23/04/14

Lexi Smart a la mémoire qui flanche, de Sophie Kinsella

Lexi Smart

La veille encore, Lexie sortait en boîte avec ses copines, avalait quelques verres, pestait contre son mec et son boulot, menait une vie étriquée. Mais au moment d'attraper son taxi, Lexie fait une chute et se réveille sur un lit d'hôpital... trois ans plus tard. Le plus choquant pour elle n'est pas de découvrir qu'elle est amnésique, mais plutôt d'apprendre qu'elle est mariée à un type canon, qu'elle est tout simplement superbe, totalement relookée, avec des fringues de marque à gogo, et qu'elle habite un superbe appartement, en clair elle mène une vie de rêve.

Pourtant, Lexie a effacé de sa mémoire les trois dernières années de sa vie et tente aujourd'hui de recoller les morceaux en vrac. Pour y remédier, son mari parfait lui glisse un manuel pratique de leur vie conjugale (absolument ahurissant !). Elle recontacte aussi sa bande de copines mais réalise qu'elles sont fâchées. Chemin faisant, Lexie découvre qu'elle serait devenue la Reine des garces au boulot. Pour atteindre les sommets, elle aurait, comme qui dirait, tout écraser sur son passage. Sans oublier qu'elle aurait aussi un amant !.. Ah, ah. 

Ce nouveau visage ne la rend pas fière, finalement elle est de plus en plus perturbée par les changements opérés et décide d'en avoir le cœur net en menant son enquête. Certes, on devine la fin mais on se laisse charmer, guider par cette histoire légère et amusante, où l'ambition dévorante ne doit jamais nuire aux valeurs sacrées que sont l'amitié, la famille et l'amour. C'est gentillet dans l'ensemble, assez mignon et facile à lire, mais c'est pour moi loin d'être un récit pétillant, qui laisse éclater sa joie et son insouciance. J'ai, de plus, eu beaucoup de mal à m'attacher au personnage de Lexie ! Un bon début, et puis plouf, plus rien...

Pocket, Juin 2012 ♦ traduit par Daphné Bernard pour les éditions Belfond

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18/04/14

L'accro du shopping à Manhattan, de Sophie Kinsella

L’ACCRO DU SHOPPING À MANHATTAN

Cet épisode 2 m'a offert de beaux fous rires ! Bon sang, cette Becky est impayable. D'abord, son weekend à la campagne et son casse-tête tout personnel au moment de faire sa valise, du léger, a dit Luke, bah voyons... elle fait alors secrètement appel à une livraison express, mais son colis se perd en route. Sur place, la demoiselle se retrouve sans rechange, ou juste une chemise de nuit à enfiler de façon très détachée, en décrétant que c'est le must absolu. C'est cela, oui...

Et les noces du fils des voisins, où Becky passe pour une affabulatrice, esseulée et amoureuse éplorée du marié, franchement, c'est d'un comique ! Vient ensuite le départ pour New York, les promesses d'une vie nouvelle, ambitieuse, chic et accomplie. Becky en a la tête qui tourne et se défoule dans les boutiques. Elle rencontre aussi sa belle-mère, est prise pour une serveuse lors d'un déjeuner huppé, se voit offrir une séance cultissime chez l'esthéticienne, tente de faire du sport, se ridiculise auprès du nouvel associé de Luke...

Croyez-moi, Sophie Kinsella est en très grande forme dans ces nouvelles aventures de Becky et ça fait un bien fou de s'y plonger tellement on sourit et on rit du début à la fin. Soit, le rêve va virer au cauchemar, l'occasion pour notre acheteuse compulsive de faire peau neuve et de prendre un nouveau départ. Sa vie sentimentale va aussi connaître des remous, ce qui ne fera pas de mal aux concernés ! En somme, j'ai vibré, gloussé, ricané tout du long. Pour l'heure, c'est mon tome préféré de la série. Je continue sur cette belle lancée.

