17/06/16

Le Diable de la Tamise, d'Annelie Wendeberg

Le diable de la tamise

Au cours de l'été 1889, le Dr Anton Kronberg, bactériologiste de renom, est appelé pour confirmer les traces suspicieuses de choléra sur une victime retrouvée morte dans la Tamise. Sur place, il y fait la rencontre de l'excentrique Sherlock Holmes, personnage nerveux et insupportable, qui lui inspire aussitôt une aversion épidermique. Il faut dire que le détective a mis à jour le secret inavouable de Kronberg en une poignée de mains et un simple coup d'œil. Anton Kronger est en vérité une femme, Anna. D'origine allemande, où les études de médecine sont interdites aux femmes, puis exilée à Harvard, pour enfin exercer ses talents à Londres, Kronberg dupe son entourage depuis de longues années, mais au prix d'une incroyable mise en scène entourée de mille précautions. Elle a également choisi de vivre dans un quartier misérable, où elle s'y cache et mène son existence non-conformiste. Chaque nuit, elle tombe le masque et redevient Anna, infirmière à la coupe de cheveux peu conventionnelle, qui se faufile dans le dédale des rues puantes et crasseuses pour retrouver son amant, un crocheteur irlandais, et pour soigner les plus malchanceux. Son quotidien n'est pas sans risques, Anna en a conscience, malgré un moral d'acier et un tempérament de feu, elle redoute la découverte de sa vraie nature et de finir en prison. En attendant, notre affaire de macchabée va prendre un nouveau tournant pour remonter la piste d'un étrange réseau de trafics humains, sous couvert de servir les besoins de la science (un vaccin contre le tétanos), avec les dérives inhérentes aux ambitions dévorantes.

Difficile pour moi d'apprécier pleinement ce roman qui emprunte la figure de Sherlock Holmes mais en lui prêtant une posture effacée et pleine de retenue. Ce n'est pas le Sherlock que l'on sait ! Après, c'est un personnage secondaire, prêtant assistance au Dr Kronger, figure autrement plus complexe à cerner et à apprécier... Ces deux-là jouent un drôle de jeu entre attirance et répulsion, besoin de bousculer l'autre et prouver qui est le meilleur, un concours d'ego assez pesant au démarrage, car les deux parties se jaugent et font grincer des dents. Que d'arrogance !! Puis, ça se tasse car l'histoire finit par les convaincre que l'union fait la force, qu'une femme peut être dotée d'un cerveau aussi tonique que celui d'un homme, qu'il y aura toujours l'inégalable Irene Adler, et désormais Anna Kronberg, remarquable pour son habileté au déguisement et sa vivacité d'esprit ! Toutefois, la perspective d'un trouble amoureux a failli me perdre. Pensez donc... Un mythe se meurt ! “Ses lèvres avaient la douceur de la soie. Tout à coup, mon cœur si peu raisonnable quitta ma poitrine pour aller s'installer dans la sienne. Je me demandais s'il avait remarqué le poids supplémentaire.” C'est niais, non ? Huhuhu. Mis à part ces petits détails, le livre se lit vite et bien. L'intrigue criminelle n'est pas époustouflante, mais reproduit efficacement une ambiance, un contexte, des enjeux médicaux etc. Bon point pour le décor. Je ne suis pas convaincue par l'esquisse des personnages, mais je reste curieuse de la suite de leurs aventures, ce roman étant le premier d'une trilogie.

Traduit par Mélanie Blanc-Jouveaux, pour les éditions Presses de la Cité (The Devil's Grin) - mai 2016

 

