07/04/16

Ce que je peux te dire d'elles, d'Anne Icart

Ce que je peux te dire d'elles

C'est une histoire de femmes et de filles qui se raconte dans ce roman d'Anne Icart. Une histoire de sœurs, Angèle, Justine et Babé, qui grandissent auprès de leur grand-mère et qui vont apprendre à voler de leurs propres ailes en suivant leurs rêves et leurs espoirs fous. Angèle, qui souhaite devenir journaliste, fait la rencontre de Charles qui ne ménage pas ses efforts pour la séduire et la convaincre de faire un bout de chemin ensemble. Justine, indépendante et frondeuse, se lance dans la couture, apprend, fait des merveilles et va créer son propre atelier de mode. Babé, la plus jeune, la plus sensible, est aussi le maillon essentiel du trio, celle qui consolide le groupe et répare les petits bobos, prête une écoute attentive, cajole les moues boudeuses et sèche les larmes. Blanche, bientôt, se joindra à ce fabuleux essaim. Bébé de l'amour fou, mais rappel incessant de ce qui n'est plus. La fillette va grandir dans l'ombre d'une mère aux humeurs lunatiques, atteinte d'une grave dépression, qui la privera des petites attentions, des gestes affectifs et des témoignages de tendresse. Blanche, par précaution, se tiendra à distance de l'amour et suscitera à son tour un gouffre de frustration chez sa propre fille, Violette, laquelle quittera le nid très tôt, en colère et demandeuse d'explications. Et le roman de s'ouvrir sur un simple coup de fil, Violette a accouché d'un petit garçon. Blanche se rend, par le premier train, à son chevet et ressasse l'histoire du clan Balaguère sur près de cinquante ans.

Quel doux roman ! Il est à la fois généreux, simple, tendre, attendrissant, fort et poignant. Toute l'histoire est centrée sur un magnifique portrait de famille, dont la particularité est d'être essentiellement conjuguée au féminin. Et quelle énergie ! Que de luttes ! Les filles Balaguère ont aimé, ont donné, ont perdu. Elles ont mené chacune leurs propres combats, ont trébuché et se sont relevées. Leur complicité n'était jamais à l'abri de coups de griffes, les colères souvent explosant dans leur appartement rue d'Aubuisson à Toulouse, également suivies de rires et de larmes. C'est une vie colorée, bruyante, passionnée et passionnante. Et j'ai pris un plaisir fou à partager la chaleur et l'exubérance de ce cocon familial. On s'y sent à son aise, on y trouve sa place et on écoute avec grand intérêt les vies de chacune se raconter avec pudeur et sans tricherie. Cela a beaucoup de charme, en plus d'être attachant.

>> Également disponible en livre audio, en exclusivité sur Audible, uniquement en téléchargement.

Ce que je peux te dire d'elles | Livre audio

©2013 Robert Laffont (P)2015 Audible FR

Lu par : Benedicte Charton - Durée : 7 h 30

 

Posté par clarabel76 à 10:30:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,


Marie d'en haut, d'Agnès Ledig

Marie d'en haut

J'ai voulu donner une seconde chance au roman d'Agnès Ledig, Marie d'en haut, qui nous raconte l'histoire d'une fermière au caractère de cochon, Marie, mère célibataire d'une adorable Suzie, et sa rencontre avec Olivier, qui débarque chez elle avec ses gros sabots, pour une enquête de gendarmerie. Entre ces deux-là, la tension est explosive. La jeune femme se méfie, l'accueille haut et fort, et lui tombe des nues face à ce petit bout de gonzesse qui beugle sans ciller devant un représentant des forces de l'ordre. Youplaboum. L'histoire s'annonce riche de promesses excitantes, un peu comme dans Le mec de la tombe d'à côté de Katarina Mazetti, où deux opposés s'attirent en s'envoyant des noms d'oiseaux. Cela va être aussi fou et farfelu, me suis-je dit. Et puis, non. C'est beaucoup plus long, plus sentimental, plus larmoyant aussi. Je lance une alerte Mélo droit devant ! En effet, Marie est meurtrie par un échec amoureux et Olivier par une enfance maltraitée. Tous deux ont manqué d'affection durant leur enfance, se sont construits à force de rencontres opportunes (son meilleur ami Antoine pour elle et sa mère nourricière Madeleine pour lui). Ils ont cru en la fin de leurs soucis, même si, au fond d'eux, ils restent des êtres fragiles et vulnérables. Leur histoire d'amour va donc prendre du temps pour trouver ses marques et apporter au couple une forme de thérapie compensatrice. C'est porteur d'espoir et pétri de bons sentiments, et pourtant ça ne me touche pas du tout. Il faut croire que je préfère le cynisme de Katarina Mazetti et sa production de romans courts, beaucoup plus percutants et plus drôles à parcourir. Des goûts et des couleurs... Ce deuxième essai, après Juste avant le bonheur, ne me convainc pas et me pousse à conclure que les romans d'Agnès Ledig ne sont pas ma tasse de thé. Et le monde de continuer de tourner, ainsi soit-il. ;-)

