15/07/14

Un été à Pont-Aven, de Jean-Luc Bannalec

Un été à Pont-Aven

Branle-bas de combat à Pont-Aven, “la cité des peintres”, lorsqu'on retrouve le corps assassiné du propriétaire du Central, l'un des hôtels les plus prisés de la ville. Le commissaire Dupin, parisien déraciné, exilé en Bretagne, désormais sa région de cœur, se voit convoqué sur le champ pour démêler les fils de cette intrigue aux apparences lisses et sans faille. Chacun y va de son commentaire, perclus de chagrin, l'incompréhension est totale, les proches sous le choc. Et c'est en grattant toute cette couche de vernis qu'on apercevra enfin les non-dits et autres secrets de famille !
L'enquête, toutefois, est très longue, très lente à se mettre en place. L'auteur se livre la plupart du temps à un exercice de courbettes en rendant hommage à la région, son caractère, ses habitants, son patrimoine. Bannalec est lui-même un auteur allemand, qui revendique avoir trouvé sa seconde patrie en Finistère. Aussi s'exprime-t-il à travers son personnage de commissaire pour raconter cette sensation proche de l'étourdissement lorsqu'on tente de se fondre dans un lieu farouche.
La Bretagne y apparaît splendide, telle une diva hors d'atteinte, drapée dans ses mystères, plus séduisante que jamais et follement excitante. Mais l'enquête policière est terriblement frustrante, livrée sans faux pli, sans sursaut. Une déception.
 Je préfère la série d'Yves Josso, Été meurtrier à Pont-Aven.

Presses de la Cité, avril 2014 ♦ traduit par Amélie de Maupeou


20/06/14

N'oublier jamais, de Michel Bussi

N'oublier jamais

En sortant faire son footing, près des falaises d'Yport, Jamal n'imaginait pas croiser le chemin d'une belle jeune femme éplorée, prête à se jeter dans le vide. Il la retient un bref instant, lui confie une écharpe rouge, mais assiste impuissant à sa chute. Il retrouve deux autres témoins sur la plage, confie son témoignage à la police, avec toutefois quelques réserves. Très tôt, l'homme a peur de servir de bouc-émissaire. Lui, “l'arabe infirme, qui travaille chez les fous”, serait le coupable idéal. Aussi, décide-t-il de mener sa propre enquête. Il commence également à recevoir d'étranges courriers, contenant des rapports très détaillés d'une enquête criminelle, survenue dix ans plus tôt, impliquant le meurtre d'une jeune femme dans les mêmes circonstances. Et Jamal, sidéré, réalise que l'étau se resserre car toutes les preuves sont contre lui ! Le scénario est habile, à rendre les frontières entre le vrai et le faux plus que friables, en plus des allusions dans le texte, du style “Ceci est la version de Jamal. La vraie ?”. Une manière astucieuse de tenir le lecteur en haleine. Et effectivement, on ne démord pas du livre et on rebondit d'indices troublants en révélations aberrantes... jusqu'à un dénouement assez déconcertant. (La fin est, pour moi, tirée par les cheveux mais n'altère pas mon appréciation globale non plus.) L'auteur a tenté un coup de poker, soit. À prendre ou à laisser. J'ai également été sensible à cette petite balade au cœur du pays normand, une région qui m'est très familière, où il me suffisait de fermer les yeux et visualiser les lieux. C'est un détail, mais cela a son charme aussi. La version audio est sans défaut, avec un François Tavares confident, rapporteur, comploteur et manipulateur. Vraiment, très bluffant ! J'ai beaucoup aimé, même si ce ne sera pas mon livre préféré de l'auteur non plus. J'ai, malgré tout, passé un excellent moment !

Audiolib, mai 2014 ♦ texte intégral lu par François Tavares (durée d'écoute : 12h 23) ♦ Presses de la Cité, 2014