Pocket, décembre 2005 ♦ traduit par Christine Barbaste pour les éditions Belfond

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16/04/14

Cocktail Club, de Madeleine Wickham

cocktail club

Trois copines, Roxanne, Candice et Maggie, se donnent chaque mois rendez-vous au Manhattan Bar pour avaler cocktails et rires afin de les soulager d'une pression professionnelle, ou sentimentale, trop appuyée. Ce soir-là, Candice reconnaît la serveuse, une certaine Heather, car son père aurait spolié sa famille des années plus tôt. Candice décide sur un coup de tête de racheter la conduite de son père et propose à Heather de venir bosser dans leur magazine de mode. Roxanne et Maggie trouvent son attitude précipitée et irréfléchie, mais sont trop accaparées par leurs propres soucis pour y interférer.

Roxanne vit une liaison amoureuse avec un homme marié depuis des années et sent une immense lassitude s'installer en elle. Maggie est heureuse, mariée, enceinte, prête à accoucher. Son mari et elle ont acheté une propriété à la campagne, mais Maggie va vite perdre la tête loin de la frénésie londonienne, avec un bébé sur les bras et la seule solitude pour ligne d'horizon. Ces trois-là, qui avaient toujours pu compter les unes sur les autres, ne vont plus se comprendre et leur amitié va partir en cacahuète.

J'ai été un peu déçue par ce livre, qui se lit pourtant très vite, sans réel déplaisir. Sophie Kinsella, qui signe sous le pseudonyme de Madeleine Wickham, se détache de son habituel sens de l'humour pour une histoire assez banale et tristoune. En vrai, ses personnages ne sont pas très attachants, à commencer par Candice, qui lâche ses vieilles copines pour une fille qu'elle vient juste de rencontrer. Une fille aux agissements douteux, qui rumine sa vengeance avec perfidie. Comment s'apitoyer sur le sort de Candice ?! Impossible. Mais le comble, c'est qu'elle s'en tire vraiment bien à la fin. Grr !

En somme, j'ai trouvé l'histoire trop classique, trop commune, trop policée, trop gnan-gnan, manquant cruellement d'humour, d'espièglerie, de second degré... Trop de petits détails qui agacent (haro sur l'aveuglement de Candice, les faux coups d'éclat de Roxanne, son orgueil mal placé, Maggie qui boit de l'alcool à neuf mois de grossesse...). Ce livre est à réserver aux inconditionnels de l'auteur, sans se départir de tout sens critique... ☺

Pocket, Septembre 2013 ♦ traduit par Marion Roman pour les éditions Belfond

14/04/14

Enfant 44, de Tom Rob Smith

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L'histoire se passe dans la Russie de Staline, en 1953, les agents du MGB traquent les dissidents et les font disparaître sans rencontrer la moindre riposte. Le peuple se tait, se camoufle, range sa rancœur au fond de la poche. Leo Stepanovitch Demidov est un agent haut placé, ancien héros de guerre, officier zélé et convaincu d'œuvrer pour le bien du parti. Lorsqu'il se rend chez un vieil ami en plein deuil, il rassure la famille en expliquant que leur fils n'a pas été assassiné, mais tué accidentellement.

Il rentre à Moscou sur les traces d'un vétérinaire, aux idées réactionnaires, qui s'est fait la malle, Leo lui sauve la vie en le repêchant dans un lac gelé, tombe malade. Au sortir de sa convalescence, il est convoqué pour une nouvelle arrestation : celle de son épouse, Raïssa dont la grande beauté fait décidément bien des jaloux... Terrible cas de conscience pour notre agent, qui risque de perdre ses privilèges en subissant un exil forcé dans un coin perdu de l'Oural.

De nouveau, des crimes inexpliqués, des corps éviscérés de jeunes garçons ou jeunes filles retrouvés dans la forêt, des interrogations en pagaille, mais aussi un acharnement manifeste à ne pas générer d'enquête plus aboutie, plus fouillée. On suit les grandes lignes du parti, ou on subit son courroux. Leo fait face aux failles du système, avec une connaissance accrue des drames qui se jouent en coulisses.

