24/07/18

À couteaux tirés, d'Olen Steinhauer

à couteaux tirésCinq ans après le fiasco du Flughafen (un long-courrier pris d'assaut par des terroristes qui ont massacré les 120 passagers à bord de l'avion), Henry et Celia se retrouvent en Californie pour évoquer leurs souvenirs.
Tous deux agents secrets à l'époque des faits, basés à Vienne, ils entretenaient une liaison qui n'a pas résisté aux implications du désastre. Ils ont ainsi rompu sans jamais se revoir.
Depuis, Celia s'est mariée et mère de deux enfants. Henry travaille toujours pour la CIA et est chargé d'enquêter pour démasquer le complice des ravisseurs présent à l'ambassade américaine.
Les anciens amants se donnent rendez-vous dans un restaurant et donnent l'illusion de retrouvailles légères et insouciantes. Or, chaque parole est à double tranchant car on comprend rapidement que tout est faussement lisse et qu'une partie de poker est en cours.
Action lente mais suspense tangible sont le lot de ce roman prenant et réussi. J'ai été baladée de main de maître, en parfaite connivence avec l'auteur qui manipule son monde sans se démonter.
Le roman se lit vite et bien. Il traite d'espionnage, d'amour et de trahison dans une ambiance oppressante. C'est parfaitement conduit - tendu et nerveux à justes doses. On entendrait presque une mouche voler !
Une lecture diablement efficace.

Presses de la Cité (2016) - traduit par Sophie Dupont 

Repris en poche chez Pocket

A couteaux tirés

 

 

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En poche ! À sa place, d'Ann Morgan

à sa place ann morgan

Helen et Ellie sont sœurs jumelles. Elles se ressemblent comme deux gouttes d'eau, mais ont des tempéraments opposés. C'est toujours Helen qui mène la danse et qui embarque Ellie dans son imagination foisonnante. Un jour, elle décide de tromper leur mère et d'inverser leurs rôles. Helen devient Ellie, et vice versa. Seulement, à la fin de la journée, Ellie refuse de reprendre sa place et laisse sa sœur pédaler dans la semoule pour prouver le contraire. Leur mère, obnubilée par sa nouvelle relation sentimentale, n'y voit que du feu et envoie balader les fillettes dans leur chambre. Le temps passe, Ellie a embobiné tout le monde, même les copines d'Helen lui tournent le dos. Celle-ci est en train de basculer dans le terrier du lapin blanc en une lente et longue chute vertigineuse. C'est un cauchemar qui se referme sur elle, car Ellie a toujours traîné une réputation d'enfant à problèmes. C'est donc à Helen de les gérer et d'en supporter le poids. Plus elle prétend ne pas être celle qu'on s'imagine, plus son entourage doute de sa santé mentale et la repousse en ne supportant pas ses accès de colère. La spirale infernale ne s'arrête plus, chamboulant également le lecteur ébahi. Comment une mauvaise blague a pu tourner au vinaigre ? Devenues adultes, les sœurs sont toujours les victimes de leur manège. Helen a sombré dans l'alcool, la drogue et la débauche. Elle vit dans un petit appartement insalubre et a coupé les ponts avec sa famille. Elle découvre, un jour, que sa sœur se trouve à l'hôpital dans le coma. Le mari de celle-ci a remué ciel et terre pour la retrouver et toque à sa porte, désespérément. L'heure de la vengeance a enfin sonné ? 

Avec une accroche aussi efficace, j'ai parcouru les premières pages du livre à une vitesse folle ! Je me sentais absorbée par cette démonstration de duperie et de pure divagation, sans aucune limite pour résorber le flux ou remettre le train sur les rails. Au contraire, le roman nous entraîne dans le déraillement complet d'une mascarade malsaine, sous couvert d'une complicité sourde et aberrante. C'est uniquement dans les dernières pages du livre qu'on se rend compte de l'énormité du subterfuge. En attendant, la guerre des nerfs est implacable. On assiste au naufrage familial avec effarement, on s'interroge, pourquoi et comment l'une part à la dérive sans que l'autre réagisse... Le scénario est franchement redoutable, car diabolique. Certaines scènes sont assez injustes et dures à encaisser, mais elles suivent une logique glaciale, laquelle découle de l'esprit retors de l'auteur. Pour un premier roman, l'effet est dévastateur ! C'est effroyable, et néanmoins fascinant.