Également disponible en format poche chez Pocket

  Marie d'en haut | Livre audio

>> Ce livre audio en version intégrale en exclusivité sur Audible, uniquement disponible en téléchargement.

©2011 Les Nouveaux Auteurs (P)2016 Audible FR

Lu par Marie Bouvier - Durée : 7 h 33

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

15/03/16

Sous l'emprise des ombres, de John Connolly

Sous l'emprise des ombres

Imaginez une communauté repliée sur elle-même, attachée à ses traditions et allergique à toute intrusion. Ce qu'il se passe à Prosperous reste à Prosperous. Cette petite ville du Maine vit sous la gouverne du conseil des Anciens, impliquant le chef de police, le pasteur et la vieille Hayley Connier, laquelle est chargée de filtrer les informations pour préserver leur image proprette. Ils ont fixé leurs propres lois, les font respecter sans état d'âme. Aussi, l'entrée en scène du détective Charlie Parker, venu enquêter, après de longues, longues pérégrinations, sur la mort suspecte d'un sans-abri et la disparition de sa fille Annie, provoque quelques remous au sein du conseil. Parker empiète sur leur territoire, Parker pose trop de questions, Parker pose et impose son rôle de trublion. Prosperous voit rouge et va répliquer sans attendre. Et promis, ça va saigner. Tout ce mystère autour de Prosperous nous enveloppe dans un climat de doute et d'angoisse particulièrement réussi et rend la lecture piquante, grinçante, flippante à souhait. Sans cela, j'ai eu un mal fou à entrer dans le roman, car j'avais l'impression de prendre un épisode en cours (il s'agit du tome 12 de la série Charlie Parker) et je ne comprenais rien du tout. Il y a notamment un fil rouge concernant le Collectionneur, sans plus de précision pour les non-initiés, ce qui est extrêmement perturbant. Globalement c'était bien, voire très bien, dès lors qu'on découvre les arcanes de Prosperous, ses secrets, ses mensonges, ses rituels et ses sacrifices, mais c'était aussi déconcertant de débarquer au milieu du schmilblick, dans le cercle de Charlie Parker, sans les présentations d'usage. J'aurais sans doute apprécié davantage si j'avais commencé la série par le début (Tout Ce Qui Meurt). À méditer... ;-)

Pocket / Mars 2016 

>> Ce livre audio en version intégrale vous est proposé en exclusivité par Audible,

uniquement disponible en téléchargement.

Sous l'emprise des ombres | Livre audio

Traduit de l'anglais par Santiago Artozqui pour les Presses de la Cité (The Wolf in Winter)

Lu par : François Tavares (Durée : 12 h 59) - Audible FR / Mars 2015 

 

08/02/16

Demain est un autre jour, de Lori Nelson Spielman

Demain est un autre jour

À la mort de sa mère, Brett Bohlinger pense qu’elle va hériter de l’empire de cosmétique familial. Mais, à sa grande surprise, elle ne reçoit qu’un vieux papier jauni et chiffonné : la liste des choses qu’elle voulait vivre, lorsqu’elle avait 14 ans. Pour toucher sa part d’héritage, elle aura un an pour réaliser tous les objectifs de cette life list ...

