15/05/15

Hansel le gourmand et Gretel la courageuse, de Kimiko & Margaux Duroux

IMG_3296

Cette adaptation du conte des frères Grimm, par Kimiko et Margaux Duroux, est peu banale et délicieuse.

Imaginez... un frère et une sœur se perdent dans la forêt, où ils vont découvrir une maison couverte de bonbons. Sans demander leur reste, ils dévorent tout ce qui leur tombe sous la main jusqu'à la venue d'une vieille dame, qui les invite à sa table. Crédules et innocents, ils ne se méfient pas assez de cette sorcière qui a l'intention de les servir pour son prochain repas ! 

Haut les cœurs, les amis ! Rarement une histoire aussi cruelle et féroce surprendra les enfants par son étonnant contraste en proposant une mise en scène fabuleuse, des photographies sublimes et des décors féériques. N'en doutez plus. Cette lecture est à la portée des enfants - c'est d'apparence mignon, avec du suspense, des frissons, du courage et des émotions. Encore une réussite pour ce duo !

l'École des Loisirs ♦ loulou & cie ♦ octobre 2014

IMG_3297   IMG_3298

IMG_3299   IMG_3300

 

 

À comparer avec la version de Rascal :

IMG_4009

IMG_4012   IMG_4013

Ce conte très célèbre est ici proposé dans une version sans texte. Simplement en noir et blanc, avec des jeux d'ombres et de silhouettes.  À l'enfant de se raconter sa propre histoire, en s'appuyant sur le visuel, simple et original. 

Posté par clarabel76 à 08:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,


30/12/14

8 minutes et 19 secondes, de Rascal & Hubert Grooteclaes

IMG_2609

Il faut 8 minutes et 19 secondes pour que la lumière du soleil parvienne jusqu'à la Terre.

Un livre sur la perte d'un être cher, le sentiment d'abandon, le chagrin, le temps qui passe, les souvenirs qui restent, le vide qui ne se comble jamais...

« La vie continue avec nos souvenirs de toi. Réveillés au détour d'un tiroir, d'une rue, d'une fleur, d'un dessert, d'une photo de bord de mer. »

Le texte est d'une grande sensibilité, les photographies sont énigmatiques mais pleines d'émotion, dans une ambiance certes poignante.

Et pourtant, je suis restée en marge de cette lecture, que je trouve aussi peu accessible pour des enfants. Le ton est solennel, assez froid et peu réconfortant, malgré son intention.

La lecture laisse une sensation embarrassante, à l'instar d'une autre lecture, Marie et les choses de la vie de Tine Mortier & Kaatje Vermeire, qui traite du même sujet.

Pastel, octobre 2014

IMG_2610  IMG_2611

IMG_2612  IMG_2613

Posté par clarabel76 à 09:30:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

12/11/13

L'ours qui danse, de Rascal

IMG_9476

L’homme est immense, parfois - L’ours est grand et l’homme est petit. L’ours est joueur et curieux. Les petits des hommes aussi. L’ours chasse le phoque. L’homme chasse l’ours quelquefois. Nanook chante en frappant son tambourin et l’ours blanc danse sur sa chanson.

L'ours qui danse, de Rascal (Pastel, octobre 2013)

Je n'ai pas été convaincue, toutefois j'aime  beaucoup le travail de Rascal... 

Posté par clarabel76 à 10:00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

28/04/12

Pêle-mêle Clarabel #51

Un pêle-mêle à thème, pour changer : Lorsque l'enfant paraît... ! 

IMG_7037 IMG_7038 

Tous les matins, Joseph a rendez-vous avec l'oiseau qui semble le guetter depuis sa branche alors que le garçon tire les rideaux de sa fenêtre. Joseph comprend que l'oiseau attend son petit déjeuner, mais un matin l'oiseau est différent et refuse les graines que Joseph lui tend. Il a plus important à lui montrer, là-haut, sur la branche de l'arbre !

Les illustrations et les couleurs de cet album sont vraiment superbes ! Cette histoire de petites graines peut être librement interprétée (les petites graines qu'on plante dans le ventre pour avoir des bébés, par exemple) car elle ne se cache pas pour exprimer tout le bonheur et aussi l'excitation qu'il y a dans l'attente d'une future naissance. Joseph, notamment, a le coeur qui chatouille... en plus de son sourire comblé et de ses yeux qui brillent, bref sa joie est contagieuse ! 