Pocket (2018) - Traduit par Karine Lalechère pour les éditions Presses de la Cité

 

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10/07/18

En poche ! Tu avais promis que tu vivrais pour moi - Emporter nos rêves

TU AS PROMIS QUE TU VIVRAIS POUR MOI

Inconsolable depuis la mort de Marie, sa meilleure amie depuis l'enfance, Molly a la surprise de recevoir un mystérieux paquet contenant douze lettres à découvrir mois après mois. Une façon pour la défunte de motiver notre héroïne à se lancer de nouveaux défis et vivre enfin la vie qu'elle mérite. Pour l'heure, Molly est serveuse à Paris et vit avec Germain, un gentil garçon, adorable et prévenant... mais tellement plat et ennuyeux. Pas vraiment le candidat idéal aux yeux de Marie qui a toujours rêvé d'un John pour son amie. Sur une idée de la disparue, Molly part donc en weekend à Grenoble pour s'initier au ski. Sur place, elle répond spontanément à une annonce, devient prof de danse et plaque tout pour s'installer dans les montagnes. Sa décision en effraie plus d'un - sa mère, son amie Viviane, son fiancé - mais Molly a désormais la certitude d'être à un tournant de sa vie. 

Ce court roman est efficace par son rythme, son effervescence, son dynamisme et son optimisme à toutes épreuves. C'est plein d'espoir et d'entrain là-dedans, le tout laisse peu de place à l'atermoiement. C'est aussi réconfortant et chaleureux et ça fait un bien fou. On se passionne vite à suivre Molly dans ses prises de risque, à suivre son audace et à partager sa bonne humeur. Concrètement, il règne une ambiance guillerette non dénuée de charme et de légèreté... même si le propos demeure trop succinct et artificiel, avec de nombreuses scènes surjouées (la romance en tête) et une sensation de situations téléphonées assez banales. L'histoire met finalement à l'honneur l'amitié féminine, la belle communion des âmes fragilisées, leur souffle conjoint à affronter les aléas de la vie et se construire un nouveau destin. À envisager, donc, comme une lecture digestive, sans prétention. Ses effets bienfaisants sont certes avérés.

Tu avais promis que tu vivrais pour moi, de Carène Ponte

Pocket (2018)

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emporter nos reves

Letty a toujours fui ses responsabilités de maman, laissant à ses parents le soin d'élever ses deux enfants, Alex, quinze ans, et Luna, six ans. Mais lorsqu'ils décident de rentrer au Mexique couler une retraite paisible, Letty doit soudainement renoncer à ses vieilles habitudes - adieu les soirées alcoolisées, à s'oublier dans des étreintes sans lendemain, Letty doit désormais penser à nourrir ses enfants, s'assurer qu'ils sont en sécurité quand elle part au boulot et envisager pour eux un meilleur avenir. Serveuse dans un restaurant, situé dans un aéroport, elle ressasse avec amertume son parcours chaotique, entre rendez-vous loupés et mauvaises décisions prises. Comme ne jamais avouer sa grossesse au père de son fils, Wes Riley, voulant remettre à plus tard l'annonce et reculant toujours plus loin l'échéance. Quinze ans plus tard, Letty ignore que son garçon a finalement retrouvé sa trace et rôde autour de sa maison. L'heure de la raison a donc sonné pour la jeune femme, qui décide de changer son fils de lycée pour réussir dans ses études... Mais Alex aimerait sauver sa petite copine, Yesenia, contre la violence de son école et la menace d'être expulsée - la jeune fille vit en situation illégale sur le sol américain -  quitte à prendre des risques insensés. Pour Letty et sa famille, la paix des ménages n'est pas encore au coin de la rue !

