17/05/16

Le Cannibale de Crumlin Road, de Sam Millar

Le cannibale de Crumlin Rd

Pour sa deuxième enquête, après Les Chiens de Belfast, Karl Kane va de nouveau basculer dans l'immonde et l'horreur. Des jeunes filles disparaissent dans la nature, avant de refaire surface le corps martyrisé et atrocement mutilé. Bizarrement, la police ne mobilise pas ses troupes pour cesser ce massacre. Il faut dire aussi que les victimes sont pour la plupart de pauvres nanas défoncées, des junkies, des laissées-pour-compte, ce qui ne manquera pas de faire réagir notre détective, qui s'applique à dénoncer les exactions des forces de l'ordre. Il est d'autant plus en pétard qu'il a débusqué un début de piste concret mais constate que son alerte reste sans effet. Le principal suspect, Robert Hannah, appartient à la crème de la société, avec de nombreuses relations haut placées, et une immunité diplomatique. Karl Kane, lui, fonce dans le tas. Mais à pétarader de la sorte, l'homme s'attire les mauvaises grâces du dangereux psychopathe... Et là, bon sang de bois, quel flip ! Petite parenthèse sur l'extraordinaire interprétation de Lazare Herson-Macarel qui rend le personnage exécrable au possible, avec son ton mielleux et perfide, on enverrait valdinguer son iPod à travers la pièce tant on pousse des cris hystériques en tremblant d'effroi ! Chapeau. Donc, Kane devient à son tour l'obsession du Bob, qui va le toucher en plein cœur en ciblant la prunelle de ses yeux. Ohlala, mes aïeux, j'ai encore souffert avec cette lecture morbide et effroyable. J'avais déjà relevé combien c'était dur et glauque de plonger dans un livre de Sam Millar, et pourtant j'y retourne tête baissée, le cœur soulevé de dégoût et d'angoisse, mais j'y retourne. C'est terrible. J'ai davantage apprécié le personnage de Kane, moins centré sur sa petite personne, moins focalisé sur ses hémorroïdes, et qui se révèle amant fébrile, papa maladroit, fils déboussolé... Une figure en patchwork plutôt convaincante. De toute façon, cette série réserve bien des surprises, plus ou moins appréciables, entre le portrait attachant du privé cabossé par la vie, ses enquêtes conduites à l'ancienne, mais qui dérivent invariablement vers des sentiers chaotiques, avec le souci du détail sinistre. Un procédé discutable, qui suscite des sentiments contradictoires et inspire aussi un profond malaise. Je prends néanmoins déjà rendez-vous pour le prochain épisode (Un sale hiver) ! 

Interprété par Lazare Herson-Macarel, pour Sixtrid (mars 2016) - durée 7h 47

Traduit par Patrick Raynal (The Dark Place) pour les éditions du Seuil

Repris en poche chez Points (Policier, 2016)

 


24/03/16

Créance de sang, de Michael Connelly

Créance de sang

L’ex-agent du FBI, Terry McCaleb, se remet tout doucement d'une opération à cœur ouvert. Astreint à un repos forcé, il profite de l'occasion pour bichonner son bateau et occupe son temps libre entre la pêche et éplucher ses vieux dossiers. La visite d'une inconnue, Graciela Rivers, vient cependant perturber sa tranquillité alors qu'elle se présente comme étant la sœur de Gloria Torres, abattue à bout portant alors qu'elle faisait ses emplettes, laissant son fils orphelin. Ce drame a cependant été profitable à Terry, désormais le récipiendaire du cœur de la victime. En l'apprenant, McCaleb est sous le choc et accepte d'enquêter sur le meurtre de Gloria. La suite de l'intrigue n'est cependant pas aussi époustouflante qu'un habituel roman de Connelly, on a les rebondissements et le suspense d'usage, l'ensemble se laisse lire avec plaisir, mais il lui manque ce petit truc capable de faire la différence. Terry McCaleb n'a d'abord pas su me convaincre, c'est un personnage éteint, qui a tendance à verser dans la sensiblerie (imaginez Clint Eastwood dans son rôle convient tout à fait !). De plus, le bouquin se noie dans des niaiseries sentimentales qui rendent l'histoire et son sujet (le traitement des dons d'organes) beaucoup trop mielleux ou pas crédibles du tout. Sans être une déception, le roman est quelconque, avec une fin nunuche et mortifiante. En somme, on a un rendez-vous attendu et classique, parce que c'est du Connelly, mais la lecture est assez sommaire. Il est temps de retrouver Harry Bosch... ;-)