J'avais très, très envie de découvrir ce livre depuis un bon moment, pressentant une lecture agréable et de détente. Souvent envisagé pendant mes vacances, sans cesse remballé dans mes valises sans avoir eu le temps de l'ouvrir, ce roman a donc énormément végété en ma compagnie. Lui et moi avons sacrément fait un bout de chemin ensemble ! J'anticipais déjà la rencontre, bim bam boum, et j'étais certaine de tenir là un coup de cœur. Et puis, non. Avouons-le de suite. Cette lecture n'a pas été une déception mais m'a laissé une sensation tiède. Je vous le jure, monsieur le juge, c'est la faute, la très grande faute du personnage central : Brett Bohlinger. Âgée de 34 ans, cadette d'une fratrie propre sur elle, amoureuse d'un avocat mégalo, puisant dans ses dernières ressources pour s'intéresser à l'art du business, plus dans l'idée de reprendre le flambeau familial, elle qui se sentait très proche de sa maman, veillant sur elle dans son combat, jusqu'au bout, se sent légitimement abandonnée et malheureuse au moment de sa mort, avant d'éprouver cette sensation - terrible - de trahison. C'est concrètement le portrait qu'on tente de tirer, au mieux. Car ce qu'on découvre ensuite ressemble à une détestable princesse, déchue de ses droits, confrontée à une réalité douce-amère, dans laquelle elle chouine beaucoup, se plaint superficiellement et tombe amoureuse toutes les trente secondes. Ouhlala. C'est peu de dire que j'ai été exaspérée par ses caprices... Mais il en va ainsi, sur presque 10 heures d'écoute fluide et entraînante, avec une histoire au déroulement étonnamment plein de vivacité et de gaieté. Brett va en effet relativiser sa situation, en fonction de ses nouvelles rencontres et de ses expériences. Eh oui, c'était aussi le but de la liste : apprendre à grandir et tenter de construire quelque chose pour faire de sa vie une réussite. Je n'ai pas trop compris pourquoi sa mère n'avait jamais pris le temps de lui dire entre quatre yeux qu'elle se fourvoyait jusqu'à présent, préférant le lui suggérer post-mortem en l'appâtant avec le pactole. Je chipote, je chipote, car ce roman n'est pas exempt de détails incongrus et d'éléments invraisemblables, sur lesquels on ferme volontiers les yeux, comme de coutume. Et même si Brett Bohlinger est, dans son genre, à claquer, son parcours, avec ses déboires et ses bonnes surprises, reste une façon consolante de se changer les idées. C'est mimi à souhait, en plus de véhiculer un message positif et inspirant. 

Ingrid Donnadieu, la lectrice, interprète cette princesse des temps modernes avec fraîcheur et entrain, pour une exécution très agréable à écouter, en plus de réveiller le souvenir du personnage de Lady Mary dans Downton Abbey, puisque la comédienne est aussi la voix française de Michelle Dockery. ;-)

Audiolib / Janvier 2016 ♦ Texte lu par Ingrid Donnadieu (durée : 10h 56)

Téléchargez l'extrait (mp3, 3 Mo)