J'ai été agréablement surprise par cette lecture, entamée sans attente précise, me fiant simplement au nom de l'auteur et à la promesse d'un rendez-vous de douceur et d'émotion. Le contrat a été pleinement rempli - on suit l'histoire d'une jeune femme paumée, qui va remettre sa vie sur les rails et entraîner ses proches dans ce grand élan d'espoir et d'optimisme. On lit tout ça avec beaucoup de complaisance et d'attendrissement. Les personnages sont en effet attachants, cabossés, écorchés mais vrais. Leur histoire s'écrit en toute simplicité, sans pathos, sans sentimentalisme exacerbé. C'est une belle leçon d'abnégation, riche en tendresse et pleine d'espérance. Un joli roman sur la poursuite du bonheur coûte que coûte.

Emporter nos rêves, de Vanessa Diffenbaugh

Pocket (2018) - traduit par Isabelle Chapman

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07/06/18

En poche ! Ma vie (pas si) parfaite, de Sophie Kinsella / Rendez-vous au cupcake café, de Jenny Colgan

☆☆☆ Retrouvez chez POCKET deux lectures savoureuses (légères & drôles) pour accompagner ce mois anglais ☆☆☆

ma vie pas si parfaite

 

Katie a toujours rêvé de Londres, quitter sa campagne du Somerset pour mener la vie trépidante d'une citadine branchée, courant après le temps, alternant les dîners chics, les bars à cocktails ou les derniers bistrots à la mode. En vrai, Katie loue une chambre minuscule dans un quartier éloigné du centre, elle économise chaque penny pour boucler ses fins de mois, elle galère tous les matins pour arriver à l'heure au boulot, se lisse les cheveux et porte des talons hauts qui lui donnent des ampoules aux pieds. Elle voue une admiration sans borne pour sa patronne, la divine Demeter Farlowe, qui incarne à ses yeux un modèle de réussite qu'elle souhaiterait reproduire. Hélas, celle-ci la vire sans mettre les formes. La pauvre Katie doit rentrer chez son père, en pleine création d'un glamping à la ferme. Le projet va étonnamment connaître un formidable essor. Les clients se bousculent, Katie oublie ses tracas mais ne désespère pas de retourner à Londres avec un nouveau contrat en poche. C'est là que Demeter, son ancienne patronne, arrive à Ansters Farm... en quête d'authenticité. Mais Katie songe déjà se venger. 

Le plan concocté pour assouvir sa vengeance va s'avérer cocasse et complètement dingue. On visualise chaque scène, on glousse et on applaudit des deux mains. C'est légèrement moqueur, même si l'histoire rappelle aussi que la vie rêvée est un mythe absolu et que la vie réelle s'apprécie à sa juste valeur. On retrouve donc dans ce roman toute la fraîcheur de Sophie Kinsella, son style impayable et sa belle mécanique à nous embarquer dans une bonne comédie distrayante. On a une pure lecture de détente, avec une galerie de personnages sympathiques, une histoire sans grande surprise, mais où l'on s'y sent merveilleusement bien. On a aussi la sensation de se fondre dans le décor, de croiser des amis et de papoter en toute insouciance. En bref, c'est du Sophie Kinsella chaleureux, doux et réconfortant. #loveisallyouneed

 

Pocket, 2018 - Trad. Daphné Bernard {My Not So Perfect Life }

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☆☆☆ ☆☆☆ 

 

 

rendez vous au cupcake café

 

Autre valeur sûre : Jenny Colgan !

Après avoir perdu son boulot et compris que sa liaison avec son patron était vouée à l'échec, Issy Randal décide de se tourner vers la pâtisserie, sa grande passion. Particulièrement experte en cupcakes, Issy réfléchit à la création d'un salon de thé en plein cœur de Londres. Très vite, elle parvient à s'entourer des bonnes âmes charitables pour l'épauler dans ce projet insensé. Tout va s'enchaîner miraculeusement. Issy fait fi des épreuves et voit son rêve devenir réalité en un clin d'œil. Le Cupcake Café ouvre ses portes, non sans l'aide de Pearl, une maman célibataire hyper dynamique, et du séduisant banquier, Austin, de plus en plus conquis par le charme de la jolie pâtissière, sans oublier les précieuses recettes de son grand-Pa à goûter sans complexe !