Traduit par Robert Pépin pour les éditions du Seuil (Blood Work)

Points coll. Policier / novembre 2013 pour la présente édition

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21/03/16

Le Cadavre dans la Rolls, de Michael Connelly (Harry Bosch #5)

Le cadavre

Suite à son coup de déprime, cf. Le dernier coyote, Harry Bosch vient tout juste de retrouver sa place au sein de la brigade criminelle, avec une promotion à la clef en tant que chef de son équipe comprenant Jerry Edgar et Kizmin Rider (nouvelle venue). Pour célébrer la fin du weekend du Labor Day, un concert du Philharmonique est donné en plein air, alors que Bosch est appelé, non loin, pour enquêter sur l'assassinat d'un producteur de cinéma, Tony Aliso, tué d'une balle dans la tête, le corps retrouvé dans le coffre de sa Rolls. Une exécution sommaire, qui semble porter la signature du crime mafieux. Mais Bosch n'est pas du style à se satisfaire des apparences et entend chercher plus loin. Il rencontre la veuve, glisse ses pas dans ceux de la victime, se rend à Vegas, négocie avec la police urbaine, se mouille avec la pègre locale et se coltine une fois encore les affaires internes. Une triste habitude pour notre inspecteur précédé de sa réputation d'empêcheur de tourner en rond. Au-delà de toutes ces tractations et magouilles politiques et judiciaires, Harry va également se confronter à un fantôme de son passé - l'inoubliable Eleanor Wish, croisée dans Les égouts de Los Angeles - avec laquelle il a très, très envie de faire un bout de chemin. Et plus encore. 

Ce tome recense l'aspect le plus bling-bling de la ville des anges et sa jumelle racoleuse - Vegas et ses casinos, ses clubs, ses hôtels, son argent sale, sa mafia et ses blondes fatales... Par certains aspects, on aurait presque pu s'imaginer dans un polar des années 50, à la Raymond Chandler (Veronica Aliso est un cliché du genre). Harry est cependant très éloigné de Philip Marlowe et choisit de nous surprendre avec ses idylles qui lui donnent des ailes et le font accomplir des merveilles ! Whooo... Ce tome m'inspire donc plusieurs sentiments et oscille entre le pur roman noir, l'épisode indissociable d'une série qui ne cesse de s'enrichir et la lecture de pure distraction avec des rebondissements à la clef, un coupable insaisissable et des fausses pistes lâchées exprès pour étourdir le quidam. Un rendez-vous indiscutable. 

Points, coll. Policiers, thrilles & romans noirs ♦ Juin 2014 pour la présente édition

Traduit de l’anglais par Jean Esch (Trunk Music) pour les éditions du Seuil

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17/03/16

Le Poète, de Michael Connelly

Le poète

Je n'ai pas abandonné Harry Bosch, seulement je tente de suivre au plus près l'ordre chronologique des livres de Connelly. Et donc... Le Poète. Classé parmi les meilleurs polars de tous les temps. Sans exagération. Voilà qui catalogue d'office cette lecture parmi les plus stressantes et attendues au tournant. Je ne vais pas vous faire languir et avouer de suite que le rendez-vous a été à la hauteur des espérances !