L'histoire est rondement menée pendant les 3/4 du roman, ambiance terriblement glaciale du régime stalinien, qui fait découvrir le revers de la médaille, avec les corruptions, ambitions personnelles, bourrages de crâne, drames conjugaux, petits et grands mensonges... Le roman tient ses promesses et est franchement prenant. Par contre, l'intrigue policière fait doucement glousser dès lors qu'on bascule vers la perspective d'un dénouement grossier et aberrant. Autant dire que j'ai trouvé ça frustrant, niais, passablement décevant.

Toutefois je lirai sans hésiter la suite, avec dans l'ordre : Kolyma et Agent 6, car j'ai été agréablement surprise par la vitesse avec laquelle j'ai parcouru cette lecture ! 

Audiolib, avril 2009 ♦ texte intégral lu par Frédéric Meaux (durée : 12h 20) ♦ traduit par France Camus-Pichon pour les éditions Belfond ♦ disponible en format poche chez Pocket, janvier 2010

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11/04/14

Confessions d'une accro du shopping, de Sophie Kinsella

Confessions

Maintenant que j'ai vu le film, je peux relire le roman avec un plaisir double, puisque j'ai désormais des visages à mettre sur les personnages (et je trouve Isla Fisher parfaite et Hugh Dancy, ... !!). Rebecca Bloomwood a un gros problème : son addiction au shopping, aux achats compulsifs et aux dépenses folles. Pour elle, les mots soldes ou ventes privées sont magiques et la mettent dans tous ses états. Incontrôlable, elle serait capable de tout dévaliser dans les boutiques.

Toutefois, Becky a un budget à tenir, un budget qu'elle crève à chaque fois, lui faisant atteindre un gouffre très profond, que son banquier cherche à combler, à force de courriers répétitifs ou autres coups de fil pour convenir d'un rendez-vous. Becky, elle, se voile la face. Elle cache les lettres, invente des excuses bidon, fuit ses responsabilités. Plusieurs fois, elle tente de se prendre en main, de se raisonner, de faire un bilan, de retenir ses pulsions... Peine perdue.

J'adore les aventures de Becky, qui rivalisent d'une imagination folle et insensée, et qui résument la jeune femme à une créature frivole et insouciante, mais sans jamais nous la rendre détestable. Au contraire, on s'attache, on sourit, on soupire aussi, mais on la trouve géniale, dynamique, entière et généreuse. Dans ce 1er tome, nul ignore encore l'ampleur de sa décadence, Becky ment à son entourage et s'en tire bien, ses parents, Suze sa meilleure amie et même Luke Brandon ne sont pas au bout de leurs découvertes !!!

À suivre avec délice. C'est frais, pétillant, exaltant et ça file la pêche. ♥

Pocket ♦ mars 2006 ♦ traduit par Christine Barbaste pour les éditions Belfond ♦

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13/03/14

Cet instant-là, par Douglas Kennedy

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Je poursuis ma découverte des romans de Douglas Kennedy, avec ce titre qui n'a pas su soulever un enthousiasme débordant. L'histoire de Thomas Nesbitt, écrivain à succès, soudainement confronté à son divorce après vingt ans de vie commune, est aussi l'occasion de le renvoyer à un passé pas très lointain, celui de sa folle jeunesse, dans les années 80, où il a débarqué dans la ville de Berlin, alors coupée en deux par un mur.

Thomas replonge ainsi dans les souvenirs de sa passion amoureuse pour une jeune femme exilée de l'Est, Petra. Belle, mystérieuse, fascinante. Son histoire personnelle l'avait également rendue mélancolique et à fleur de peau, mais elle avait su trouver auprès de Thomas un réconfort et la promesse de lendemains meilleurs. Elle lui avait aussi confessé son parcours, avec son lot de drames et de déchirures. Bref, tout allait pour le mieux entre eux deux. Et puis, il y a eu « cet instant-là », le fameux...