C'est une vraie promenade gourmande et chaleureuse qui est vendue aux lecteurs. Place aux espoirs fous, aux miracles et à la magie, ici tout sonne merveilleusement providentiel. Issy rencontre les bonnes personnes aux bons moments. Elle se relève de chaque coup dur avec brio et sourire. Elle semble vivre dans une petite bulle de bonheur et entourée de bienveillance. En bref, c'est une avalanche de sucre et de miel dans le monde des Bisounours. Mais je n'en attendais pas moins et j'ai été ravie de cette parenthèse enchantée. L'histoire est mignonne, les personnages sont tous attachants et forment une brigade de choc indispensable au bon déroulement de cette comédie. C'est onctueux, doux, fleur bleue. Alerte #feelgood droit devant. 

Pocket (2018) / Trad. Anne Rémond

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Mois anglais 2017 HildeMois anglais 2017 HildeMois anglais 2017 Hilde

#moisanglais_2018

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07/05/18

En poche ! Tu ne perds rien pour attendre, de Janis Otsiemi

tu ne perds rien pour attendre

Jean-Marc Ossavou est lieutenant de police à la Sûreté urbaine de Libreville au Gabon. Il pourchasse les voyous, les violeurs, les criminels que la PJ a tendance à oublier, par désœuvrement ou manque de moyens. Lui ne renonce jamais et traque jusqu'au boutisme la réponse aux affaires non résolues.

Un soir, en rentrant chez lui, il croise sur la route une très belle femme, Svetlana, qui vient de terminer son service de serveuse au casino et qui cherche à rentrer chez elle. Notre homme la conduit jusqu'à sa porte, tente de discuter avec elle, mais Svetlana est assez évasive et secrète. Le lendemain, il se présente à nouveau devant sa maison et tombe sur sa mère éplorée de chagrin - sa fille est morte, assassinée deux ans plus tôt. Ne sachant pourquoi son fantôme lui est apparu, Jean-Marc se décide à relancer l'enquête et espère démasquer le coupable impuni. L'affaire est tortueuse, mais notre flic ne lâche rien et n'hésite pas à toquer aux portes verrouillées par l'omerta locale.

J'ai facilement lu ce roman d'une traite, car tout se prête à son bon déroulement - une intrigue passionnante, un cadre exotique fascinant, des crimes bien moches, qui soulignent aussi toute la vulnérabilité des femmes dans cette société gabonaise à deux vitesses. Les personnages sont des baroudeurs au cœur tendre, qui mériteraient de reprendre du service dans le cadre d'une série - du moins, je croise les doigts pour rencarder cette brigade dans de prochaines enquêtes, après tout ? Cette lecture a été une très bonne découverte, à la fois classique et riche en suspense.

POCKET (2018)

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19/03/18

Partir, de Tina Seskis

PartirEmily Coleman est, en apparence, une jeune femme comblée - elle vit dans un charmant cottage à Manchester, auprès d'un mari prévenant. Leur bonheur a été scellé par la naissance d'un adorable bambin. Et pourtant, un matin, Emily quitte subrepticement la maison et prend le train pour Londres pour ne plus rentrer, plus donner de nouvelles. En gros, elle disparaît. Plaque tout. Sans explication.
Elle s'installe en colocation dans une grande maison bordélique et change d'identité pour devenir Cat Brown. Elle se présente comme une femme fragile, sans histoire ou décidée à ne rien livrer de son passé. Elle rencontre Angel, une croupière sexy, qui ne pose aucune question et la prend sous son aile. Le temps passe et Cat se reconstruit une nouvelle vie.
Le lecteur n'est cependant pas dupe de la situation et découvre en filigrane le lourd secret de la jeune femme. Emily a notamment une sœur jumelle, Caroline, dont les nombreuses frasques ont éclaboussé la famille. La relation entre elles a longtemps été bancale. Mais c'est loin d'être une simple histoire de jalousie, de rancœur ou de haine qui se raconte, car c'est un long processus de frustration et de culpabilité qui amène à comprendre le pourquoi du comment. 
Au final, je ressors de cette lecture passablement déçue et perplexe. J'ai tout lu d'une traite, et pourtant je n'ai pas trouvé l'intrigue très subtile ni passionnante. Au lieu d'un bon suspense psychologique fignolé, on suit des parcours de vies dramatiques, avec une Emily en souffrance et déterminée à toucher le fond, sans oublier Caroline, Frances, Ben ou Andrew en victimes collatérales. Seulement, c'est triste à lire, un peu plat et limite improbable (cf. la rencontre avec Robbie). La construction paraît lourde et artificielle, en plus des rebondissements exagérés. Et je n'ai pas du tout accroché à l'explication finale.
Soupirs, soupirs, soupirs. Et grosse frustration en refermant ce roman. La lecture n'est pas mauvaise, mais pourquoi avoir accolé le terme thriller au titre et à la couverture... C'est totalement usurpé ! J'en attendais davantage, même si cela reste un passe-temps correct le temps d'un trajet.

