29/01/10

La Maison du Maître ~ Martha Grimes

Presses de la Cité, 2010 - 345 pages - 20,50€
traduit de l'anglais (USA) par Dominique Wattwiller

La_maison_du_ma_tre_de_Martha_GrimesJe suis en veine, en ce moment, avec mes lectures de romans policiers à la crème anglaise. Martha Grimes, qui est en fait américaine mais qui écrit comme une british et nous plante un décor dans la belle Albion sans le moindre souci, nous convie donc dans une nouvelle enquête du commissaire Richard Jury. J'ai déjà fait les présentations, Jury figure parmi les personnages que j'apprécie le plus et que j'aime suivre fidèlement, j'apprécie également toute la palette des personnages qui l'entourent, Melrose Plant pour commencer, les joyeux lurons de Long Piddleton, les voisins envahissants de Jury (Mrs Wasserman, Carole-Anne, le chien Stone), et les collègues de travail, Wiggins, le chat Cyril, Fiona la secrétaire, Racer son supérieur et Phyllis le médecin légiste. Du beau monde, croyez-moi. Ce sont des personnalités bien définies, des vies qui se dessinent au fil des parutions, on s'attache et on aime tout autant les suivre que connaître le dénouement de l'intrigue policière !
Cette fois, un jeune homme aisé, petit-fils d'un héros de la guerre, a été retrouvé assassiné dans une chambre d'hôtel huppé. Billy Maples n'avait pas d'ennemis, c'était un mécène qui contribuait à soutenir des jeunes artistes peintres, il avait aussi une vraie passion pour Henry James, au point d'avoir loué la maison de l'écrivain, Lamb House, à Rye. Jury n'est pas chargé de l'enquête, mais la police d'Islington compte vivement sur sa participation. Serait-ce le vif désir du commissaire Lu Aguilar, au charme volcanique et vénéneux ? C'est une femme directe et très séduisante. Elle a aussitôt envoûté notre Richard au coeur d'artichaut, leur relation ne manque pas de piquant ni de piment ! Mais cette fin, ah mes aïeux, est terrible, cruelle, injuste. C'est quoi, ce supplice ? Martha, tu es une petite chipie !
Dans l'intervalle, l'intrigue s'est bien déroulée, l'enquête policière est impeccable, vraiment bien enveloppée et développée, l'auteur nous donne les indices à la becquée, sans nous gaver, il faudra attendre les dernières pages pour connaître le dénouement.
Et comme souvent, dans les romans de Martha Grimes, l'intrigue est enrichie de références littéraires, cette fois il faut compter sur la présence de Henry James. Les passages où Melrose Plant arrive à Lamb House en tant que nouveau résident temporaire, sont hilarants et excellentissimes ! Melrose, seul et déboussolé dans le Sussex, se surprend à entrer en conversation intime avec l'écrivain, il relit la plupart des ouvrages du Maître, découvre qu'il a même taquiné la Muse du vampirisme, avant de succomber entre les mains des fantômes, probablement en train de hanter les lieux !
Non, ce n'est pas fantasmagorique, c'est tout simplement distrayant, et d'ailleurs Melrose Plant apportera sa propre contribution pour la résolution de l'enquête. Comme d'habitude !
Sur ce, je reste pantoise avec cette fin et je veux la suite !!!

 


02/02/09

Le Paradoxe du menteur - Martha Grimes

« C'est un homme qui est entré dans un pub et qui me l'a racontée.
- Tu te moques de moi.
- Exactement ce que je lui ai retorqué. Je lui ai dit qu'il me menait en bateau. Bref, le pub se trouve dans la City. C'est l'Old Wine Shades. J'étais là, assis au bar, à broyer du noir, sans raison spéciale...
- Sans raison spéciale de quoi ?
- De broyer du noir.
- Ah. Continue.
- Un homme est entré, manifestement friqué, des vêtements comme les tiens...
- Cette veste pourrie ? dit Melrose, louchant sur son revers.
- ... et il s'est assis près de moi.
Ça fiche les jetons, pour un début, non ?
- Oui, c'est digne de Winnie l'ourson. Continue.
- Et il m'a raconté cette histoire...
»

51H1orhlwUL__SS500_Il y a un an, une femme et son fils se rendent dans le Surrey visiter deux propriétés et disparaissent sans laisser de traces. Seul le chien est revenu, quelques mois après. Depuis, le mari, en état de choc, séjourne dans un hôpital pour grave dépression. Il a contacté la police et des détectives privés, mais rien. Aucune piste. Richard Jury, commissaire à New Scotland Yard, rencontre un homme dans un pub qui lui raconte cette histoire. Cela dure tous les soirs de la semaine. L'individu, Harry Johnson, prétend que c'est une histoire sans fin. Ou une histoire à tiroirs. Chaque rendez-vous rapporte un nouveau chapitre, l'histoire grossit. Cela devient louche, mais Jury veut y croire, contre l'avis de ses proches (son inspecteur associé hypocondriaque, Wiggins, sa charmante voisine, Carole-Anne et même son meilleur ami, Melrose Plant). Il sort d'une enquête difficile, il a été poussé à un congé forcé par son chef, il a donc besoin de se changer les idées.

Et Jury est sérieusement intrigué par cette double disparition, de même il se demande si sa rencontre avec l'homme du pub n'est qu'une pure coincidence. Il va fouiller, c'est obligé. Et pour cela, il est accompagné de son inénarrable compagnon, Melrose Plant, un aristocrate excentrique, qui habite la petite bourgade de Long Pliddleton avec sa tante snob et acariâtre, Agatha. Pour échapper à cette vieille bique, il se rend à Londres, où il apprécie le refuge du Boring's, club très sélect et fermé, réservé uniquement à la gente masculine.