#Mois Anglais 2016 : Sherlock Holmes

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22/03/16

Le Chant des dunes, de John Connolly

LE CHANT DES DUNES

Charlie Parker vient de s'installer dans la petite ville de Boreas pour y entamer sa convalescence. Sa maison, au bord de la plage, jouxte celle de Ruth Winter et sa fille Amanda. L'enfant, vive et spontanée, n'hésite pas à soutenir le détective diminué physiquement et à lui tenir compagnie en babillant avec insouciance. Cela distrait notre homme, mais semble déplaire à la mère. Ruth est fuyante, discrète et cachotière. Elle n'a pas livré toute son histoire, sur les raisons de sa venue à Boreas, et Parker s'en accommode aisément. Son expérience de mort imminente a calmé notre fin limier, qui s'éloigne de toute immixtion dans les affaires d'autrui. Pourtant, les crimes ne manquent pas, une famille entière a été décimée par le fils, suspect numéro un, porté disparu, un corps est également retrouvé sur la plage, des criminels nazis en exil déploient tous les moyens pour préserver leur anonymat, tandis que des rescapés juifs perpétuent leur traque jusqu'au-boutiste. Ce sont donc autant de drames qui s'enchaînent et des enquêtes qui s'enclenchent, dans la périphérie de Charlie Parker, lequel vit dans sa bulle, auprès du fantôme de sa fille, avant de craquer sous la colère et le massacre de trop. Ce livre s'inscrit dans la continuité de Sous l'emprise des ombres et n'a présenté aucune difficulté pour entrer dans l'histoire - la série Charlie Parker se découvre impérativement dans l'ordre, car chaque détail compte. L'histoire est hyper fouillée, de nombreux personnages se croisent et des destinées s'entre-mêlent, parfois livre après livre. C'est vous dire comme Connolly installe sa série dans la durée et la parsème de détails qui s'emboîtent progressivement, tout comme il entretient cet éternel fil rouge du Collectionneur, en égrenant les indices à petites doses. De plus, l'atmosphère s'évade parfois vers des accents fantasmagoriques (la mort flotte autour de Parker et ses proches) et peut sembler pesante, voire démoralisante. Mais tous ces aspects moribonds ou mélancoliques sont néanmoins attrayants et forment, pour l'essentiel, l'empreinte de la série. Petit à petit, celle-ci m'envoûte...

Traduit par Jacques Martinache (A Song of Shadows) pour les Presses de la Cité, Février 2016

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Le chant des dunes | Livre audio

Lu par : François Tavares (durée : 13 h 15 ) ♦  (P)2016 Audible FR

15/03/16

Sous l'emprise des ombres, de John Connolly

Sous l'emprise des ombres

Imaginez une communauté repliée sur elle-même, attachée à ses traditions et allergique à toute intrusion. Ce qu'il se passe à Prosperous reste à Prosperous. Cette petite ville du Maine vit sous la gouverne du conseil des Anciens, impliquant le chef de police, le pasteur et la vieille Hayley Connier, laquelle est chargée de filtrer les informations pour préserver leur image proprette. Ils ont fixé leurs propres lois, les font respecter sans état d'âme. Aussi, l'entrée en scène du détective Charlie Parker, venu enquêter, après de longues, longues pérégrinations, sur la mort suspecte d'un sans-abri et la disparition de sa fille Annie, provoque quelques remous au sein du conseil. Parker empiète sur leur territoire, Parker pose trop de questions, Parker pose et impose son rôle de trublion. Prosperous voit rouge et va répliquer sans attendre. Et promis, ça va saigner. Tout ce mystère autour de Prosperous nous enveloppe dans un climat de doute et d'angoisse particulièrement réussi et rend la lecture piquante, grinçante, flippante à souhait. Sans cela, j'ai eu un mal fou à entrer dans le roman, car j'avais l'impression de prendre un épisode en cours (il s'agit du tome 12 de la série Charlie Parker) et je ne comprenais rien du tout. Il y a notamment un fil rouge concernant le Collectionneur, sans plus de précision pour les non-initiés, ce qui est extrêmement perturbant. Globalement c'était bien, voire très bien, dès lors qu'on découvre les arcanes de Prosperous, ses secrets, ses mensonges, ses rituels et ses sacrifices, mais c'était aussi déconcertant de débarquer au milieu du schmilblick, dans le cercle de Charlie Parker, sans les présentations d'usage. J'aurais sans doute apprécié davantage si j'avais commencé la série par le début (Tout Ce Qui Meurt). À méditer... ;-)