Cherche-Midi, 2015 - traduit par Florianne Vidal

Repris en poche chez Pocket (2016)

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09/01/18

Amours & autres enchantements, de Sarah Addison Allen

Amours et autres enchantementsBienvenue à Bascom, en Caroline du Nord, où l'étrange famille Waverley alimente depuis des générations les légendes les plus fantasques. Claire, réputée pour sa cuisine, est également reconnue pour accorder plantes et herbes de son jardin à ses plats afin de leur attribuer des vertus magiques. Après dix années d'absence, sa sœur Sydney est de retour en ville, avec pour tout bagage ses secrets et sa fillette de cinq ans. Les deux frangines sont encore trop frileuses pour évoquer le passé et expliquer leur long silence - en attendant, elles partagent le même toit et s'acclimatent à la situation. Evanelle Franklin, une vieille parente, se réjouit pourtant de ces retrouvailles. Celle-ci ne cesse d'adresser divers objets aux uns et aux autres. Elle agit par pulsion, c'est son don, remettre sans tarder babiole ou gadget, dont l'utilité surviendra également de façon impromptue. Les Waverley composent donc dans le paysage de Bascom une étrange et fascinante extravagance... à laquelle Tyler, leur nouveau voisin, n'est pas insensible. Sitôt ses yeux posés sur Claire, son cœur a fait boum et sa raison lui dicte de ne pas renoncer à elle, si farouche et fuyante !

Magie, sortilège, fascination, séduction... Cette lecture est un pur enchantement. Avec ses bonnes ondes positives, elle vient contaminer tout lecteur en quête de guimauve. Évidemment j'ai été conquise par son ambiance, ses personnages, son histoire. L'invitation était trop belle, trop tentante. On s'éparpille de bonheur dans ce décor sudiste d'une petite ville proprette, où il fait bon vivre, parmi une communauté de gens ordinaires, toujours prompts à cancaner. La famille Waverley cristallise pourtant toute l'attention, dans leur grande bâtisse de style Queen Anne, entourée d'un jardin féerique, au cœur duquel trône un pommier pas comme les autres (les Waverley déconseillent fortement de manger ses pommes et préfèrent les enterrer). Biscuits à la gelée de lilas, cookies à la lavande, fleurs de citrouille farcies, soupe aux fruits de roses sauvages, beurre au miel d'hysope anisée, bonbons à l'angélique, vin de chèvrefeuille... C'est une farandole de goûts et d'odeurs, une débauche de créativité, et le plaisir est franchement étourdissant. Ajoutez une histoire simple, mais qui traite de famille, de seconde chance, de rêve et d'espoir, impossible de ne pas succomber au menu. Du charme, de la magie, du folklore et des légendes... Le roman se lit comme un conte merveilleux et dépaysant. J'ai été ensorcelée ! ♥☺

Pocket, 2013 - Traduction: Delphine Rivet [Garden Spells]

 

 