En fait, c'est clairement une ambiance qu'on aime retrouver chez Martha Grimes, au fil des livres publiés. On a l'embarras du choix entre les petits villages anglais, le pub, le manoir du Comte de Caverness, les bureaux de Scotland Yard ou l'appartement de Jury et de sa délicieuse voisine... C'est ainsi un petit monde qu'on retrouve, Richard Jury est un incontournable de la série. Il a la quarantaine, il dégage un charme fou, il est réservé, réfléchi et cultivé. Il n'hésite pas à trouver des métaphores littéraires dans les enquêtes les plus tordues. C'est un homme qui plaît, mais qui n'en profite pas. A ses côtés, Melrose Plant possède une séduction aristocratique, il a du flegme à revendre, il aime bouquiner, boire du bon cognac et paresser dans un fauteuil au coin du feu. Ce n'est pas un homme d'action, mais il ne rechigne pas à s'associer à son meilleur ami pour des situations parfois mouvementées.

A l'instar d'Elizabeth George, Martha Grimes est américaine et écrit avec bluff des romans d'énigme à l'anglaise. Vous ne connaissez pas (encore) ? Les éditions Omnibus viennent de faire paraître un volume regroupant les quatre premières aventures de Richard Jury. A ne pas louper !

A noter : tous les romans de Martha Grimes ont pour titre des noms de pub, en vo. Dommage, la traduction française n'a jamais joué le jeu.

Presses de la Cité, 2009 - 380 pages - 21€
traduit de l'anglais (USA) par Dominique Wattwiller
titre vo : The Old Wine Shades

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Les Enquêtes de l'inspecteur Jury
(qui, en fait, est commissaire...)

51CPNHebtKL__SS500_Le mauvais sujet

Long Piddleton est un charmant village du nord de l'Angleterre. Mais une série de meurtres abominables vient entacher le manteau de neige immaculé de cette bourgade paisible. Des cadavres sont retrouvés dans des positions insolites dans des auberges de campagne aux noms pittoresques et évocateurs. Pour arrêter cette hécatombe, Scotland Yard dépêche sur place l'un de ses meilleurs limiers : Richard Jury, un homme aussi tenace que chevaleresque. De la ténacité, il va lui en falloir pour démasquer le tueur en série parmi une foule de suspects : un aubergiste, un haut fonctionnaire déchu, une jeune poétesse romantique, un pasteur, un auteur de polars, une poule de luxe et bien d'autres. Par bonheur, Jury trouvera un précieux allié en la personne de Melrose Plant, châtelain dilettante que la nature a pourvu d'un cerveau fort efficace.

L'énigme de Rackmoor

Tout le monde vous le dira, il ne se passe jamais rien à Rackmoor. Que pourrait-il d'ailleurs bien se passer dans un petit village du Yorkshire accroché au flanc d'une falaise, battu par les vents et perdu dans le brouillard... Or, un jour, on retrouve le corps ensanglanté d'une inconnue. Une inconnue qui - vous diront certaines personnes bien informées - pourrait être Dillys March, la pupille du riche sir Titus Craël. Disparue depuis quinze ans, quelques langues venimeuses ajouteront qu'elle serait venue pour réclamer sa part d'héritage. Ce qui est troublant, c'est que la moitié des habitants de Rackmoor ne reconnaissent pas Dillys. Pupille ou usurpatrice ? Une affaire complexe dont triomphera l'inspecteur Jury de Scotland Yard au terme d'une plongée dans le passé obscur de la petite ville.

Le collier miraculeux

Une violoniste est sauvagement assassinée dans le métro de Londres. Elle était originaire d'un village répondant au nom charmant de Littlebourne. Or un chien vient de découvrir une drôle de friandise dans le bois voisin : un doigt humain ! Richard Jury et Melrose Plant vont arpenter les couloirs du tube londonien et les abords de la ténébreuse forêt de Horndean. Et les suspects les plus hétéroclites se présentent à eux : un couple de hobereaux d'un snobisme odieux, une vieille ornithologue revêche, une veuve habitant un manoir glacial et une petite sauvageonne qui sait dompter les chevaux les plus rétifs... mais pas le duo le plus flegmatique du Yard !

Le vilain petit canard

Stratford sur Avon, ville natale de Shakespeare et villégiature préférée du discret commissaire Jury, voit défiler à la belle saison des hordes touristiques accablantes. On aurait presque pu se réjouir, cette année-là, de découvrir des cadavres d'Américains faisant partie d'un voyage organisé. Mais des corps sauvagement mutilés, bien dans la tradition insulaire inaugurée par Jack l'Eventreur, font tout de même un peu désordre dans le décor pastoral des rives de l'Avon. Avec son ami Melrose Plant, douzième comte de Caverness, aussi titré qu'instruit des splendeurs du théâtre élisabéthain, le commissaire Jury va démonter le mécanisme d'une monstrueuse vengeance.

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--) C'est excellent ! C'est plus qu'un simple roman policier, même si l'intrigue sur ce plan est bien ficelée, c'est avant tout pour les petits riens autour que j'apprécie cette série. Les personnages sont beaux, touchants, humains. Ils aiment, sont trompés, ont le cafard, et nouent aussi des liens extraordinaires d'amitié. L'ambiance à Long Piddleton aussi vaut le coup d'oeil, ça donne envie tout ça... C'est british, en plus. Je fonds complètement !

Omnibus, 2009 - 26€