Traduit par Laura Derajinski (The Life List) pour les éditions Le Cherche Midi

Pocket, Édition Collector / Novembre 2015

02/02/16

Nymphéas Noirs, de Michel Bussi

NYMPHÉAS NOIRS

À Giverny, berceau de Claude Monet, la découverte du corps d'un ophtalmologiste gisant dans l'eau, plaie béante au cœur, crâne ouvert, provoque un choc émotionnel, même s'il faut bien admettre que la victime n'était pas sans tache non plus. Réputé pour être un coureur de jupons, Jérôme Morval aurait payé sa nature butineuse. Et très vite, les rumeurs grondent dans le village, des photos sont adressées anonymement aux enquêteurs, rendant perplexe le nouvel inspecteur, Laurenç Sérénac. Avec son look de jeune motard, blouson de cuir, sourire rebelle, l'homme fait palpiter le cœur de la ravissante institutrice, Stéphanie Dupain, dont le mari devient, dans la foulée, le suspect principal. L'adjoint Sylvio Bénavidès tente de freiner les ardeurs de son supérieur, certes beau gosse et érudit, tout en fouillant activement dans les archives des musées, dans les mémoires collectives, ou se lançant sur la piste de tableaux volés, des Monet authentiques, débusquant par la même occasion la mort accidentelle d'un môme de onze ans, classée sans suite, malgré les protestations de la mère convaincue du contraire. Cette lecture, finalement, possède un charme éthéré, calfeutré sous la couche du suspense, des crimes à répétition (eh oui... ce n'est pas faute d'avoir été prévenus non plus), des silhouettes floues et fuyantes qui parcourent les rues de Giverny, ressassant des souvenirs, élaborant des théories, tels “des yeux de hibou qui voit et sait tout”. C'est aussi une lecture étrange, empreinte d'émotions et chargée de points de suspension. On devine plus qu'on ne suppose, tout en pénétrant dans une intrigue nébuleuse et inquiétante, mais tout de même enveloppée dans un voile vaporeux, du moins c'est ce que je ressens après avoir tourné la dernière page. La fin du roman est franchement déconcertante. Limite poussive, pour dire la vérité. J'avais anticipé ce revirement et les révélations qui en découlent, aussi je n'ai pas été totalement ébahie par la découverte. Mais l'entourloupe est brillante et originale, drôlement bien suggérée et servie royalement sur un plateau. On est en droit de relire le roman pour le considérer autrement ! Livre après livre, Michel Bussi convainc, séduit, touche et surprend. Il use et abuse de jeux de miroirs pour semer la zizanie et mystifier son lecteur, lequel saisit les nuances et apprend à déjouer les plans de l'auteur, sauf que ce petit jeu de dupes fait vite tourner les têtes et esquinte les nerfs. Mais c'est de bonne guerre. ;-) À la lecture, Colette Sodoyez, plaisante et agréable, nous embarque dans cette histoire pour le moins troublante et évanescente. 

 Audiolib / Janvier 2016 ♦ Texte lu par Colette Sodoyez (durée : 13h 40)

Téléchargez l'extrait (mp3, 2 Mo)

Pocket, Édition Collector / Novembre 2015


18/01/16

Viscères (Jack Caffery 7), de Mo Hayder

VISC_RES

Septième enquête de Jack Caffery & plus de respect pour l'ordre de lecture, tout se perd... Ceci dit, cette lecture m'a vraiment époustouflée avec sa construction inattendue, mais tout à fait percutante. Pour commencer, il n'y a pas de crime. Pas de meurtre violent. Pas de victime mutilée. Pas d'enquête à ouvrir. Alors, quoi ? On a bien les lieux d'un drame, les Tourelles, la propriété de la famille Anchor-Ferrers, où deux jeunes gens ont été massacrés dans les bois quinze ans plus tôt. Même si le tortionnaire croupit derrière les barreaux, la famille est encore profondément marquée par cette tuerie et vit repliée dans la maison. C'est là que tout bascule. Deux hommes se pointent chez eux et prétendent mener une enquête de police. Les Anchor-Ferrers paniquent aussitôt, pensent au double assassinat et au déséquilibré relâché, ils craignent pour leur vie et celle de leur fille Lucia. Les deux types s'introduisent dans l'imposante demeure, et la porte se referme. Je vous laisse découvrir ce qu'il va suivre ... mais c'est juste dur, dur, dur pour les nerfs ! Et il fait quoi, Jack Caffery, pendant ce temps-là ? Il promène un chien. Un chien abandonné. Et il recherche ses maîtres. Il espère obtenir, en échange, des informations sur la disparition de son frère Ewan. Si, si. Nous en sommes toujours là. Notre flic hanté par son passé, qui tourne sur lui-même, incapable d'avancer si on ne lui donne pas LE coup de pied aux fesses pour décrocher une fois pour toutes. Les révélations tomberont-elles ? Oui. Alleluia. Mais elles vous flanqueront un sacré coup au moral.

