11/01/16

Ma grand-mère vous passe le bonjour, de Fredrik Backman

« On peut être triste alors qu'on mange des pères Noël en guimauve. Mais c'est beaucoup, beaucoup, beaucoup plus difficile. »

Ma grand-mère vous passe le bonjour

Beau et troublant roman à la fois ! 

Elsa, 7 ans, et sa grand-mère, teigneuse et fière de l'être, entretiennent une relation forte et étonnante. Tout bascule lorsque la grand-mère est emportée par la maladie, confiant à sa petite-fille la délicate mission de retrouver des lettres cachées dans leur immeuble, puis de les distribuer aux personnes concernées. Pour la fillette, déjà éprouvée par cette perte subite et injuste, la tâche est d'abord vécue comme un calvaire car cela l'oblige à sortir de sa zone de confort, croiser du monde et communiquer, assumer sa singularité et celle des autres. Ce n'est pas chose facile pour cet enfant peu ordinaire, à l'intelligence précoce, qui adore Harry Potter et les histoires de super-héros, qui récite Wikipedia sur le bout des doigts, qui condamne vite et bien - comme sa grand-mère. Pourtant, Elsa est une petite fille solitaire et malheureuse, victime de brimades à l'école, se sentant souvent ballottée entre une maman qui travaille beaucoup et un papa qui a refait sa vie avec une autre femme. En plus, l'arrivée du nouveau bébé - la Moitié - chamboule notre demoiselle qui avait coutume de se réfugier dans les fables que lui racontait sa grand-mère. Maintenant, c'est fini. Et Elsa se sent abandonnée. Toutefois, elle décide de donner une chance à la dernière requête de sa grand-mère et va découvrir qu'elle est entourée par une réalité beaucoup plus mystérieuse, secrète et magique qu'elle ne le pensait. Une réalité proche des contes et légendes fantastiques que celle-ci affectionnait. Et pour cause.

Cette histoire aux accents fantaisistes est aussi terriblement émouvante et attachante, parce qu'elle met en avant un formidable binôme, parce qu'elle parle d'amour, de famille, de perte et de deuil, mais aussi de renouveau et de seconde chance. Même si j'aurais apprécié qu'on abrège les digressions et autres délires excentriques, parfois trop lourds pour le rythme du récit, j'ai passé un formidable moment à écouter Bernard Gabay me gaver de folies douces et tailler le portrait génial d'une mamie exubérante, qui va aider sa petite-fille à aimer pleinement la vie et ceux qui l'entourent. ☺

>> Ce livre audio en version intégrale vous est proposé en exclusivité par Audible - uniquement disponible en téléchargement.

(P)2015 Audible FR  ♦  Lu par : Bernard Gabay  (durée : 12 h 54)

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©Traduit du suédois par Laurence MENNERICH (Min mormor hälsar och säger förlåt) 

pour les éditions PRESSES DE LA CITÉ

Ma grand-mère vous passe le bonjour Presses de la Cité


30/12/15

#Challenge Il était trois fois Noël : La Magie du bonheur, de Kristin Hannah

La Magie du bonheur - Kristin Hannah

Joy est une femme brisée, récemment divorcée, trahie par l'homme qu'elle aimait et qui la trompait avec sa sœur cadette. Pour elle, Noël s'annonce avec un goût amer, aussi choisit-elle de partir le plus loin possible, pour tout oublier. Mais son avion s'écrase au milieu d'une forêt très dense. Par miracle, Joy échappe à la mort. Elle décide alors de s'éloigner pour de bon. Couper les ponts avec sa vie. Disparaître. Ne plus exister. Elle s'enfonce dans la forêt, arrive près d'un lac où se tient une auberge isolée. Elle y rencontre un garçon de 8 ans, Bobby, et son père Daniel. Ce couple aux ailes brisées va inspirer des sentiments multiples chez Joy, elle est émue par la détresse de l'enfant, perplexe face au caractère ténébreux de l'homme à l'accent irlandais, transportée par la présence fantôme de la maman défunte. C'est une aura qui se dégage, un feu de paille. Et on devine beaucoup de choses, pensant même pouvoir déjà écrire la fin. Mais non. La seconde partie s'annonce imprévisible, elle remet les pendules à l'heure. Et le roman se finit, sur une touche de magie... oui, oui le titre trouve bel et bien sa signification.