Alors je ne vous cache pas que la lecture est longue, très longue, surtout le début, mais la partie rétrospective n'apporte pas non plus de regain ni de souffle nouveau. Encore des longueurs, en plus des clichés, et l'histoire d'amour qui se révèle mélodramatique, mais surtout sirupeuse et larmoyante. Pff, quoi. Sans compter que j'ai toujours beaucoup de mal à m'attacher aux personnages de D. Kennedy, j'ignore pourquoi mais ça ne prend pas.

J'ai alterné ma lecture papier avec la version audio, presque irréprochable comme d'habitude, par contre j'ai un problème, dès qu'une voix masculine aborde les dialogues ou les personnages féminins, ça coince. Les interventions de Marcha Van Boven sont trop rares, dommage, cela aurait pu compléter l'interprétation, sincère et poignante, de Philippe Résimont et rendre l'ensemble plus crédible.

Audiolib ♦ novembre 2011 ♦ texte intégral lu par Philippe Résimont et Marcha Van Boven (durée d'écoute : 17h 41) ♦ traduit par Bernard Cohen pour les éditions Belfond ♦ en format poche chez Pocket (janvier 2013)

05/03/14

ATOM[KA], de Franck Thilliez

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Je n'allais pas lâcher Sharko et Lucie en si bon chemin, et me suis donc plongée dans cette nouvelle histoire avec empressement. Nous sommes à quelques jours de Noël, presque deux ans après la fin de Gatacales deux flics bossent désormais ensemble au 36, quai des Orfèvres. Le corps d'un journaliste vient d'être découvert chez lui, dans son congélateur. Sa collègue, également une journaliste d'investigation, est portée disparue. Un gamin errant est retrouvé dans la forêt, mutique et portant des traces de sévices. Sans identité, il a dans sa poche les coordonnées de la journaliste aux abonnés absents.

Encore une sale affaire en perspective ! La brigade est à cran, elle avance dans ses recherches avec tact et fait face à des découvertes sidérantes et invraisemblables. Certes, le titre dévoile en partie qu'il sera question de nucléaire, avec pour spectre les ravages de Tchernobyl et ses sinistres conséquences. L'histoire fera remonter à la surface l'idée d'un vaste complot impliquant les sphères politiques, scientifiques et humanitaires, avec une petite pensée à Hibernatus, mais n'en dévoilons pas davantage ! On peut juste constater que nos flics ont décidément le chic pour débusquer des crimes horribles, qui leur font voir du pays !

L'histoire nous emmène également sur un terrain beaucoup plus personnel. Nous retrouvons une Lucie à fleur de peau, obsédée par son désir de tomber enceinte, tandis que Sharko n'ose pas lui avouer qu'il passe une batterie d'examens médicaux pour satisfaire sa demande. Ces silences et non-dits mettent le couple en péril, oui, toujours et encore, malgré toutes les épreuves traversées ensemble... Fait plus grave, l'individu qui cherche à pourrir la vie de Sharko, entraperçu dans Gatacaest de retour, bien déterminé à mener son projet machiavélique jusqu'au bout. Le commissaire est au taquet ! À tel point qu'on se demande dans quel état on va le récupérer à la fin !?

On peut dire que Thilliez tisse sa toile sur tous les fronts, d'abord en instaurant une relation de confiance et de complicité entre le lecteur et ses personnages - on les aime, Sharko et Lucie ! Puis, il se sert toujours de ses intrigues scabreuses pour faire passer des messages, sur le nucléaire en l'occurrence. En fournissant un important travail de documentation, l'auteur a à coeur de traverser les consciences et d'inviter le lecteur à réfléchir plus loin que le thriller qu'on vient d'ingurgiter et apprécier à sa juste valeur. Très bon, très stimulant ! 

Audiolib, décembre 2012 - texte intégral lu par Michel Raimbault / en version papier aux éditions Fleuve Noir (sept. 2012) ou en format poche chez Pocket (oct. 2013)

Fasciné par les romans de Franck Thilliez, dont il a déjà lu pour Audiolib Syndrome E et GATACA, Michel Raimbault donne ici une interprétation haletante de ce roman où science et suspense se mêlent avec une égale rigueur.