Pour qui souhaite un grand rendez-vous d'angoisse et de terreur, cette lecture tombe à point nommé. L'histoire en vase clos confère un sentiment d'étouffement, qui prend vite aux tripes. La position est inconfortable, on meurt de trouille et on se fait du mauvais sang, mais en même temps on n'en démord pas, on a envie de connaître la suite et on l'ingurgite d'un trait, oubliant le reste du monde, sursautant au moindre mouvement de clenche, vérifiant même s'il n'y a aucune ombre suspecte derrière la porte. Mo Hayder a réussi son coup en créant un énorme effet de surprise, avec une intrigue d'une intensité psychologique remarquable et poignante, où tout repose simplement sur l'attente et la supposition. C'est diabolique, et j'en redemande. 

Pocket, Janvier 2016 ©2015 Presses de la Cité. Traduit de l'anglais par Jacques Martinache (P)2015 Audible FR  

>> Ce livre audio en version intégrale vous est proposé en exclusivité par Audible - uniquement disponible en téléchargement.

Viscères Audible

 

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

13/01/16

Birdman (Jack Caffery 1), de Mo Hayder

Birdman

Forte de ma découverte l'an dernier (cf. Fétiches, épisode 6 de la série Jack Caffery), j'avais prévu de reprendre les livres de Mo Hayder depuis le début, avec notamment Birdman qui nous introduit de façon redoutable dans cet univers policier pour le moins commun dans son genre (scènes macabres & détails glauques). Ce livre sert néanmoins à dresser un profil d'inspecteur attachant, secret et terriblement humain. Jack Caffery est un homme brisé, qui vit dans la hantise du passé, depuis le jour où son frère Ewan a mystérieusement disparu. Ses parents en ont eu le cœur brisé et ont tout abandonné pour déménager le plus loin possible. Depuis, Jack n'a eu de cesse de ressasser les indices et traquer les pistes, cherchant à piéger son principal suspect, Ivan Penderecki, un voisin pervers, au passé peu reluisant, qui a cependant réussi à passer entre les mailles du filet. Caffery n'échappe pas aux clichés du flic taciturne, brisé et obsédé par sa quête, en plein échec sentimental, incapable de construire une vie décente, et se consacre à son boulot comme sa seule bouée de secours. Nouvellement promu au Service régional des enquêtes sensibles, il n'a pas le temps de dire ouf qu'une étrange affaire l'attend déjà. Cinq cadavres de femmes, aux corps mutilés, ont été découverts dans un terrain vague, avec pour signature scabreuse, un oiseau cousu à l'intérieur de leur poitrine. Et aussitôt notre super flic se distingue. Loin de suivre l'un de ses collègues, occupé à faire le mariole et conduire l'enquête à la catastrophe, Jack centre ses investigations sur un pub fréquenté par des prostituées, des trafiquants de drogue et des employés de l'hôpital voisin... et fait la rencontre de Rebecca. Cela peut sembler lugubre et lourd à encaisser, mais la lecture n'en est pas moins fluide et captivante à écouter. On ne s'attache pas ici à chercher le coupable de l'histoire, on le connaît déjà, mais on n'en absorbe pas moins le choc de l'enquête avec courage et impassibilité. Celle-ci déploie une intensité de l'horreur, d'une violence sidérante, qui met carrément nos nerfs et nos émotions à rude épreuve. Un vrai supplice. Ceci dit, malgré son caractère insolite et éprouvant, le roman est d'une efficacité redoutable et se lit étonnamment bien.

>> Ce livre audio en version intégrale vous est proposé en exclusivité par Audible - uniquement disponible en téléchargement.