Petites Graines, par Emile Jadoul & Catherine Prieur (Pastel, 2012)

IMG_7034

Si les mains de papa sont si grandes, c'est pour mieux sentir bouger le bébé dans le ventre, ou pour mieux bercer son petit corps tout entier. Les mains de papa sont deux grandes coquilles derrière lesquelles l'enfant peut se réfugier en apprenant à grandir. Emile Jadoul a ainsi dessiné de très grandes mains, mais c'est de façon symbolique et les détails ont leur importance, comme ce petit doigt auquel s'accroche l'enfant, avant de se lancer dans le vide (apprendre à marcher !). C'est vraiment une belle approche, une belle lecture à partager et un cadeau à offrir aux papas ! 

Les mains de papa, par Emile Jadoul (Pastel, 2012)

Ça commence par un baiser, ça finit par un bébé.  Proverbe québécois

IMG_7071

Lui aussi mérite d'être offert, lu, donné, partagé... C'est un album magnifique de Rascal (ses techniques d'illustrations sont impressionnantes, j'ignore le procédé mais j'étais sans cesse attirée par l'envie de glisser ma main sur chaque page par admiration). C'est donc une histoire qui parle de la famille et des proches au moment où ils se penchent sur le berceau du bébé en allant de leurs petits commentaires. On s'y retrouve, on se rappelle, on aime, on admire...  Bauchette aussi a aimé.

Au monde, par Rascal (Pastel, 2012)

Posté par clarabel76 à 11:15:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

07/11/11

Pêle-mêle Clarabel #44

IMG_5560

Oncle Tatoo est un raconteur d'histoires. Il lui suffit de relever la manche de son Perfecto pour dévoiler son bras tatoué (ici, pas de Joconde ni de Radeau de la Méduse, mais un champignon, une licorne, un ressort, un raton laveur, une chaise...) et ainsi livrer le récit d'aventures palpitantes. Ce sont les fillettes La, Lala et Lalala qui sont ravies ! Les histoires du tonton sont riches en anecdotes, farfelues ou poétiques, rigolotes et invraisemblables, mais à chaque fois elles en sortent ravies, tapant dans les mains et suppliant 'encore, encore'. On les comprend ! C'est un ouvrage, avec couverture cartonnée et illustrations pleines de couleurs, qui procure un vrai plaisir de lecture.

Les Histoires de l'Oncle Tatoo, par Rascal & Peter Elliott 
Ecole des Loisirs, coll. Pastel, 2011. 

IMG_5705

Une poulette et un poulain se chamaillent l'affection du fermier. Chaque jour, l'un et l'autre guettent le moindre indice prouvant que Siméon est plus attentionné envers le premier au détriment du second. Ce sont alors de grosses, grosses scènes de jalousie qui fomentent dans l'ombre... mais elles sont vite étouffées par l'évidence que leur traitement est strictement égal. Il n'y a pas un pour dépasser l'autre, et cette situation aurait pu piétiner jusqu'à la fin des temps si Silène n'avait pas fait son apparition. C'est la voisine de la ferme, elle aussi se promène à dos de cheval et ne peut se séparer de sa basse-cour, ce qui rend heureux notre poulain et notre poulette (parce qu'ils vont trouver l'élu de leur coeur !). Et la terrible question du départ sera vite chassée d'un revers de la main (ou de la patte). 

Vous aimez les histoires drôles et poétiques, où l'on danse la polka, le rock et la rumba et où l'on pense promenade, escapade. Et tartine à la marmelade. Les histoires où on déménage une table aux pieds tournés, une collection d'étoffes à carreaux et des verres en forme d'oiseau. Les histoires où l'on glousse, roucoule et trépigne de bonheur. Alors lisez ce livre ! C'est encore une promesse de bonheur.

La Terrible Question, par Jeanne Ashbé
Ecole des Loisirs, coll. Pastel 2011.
Egalement l'auteur de Parti...   

IMG_5700  C'est l'histoire d'un arbre, d'un chat et d'un oiseau. Ce dernier vole dans le ciel, se pose sur l'arbre puis s'envole à nouveau... Le chat tente de lui faire sa fête, mais l'oiseau n'est pas dupe et s'envole de plus belle. Vient enfin l'enfant qui assiste à la scène et qui attend avec impatience le retour de l'oiseau.  Dialogue de sourds, pensez-vous ? Pas du tout ! Le livre est un bel objet, mais la lecture ne m'est pas apparue assez consistante. 

A la place, les tout-petits rigoleront sur l'histoire de la culotte envolée et dont l'utilité questionne les animaux du jardin ! 

IMG_5704  Quelle culotte ! par Yumiko Imai

Posté par clarabel76 à 14:45:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

18/07/11

La fiction s'insinue dans la réalité comme des racines qui font craquer le revêtement d'un trottoir.