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03/03/14

[GATACA], de Franck Thilliez

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À la suite des événements douloureux survenus dans Le Syndrome E, l'auteur ne s'embarrasse pas de détails et continue de nous infliger les pires tourmentes avec ce roman. D'entrée de jeu, ça fait mal. Les personnages ne sont pas à la fête, le lecteur non plus, tout le monde est éprouvé et encaisse avec amertume l'enchaînement des nouvelles. Puis, intervient le début d'une nouvelle enquête policière (le meurtre d'une étudiante, spécialiste de l'évolution), Sharko est dans les rangs, même s'il n'est plus que l'ombre de lui-même...

Cette affaire va à la fois le rebooster et lui en faire voir de toutes les couleurs, le renvoyant même à un passé trop douloureux, car trop neuf. Pourtant, cela lui offrira l'occasion de retrouvailles inespérées, mais dans des circonstances maladroites et poignantes. Sharko va risquer gros pour cette enquête, mettant en péril sa carrière déjà bien vacillante. Tant pis, il sait qu'il doit aller jusqu'au bout, franchir la ligne jaune. Difficile de trop en dévoiler pour ne pas spoiler l'intrigue, c'est terriblement frustrant !

Quoi qu'il en soit, j'ai davantage apprécié ce roman que j'ai trouvé bouleversant - Lucie est un personnage qui ne cesse de me toucher - mais aussi diablement maîtrisé, à proposer mille pistes qui vont toutes se recouper dans la dernière ligne droite. C'est bien fichu, tendu au cordeau, on ne s'ennuie pas. Et même les longues théories scientifiques ne m'ont pas paru trop pesantes (ou il m'a fallu alterner avec le roman, car la lecture orale atteint parfois ses limites, mon attention avait tendance à s'envoler...).

Bref, c'est une lecture habile, redoutable, particulièrement stressante, très forte sur les émotions ressenties (sauf concernant le couplet des amants maudits). Cela m'a beaucoup plu, en dépit du fait que l'auteur ne fait jamais dans la dentelle et semble prendre un plaisir sadique à malmener ses personnages. Gataca clôt un dyptique fascinant sur l’origine de la violence. (Comment a-t-elle évolué depuis les premiers hommes jusqu'à nos civilisations modernes ? Par quel biais s'est-elle propagée ? Génétique ou culturel ?)

Audiolib, juin 2011 - texte intégral lu par Michel Raimbault (durée d'écoute : 18h 17) / en version papier chez Fleuve Noir ou Pocket

Comme il l’avait fait dans Le Syndrome E, Michel Raimbault maintient jusqu'à son terme l’angoisse que fait naître l’analyse de la barbarie inhérente à la condition humaine.

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28/02/14

L'anneau de Moebius, par Franck Thilliez

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J'ai réalisé, un peu tardivement, que j'avais DÉJÀ lu cette histoire, sauf qu'il ne m'en était resté que de très vagues souvenirs ! Pour ma défense, il faut reconnaître que l'histoire s'appuie sur un scénario invraisemblable, à propos de théories insensées sur les voyages spatio-temporels, mais surtout concernant des rêves, qui seraient à la fois des visions et des prémonitions. Un synopsis digne d'un épisode de la Quatrième dimension. ♥

Stéphane Kismet fait donc des cauchemars où il se voit traqué par la police, accusé d'un crime sur une petite fille. Comprenant qu'il peut peut-être changer le cours de son destin, il se lance sur la piste de son futur hypothétique. En parallèle, Victor Marchal, qui débute dans la PJ, est confronté à sa première enquête ardue : un tueur en série, des scènes de crime insurmontables, des victimes à la pelle, tout ça grouillant dans un milieu abject et sordide.