L'histoire concerne le journaliste Jack McEvoy, anéanti par le suicide de son frère, Sean, un policier qui ne supportait plus le stress de son boulot et l'échec de  l'affaire Theresa Lofton (une jeune étudiante sauvagement assassinée). Voulant comprendre les raisons de son geste tragique, Jack reprend tout à zéro et remarque assez rapidement plusieurs cas de suicide à travers le pays concernant d'autres flics éreintés par une grosse enquête non aboutie. La coïncidence est troublante, mais n'en attire pas moins le FBI, en la personne de l'agent Rachel Walling, aussi belle que redoutable, et dont la première intervention est aussi sexy que musclée. Jack est sous le charme et négocie finement pour rester au cœur de l'action, au nom de son frère, mais aussi pour la primeur du scoop et rendre justice à des victimes incomprises (le serial killer a trop longuement sévi en toute impunité). La suite de ses investigations continuera de le traîner loin, très loin, notamment sur la piste d'Edgar Allan Poe (point commun avec Les Mots qui tuent de Martha Grimes), ainsi que sur des terrains vagues où Jack va s'embourber à plus d'un titre. Connelly use de nombreux subterfuges pour égarer les enquêteurs (et le lecteur) et nous assomme avec une succession de pistes et de fausses pistes - qui rendent cependant le rythme haletant et le dénouement inattendu et époustouflant. Son seul point faible, à mon goût, réside dans ses interludes romantiques, maladroits et encombrants, qui servent inutilement l'intrigue ou la pimentent de façon lourdaude. Mais je lui pardonne aisément car il me tarde de plonger à nouveau dans son univers de mec bourru, qui rend le tout pas mal addictif.

Calmann-Lévy / ROBERT PÉPIN PRÉSENTE ♦ Juin 2015

Traduit par Jean Esch pour les éditions du Seuil (The Poet, 1996)

Le Poète Points

Points / Mai 2013 pour la présente édition

14/03/16

Le Dernier coyote, de Michael Connelly

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Harry Bosch, on le sait, est colérique, impulsif et sanguin, du genre à s'emporter en claquant les portes et en crachant les pires insultes. Sa manie de passer au-dessus des ordres et de franchir constamment la ligne jaune a fini par lasser sa hiérarchie, qui le contraint à suivre une thérapie avec le Dr Carmen Hinojos. Bosch est en pétard, mais prend peu à peu conscience du mal qui le ronge - le meurtre de sa mère, Marjorie Lowe, survenu trente ans plus tôt et jamais résolu. Il comprend alors qu'il est temps pour lui de s'y pencher, pour peut-être débloquer ce verrou tenace qui l'enserre depuis l'enfance. Toutefois, plonger dans le passé de call-girl de sa mère est extrêmement éprouvant pour Bosch. Bien que frappé d'interdiction d'enquêter (il a également rendu son badge), il se sert de l'identité de son supérieur, Harvey Pounds, pour mener ses investigations et pénétrer les hautes sphères de l'administration dans l'espoir d'éclairer les relations sulfureuses de Marjorie (elle entretenait une liaison avec un politicien en vogue). Mais cette manœuvre sera lourde de conséquences, pour Harry... qui va goûter à l'amertume de son insolence et conserver en bouche une aigreur persistante.  

Cette lecture est étonnante de sensibilité et prend aux tripes dans son initiative de vouloir percer la carapace de notre inspecteur revêche et le délivrer de ses démons. Certes, Harry traverse une mauvaise passe et collectionne les coups durs (Sylvia l'a quitté et sa maison est à deux doigts de s'effrondrer depuis le tremblement de terre qui s'est produit près de Los Angeles en janvier 1994). Il n'aime pas s'épancher sur son triste sort, mais doit reconnaître qu'il a un mauvais karma à soigner. Et c'est décidément dans le rôle du sauveur des causes perdues qu'il est le plus fort, avec ce cas le plus personnel de sa carrière à appréhender. Le dénouement de l'intrigue ne manquera pas non plus de déstabiliser le lecteur... j'ai d'ailleurs pensé à la série Cold Case pour l'émotion, l'ambiance nostalgique, l'injustice et le suspense du contexte. De fait, c'est un roman sombre et poignant, mais qui ne transforme pas Harry Bosch en personnage mollasson et pétri de douleur pour autant. Loin de là ! L'épisode est très bon et constitue une partie d'un tout, je ne peux qu'enchaîner avec la suite... ;-) 