01/11/17

In Tenebris (La trilogie du mal #2), par Maxime Chattam

in tenebris audio

Deux ans après son enquête cauchemardesque subie dans L'âme du mal, Joshua Brolin a démissionné de la police et travaille en privé pour aider les familles à retrouver leurs proches disparus. Son expérience et son analyse de profiler ont rapidement fait son succès. Engagé sur une nouvelle disparition, Brolin est ainsi amené à se rendre à New York où il rencontre l'inspecteur Annabel O'Donnel, dont l'équipe travaille actuellement sur une série de kidnappings qui les fait flirter avec l'innommable - victimes scalpées, corps amoncelés dans un wagon, secte monstrueuse, gourou sanguinaire, et j'en passe. Pour Annabel, cette enquête dépasse l'entendement. Elle n'hésite donc pas à se servir des connaissances de Brolin pour avancer dans les limbes de l'Enfer.

Il y a un léger mieux dans ce deuxième épisode que j'ai trouvé moins ronflant et allégé en détails didactiques. Chattam s'inspire toujours des séries américaines pour conduire son intrigue - petite pensée pour Twin Peaks, avec le sinistre Bob et le dénommé Lynch, mais sans le café ou la cherry pie ! La mécanique est tout de même imparable, puisqu'il lâche facilement du suspense en fin de chapitre pour inciter à tourner les pages plus vite. Il affûte également sa prédilection pour la perversité de l'âme humaine en croisant des histoires hallucinantes et effroyables. Son histoire est franchement tordue et soulève des hauts-le-coeur. Cette fois, Brolin n'est plus le seul impacté et la nouvelle recrue, Annabel, aura beau jeu de se frotter aux arcanes maléfiques dans le dernier volume de ce triptyque. Une lecture traumatisante, mais pas encore aboutie car j'avais deviné le dénouement et déploré le style mielleux ou les expressions à deux balles, comme cette fichue “tige de nicotine”, tsss.

Prochain épisode : Maléfices !

>> Ce livre audio est proposé par Audible en téléchargement.

Texte lu par Véronique Groux de Miéri & Hervé Lavigne - Durée : 15 h 26

Série : La trilogie du mal, Livre 2

©2004 Éditions Michel Lafon (P)2008 Éditions VDB

21/10/17

L'Âme du Mal (La trilogie du Mal #1), de Maxime Chattam

L'âme du mal AudibleJuliette Lafayette, une étudiante en psychologie, est enlevée par le tortionnaire Leland Beaumont... et sauvée in extremis par Joshua Brolin, ancien agent du FBI, travaillant désormais à la police de Portland, en sa qualité de profiler. Un an plus tard, de nouvelles découvertes macabres viennent ressusciter le fantôme de Beaumont car des similitudes apparaissent dans le modus operandi et perturbent leur conviction d'avoir mis un terme aux actes criminels du tristement célèbre Bourreau de Portland. Brolin relance l'enquête, retrouve Juliette et s'inquiète du tournant de cette affaire.

Roman auréolé de sa réputation implacable, L'âme du mal se présente d'emblée comme un rendez-vous de noirceur et d'extrême violence. On a en effet une débauche de scènes morbides, scrupuleusement déballées avec des détails sordides, au fil d'une enquête pointilleuse et ahurissante en révélations. Mieux vaut être averti du programme, sous peine d'être mis k-o. En bon élève, Chattam s'applique à reproduire dans son scénario tous les effets de style d'une série américaine (écriture cinématographique, mise en scène convenue et personnages clichés). Mais parfois, il en fait trop, en nous arrosant de techniques de criminologie et de profiling, par exemple, on se croirait limite dans un manuel. On sent son souci de faire ses preuves et d'apporter une légitimité à son roman. Mine de rien, celui-ci commence pourtant à dater (2002) ce qui ne rend plus le spectaculaire d'hier aussi impressionnant aujourd'hui. Aussi, je pense qu'il ne s'agissait là que d'une ébauche à un univers en devenir, cf. le remarquable La conjuration primitive. Cela reste un thriller efficace sur toute la ligne, mais je m'attendais à recevoir une grande claque, or j'avoue être un peu frustrée à l'arrivée. Ce que je n'ai pas apprécié, par contre, ce sont les envolées lyriques et les interludes mielleux entre Brodin et Juliette. C'était largement dispensable, à mon avis. 