Chassé-croisé infernal, canevas serré et impitoyable, le roman est épuisant à suivre, mais aussi absolument bluffant. On s'y perd un peu, c'est sûr, mais le rythme vif du récit nous rend tout bonnement accro. Je suis sortie de cette lecture complètement éreintée, et honteuse de ma fascination morbide. Quelque part, ce livre m'a fait penser à la série de films - Destination finale - dans lesquels les personnages se débattent pour contrer leur destin, auquel ils ne pourront JAMAIS y échapper. C'est flippant, flippant, flippant.

Ce cher monsieur Thilliez se donne à coeur joie dans la description de scènes nauséeuses, de quoi heurter la sensibilité des lecteurs, je constate surtout que c'est de plus en plus une marque de fabrique chez nos auteurs français (Maxime Chattam, Karine Giebel...). Dans l'entretien accordé à l'équipe d'Audiolib, Franck Thilliez explique que c'est probablement dû à l'influence des films comme Seven ou Le silence des agneaux. En clair, nous appartenons à une génération marquée au fer rouge, en quête d'émotions fortes, et qui pousse à bout cet attrait pour l'inexplicable. Tant pis, j'assume. ;o)

Audiolib, février 2009 - texte intégral lu par Philippe Allard (durée : 13h 30) / ** merci Bladelor pour le prêt ! ** / en format poche chez Pocket, janvier 2011 pour la présente édition

Note sur l'Audiolib : L'interprétation toute en tension de Philippe Allard accompagne l'auditeur dans cette vertigineuse plongée dans un temps devenu réversible. Suivi d'un entretien exclusif avec l'auteur.

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21/01/14

La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry, par Rachel Joyce

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Ce matin-là, Harold Fry quitte son appartement pour aller poster une lettre, en réponse à Queenie Hennessy, une vieille amie, ancienne collègue de boulot. Elle se trouve actuellement au Nord du pays, malade d'un cancer incurable, et lui a adressé ses adieux en souvenir du bon vieux temps. Harold, sans réfléchir, décide finalement de pousser plus loin son expédition. Sa rencontre avec une jeune fille travaillant dans un garage lui a en effet donné une idée : rejoindre à pied son amie. Traverser l'Angleterre pour apporter espoir, paix et bonheur à Queenie. Un geste symbolique, pour l'aider à résister en attendant sa venue. Harold y croit dur comme fer.

Alors il part sur les routes et il marche des heures durant. Il n'a pas eu le temps de prévenir son épouse Maureen, qui va être en pétard, ni le temps de se préparer physiquement. Il est parti avec ses petites chaussures, sans entraînement. Tant pis. C'est animé d'une foi véritable qu'il se lance dans ce pèlerinage. Certes, son aventure sera reprise, décortiquée, analysée, diffusée sur les antennes, exploitée à des fins commerciales... Du moins, pas dans l'immédiat. Au commencement, Harold est seul. Il marche, il fait des rencontres, il profite de la vie et il réfléchit sur son propre parcours.

En fait, l'existence d'Harold peut sembler minable : son épouse et lui ne se parlent plus, ils partagent un toit, point. Leur fils David a quitté le foyer, les accusant de ne pas s'intéresser à lui. Sa rencontre avec Queenie a été comme une bulle d'oxygène dans un quotidien englué dans l'ennui et l'amertume. Et pourtant, ces deux-là ont toujours été unis par l'amitié et la solidarité. Des secrets aussi ont pesé et scellé leur sort, et qui expliqueraient bien des choses aujourd'hui.

En attendant, c'est tout ça qui rumine dans sa caboche, Harold Fry face à son destin, une lecture particulièrement réjouissante et débordante d'enthousiasme ! On peut certes déplorer des longueurs, des maladresses, un rythme inégal, des rencontres plus ou moins passionnantes, des anecdotes anodines, mais dans l'ensemble c'est tout de même bien agréable à lire, avec une surprise finale qui laisse coi et fait revoir la copie entière. Une jolie rencontre littéraire, dépaysante et généreuse.

Pocket, octobre 2013 - traduit par Marie-France Girod pour XO éditions.

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