Les éditions retrouvées / Mars 2015

Traduit par Jean Esch pour les éditions du Seuil (The Last Coyote, 1995)

Le dernier coyote

Points / Septembre 2015 pour la présente édition

 

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02/03/16

La Blonde en béton, de Michael Connelly

La Blonde en béton CL

Quatre ans après avoir tué Norman Church, le principal suspect dans l'affaire du Dollmaker, Harry Bosch doit rendre des comptes devant les tribunaux, accusé par la famille du défunt de grave erreur policière. Notre inspecteur tient bon la barre, contre vents et marées, affrontant les foudres de l'avocate Money Chandler, dont la spécialité consiste à épingler les dérapages des forces de l'ordre. La position de Bosch reste inflexible, jusqu'au jour où ses collègues sont prévenus de la présence d'un corps, coulé dans le béton, qui porte toutes les traces du serial killer, alors que celui-ci avait déjà été tué. Cette nouvelle découverte ébranle les certitudes de notre super-flic, qui doit agir vite et bien, et ce dans la plus grande discrétion, pour ne pas alerter l'accusation ni la presse. Mais l'étau se resserre et la paranoïa gagne du terrain. Bosch pointe du doigt l'éventualité d'un copieur et l'existence d'autres corps. Son enquête vole en éclats par la faute d'une taupe au sein de son équipe. Harry se sent acculé mais tente de cerner au mieux la personnalité du criminel et multiplie les suspects. Le dénouement est ainsi une succession de rebondissements après maintes déductions et tentatives d'approcher le coupable. Et c'est super bien rendu. Le scénario, haletant et habile, nous cueille par le nez pour nous guider là où il faut, quand il faut.

Ce roman est aussi pour moi la conversion ultime à la série Harry Bosch dont les deux premiers tomes (Les égouts de Los Angeles et La Glace noire) n'avaient pas su me charmer au-delà du possible. Cette fois, l'alchimie a opéré et je suis fatalement conquise. Bosch est un flic teigneux, pas sympa, mais sa force et sa détermination sont aussi la dynamique de la lecture, qui jongle entre la procédure judiciaire et la quête du serial killer, deux directions fort palpitantes pour l'intrigue. J'ai entrepris de suivre la série par ordre chronologique et vais découvrir ça avec grand plaisir dorénavant ! 

Calmann Levy / Robert Pépin présente (Mai 2014)

Lire le premier chapitre de "La Blonde en béton"

 

La blonde en béton   La blonde en béton LdP 2015

Points Policier (Mai 2012) / Le Livre de Poche (Mai 2015)

Traduit par Jean Esch (The Concrete Blonde, 1994)

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23/02/16

Kobra, de Deon Meyer

Kobra

Lecture anarchique oblige, je redécouvre un Benny Griessel requinqué et fringant cowboy comme membre des Hawks, l'unité de police spéciale, après l'avoir croisé en sale posture, au fond du trou et alcoolique, dans Jusqu'au dernierSa vie amoureuse aussi se porte au mieux, même si notre homme est chiffonné par des soucis techniques, qu'il n'ose confier à personne, par honte ou par pudeur. Résultat, son entourage s'imagine déjà que sa mine des mauvais jours signifie que Benny a replongé dans son addiction et ses vieux démons. Ceci étant, l'enquête policière va également solliciter son attention et ses méninges. Un triple assassinat dans une guest-house, un client britannique disparu et des douilles de cartouches gravées d'une tête de cobra... Benny Griessel et son adjoint Cupido en restent comme deux ronds de flan, soucieux d'avance de négocier avec les prérogatives internationales. Mais le mystérieux Cobra, ce criminel qui tue plus vite que son ombre, ne chôme pas et vient de signer un nouveau massacre en ville, en abattant des agents de sécurité qui venaient d'interpeller un jeune pickpocket. Et bim, Tyrone Kleinbooi prend à son tour sa place sur l'échiquier... La suite ne demande qu'à s'écrire. Et c'est rondement mené. 