La magie du bonheur ressemble à un téléfilm de l'après-midi, à consommer dans un but strictement distractif. On pourrait aussi très bien s'en passer, si ce n'est que l'esprit de noël est dans les airs, que l'envie de lire une histoire gentille, honnête et optimiste peut faire pencher la balance vers le “pourquoi pas?”. La lecture est sans prétention et affiche haut ses couleurs scintillantes. Voilà qui colle magnifiquement à la saison et à l'esprit des fêtes.

Presses de la Cité / Novembre 2008 ♦ Traduit par Francine Siety (Comfort & Joy)

Challenge Noel Logo Chicky Poo 2015

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03/12/15

Le Doute, de S.K Tremayne

Le Doute

La famille Moorcroft incarne l'idée du bonheur parfait : lui est plein de charme, elle porte des petits pulls en cachemire, ils vivent dans une belle maison à Camden et sont les heureux parents de jumelles indissociables. Tout bascule quand l'une des fillettes décède tragiquement, en chutant du balcon de la maison des grands-parents. Le drame anéantit le couple qui décide de tout quitter pour s'installer sur une île écossaise. Mais d'autres faits troublants surviennent... Kirstie affirme être finalement Lydia. Ses parents ont fait une terrible erreur quatorze mois plus tôt. Ce roman fait alors preuve d'une grande dextérité à nous embrouiller du début à la fin, à nous faire partager le doute que vivent aussi les personnages, sans jamais apporter le moindre indice ou à vouloir faire exprès de semer plusieurs pistes. On ne sait plus qui croire, que penser, quoi faire. C'est assez perturbant, mais cela explique cette pulsion de tout lire en une bouchée (seulement deux jours pour moi). L'histoire est addictive, habilement menée et particulièrement anxiogène. Le cadre de l'île isolée, battue par les vents, nous met également en condition : Eilean Torran y apparaît magnifique, mais angoissante.

Presses de la Cité / Septembre 2015 ♦ Traduit par Isabelle Maillet (The Ice Twins)

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Ornsay Lighthouse after dark, Sound of Sleat, Skye

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03/09/15

Répulsion meurtrière, de Wiebke Lorenz

RÉPULSION MEURTRIÈRE

Marie est internée en asile psychiatrique, accusée du meurtre de son amant (retrouvé mort dans son lit, à ses côtés). Elle n'a aucun souvenir de son acte, si ce n'est d'être sujette à des obsessions de violence et des pulsions meurtrières depuis la perte de sa petite fille. En acceptant de se confier à son thérapeute, Marie déroule le fil d'une vie marquée par le bonheur et l'amour, avant d'être chamboulée par un drame insurmontable. Et c'est suite à son divorce que les premières crises sont apparues. Dès lors, Marie s'est enfermée dans la peur et le silence.

J'ai été emportée par la lecture de cette histoire éprouvante, cernée des spectres de la folie douce, avec une jeune femme qui s'interroge sur son état mental et sa capacité ou non de tuer. Le suspense est bien entretenu, avec des révélations finales complètement inattendues (je n'avais carrément pas TOUT deviné et j'ai été scotchée). Ceci dit, le cadre de la démence et des troubles psychologiques reste un sujet qui m'indispose et peine à me convaincre, même si l'auteur a su tirer les ficelles de la rouerie avec une grande habileté.

Cela reste un bon roman, distrayant et efficace, qu'on dévore littéralement.