Côté technique, Audible Studios reprend peu à peu dans son catalogue les titres édités par VDB depuis leur fermeture, parmi lesquels la trilogie de Maxime Chattam qu'on trouvait en occasion à des prix exorbitifs. En toute honnêteté, j'avais une grande affection pour les éditions VDB dont la réalisation sonore était facilement identifiable (bruitages, bandes-son, musiques, etc.) en plus des deux fidèles comédiens, Véronique Groux de Miéri et Hervé Lavigne. À écouter, la lecture est étonnante, à la fois vivante, réaliste et palpitante. Une performance très réussie. 

>> Ce livre audio est proposé en exclusivité par Audible et est uniquement disponible en téléchargement.

©2002 Éditions Michel Lafon (P)2007 Éditions VDB

Texte lu par : Véronique Groux de Miéri & Hervé Lavigne pour Audible Studios (2017)  Durée : 16 h 48 

Série : La trilogie du mal, Livre 1

19/09/17

Pour l'amour d'une île, d'Armelle Guilcher & lu par Marie-Eve Dufresne

Pour l'amour d'une îleEn retournant vivre sur la petite île bretonne où elle est née et a grandi, Marine n'espérait guère un accueil en grandes pompes. Désormais seule médecin sur l'île, elle n'attend pas moins des habitants d'oublier les vieilles rancunes pour lui accorder sa confiance. Or, le temps passe et la résistance persiste. Serait-ce son passé familial qui lui colle à la peau ?
Car Marine a perdu ses parents dans le chaos de l'après-guerre et ne soupçonne en rien les drames et les enjeux autour. Confiée aux bons soins de son grand-père, avec son frère aîné Yves, la jeune fille a roulé sa bosse en toute innocence, mais a vite pris conscience du climat vindicatif sur l'île, avec ses rumeurs et ses jugements hâtifs. Son amie Marie-Anne a justement payé un lourd tribut pour avoir trop parlé lors d'une soirée arrosée, avant de regretter amèrement ses paroles qui vont mettre le feu aux poudres.
Les accusations murmurées deviennent vite un poids à supporter car elles ne dévoilent jamais le fond de leurs pensées. On prend ainsi vite la température qui règne sur l'île, que ce soit dans le passé ou le présent, les bonnes vieilles habitudes ont la dent dure ! Silences pesants, regards en coin, fantômes du passé, trahisons et dénonciations, désespoirs en pagaille, hontes indélébiles...
Ce roman va donc extraire tout le drame qui couvre l'île et forcer les non-dits à se dévoiler. Marine aussi va se confronter à des vérités pas toujours bonnes à entendre, lesquelles vont mettre son cœur à mal et ses émotions à fleur de peau.
Globalement, ce n'est pas une lecture déplaisante dès lors qu'on se tient à fouiller les vieilles histoires de famille et à divulguer leurs secrets. Toutefois, l'histoire a tendance à s'éparpiller et à se complaire dans le sentimental. D'où ma déconfiture. Par contre, si vous raffolez des ambiances isolées, des figures solitaires et des paysages préservés, vous ne serez pas déçus du voyage. Cette petite île bretonne, noyée dans ses brumes et ses courants d'air, procure une sensation de dépaysement vivifiant et donne envie de s'installer pour écouter davantage ce qu'elle renferme.

Très bonne lecture de Marie-Eve Dufresne, très classique et pleine d'élégance. J'aime beaucoup cette comédienne, que j'ai principalement découvert via la Trilogie Joséphine & les Muchachas de Katherine Pancol. On trouve beaucoup de sensibilité, de distinction et de noblesse dans son jeu. 

©2015 Nouvelles Plumes / POCKET 2016

>> Livre audio en exclusivité sur Audible & uniquement disponible en téléchargement.

Texte lu par Marie-Eve Dufresne (durée : 9 h 48) pour (P)2017 Audible Studios

Pour l'amour d'une île audible

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