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19/06/14

Les Sœurs de l'océan, par Lucy Clarke

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Les Soeurs de l'océan

* Mauvais choix de couverture, grr ! *

Katie et Mia sont deux sœurs totalement opposées. Elles vivent ensemble à Londres depuis le décès de leur mère et leur départ de Cornouailles. Si Katie a tracé sa vie selon une ligne droite, celle de Mia n'est qu'une succession de soubresauts. Aussi, du jour au lendemain, annonce-t-elle à son aînée qu'elle plaque tout pour faire le tour du monde. Son meilleur ami Finn l'accompagne. Et les mois filent, égrenant des nouvelles sporadiques. Katie est excédée par la légèreté de sa jeune sœur et entend se protéger. Elle coupe les ponts volontairement. Le temps passe et l'incompréhension est réciproque. Jusqu'à l'annonce du drame - Mia s'est jetée du haut d'une falaise, à Bali. Elle était seule. Katie est effondrée, refuse la vérité et cherche des réponses dans le journal de sa sœur, avant de partir sur ses traces. Nous plongeons alors dans deux parcours, racontés en parallèle par Mia et Katie, à six mois d'intervalle. Et c'est l'évasion assurée ! Ce sont autant de paysages somptueux, de contrées lointaines, paradisiaques et dépaysantes qui s'offrent à nous... Mais ce sont surtout deux épopées incroyables, magiques et bouleversantes, qui vont puiser aux sources de la famille et révéler tant de mystères autour. C'est poignant, mais captivant ! J'ai lu ce roman d'une traite, tant j'étais emportée par le récit des deux sœurs, dont la relation chaotique m'a émue aux larmes et très sincèrement touchée. Ne vous fiez pas à cette couverture nunuche, le contenu est de toute beauté. C'est aussi le compagnon idéal de vos vacances, n'hésitez pas !

Presses de la Cité, mai 2014 ♦ traduit par Sylvie Schneiter

09/06/14

Un avion sans elle, par Michel Bussi

Un avion sans elle

Deux familles se disputent le même bébé, seul rescapé d'un crash d'avion, et vont se livrer une bataille acharnée qui continuera de les hanter pendant les dix-huit prochaines années. Le jour de son anniversaire, Lylie prend connaissance du journal du détective privé (Crédule Grand-Duc, quel nom !), engagé par la famille Carville. Après quoi, la jeune fille le confie à son tour à Marc, lui fait une bise et disparaît de la circulation. Le garçon comprend que, pour la sauver, il doit partir sur les traces du privé, qu'on a assassiné chez lui, et remonter la piste de son enquête. 

L'histoire n'est ainsi constituée que d'informations sans cesse renouvelées, sur des secrets de famille, des mensonges, des trahisons, des complots, mais qui renvoient toujours le dénouement vers une issue improbable. Qui est véritablement Lylie ? Lyse-Rose de Carville ou Émilie Vitral ? Sans mentir, c'est un livre au suspense haletant, au scénario parfaitement ficelé, qui nous fait tenir jusqu'au bout, pantelant et désespéré ! J'ai beaucoup, beaucoup aimé. Les personnages, tous accablés et brisés par cette histoire cauchemardesque, nous semblent tellement proches. On ressent une vive et sincère compassion, n'imaginant pas un seul instant notre réaction face à un tel dilemme.

Et comment grandir sans identité, avec ce flou tenace d'une éventuelle erreur judiciaire ? Le drame remontant à un soir de décembre 1980, il n'était pas envisageable d'avoir recours à des tests ADN, mais cela arrange bien les petites affaires de l'auteur qui cherche à brouiller les pistes, à brasser large et à captiver son lecteur en ne lui offrant aucun temps mort. Il joue aussi sur la corde sensible, mais sans indécence, et j'ai apprécié. Le résultat est absolument bluffant. C'est une lecture épuisante pour les nerfs, mais franchement excitante !

Pocket, mars 2013 ♦ Presses de la Cité, janvier 2012

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29/03/14

Fétiches, de Mo Hayder

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Je n'avais lu qu'un seul livre de Mo Hayder à ce jour (Tokyo), aussi je ne connaissais pas l'inspecteur Jack Caffery, mais ce que j'ai pu en soupçonner me donne grandement envie de fouiller et de lire ses autres enquêtes ! Dans Fétiches, le monsieur est soucieux, accaparé par une autre affaire, une belle jeune fille a disparu, on n'a jamais retrouvé son corps, la mère éplorée s'accroche et mobilise la presse. Son supérieur souhaite pourtant reléguer le dossier, devenu trop coûteux, mais Caffery demande un sursis. Ce qu'il ne dit pas, c'est qu'il aurait une piste et doit faire preuve de diplomatie pour mettre l'agent Flea Marley dans sa poche...

Aaaah, c'était un peu frustrant de ne pas en savoir plus sur leur relation. Je me suis promis de lire toute la série, en commençant par Birdman. Fétiches est un roman qui a su me convaincre. Je l'ai aimé d'un bout à l'autre, complètement embarquée dans l'histoire, j'ai même souri aux petites notes d'humour et aux références de pop culture. L'ambiance n'est pas aussi glauque que j'aurais pu le craindre, bien que l'histoire se passe dans un asile psychiatrique. Les patients sont perturbés et parlent d'un fantôme, celui d'une ancienne infirmière naine, la Maude, qui se livrait à des tortures sadiques. AJ LeGrande, le coordinateur en chef, résiste à l'envie de basculer dans cette psychose... mais certains événements deviennent plus que troublants et il veut en avoir le coeur net en menant une enquête interne.