Presses de la Cité / Avril 2015 ♦ Traduit par Corinna Gepner (Alles muss versteckt sein)

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02/09/15

Désir mortel, de Hans Koppel

Désir mortel

Lors d'un séminaire, Anna cède inexplicablement à son attirance pour Erik, un beau jeune homme croisé au bar. Mariée et mère de famille, elle mène ce qu'on nomme communément une vie modèle. Cette incartade est pour elle une folie d'un soir car elle entend reprendre sa routine sans dire un mot à son mari. Mais Erik resurgit comme un diable hors de sa boîte. Pressant, enjôleur et troublant. Il séduit la jeune femme et cherche à tout prix à la revoir.

Anna se sent prise au piège. Son corps la trahit, tandis que sa raison la supplie de cesser tout contact avec ce dangereux inconnu. Dangereux ? Oui. Sous ses dehors charmeurs, Erik suscite des frissons d'angoisse et de doute. Et l'on suit ainsi un engrenage sournois, entre attraction et répulsion, à se demander si Anna va réagir plus fermement, cesser de se voiler la face et réprimer son penchant vers l'interdit.

Le roman, au scénario classique, mais peu sulfureux, manque finalement de subtilité, avec ses dialogues artificiels et poussifs. Après tout, les personnages ont des réactions qui tiennent la route, même si elles sont désespérantes de banalité. Et cela rend la lecture si conventionnelle, très peu excitante, sans tension psychologique crédible. J'ai été plutôt déçue. L'idée d'une obsession passionnelle vénéneuse était alléchante, sauf que son traitement est ici sans grande originalité...

Presses de la Cité / mars 2015 ♦ Traduit du suédois par Hélène Hervieu (Kom ska vi tycka om varandra)


30/06/15

Et ils s'envoyèrent en l'air, d'Elizabeth Maxwell

Et ils s'envoyerent

Comédie légère et enjouée, probablement écrite sous euphorisant, cette histoire s'amuse des codes de la romance, de l'érotisme et du fantastique avec une ébouriffante décontraction. Sadie Fuller, 46 ans, divorcée d'un mari homo et mère d'une jeune ado, gagne sa vie en écrivant des romans érotiques sous le pseudonyme de KT Briggs et entretient une relation physique occasionnelle avec Jason, rencontré sur internet. Elle qui vend du rêve et du glamour sur papier est loin de partager un conte de fées, mais conserve un sens de l'autodérision franchement désopilant.

Tout bascule le jour où elle croise au supermarché un Adonis frappé d'une amnésie, qu'elle va loger sous son toit, à Billsford, dans la banlieue de Manhattan, et l'aider à accomplir sa mystérieuse mission dont il n'a aucun souvenir. Ce type surgi de nulle part lui donne des papillons dans le ventre et lui rappelle son héros fictif, Aidan Hathaway, multimillionnaire sexy, dont l'histoire peine à s'écrire ou prend des tournures inattendues. Et là, je vous assure, c'est très, très drôle, dans le genre lecture incroyable et purement récréative.

Sadie est une héroïne attachante, aux formes généreuses, pour ne pas dire « moelleuses », qui cultive un certain cynisme pour oublier les petits coups durs de la vie. Les lectrices pourront facilement se reconnaître en cette quadragénaire bafouée et malheureuse en amour, qui va être transportée dans une folle épopée, où l'imaginaire et le réel s'entrecroisent joyeusement, pour un truc insensé mais génial qui va changer sa vie. J'ai adoré slalomer entre les fantasmes, les clichés, le loufoque et le sérieux. C'est assez original et concrètement cinglé. Tout pour me plaire.