Pocket / Mars 2016 

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Sous l'emprise des ombres | Livre audio

Traduit de l'anglais par Santiago Artozqui pour les Presses de la Cité (The Wolf in Winter)

Lu par : François Tavares (Durée : 12 h 59) - Audible FR / Mars 2015 

 

04/03/16

Les Monstres, de Lauren Beukes

Les Monstres

La police de Detroit vient de découvrir le corps mutilé d'un jeune garçon, dans une mise en scène sordide et révoltante (une bouillie de membres humains associés à des restes de cerf). L'inspectrice Gabriella Versado, chargée de l'enquête, est horrifiée par tant de perversité et ne va plus compter plus ses heures au boulot, délaissant malgré elle sa fille de seize ans, Layla, une adolescente solitaire et mal dans sa peau, qui va également occuper son temps libre de façon irréfléchie, en traquant les prédateurs sexuels sur le net (une idée de sa copine Cass, qui cherche à masquer sa fragilité derrière son insolence). D'autres personnages viennent compléter le tableau, dont Jonno, un pauvre type en quête de scoop pour son blog, ou Clayton Broom, au profil psychologique particulièrement instable. De toute manière, dans ce livre, rien n'est clair, tout fonctionne de travers. On y trouve une palette d'individus affligeants, dont les destinées semblent avoir été brassées grossièrement, dans un récipient vide et creux. Et puis ça sent très fort la fatalité, coincé dans un décor lugubre et morose. L'ambiance générale tend carrément à la déprime, à la désolation, au misérabilisme. L'histoire, enfin, est lourde, pesante et trop bizarre... pas du tout palpitante. Même le dénouement poussif tourne au ridicule les plus grandes scènes de suspense haletant. Là, sans rire, c'est pitoyable. Honnêtement, j'attendais plus de frissons. Au lieu de ça, cette première approche de l'univers, réputé sulfureux, de Lauren Beukes n'a été que déception et amertume. Sa vision trop noire et dérangeante du roman policier, conjuguée aux codes du fantastique, n'a pas su me convaincre.

Presses de la Cité / Coll. Sang d'encre ♦ Juin 2015

Traduit par Laurent Philibert-Caillat (Broken Monsters)

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Les monstres | Livre audio

Lu par : Gaëlle Savary / Durée : 14 h 15   (P)2015 Audible FR

03/03/16

Une année particulière, de Thomas Montasser

Une Année Particulière

Par une froide soirée d'hiver, Tante Charlotte quitte sa librairie, tourne la clef dans la serrure, serre son sac à main contre elle et trace sa route sans se retourner. Sans nouvelles de celle-ci, sa famille envoie la jeune Valérie, étudiante en économie et gestion d'entreprise, pour liquider son commerce poussiéreux et croulant sous les dettes. Notre ambitieuse et pragmatique héroïne ne s'avoue pas vaincue, même si l'ampleur de la tâche est conséquente. À peine débarquée dans l'antique librairie, Valérie s'effondre dans le fauteuil usé de sa tante et pousse un profond soupir. Elle songe alors qu'une bonne tasse de thé, préparé dans le précieux samovar, lui redonnera un coup de pep's avant de plonger son nez dans les registres et les catalogues. Attendant que le liquide infuse dans les bonnes proportions, Valérie patiente en prenant un livre au hasard et retourne s'installer dans son fauteuil... pour seulement s'en extraire en fin de journée, 248 pages lues, la goutte au nez, un sourire hébété sur les lèvres. ;-)

Pour Valérie, qui entretient un rapport très éloigné avec les livres, la littérature, l'imagination, les rêves, la poésie etc, cette plongée dans l'univers de sa tante, libraire par vocation, par goût et par envie, est un choc culturel d'amplitude considérable. Et pourtant, la magie a déjà fait son chemin. Au fil des jours, la jeune femme s'installe dans une routine, thé, fauteuil, lecture, et revoit progressivement sa perception des lieux. La librairie a fait son temps, perdu de nombreuses batailles, loupé le coche de la modernité et se débat désespérément contre la fatalité. Pour Valérie, pourtant, l'aventure ne fait que commencer. Un soir, un jeune homme déboule à l'improviste, cheveux en pétard, imperméable chiffonné, l'air pensif et recueilli devant les rayons. Et tout se scelle autour d'un petit bouquin, jugé défectueux, écrit par un auteur inconnu, avec pour titre Une année particulière... 