Car on a là un bon bouquin d'action, qui nous envoie en Afrique du Sud... fragile et violente, comme ses héros ! L'intrigue se déroule sans temps mort et se lit tout aussi efficacement. Rien n'est laissé au hasard pour amener à un dénouement particulièrement haletant et surprenant. Cette série policière est une découverte riche en émotion et pleine d'entrain. Une très bonne pioche.

Sixtrid / Juin 2015 ♦ Interprété par Eric Herson-Macarel (Durée : 11h 37)

Traduit par Estelle Roudet pour les éditions du Seuil ♦ Disponible en poche Points Policier / Novembre 2015

Kobra POints

22/02/16

Le Détroit du Loup, par Olivier Truc

Le détroit du loup CD

« Il se passe des choses pas sympas. Il y a beaucoup d'argent en jeu.
Et nous [les éleveurs], on pèse pas lourd. »

Suite à ma première rencontre enthousiasmante, cf. Le dernier Lapon, avec l'univers d'Olivier Truc, nous introduisant en Laponie Norvégienne, parmi la communauté Sami et les éleveurs de rennes, je me réjouissais de retrouver les patrouilleurs, Klemet Nango et Nina Nansen, dans une nouvelle intrigue policière. Et effectivement, la transhumance à peine commencée se voit déjà compromise par un incident malheureux : la noyade d'un éleveur, Erik Steggo, qui plonge ses proches dans un profond désarroi. Très vite, les murmures de mécontentement grondent et enflent, visant les envahisseurs, touristes, politiciens, compagnies pétrolières... Trop de monde se bouscule sur un même lopin de terre, le fameux Détroit du Loup. Et la mort d'Erik Steggo n'est pas un simple accident, car d'autres événements tragiques, comme la mort du maire d'Hammerfest, de responsables pétroliers et de plongeurs, viendront confirmer les craintes. 

Ce deuxième livre de la série n'offre peut-être plus la surprise de la nouveauté, mais préserve son ambiance singulière et fascinante. Si Klemet se montre particulièrement virulent, pas loin de saboter sa relation avec sa collègue Nina, celle-ci dérive aussi de son côté, vers les traces de son père disparu, qu'elle cherche à retrouver. Cette absence d'osmose est un peu pénible, et alourdit la lecture, que je trouvais déjà longue et lassante. Après, on sent bien les intentions louables de l'auteur, à vouloir dénoncer le décalage culturel de la Laponie, le fossé entre les traditions à préserver et les exigences économiques, souvent peu regardantes des éléments en place. Pour illustrer tout ça, on croise des personnages comme Nils le plongeur sans scrupule, Anneli la jolie veuve, Tikkanen l'agent immobilier véreux et Sikku le berger utopiste. Tous incarnent à leur façon le visage du pays. Exit le charme de l'exotisme, cette fois la plongée en Laponie est teintée d'une sombre amertume, qui déteint sur le ressenti de la lecture. La magie n'a plus fonctionné et je sors quelque peu déçue de cette promesse d'évasion. L'histoire s'éparpille trop, manquant souvent de rythme, et se noie dans des digressions fastidieuses. Dommage, pour cette fois.

