraît parfaitement risible. Je crois donc qu'il faut considérer cette lecture comme étant décalée et caustique, beaucoup moins comme un thriller.

Carbon diaries 2015, par Saci Lloyd
Pocket jeunesse, 2012 - traduction de Sylvie Denis 

"Trust in tomorrow...Every day of your life, there's been a tomorrow. I promise you, there'll be a tomorrow."

la lecture du tome 1 est nécessaire (pour rappel : ICI), mais le deuxième est un livre d'accompagnement, pas forcément indispensable.

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L'histoire se passe un an après l'accident de l'astéroïde, mais la situation demeure toujours préoccupante. La famille Evans a survécu et tente désormais de songer à l'avenir. Or, rien ne se passe comme prévu : Matt ramène une épouse, le père des enfants est de retour et il n'est pas seul non plus. Cela commence à faire beaucoup de monde dans une petite maison.

De son côté, Miranda a besoin de changer d'air et prend goût au maraudage, ce que sa mère réprouve, mais l'adolescente s'en moque. Elle n'a guère changé malgré les épreuves, à dix-sept ans c'est une jeune fille capricieuse et égoïste, faisant souvent preuve d'immaturité. Mais un nouveau séisme l'attend, car Miranda va tomber amoureuse ! Oui, tout est possible en ce monde accablé. Même les causes perdues peuvent croire en leur bonne étoile. Je plaisante, simplement la romance est très différente des clichés habituels, là on sent bien que la pitié et le désespoir sont chevillés au corps des personnages. Les passions ravageuses sont de vieilles idées remisées dans les ouvrages littéraires, en vrai cela ne fait plus rêver. (A la place, Miranda crève d'avaler un steak !)

Pendant longtemps la lecture fait croire que le retour à la normalité est une réalité envisageable, et puis non, la dernière partie du roman est plus brusque, plus dramatique, elle nous rappelle ce qu'est la vulnérabilité, et c'est franchement poignant. Le roman se termine sur cette vision sombre et désespérante d'êtres désabusés et qui tentent encore d'espérer en un lendemain meilleur. A vrai dire, on abandonne Miranda et les siens à un triste sort, la suite n'appartient qu'à eux et on referme ce livre en songeant que notre fortune n'est finalement pas si dérisoire ou détestable.

Chroniques de la fin du monde, tome 3 : Les survivants par Susan Beth Pfeffer
Pocket jeunesse, 2012 - traduction de Laure Mistral 

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07/06/12

"If you're that comfortable with someone, you don't have to talk."

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Après deux ans de vie de bohème, à suivre son père dans ses déplacements professionnels, Mclean découvre à Lakeview une possibilité de se redéfinir elle-même. Désarçonnée par le divorce de ses parents, et surtout par le choix de sa mère de refaire sa vie avec un autre, brisant ainsi l'image idyllique que la jeune fille avait de leur famille, Mclean doit tout réapprendre pour accorder sa confiance et ne plus se cacher sous une fausse identité. Elle trouvera aussi un appui considérable auprès de son voisin, David Wade.

C'est le parfait petit geek fort sympathique, intelligent, avec aussi quelques lubies. Par contre, ses parents lui serrent la vis au moindre dérapage mais ça ne semble pas le perturber plus que ça. Ce petit couple est donc très attachant, pas seulement parce qu'ils sont sur la même longueur d'onde et éprouvent une attirance flagrante l'un pour l'autre, en fait l'auteur a choisi de dessiner leur relation de manière plus banale, en prenant le temps, en construisant quelque chose, au lieu de se contenter d'un coup de foudre qui rend souvent les héroïnes complètement idiotes.

Chaque roman de Sarah Dessen est un rendez-vous important, à anticiper en se frottant les mains. On sait d'avance qu'on va se bercer au son d'une mélodie douce et romantique, tandis que l'histoire, elle, nous apparaîtra encore plus sincère et presque réelle. A chaque fois, l'auteur a ce don pour nous transporter dans son monde. J'aime notamment sa façon de présenter ses personnages, de nous faire partager les moments de complicité, de donner l'impression de faire partie d'un groupe. Et puis la manière d'aborder les problèmes n'est pas truquée, on suit Maclean et ses questions existentielles, son besoin de se retrouver et de faire la paix. C'est tellement ça, simple, vrai, honnête, sans tricherie. Et les lecteurs le comprennent, ils n'en demandent pas davantage, juste voler un bout de vie avant de refermer le livre.

Te revoir un jour, par Sarah Dessen
Pocket jeunesse, 2012 - traduction de Véronique Minder 

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25/04/12

“You make me feel things, Beth. That's why you have to stay. Hell's whole lot brighter with you in it.”

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Cette suite de Halo est intéressante sur un certain plan, l'auteur nous fait découvrir un autre univers, celui de Hadès, le royaume des enfers, avec de nouveaux personnages confrontés à leurs horreurs, et les assumant pleinement. C'est véritablement la face sombre de la trilogie, après la démonstration des talents des anges, de la nécessité de leur présence et de leur mission sur Terre...
Bethany a donc été enlevée par Jack Thorne, conduite à Hadès pour y être consacrée princesse du Troisième Cercle. Elle se voit dans l'incapacité d'en sortir ou de contacter ses proches. Cette situation la mine, mais elle tient tête à son tortionnaire, lequel fait étrangement preuve de délicatesse et de patience avec elle. C'est aussi l'élément qui rend ce tome plus excitant, Jack nous apparaît toujours aussi diabolique et dangereux, mais il n'en est pas moins mystérieux. Il semble sincèrement attiré par Bethany, sensible à ne pas la décevoir pour gagner ses faveurs. Il n'ignore pas l'amour qu'elle porte à Xavier, simple mortel, sauf que cet amour est interdit et qu'il a encore toutes ses chances de son côté. 
Dans cette optique, on pense que des personnages comme Ivy ou Gabriel vont être relégués au second plan, mais pas tant que ça. Après un léger flottement, ils vont organiser la contre-attaque pour sauver Bethany, et c'est par un procédé ingénieux que l'auteur nous permet de suivre l'histoire en parallèle. C'est ainsi que nous retrouvons un Xavier plus acharné que jamais pour arracher sa douce des mains de l'Enfer... 
Globalement l'histoire n'est pas déplaisante, mais j'avais trouvé qu'elle était plus mignonne et romantique dans le premier tome. Cette fois, j'ai été gênée par l'influence religieuse et l'affrontement entre le Bien et le Mal qui est très marqué, à mon goût. L'épilogue aussi a des risques de vous soutirer quelques larmes d'amertume, alors qu'une certaine déclaration fait véhiculer un message à prendre avec des pincettes (pour moi, ce sont des valeurs niaises, attention car cette lecture s'adresse essentiellement à des jeunes lectrices de 12 ans, il ne faudrait pas qu'elles prennent ça pour du pain bénit, mais ceci n'est que mon humble avis !). L'histoire se termine en chute libre, de quoi espérer un troisième tome final qui exigera encore plus de sacrifices chez notre jeune couple. 

L'amour interdit, tome 2 : Hadès par Alexandra Adornetto
Pocket jeunesse, 2012 - traduit de l'anglais (Australie) par Leslie Boitelle