Alléchée par le résumé, j'ai dévoré ce roman en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Et si le contenu n'a pas su me séduire totalement (l'écriture est peu folichonne, l'histoire assez creuse), j'ai totalement succombé au charme du lieu, la librairie désuète et oubliée de tous, où on imagine s'y perdre, prendre un bouquin et s'affaler dans le fauteuil usé durant des heures, à boire du thé, croiser des figures aimables, des personnalités excentriques et attachantes (le môme Timmi qui ne craque que pour les BEAUX livres, le grand acteur Noé ou l'ouvrier du bâtiment, venu d'Iran, qui voue à la poésie perse une vénération sans borne). Autant de rencontres colorées, dans un endroit apparemment mis sur pause.

C'est un peu ça, finalement, qu'il faudra espérer du roman, une lecture hors du temps et des considérations sur la vie qui font réfléchir, une foule de livres à noter, une touche de fantaisie, pas mal de sensibilité, et un roman qui fait la part belle à cette passion de lire et de la lecture en général. 

Presses de la Cité / Mars 2016 ♦ Traduit par Leïla Pellissier (Ein ganz besonderes Jahr)

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18/01/16

Viscères (Jack Caffery 7), de Mo Hayder

VISC_RES

Septième enquête de Jack Caffery & plus de respect pour l'ordre de lecture, tout se perd... Ceci dit, cette lecture m'a vraiment époustouflée avec sa construction inattendue, mais tout à fait percutante. Pour commencer, il n'y a pas de crime. Pas de meurtre violent. Pas de victime mutilée. Pas d'enquête à ouvrir. Alors, quoi ? On a bien les lieux d'un drame, les Tourelles, la propriété de la famille Anchor-Ferrers, où deux jeunes gens ont été massacrés dans les bois quinze ans plus tôt. Même si le tortionnaire croupit derrière les barreaux, la famille est encore profondément marquée par cette tuerie et vit repliée dans la maison. C'est là que tout bascule. Deux hommes se pointent chez eux et prétendent mener une enquête de police. Les Anchor-Ferrers paniquent aussitôt, pensent au double assassinat et au déséquilibré relâché, ils craignent pour leur vie et celle de leur fille Lucia. Les deux types s'introduisent dans l'imposante demeure, et la porte se referme. Je vous laisse découvrir ce qu'il va suivre ... mais c'est juste dur, dur, dur pour les nerfs ! Et il fait quoi, Jack Caffery, pendant ce temps-là ? Il promène un chien. Un chien abandonné. Et il recherche ses maîtres. Il espère obtenir, en échange, des informations sur la disparition de son frère Ewan. Si, si. Nous en sommes toujours là. Notre flic hanté par son passé, qui tourne sur lui-même, incapable d'avancer si on ne lui donne pas LE coup de pied aux fesses pour décrocher une fois pour toutes. Les révélations tomberont-elles ? Oui. Alleluia. Mais elles vous flanqueront un sacré coup au moral.

Pour qui souhaite un grand rendez-vous d'angoisse et de terreur, cette lecture tombe à point nommé. L'histoire en vase clos confère un sentiment d'étouffement, qui prend vite aux tripes. La position est inconfortable, on meurt de trouille et on se fait du mauvais sang, mais en même temps on n'en démord pas, on a envie de connaître la suite et on l'ingurgite d'un trait, oubliant le reste du monde, sursautant au moindre mouvement de clenche, vérifiant même s'il n'y a aucune ombre suspecte derrière la porte. Mo Hayder a réussi son coup en créant un énorme effet de surprise, avec une intrigue d'une intensité psychologique remarquable et poignante, où tout repose simplement sur l'attente et la supposition. C'est diabolique, et j'en redemande. 