L'histoire s'écoule sur un rythme limpide, avec chapitres alternés et une galerie de personnages très charismatiques. N'imaginez pas une lecture à cent à l'heure, avec moult descriptions terrifiantes et un suspense à couper le souffle. C'est tout le contraire, car l'ambiance se repose sur une tension psychologique latente, mais très prenante. Le dénouement ne surprendra peut-être pas les foules, mais il ne décevra pas non plus. C'est un rendez-vous à l'opposé de ce qu'on aurait pu s'attendre, c'est tout aussi bien et cela m'a, de plus, donné envie d'en lire davantage !

Audiolib, février 2014 ♦ texte intégral lu par François Hatt ♦ traduit par Jacques Martinache pour les éditions Presses de la Cité

Encore un Audiolib qui a su me conquérir, grâce à François Hatt dont la lecture est parfaite à tout point de vue. Aucune crispation concernant les voix féminines, le comédien a juste saisi l'atmosphère étouffante du livre, s'en est imprégné et s'est mis à lire en modulant le ton pour capturer l'intérêt du lecteur. C'est une réussite, car jamais on ne détourne notre attention vers autre chose que ce qu'il nous raconte !


04/09/13

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, Audiolib (12 h 48) lu par Eric Résimond

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Alors que tous dans la maison de retraite s'apprêtent à célébrer dignement son centième anniversaire, Allan Karlsson, qui déteste ce genre de pince-fesses, décide de fuguer. Il se rend à la gare la plus proche, rend service à un type louche, porteur d'une valise encombrante, puis décide de monter dans le premier autocar, avec la valise du gars qui s'est réfugié aux toilettes, et voilà que la folle aventure commence !

Je crois que cela fait deux ans que ce roman tourne sur les ondes, sans m'inspirer le moindre désir, et pourtant je ne compte plus le nombre de lecteurs m'ayant suggéré de le découvrir, me promettant un moment délirant et déjanté. Les vacances aidant, armée de mon précieux iPod, blindé en livres audio, j'ai succombé à l'épopée suédoise. J'ai écouté, écouté, écouté, j'attendais l'instant crucial où j'allais probablement tomber de mon siège pour me rouler de plaisir et piaffer de bonheur. Non, toujours pas. Le temps s'écoulait, Allan Karlsson n'en finissait plus de faire le pitre, de croiser d'autres énergumènes, de livrer son histoire personnelle d'artificier de génie qui a souvent œuvré pour les grands de ce monde... Allons donc. Voilà que je trouvais le temps long et que je ne m'amusais toujours pas. Désappointée, je vérifiais le temps d'écoute restant. Je soupirais. Tout ça, encore ! ... J'ai alors commencé à cliquer sur la touche pour accélérer, oui, honteusement, je l'avoue. Je le pratique rarement, très rarement. Si j'ai craqué, c'était aussi pour donner une petite chance à mon papy déchaîné, dont les aventures peinaient à m'embarquer, alors qu'elles ont su convaincre tant d'autres lecteurs. Pourquoi pas moi ?

Sur ce, j'ai laissé filer la bande et j'ai reniflé amèrement. Jamais je n'ai réussi à entrer dans l'histoire, qui m'a semblé longue et trop absurde, je n'ai vraiment pas adhéré aux situations burlesques ni spécialement sympathisé avec le caractère loufoque du personnage central. C'est tant pis.

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, par Jonas Jonasson
Audiolib, 2013 / Presses de la Cité, 2011 pour la traduction française
Texte intrégral lu par Eric Résimond (12 h 48) - Traduit du suédois par Caroline Berg

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29/01/13

"I love London. I love everything about it."

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Ce qui caractérise ce roman, c'est son humour, très pince-sans-rire. Le narrateur s'appelle Jason Priestley, comme l'acteur de la série Beverly Hills, il a 32 ans, il est journaliste free-lance après avoir arrêté sa carrière de prof, il vit avec son meilleur pote, Dev, qui vend des jeux vidéo et porte des t-shirts ringards, il a vécu quatre ans avec une fille, Sarah, qui a fini par le quitter et qui vient d'annoncer sur Facebook qu'elle se fiançait avec *Gary*. Lui, Jason, se contente d'avaler une soupe, il se sent seul, minable et se défoule en postant des commentaires insultants sur le mur de son ex. C'est le premier déclic signalant qu'il est temps de se bouger.