©2000 Presses de la Cité. Traduit de l'anglais par Thierry Arson (P)2015 Audible FR

>> Disponible chez Pocket

BIRDMAN - Mo HAYDER

 

26/09/15

Les Gens heureux lisent et boivent du café, d'Agnès Martin-Lugand

Les Gens heureux

Je me méfiais de ce roman à succès, m'attendant à une histoire sirupeuse et larmoyante - les prémices réservant déjà de bonnes scènes mélodramatiques (Diane perd son mari et sa fille dans un accident de voiture). Après quoi, on voit la jeune femme s'effondrer et refuser de vivre sans eux. Elle s'enferme un an chez elle, ne va plus bosser et accepte la seule présence de son meilleur ami Félix. Puis, sur un coup de tête, elle court se réfugier dans un coin paumé en Irlande. À Mulranny. Diane passe de longues heures à errer sur la lande sauvage ou sur la plage, noyant son chagrin sous les embruns et le vent frigorifiant. Elle y fait aussi la rencontre de gens charmants et conviviaux, mis à part son voisin - Edward - qui, par son attitude rustre et malpolie, va la tirer de sa léthargie.

Je ne m'attendais pas à un roman époustouflant, donc j'estime ne pas avoir été trompée sur la marchandise : la lecture a été agréable et purement distrayante, même si j'ai quelques réserves... Là où d'autres s'émoustillent sur les interactions volcaniques entre Diane et son partenaire, j'avoue une certaine lassitude et la sensation d'un scénario prémâché. Leurs chamailleries incessantes m'ont paru forcées et pas très crédibles. 
J'avais donc matière à pester contre cette histoire banale et stéréotypée mais j'ai tellement apprécié être transportée sur cette magnifique terre irlandaise que j'ai tout gobé, tout absorbé, en pinçant le nez aussi (dingue comme la consommation abusive de tabac est banalisée dans le roman) et ne regrette absolument pas d'avoir cédé à la curiosité. 

Pocket / Juin 2014 ♦ Michel Lafon / Juin 2013

 

Et donc j'ai lu la suite ...

LA VIE EST FACILE

Sans doute l'auteur a-t-elle voulu se réconcilier avec son public en leur concoctant cette suite des Gens heureux lisent et boivent du café pour leur donner des nouvelles de Diane. Trois ans ont passé, notre parisienne a fait du chemin. Elle va bien, merci. Son travail au café littéraire occupe l'essentiel de son temps, jusqu'à ce qu'elle cède aux insistances de Félix - rencontrer des hommes, à nouveau. Et bim, elle tombe sous le charme d'Olivier. Calme, rassurant, patient. Par contre, Diane a développé une phobie des enfants, ne peut plus les voir en pâture et panique dès qu'elle se trouve en leur présence. Le souvenir de sa fille est trop fort, limite étouffant. Et puis bam, l'Irlande s'invite de nouveau à sa porte. Il est temps pour Diane de retrouver ses amis et de solder définitivement ses comptes (*Edward*). Boum ! Ce livre ne déroge pas au plaisir d'une lecture simple, agréable et distrayante. Par contre, qu'est-ce que ça verse dans le mélo ! Pfiou, ça colle aux doigts et ça titille exprès la glande lacrymale... C'était trop. Je ne me sentais plus en empathie. Pour moi, cette suite n'avait pas lieu d'être, elle existe « pour la forme » mais est parfaitement dispensable.

Michel  Lafon / Avril 2015

Posté par clarabel76 à 10:30:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

11/09/15

En poche ! # 48

Voici quelques-unes des dernières nouveautés en format poche = l'autre rentrée littéraire ! ;-)

♦♦♦♦

 

TONY HOGAN   FAMILLE MIDDLESTEIN   Les héritières de Rome,

Tony Hogan m'a payé un icre-cream soda avant de me piquer maman, de Kerry Hudson

La Famille Middlestein, de Jami Attenberg

Les héritières de Rome, de Kate Quinn

 

300 Mots   Une main encombrante   Un été avec Kim Novak

300 Mots, de Richard Montanari

Une main encombrante, de Henning Mankell [LU]

Un été avec Kim Novak, de Hakan Nesser [LU]

 

COULOIR DES TENEBRES   L'automne du commissaire Ricciardi   Jamais deux sans toi

Le couloir des ténèbres, d'Anne Perry

L'automne du commissaire Ricciardi, de Maurizio De Giovanni

Jamais deux sans toi, de Jojo Moyes

 

Cirque des reves   DÉCHIRÉS   Et rien d'autre

Le Cirque des rêves, d'Erin Morgenstern

Déchirés, de Peter Stenson

Et rien d'autre, de James Salter  [LU]