Pocket, Janvier 2016 ©2015 Presses de la Cité. Traduit de l'anglais par Jacques Martinache (P)2015 Audible FR  

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Viscères Audible

 

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11/01/16

Ma grand-mère vous passe le bonjour, de Fredrik Backman

« On peut être triste alors qu'on mange des pères Noël en guimauve. Mais c'est beaucoup, beaucoup, beaucoup plus difficile. »

Ma grand-mère vous passe le bonjour

Beau et troublant roman à la fois ! 

Elsa, 7 ans, et sa grand-mère, teigneuse et fière de l'être, entretiennent une relation forte et étonnante. Tout bascule lorsque la grand-mère est emportée par la maladie, confiant à sa petite-fille la délicate mission de retrouver des lettres cachées dans leur immeuble, puis de les distribuer aux personnes concernées. Pour la fillette, déjà éprouvée par cette perte subite et injuste, la tâche est d'abord vécue comme un calvaire car cela l'oblige à sortir de sa zone de confort, croiser du monde et communiquer, assumer sa singularité et celle des autres. Ce n'est pas chose facile pour cet enfant peu ordinaire, à l'intelligence précoce, qui adore Harry Potter et les histoires de super-héros, qui récite Wikipedia sur le bout des doigts, qui condamne vite et bien - comme sa grand-mère. Pourtant, Elsa est une petite fille solitaire et malheureuse, victime de brimades à l'école, se sentant souvent ballottée entre une maman qui travaille beaucoup et un papa qui a refait sa vie avec une autre femme. En plus, l'arrivée du nouveau bébé - la Moitié - chamboule notre demoiselle qui avait coutume de se réfugier dans les fables que lui racontait sa grand-mère. Maintenant, c'est fini. Et Elsa se sent abandonnée. Toutefois, elle décide de donner une chance à la dernière requête de sa grand-mère et va découvrir qu'elle est entourée par une réalité beaucoup plus mystérieuse, secrète et magique qu'elle ne le pensait. Une réalité proche des contes et légendes fantastiques que celle-ci affectionnait. Et pour cause.

Cette histoire aux accents fantaisistes est aussi terriblement émouvante et attachante, parce qu'elle met en avant un formidable binôme, parce qu'elle parle d'amour, de famille, de perte et de deuil, mais aussi de renouveau et de seconde chance. Même si j'aurais apprécié qu'on abrège les digressions et autres délires excentriques, parfois trop lourds pour le rythme du récit, j'ai passé un formidable moment à écouter Bernard Gabay me gaver de folies douces et tailler le portrait génial d'une mamie exubérante, qui va aider sa petite-fille à aimer pleinement la vie et ceux qui l'entourent. ☺

>> Ce livre audio en version intégrale vous est proposé en exclusivité par Audible - uniquement disponible en téléchargement.

(P)2015 Audible FR  ♦  Lu par : Bernard Gabay  (durée : 12 h 54)

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©Traduit du suédois par Laurence MENNERICH (Min mormor hälsar och säger förlåt) 

pour les éditions PRESSES DE LA CITÉ

Ma grand-mère vous passe le bonjour Presses de la Cité

30/12/15

#Challenge Il était trois fois Noël : La Magie du bonheur, de Kristin Hannah

La Magie du bonheur - Kristin Hannah

Joy est une femme brisée, récemment divorcée, trahie par l'homme qu'elle aimait et qui la trompait avec sa sœur cadette. Pour elle, Noël s'annonce avec un goût amer, aussi choisit-elle de partir le plus loin possible, pour tout oublier. Mais son avion s'écrase au milieu d'une forêt très dense. Par miracle, Joy échappe à la mort. Elle décide alors de s'éloigner pour de bon. Couper les ponts avec sa vie. Disparaître. Ne plus exister. Elle s'enfonce dans la forêt, arrive près d'un lac où se tient une auberge isolée. Elle y rencontre un garçon de 8 ans, Bobby, et son père Daniel. Ce couple aux ailes brisées va inspirer des sentiments multiples chez Joy, elle est émue par la détresse de l'enfant, perplexe face au caractère ténébreux de l'homme à l'accent irlandais, transportée par la présence fantôme de la maman défunte. C'est une aura qui se dégage, un feu de paille. Et on devine beaucoup de choses, pensant même pouvoir déjà écrire la fin. Mais non. La seconde partie s'annonce imprévisible, elle remet les pendules à l'heure. Et le roman se finit, sur une touche de magie... oui, oui le titre trouve bel et bien sa signification.