Un jour, dans la rue, il croise une jeune femme en train de monter à bord d'un taxi. Il lui vient en aide avec tous ses paquets, puis remarque qu'elle a oublié son appareil photo jetable. Et là, Jason est cloué sur place. Il reste totalement inactif. En fait, il vient d'avoir le coup de foudre. Son pote Dev prend alors les choses en main en faisant développer les clichés. C'est un peu la stupéfaction lorsqu'ils vont les découvrir, mais une autre sonnette d'alarme résonne dans la tête de Jason : sur l'une des photos, il se reconnaît, en train de lire un journal, dans un café. Bingo ! Plus motivé que jamais, il va donc remuer tout Londres pour retrouver cette belle inconnue.

L'aventure n'est pas avare en pitreries, ni en rebondissements, l'ensemble ressemble d'ailleurs à une comédie britannique dans toute sa superbe, dans la veine de Notting Hill (on y pense souvent et très fort !), les situations cocasses se succèdent, les rencontres improbables surviennent, servies par des personnages hauts en couleur. C'est particulièrement jouissif. Bien entendu, ce côté farfelu peut déconcerter, parfois c'est excessif et un peu usant, mais il y a une telle volonté de bien faire, de donner le sentiment que tout est possible, finalement on a très envie d'y croire jusqu'au bout et on accompagne Jason dans sa quête absolue de sa moitié, avec une joie non simulée. Au bout de 492 pages, on a encore la tête qui tourne, mais le sourire aux lèvres, et on se dit que ce roman fait un bien fou !

C'est elle !, par Danny Wallace
Presses de la Cité, 2012 - traduit par Christine Barbaste

Et parce que tous les titres de chansons en tête de chapitres sont de Hall & Oates,

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04/07/12

Sacrée famille !

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Voilà un roman qui démarre sur les chapeaux de roue : Emma est libraire et mère de famille, atteinte d'un blues insurmontable (selon elle). Elle n'hésite pas une seconde pour se rendre à une soirée littéraire où se trouve Stephenie Meyer, dans le fol espoir d'attirer l'auteur à succès dans sa modeste librairie pour une séance de dédicace. La rencontre, finalement, se solde sur un fiasco. De plus, Emma et sa famille se sont couverts de ridicule en débarquant costumés en monstres. Dans une tentative (quasi désespérée) de ressouder les liens familiaux, Emma assiste, impuissante, à son naufrage. Et qu'est-ce que c'est drôle ! Le pire, ensuite, c'est d'avoir excité la colère d'une petite vieille, qui était en fait une sorcière, laquelle, pour se venger, leur a jeté un sort. Résultat, ils incarnent désormais le déguisement qu'ils portaient (vampire, loup-garou, momie, Frankenstein) ! Pour s'en sortir, seule solution : se serrer les coudes afin de retrouver cette Baba Yaga. Mais chez les Wünschmann, c'est une autre paire de manches ! ;) La suite du roman ressemble à une vaste farce, dans la plus pure tradition des comédies familiales complètement déjantées, avec des caractères grotesques et des situations parfaitement ridicules. C'est une chouette lecture de vacances, pour qui ne craint pas l'overdose du cocasse !

Sacrée famillle ! par David Safier
Presses de la Cité, 2012 - traduit de l'allemand par Catherine Barret 

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29/01/10

La Maison du Maître ~ Martha Grimes

Presses de la Cité, 2010 - 345 pages - 20,50€
traduit de l'anglais (USA) par Dominique Wattwiller