L'histoire suivante se passe au pensionnat Biriozy, près de Novgorod, où trois camarades de chambrée, Pénélope, Ludmila et Sanouk, suivent leurs études entre ennui et torpeur. C'est alors qu'arrive leur nouveau professeur de littérature, Anton Mordiev, qui leur confie un petit livre qui va tout faire basculer. Les filles décident de se faire la lecture tous les soirs, dans leurs lits, et aussitôt se prennent de passion pour la découverte de la civilisation nénètse, un petit peuple qui vit de l'élevage de rennes au-delà des Monts Oural. Mais cette lecture n'est pas du goût de tous, car la sous-directrice, Olga Petrovna, leur confisque l'ouvrage avant de procéder à des mesures plus radicales. 

En quelques 200 pages et des brouettes, et avec une élégance très appréciable, Anne Bouin a tout saisi de la subtile balance entre le divertissement, la beauté et le charme d'une rencontre. Elle nous livre un roman incroyable, d'une force rare, et qui renoue avec l'art de raconter une histoire. Et ce qui est étonnant, aussi, c'est la richesse de l'intrigue et tout ce qu'il est possible d'impliquer, d'imaginer, de dénoncer. Et puis c'est drôle, l'amitié entre les filles est espiègle, sincère et rafraîchissante, il y a aussi du suspense, beaucoup de poésie, quand Sanouk découvre une petite feuille de bouleau entre les pages du livre, elle ressent, plutôt qu'elle ne comprend, que la lecture de l'ouvrage sera capitale pour elle. Et c'est enfin grandement dépaysant, l'histoire se déroulant en Russie, nous nous baladons alternativement entre les murs du pensionnat austère, dans la très coquette isba bleue de la babouchka de Sanouk, ou sous un tchoum, à se réchauffer sous une peau de renne. Bref, j'ai été totalement sous le charme, plus qu'enchantée par cette première approche, qui se poursuit avec Un été sibérissime.

IMG_4723

Les vacances d'été réservent à nos trois héroïnes, Pénélope, Ludmila et Sanouk, des retrouvailles avec leurs familles respectives, sans se douter qu'une nouvelle fois les aléas de la vie vont les réunir pour se serrer les coudes au nom d'une cause commune. 

Ce deuxième épisode n'a rien perdu de son charme, de sa fraîcheur, de son dépaysement. Les premiers chapitres nous offrent même une impression de nonchalance estivale, mais il ne faudrait pas s'y tromper, car l'histoire reprend ses droits et nous plongeons alors dans un roman qui mélange l'aventure, l'espionnage, la mafia et même les premiers émois amoureux... Sincèrement, c'est toujours aussi beau, doux et élégant. L'ensemble paraît plus dynamique, synchronisé comme un ballet russe qui s'enflamme. On vit au rythme des personnages, de leurs palpitantes aventures, on tremble face aux dangers, on oublie le monde qui nous entoure, on prend fait et cause pour protéger la culture nénètse, et on aime jusqu'aux méchants, qui peuvent se révéler attachants à leur façon. Vraiment, ce fut une lecture chaleureuse, enivrante, simple et parfaitement efficace, et j'ai très envie de retrouver tout ce petit monde le plus vite possible ! 

Petite Feuille Nénètse (Médium, EdL 2009) & Un Eté Sibérissime (Médium, EdL 2011) - Anne Bouin
illustration de couverture : Rascal   smileyc002

Posté par clarabel76 à 10:00:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

30/03/11

Pêle-mêle Clarabel #26

Cet album est magnifique ! C'est l'histoire de Georges, gardien du phare des Roches Grises depuis quarante ans. Chaque fois qu'il reçoit un courrier officiel, il n'hésite pas à le déchirer et fait voler les morceaux du haut de son balcon. Non, jamais il ne prendra sa retraite ! Et pourtant, les nouvelles se gâtent. Il devient impératif que Georges quitte son rocher pour se mettre à l'abri de la tempête qui va engloutir son phare. Le vieil homme ne se résigne toujours pas, jamais un marin n'a quitté son navire, lui aussi restera à bord jusqu'au bout. Et le soir de la catastrophe, Georges affronte la montée des eaux et les éléments déchaînés. Et moi, j'ai été totalement happée par l'histoire, fascinée par les illustrations. J'ai admiré la beauté de l'océan devenu fou, la résistance de l'homme, le face-à-face inéluctable. C'était un spectacle haletant, poignant. Et les couleurs sont superbes. Un Océan dans les Yeux - Dedieu (Seuil jeunesse, 2011) 

IMG_3126

 

Cet album m'a rappellé celui de Stéphane Sénégas - Qu'est-ce que tu vois ?