La magie du bonheur ressemble à un téléfilm de l'après-midi, à consommer dans un but strictement distractif. On pourrait aussi très bien s'en passer, si ce n'est que l'esprit de noël est dans les airs, que l'envie de lire une histoire gentille, honnête et optimiste peut faire pencher la balance vers le “pourquoi pas?”. La lecture est sans prétention et affiche haut ses couleurs scintillantes. Voilà qui colle magnifiquement à la saison et à l'esprit des fêtes.

Presses de la Cité / Novembre 2008 ♦ Traduit par Francine Siety (Comfort & Joy)

Challenge Noel Logo Chicky Poo 2015

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03/12/15

Le Doute, de S.K Tremayne

Le Doute

La famille Moorcroft incarne l'idée du bonheur parfait : lui est plein de charme, elle porte des petits pulls en cachemire, ils vivent dans une belle maison à Camden et sont les heureux parents de jumelles indissociables. Tout bascule quand l'une des fillettes décède tragiquement, en chutant du balcon de la maison des grands-parents. Le drame anéantit le couple qui décide de tout quitter pour s'installer sur une île écossaise. Mais d'autres faits troublants surviennent... Kirstie affirme être finalement Lydia. Ses parents ont fait une terrible erreur quatorze mois plus tôt. Ce roman fait alors preuve d'une grande dextérité à nous embrouiller du début à la fin, à nous faire partager le doute que vivent aussi les personnages, sans jamais apporter le moindre indice ou à vouloir faire exprès de semer plusieurs pistes. On ne sait plus qui croire, que penser, quoi faire. C'est assez perturbant, mais cela explique cette pulsion de tout lire en une bouchée (seulement deux jours pour moi). L'histoire est addictive, habilement menée et particulièrement anxiogène. Le cadre de l'île isolée, battue par les vents, nous met également en condition : Eilean Torran y apparaît magnifique, mais angoissante.

Presses de la Cité / Septembre 2015 ♦ Traduit par Isabelle Maillet (The Ice Twins)

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Ornsay Lighthouse after dark, Sound of Sleat, Skye

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03/09/15

Répulsion meurtrière, de Wiebke Lorenz

RÉPULSION MEURTRIÈRE

Marie est internée en asile psychiatrique, accusée du meurtre de son amant (retrouvé mort dans son lit, à ses côtés). Elle n'a aucun souvenir de son acte, si ce n'est d'être sujette à des obsessions de violence et des pulsions meurtrières depuis la perte de sa petite fille. En acceptant de se confier à son thérapeute, Marie déroule le fil d'une vie marquée par le bonheur et l'amour, avant d'être chamboulée par un drame insurmontable. Et c'est suite à son divorce que les premières crises sont apparues. Dès lors, Marie s'est enfermée dans la peur et le silence.

J'ai été emportée par la lecture de cette histoire éprouvante, cernée des spectres de la folie douce, avec une jeune femme qui s'interroge sur son état mental et sa capacité ou non de tuer. Le suspense est bien entretenu, avec des révélations finales complètement inattendues (je n'avais carrément pas TOUT deviné et j'ai été scotchée). Ceci dit, le cadre de la démence et des troubles psychologiques reste un sujet qui m'indispose et peine à me convaincre, même si l'auteur a su tirer les ficelles de la rouerie avec une grande habileté.

Cela reste un bon roman, distrayant et efficace, qu'on dévore littéralement.

Presses de la Cité / Avril 2015 ♦ Traduit par Corinna Gepner (Alles muss versteckt sein)

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