La_maison_du_ma_tre_de_Martha_GrimesJe suis en veine, en ce moment, avec mes lectures de romans policiers à la crème anglaise. Martha Grimes, qui est en fait américaine mais qui écrit comme une british et nous plante un décor dans la belle Albion sans le moindre souci, nous convie donc dans une nouvelle enquête du commissaire Richard Jury. J'ai déjà fait les présentations, Jury figure parmi les personnages que j'apprécie le plus et que j'aime suivre fidèlement, j'apprécie également toute la palette des personnages qui l'entourent, Melrose Plant pour commencer, les joyeux lurons de Long Piddleton, les voisins envahissants de Jury (Mrs Wasserman, Carole-Anne, le chien Stone), et les collègues de travail, Wiggins, le chat Cyril, Fiona la secrétaire, Racer son supérieur et Phyllis le médecin légiste. Du beau monde, croyez-moi. Ce sont des personnalités bien définies, des vies qui se dessinent au fil des parutions, on s'attache et on aime tout autant les suivre que connaître le dénouement de l'intrigue policière !
Cette fois, un jeune homme aisé, petit-fils d'un héros de la guerre, a été retrouvé assassiné dans une chambre d'hôtel huppé. Billy Maples n'avait pas d'ennemis, c'était un mécène qui contribuait à soutenir des jeunes artistes peintres, il avait aussi une vraie passion pour Henry James, au point d'avoir loué la maison de l'écrivain, Lamb House, à Rye. Jury n'est pas chargé de l'enquête, mais la police d'Islington compte vivement sur sa participation. Serait-ce le vif désir du commissaire Lu Aguilar, au charme volcanique et vénéneux ? C'est une femme directe et très séduisante. Elle a aussitôt envoûté notre Richard au coeur d'artichaut, leur relation ne manque pas de piquant ni de piment ! Mais cette fin, ah mes aïeux, est terrible, cruelle, injuste. C'est quoi, ce supplice ? Martha, tu es une petite chipie !
Dans l'intervalle, l'intrigue s'est bien déroulée, l'enquête policière est impeccable, vraiment bien enveloppée et développée, l'auteur nous donne les indices à la becquée, sans nous gaver, il faudra attendre les dernières pages pour connaître le dénouement.
Et comme souvent, dans les romans de Martha Grimes, l'intrigue est enrichie de références littéraires, cette fois il faut compter sur la présence de Henry James. Les passages où Melrose Plant arrive à Lamb House en tant que nouveau résident temporaire, sont hilarants et excellentissimes ! Melrose, seul et déboussolé dans le Sussex, se surprend à entrer en conversation intime avec l'écrivain, il relit la plupart des ouvrages du Maître, découvre qu'il a même taquiné la Muse du vampirisme, avant de succomber entre les mains des fantômes, probablement en train de hanter les lieux !
Non, ce n'est pas fantasmagorique, c'est tout simplement distrayant, et d'ailleurs Melrose Plant apportera sa propre contribution pour la résolution de l'enquête. Comme d'habitude !
Sur ce, je reste pantoise avec cette fin et je veux la suite !!!

 

24/07/09

L'Autre homme de ma vie, par Emily Giffin

lautre_homme_de_ma_vieQuel ennui, ce livre ! C'est bien simple, j'ai fini par le parcourir en diagonale. Je ne supportais plus les longs atermoiements de la narratrice, Ellen, mariée à Andy, un fringant avocat, issu d'une famille aisée, aimante, extraordinaire. Ellen aussi se revendique heureuse en amour et pas un nuage ne plane sur son mariage.
Mais pourquoi se justifie-t-elle autant ? Par la faute de la réapparition de son ex, Leo. C'était son grand amour quand elle était étudiante, sa passion dévorante et dévastatrice. Lorsque Leo a rompu, huit ans plus tôt, Ellen s'est sentie pire qu'une vieille paire de chaussettes bonne à jeter. Et c'est grâce à son amie Margot, la soeur de son futur mari, qu'elle a su remonter la pente, en s'investissant dans le boulot aussi.
Les années ont passé, Leo est de retour, rencontré par hasard dans les rues de New York. Le mensonge s'installe à partir du moment où Ellen décide de ne pas en parler à Andy.
Les pages défilent et la jeune femme s'interroge : félicité conjugale contre coup de foudre jamais guéri. Et l'histoire n'en finit pas de peser, c'est lent, c'est mou. L'héroïne est horriblement passive, c'est insupportable. Sa vie est décrite comme idyllique et sublime, Andy est un type merveilleux, même s'il dort en pyjama fraîchement repassé (sic). En contre-poids, nous avons Leo, le terrible amant perdu, inaccessible, chaud brûlant, qui exsude la sensualité et l'érotisme.
Quelle déception, au final ! Plus de 360 pages ont été pondues pour une conclusion dépitable. Pourtant l'histoire aurait pu joliment broder sur la thématique des remords face à un passé qui ressurgit, avec une révélation fébrile, car si tout était à refaire, quels seraient nos choix. Le titre original est beaucoup plus révélateur, Love the man you're with, qui signe un moralisme dont la traduction française a largement fait impasse. (Mais si j'avais su, je serais pas venue !)
A lire, pour crisser bien fort !!!

Presses de la Cité, 2009 - 380 pages - 19,50€
Traduit de l'anglais (USA) par Alice Delarbre

En savoir plus sur la page de l'éditeur (avec une petite fourmi qui semble s'être perdue, cliquez dessus pour comprendre)

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