 

Le détroit du Loup   Le village   Saratoga Woods

Le Détroit du  Loup, d'Olivier Truc  [LU]

Le Village, de Dan Smith

Saratoga Woods, d'Elizabeth George

 

CAFE DE LUXE   Retour à Little Wing   Nos mensonges

Le café de luxe pour beaux messieurs, d'Alexander McCall Smith

Retour à Little Wing, de Nickolas Butler

Nos mensonges, de Louise Douglas  [LU]

 

Les Indomptées   Sarah Thornhill   Dernier jugement

Les Indomptées, de Nathalie Bauer

Sarah Thornhill, de Kate Grenville

Dernier Jugement, de Jane Casey

 

Oh my dear   Le Bruit des autres   Le Retour

Oh my dear ! de TJ Middleton  [LU]

Le bruit des autres, d'Amy Grace Loyd

Le Retour, de Robert Goddard

 

Un fragile espoir   Cadavre 19 Poche   L'homme de la montagne

Un fragile espoir, de Hannah Richell

Cadavre 19, de Belinda Bauer  [LU]

L'homme de la montagne, de Joyce Maynard  [LU]

 

Trouble   Scène de crime virtuelle   Le Sang versé

Trouble, de Helene Uri

Scène de crime virtuelle, de Peter May

Le sang versé, d'Asa Larsson

 

La couleur du lait   Ne meurs pas sans moi   Une héroïne américaine

La couleur du lait, de Nell Leyshon  [LU]

Ne meurs pas sans moi, de Suzanne Stock

Une héroïne américaine, de Bénédicte Jourgeaud

 

   Constellation   Muchachas

 Pas pleurer, de Lydie Salvayre  [LU]

Constellation, d'Adrien Bosc

Muchachas Tome 1, de Katherine Pancol  [LU]

 

Mauvaise compagnie   Meurtres en Majuscules   Ames soeurs Humaine Tome 2

Mauvaise compagnie, de Linwood Barclay

Meurtres en majuscules, de Sophie Hannah

Ames Sœurs (Humaine tome 2), de Rebecca Maizel  [LU]

 

Animale

 Animale : La malédiction de Boucle d'Or, de Victor Dixen  [LU]

Posté par clarabel76 à 18:00:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

23/06/15

Bleu Catacombes, de Gilda Piersanti

3 - Bleu Catacombes

La macabre découverte d'une déferlante de corps sans tête (et de têtes sans corps) met sous pression le commissaire d'Innocenzo, dépité par son effectif mis au rabais à cause des vacances d'été. Seule Mariella accepte d'écourter son séjour à la mer pour se confronter à l'esprit retors d'un criminel qui semble puiser son inspiration dans l'art contemporain et les références bibliques. Pour la soutenir, elle peut naturellement se tourner vers Silvia, sa nouvelle collègue, mais aussi Paolo, son fringant amoureux, dont le retour fait franchement plaisir ! L'auteur n'a de cesse de peaufiner le portrait de son héroïne, qu'on découvre étourdie, migraineuse, tremblante et frissonnante, et pas seulement de passion amoureuse. Encombrée par des souvenirs de famille et ses retrouvailles tardives avec son géniteur, la jeune femme est plus vulnérable que jamais, moins attentive à son enquête, fuyante et instable aux yeux de son amant. La série, qui se décline au gré des saisons, réserve ainsi une lecture sur le long cours passionnante en développant en parallèle des enquêtes criminelles un fil rouge perspicace autour des personnages. J'apprécie moins l'aspect glauque rendu par la lecture faite par Hélène Lausseur pour Sixtrid, qui exacerbe les voix des coupables d'un ton moribond et déprimant... Ceci étant dit, le roman nous réserve une grande part d'intensité dramatique aux effets poignants ! 

Sixtrid / mars 2011 ♦ texte lu par Hélène Lausseur (durée : 5h 50)

 

BLEU CATACOMBES

éditions Le Passage, 2007 / Pocket, 2009 pour le texte original

 

Posté par clarabel76 à 17:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,