Presses de la Cité / avril 2015 ♦ Traduit de l'anglais par Marion Roman (Happily Ever After)

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22/06/15

Maman a tort, de Michel Bussi

MAMAN A TORT

La commandante de police, Marianne Augresse, est aux cent coups depuis l'affaire du braquage de Deauville et a mobilisé toutes ses troupes pour retrouver au plus vite les suspects en fuite. L'esprit ailleurs, elle reçoit pourtant la confidence d'un psychologue scolaire, soucieux des dires d'un enfant de trois ans, Malone, qui prétend que sa mère n'est pas sa vraie mère. Selon le spécialiste, sa mémoire est fragile et ne tient qu'à un fil, d'où l'urgence pour intervenir dans cette intrigue. D'abord perplexe, Marianne finit par lui accorder le bénéfice du doute. Après tout, l'homme est plutôt pas mal... À l'approche de la quarantaine, célibataire, sans enfant, notre policière a les sens en éveil. Ce ne sont toutefois pas ses hormones qui vont la guider dans cette enquête infernale et farouchement inextricable. Un nouveau piège dédaléen, dans lequel on s'engouffre de notre plein gré... 

Comme toujours, Michel Bussi nous entourloupe du début à la fin en construisant une roman pétrifiant et invraisemblable, jonché de chausse-trappes et de pistes fumeuses, qui nous éparpillent facétieusement. Au bout du compte, on ne sait plus qui croire, que penser et quoi dire. (Bon, allez, j'avoue, cette fois j'avais flairé le pot aux roses ! La force de l'habitude.) Quand bien même le mécanisme déployé se répète ou interpelle les lecteurs fidèles à être sur leurs gardes, on n'est jamais foncièrement déçu et on est conquis par le rythme, les chassés-croisés et les personnages ambigus. 

Ce sont donc 13 heures de lecture, dictées par Caroline Klaus, qui nous captivent. La comédienne nous propose une interprétation d'une grande justesse, qui échappe aux pièges du genre (voix d'enfant pas bêtifiante et voix masculine pas grotesque). Elle distille avec tact une dose de sensibilité et de raffinement très appréciable. À recommander !

Audiolib / Juin 2015 ♦ Texte lu par Caroline Klaus (durée : 12h 49) ♦ Presses de la Cité, 2015 

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08/04/15

Fille de l'eau, d' Emmi Itäranta

FILLE DE L’EAU

Noria sait qu'un jour elle sera Maître de thé comme son père, qui lui enseigne déjà tous les secrets de son art, selon les rites ancestraux. Leur vie, pourtant, est menacée dès l'instant où le commandant Taro met un pied en ville. Ce type, intransigeant et acharné, a donné pour mission à ses troupes de surveiller l'approvisionnement en eau de la population et démanteler tout trafic illégal. La neige ayant disparu, l'eau est devenue une denrée rare. Appauvries par la sécheresse, les contrées sont donc rationnées pour leur besoin personnel. Le commandant Taro est persuadé que le Maître de thé possède en secret une source d'eau douce pour sa cérémonie, dont les traditions séculaires ne sont plus en phase avec les privations subies par la population (trop de gaspillage, selon lui). Pensant que Noria est naturellement dans la confidence, il tente de l'intimider pour obtenir les précieuses informations. Or, elle a juré de ne jamais évoquer cet « endroit qui n'existe pas ». Son existence paisible, vouée à reprendre le flambeau de son père, va alors basculer dans le chaos.

Cette lecture m'aura finalement inspiré un profond sentiment de lassitude et d'ennui. Non pas que l'histoire soit inintéressante (elle montre l'importance de l'eau et la nécessité de la préserver pour notre survie). C'est simplement la façon de la raconter qui est particulièrement accablante. L'intrigue est pesante et dramatique, le ton monotone, l'héroïne désespérée et l'action lente. Tout ça baignant dans une atmosphère austère et glaciale, pas étonnant de se sentir oppressé, avec l'envie pressante d'en sortir ! Je n'ai donc pas été sensible aux charmes de cette histoire poignante, un brin déroutante, limite cafardeuse. Et malgré l'atmosphère poétique et le contexte original, on s'y sent mal à l'aise et peu inspiré. Dommage.