Sixtrid / Novembre 2015 ♦ Interprétré par Jacques Frantz (Durée : 15h15)

Points, coll. Policier / Septembre 2015

⛄🐺⛄🐺⛄🐺⛄🐺

Challenge Nordique 2016

 

 

30/11/15

Détonations rapprochées, de C.J Box

Détonations rapprochées Seuil   Détonations rapprochées

Joe Pickett, nouveau garde-chasse dans le Wyoming, s'est déjà distingué pour avoir arrêté le gouverneur de l'état qui pêchait sans permis (notre homme ne l'avait pas reconnu !). Ceci a cependant conforté son image de type droit et incorruptible, même si ses congénères se gaussent de ses maladresses, il n'en récolte pas moins une profonde estime. Et c'est vrai que Joe Pickett est un bon gars, amoureux de la nature et attachant une importance cruciale à sa tranquillité et à celle de sa famille. On ne dit pas de Joe qu'il est ambitieux mais consciencieux. Aussi, le jour où il découvre un cadavre sur son tas de bois, notre garde-chasse est en pétard. Pourquoi ce braconnier, qu'il avait interpellé un peu plus tôt, gît sans vie près de son chalet ? Alors que les autorités attribuent cette mort à un simple accident, Joe Pickett décide de poursuivre les investigations, non par esprit de contradiction, mais parce que cette intrusion dans son jardin secret le heurte personnellement. La suite de l'histoire adopte un rythme tout aussi imperturbable et jamais ennuyeux car c'est tout un décor qu'on découvre, au cœur de la magnificence des Rocheuses, avec une ambiance à l'américaine (cowboy, stetson, cheval et fusil de chasse). C'est très, très bon. Non seulement l'intrigue va dévoiler des arcanes complexes et malheureuses, mais révéler aussi le rapport de force existant entre écologie et économie (enrichir la communauté, mais à quel prix ?). L'auteur s'attache également à nous raconter des personnages dans leur vie ordinaire, à créer une petite bulle de confort et à nous inclure dedans. C'est un charme supplémentaire qui fonctionne si bien que je reprendrai rendez-vous avec Joe et les siens très prochainement ! 

Points / Septembre 2004 ♦ Traduit par William Olivier Desmond (Open Season) pour les éditions du Seuil ♦

Texte lu par l'excellent Jacques Frantz pour Livraphone (durée : 8h 40)

27/11/15

Les Chiens de Belfast, de Sam Millar

Les chiens de Belfast

Il ne fait pas bon s'attarder dans les bars, à Belfast. Une blonde incendiaire attire des hommes dans ses filets, puis s'offre des séances de torture raffinées avant de les achever. Karl Kane, notre détective privé grincheux et désargenté, reçoit la visite d'un certain Mr Munday qui lui demande d'enquêter sur un cadavre contre une grosse enveloppe de billets. Cette affaire va ainsi le mettre sur la piste des meurtres en série, qui se recoupent étrangement avec un viol survenu en 1978 (cf. la scène d'ouverture du livre, qui annonce les festivités de façon très détaillée). Notre homme, qui se croyait aguerri aux pires crasses, est touché en plein cœurCeci dit, attendez-vous à un bouquin très noir, avec des descriptions répugnantes et vulgaires, un bouquin hyper violent, mais en parfaite cohérence avec l'intrigue, un bouquin sombre, poignant, immoral et à la lisière du désespoir. On ne s'y engage pas pour se changer les idées et voir du pays, mais on fait tout de même une sacrée découverte ! Karl Kane est du genre sympa malgré un portrait peu flatteur. C'est un mec bourru et meurtri, qui traîne des casseroles, flic refoulé, écrivain frustré, aujourd'hui affligé d'une crise d'hémorroïdes, également amateur de poker et aimant prendre des risques inconsidérés pour s'offrir la tête de ceux qui l'exaspèrent (et ils sont nombreux !). Sam Millar s'en sort plutôt bien et extirpe de cette marée noire un humour appréciable, puisqu'il est cynique et amer juste comme il faut et qu'il nous tient compagnie dans ce premier volet d'une trilogie policière pas comme les autres. Une lecture pas exceptionnelle, mais pas désagréable non plus.

Sixtrid / Août 2015 ♦ Texte lu par Lazare Herson-Macarel (durée : 7h 15) ♦ Traduit par Patrick Raynal (Bloodstorm)

Disponible en format poche chez Points Policier

Les chiens de Belfast Points

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