 

IMG_2537

C'est l'histoire d'un petit bonhomme qui va passer ses vacances chez un oncle Horace qui vit seul dans un phare, loin de toute civilisation. Cela sent l'ennui ! Le gamin fait d'abord preuve de mauvaise volonté, puis commence à s'intéresser aux projets doux-dingues de son oncle, dont la fameuse pêche aux crabes.

En fait, l'album repose sur la citation de Flaubert, qui dit :
Pour qu'une chose soit intéressante, il suffit de la regarder longtemps.

Parce qu'il était de mauvais poil, le garçonnet ne voyait pas plus loin que le bout de son nez, même au sommet du phare, alors que l'océan s'étend à perte de vue et promet des spectacles insensés et ahurissants à qui veut bien les voir. A force de patience et d'adaptation, l'enfant comprendra et en restera bouche bée.

J'aime tout dans cet album : son histoire, le message caché, les couleurs, les personnages, les idées, le dépaysement, l'envie d'évasion, les rêves, l'imaginaire, bref je suis complètement séduite ! A moi de découvrir les autres albums de cet auteur maintenant. (Kaléidoscope, 2011) 

+  J'en profite pour rappeler l'album de Rascal, Le Phare des Sirènes, illustré par Régis Lejonc (Didier jeunesse, 2007). Egalement un coup de coeur.

 

challengealbumbig1 
CHALLENGE Je lis aussi des albums (édition 2011) - 12

 

10/12/07

Dans la hotte (2)

Continuons notre petite tournée des librairies pour remplir la hotte du père noël ... Voici un album au très grand format, avec une couverture de sombre beauté, un titre enchanteur et la promesse d'une histoire d'amour poignante et féérique.

phare_des_sirenesCela se passe sur un petit bout de terre, dans une cabane en bois qui sent le hareng, logée au bord de la falaise. Un garçon, orphelin de mère, vit seul avec son oncle Yann, pêcheur bourru mais compatissant. C'est un rapporteur de légendes et d'histoires mythiques, un homme qui aime la mer dont il brave les tempêtes, un papa de remplacement pour le petit Ange, aussi beau que le présage son prénom.

Après une nuit d'orage, oncle Yann n'est pas rentré de sa pêche et l'enfant découvre les débris de son bateau sur la plage. Désormais seul au monde, le garçon va se reconstruire une coquille de sécurité et reproduire les gestes du marin perdu. Quand soudain, au cours d'une promenade, Ange découvre une silhouette échouée sur la côte, rejetée par l'océan. C'est une sirène, blessée mais ensorcellante de beauté. Oncle Yann lui avait parlé de ses créatures, il n'est donc point étonné de la croiser pour de vrai.

Elle s'appelle Sidjwa, ce qui signifie Trésor. Dans la cabane en bois, Ange va apporter mille soins et tendresses, tomber amoureux avant de la rendre à son royaume des eaux. Mais toujours, Sidjwa et Ange se retrouvent et perpétuent leur histoire d'amour.

Puis survient la guerre où des soldats déboulent dans les villages arracher les garçons de leur foyer pour les conduire dans des tranchées. Ange aussi a été séparé de son amour, enrôlé de force et témoin d'un spectacle d'atrocités. Cette guerre va le tuer, physiquement. Un éclat d'obus va le défigurer et faire de lui une Gueule Cassée. Il rentrera chez lui, attendra sa sirène et n'aura de cesse d'espérer leurs retrouvailles.

Quelle poignante histoire d'amour, sur fond de guerre ! La beauté mise à mal par le combat des hommes, l'amour ruiné par la folie et l'espoir qui devient un os à ronger jusqu'à la moelle ... Ce livre figure parmi les albums à ne pas réserver qu'aux enfants, mais qu'on doit à tout prix leur destiner aussi pour qu'ils apprécient toute la préciosité d'un travail de création.

Les teintes brunâtres de Régis Lejonc donnent un charme ténébreux à cette histoire coincée entre bonheur et malheur, confortent une mélancolie très grave mais sereine. On absorbe les mots de Rascal telle une plongée en apnée, on suit la narration de cet homme brisé à force d'espérer, et on ressent une grosse boule au ventre devant ce concert d'émotions.

Une adresse à retenir : A l'endroit où les cosmographes inscrivaient jadis sur leur cartes Hic sunt sirenae - ici sont les sirènes. 45° lattitude nord. 35° longitude ouest. Phare des sirènes.

Editions Didier Jeunesse - 60 pages - 18,90 €

Posté par clarabel76 à 07:00:00 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
Tags : , ,