Presses de la Cité, janvier 2015 ♦ traduit du finnois par Martin Carayol (Teemestarin kirja)

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12/03/15

Gravé dans le sable, de Michel Bussi

Gravé dans le sable AUDIOLIB

D'abord paru en 2007 aux éditions PTC sous le titre Omaha Crimes, le roman nous expédie sur les plages du débarquement, avec 188 soldats en attente sur une péniche, un jour de juin 1944. Un tirage au sort va déterminer l'ordre de passage des candidats au suicide : prendre d'assaut une falaise tenue par l'ennemi. Les premiers envoyés seront fatalement sacrifiés.

Lucky Marry, l'un d'entre eux, croit en sa bonne étoile. Comme l'indique son prénom, il a pour lui une chance incroyable qui ne l'a jamais laissé tomber. Pourtant, fin 44, Alice Queen, sa jolie fiancée, pleure toutes les larmes de son corps la perte de son amoureux. Pourquoi, comment ? Il ne subsiste aucune preuve, le bataillon a été laminé et les rares témoins sont évaporés dans les airs.

Comme d'habitude, l'histoire qu'on découvre est truffée de fausses pistes, de quiproquos et de nœuds à démêler. Michel Bussi va nous mener par le bout du nez et nous promener dans un dédale de mensonges et autres duperies. Très vite, on sursaute à la moindre révélation et on tremble de frustration. La conduite de l'intrigue est franchement machiavélique. Mais efficace. Pour preuve, j'ai écouté le livre audio en seulement 2 jours - Olivier Prémel est un lecteur brillant, qui a su jouer avec les émotions (le chagrin, la tendresse, l'humour) avec brio.


J'ai également craqué pour Nick Hornett, le détective privé qui ruse de charme et d'intelligence pour séduire la belle Alice. Ses tactiques et ses commentaires in petto sont d'une drôlerie infaillible. C'était ma bouffée d'oxygène dans cette lecture aux enjeux déchirants, qui se révèle également une lecture de pure distraction ! J'ai beaucoup aimé.

Audiolib, février 2015 ♦ texte lu par Olivier Prémel (durée : 11h 39) ♦ Presses de la Cité, 2014

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19/02/15

Nos Mensonges, de Louise Douglas

« Parfois, il était bon de garder un secret. »

Nos mensonges

Vingt ans ont passé depuis la mort de son amie Ellen Brecht. Hannah n'a jamais accusé le coup, cumulant les dépressions, et songe à une nouvelle crise lorsqu'elle pense apercevoir la défunte dans le musée où elle travaille. Elle rentre aussitôt chez ses parents, dans une petite ville de Cornouailles, et tente de trouver un semblant de paix sur les lieux de son enfance.

On comprend à moitié que la jeune femme se sent responsable du drame qui a coûté la vie d'Ellen et fait fuir son frère adoptif Jago. Tous trois étaient inséparables, ont grandi ensemble. Mais les secrets et les mensonges ont foudroyé cette belle harmonie. Ellen vivait dans un palais doré avec son père, inconsolable depuis la mort de son épouse. Hannah a longtemps été fascinée par cette existence de conte de fées, quitte à perdre son sens commun. Jago, son voisin, enfant battu et martyrisé, a su trouver un refuge chez la famille Brown. Beau garçon, au tempérament fougueux, il était amoureux fou d'Ellen.

Ce voyage vers le passé nous fait découvrir une histoire teintée d'amertume et de regrets, baignant dans une atmosphère pesante et mélancolique, mais non dénuée de charme. L'intensité dramatique est efficace et a su me tenir en haleine (malgré le dénouement sans surprise), j'avais envie de connaître  les raisons de l'engrenage tragique. Et cela m'a captivée d'en saisir l'essence, de cerner la complexité de l'intrigue, ses mystères et ses non-dits. Sans oublier le cadre parfait de la Cornouaille et son air marin étourdissant, j'étais littéralement ailleurs.

L'ensemble est séduisant, la lecture jolie et distrayante, à recommander pour les vacances.

Presses de la Cité, novembre 2014 ♦ traduit par Catherine Berthet (In Her Shadow)

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