01/09/17

La maison du péril, d'Agatha Christie

La Maison du péril

Hercule Poirot vient de prendre sa retraite et réchauffe ses vieux os dans la station balnéaire de St Loo, sur la côte de Cornouailles, en compagnie de son fidèle Hastings. Pas loin de sombrer dans la mélancolie, Poirot accorde finalement un vif intérêt à sa rencontre avec la fraîche et pétillante Nick Buckley.
Par son allure moderne et décalée, ses manières décomplexées, elle divertit notre ami en racontant, autour d'un cocktail, qu'elle vit dans une vieille bicoque hantée, autrement nommée “la maison du péril”. Bavarde et insouciante, elle leur explique avoir échappé par trois fois à d'étranges pépins - un tableau qui se décroche et tombe sur son lit, un rocher qui dévale une falaise pour s'écraser à deux pas, et les freins de sa voiture qui lâchent inopinément...
Quelle chance inouïe, songe Hercule Poirot, jusqu'à ce qu'il ramasse le feutre mou de la jeune femme, soufflé par le vent, et qu'il remarque un petit trou net et bien rond. La trace d'une balle perdue. Une fois encore, Nick vient d'échapper à la mort. Sous la moustache du détective.
Ses petites cellules grises sont dans tous leurs états. Il est temps pour Hercule de reprendre du service et de s'inviter dans cette symbolique maison !

Une mise en scène impeccable, une galerie de personnages insondables, de l'élégance, du mystère et de l'enfumage... Je raffole des ambiances désuètes, encore plus lorsqu'elles sont au service d'une intrigue habilement troussée, à la tension psychologique avant-gardiste, à la construction complexe et au dénouement insoupçonné.
Un très bon Agatha Christie, dans lequel Hercule Poirot brille par son éternelle suffisance et par sa clairvoyance qu'il récupère in extremis ! Classique, inlassable.

Éditions du Masque / 2015 - Traduction (entièrement révisée) de Robert Nobret 

 


05/02/16

Mort sur le Nil, d'Agatha Christie

Mort sur le Nil

Scandale dans la bonne société anglaise ! La belle et riche héritière, Linnet Ridgeway, vient d'épouser son régisseur, Simon Doyle, auparavant le fiancé de sa meilleure amie, Jacqueline de Bellefort. Le couple convole en justes noces en Égypte, avec l'extrême désagréable surprise de trouver l'amoureuse déchue à leurs trousses. Voilà une attitude fortement désobligeante. Jacqueline se défend d'être jalouse ou haineuse, mais son attitude prouve tout le contraire. Hercule Poirot, lui, est également troublé pour l'entêtement de la demoiselle, dont il avait déjà croisé le chemin à Londres, alors qu'elle se trouvait en galante compagnie et ne cachait rien de ses sentiments amoureux. Pour notre détective belge, c'était assurément une démonstration excessive et préoccupante. Alors que ce joli monde embarque à bord de la même croisière sur le Nil, l'ambiance est aussi lourde de sensualité que de cupidité autour de ce singulier trio. Et le danger gronde... Ce livre est sans doute celui dont j'ai vu et revu le plus souvent l'adaptation tv, à tel point que l'histoire a fini par s'imprimer dans mes petites cellules grises. Merci Hercule ! Il n'empêche que j'ai pris grand plaisir à voguer sur le Nil en compagnie de ces voyageurs crapuleux (la brochette de personnages est large et croustillante), en plus d'assister à un mélodrame de premier ordre, qui s'avère poignant jusqu'au bout. Un très grand roman, encore une fois. 

Le Livre de Poche, 2001 pour la présente édition ♦ Traduit par Robert Nobret & Elise Champon (Death on the Nile, 1937)

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Emily Blunt as Linnet Ridgeway

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#Jeu littéraire : Vintage Mystery Cover Scavenger Hunt 2016 : un plan d'eau

19/01/16

Meurtre en Mésopotamie, d'Agatha Christie

Meurtre en Mésopotamie

Amy Leatheran vient d'être embauchée pour s'occuper de l'épouse du Dr Leidner, un archéologue actuellement sur un chantier de fouilles en Mésopotomie (aujourd'hui, l'Irak), car celle-ci est atteinte d'une maladie nerveuse, liée à un profond sentiment d'insécurité. Louise Leidner révèle rapidement à son infirmière qu'elle est persuadée d'être harcelée par son ex, qui cherche à se venger d'elle pour avoir rompu leurs fiançailles et dénoncé ses activités illicites. Sur le campement, chacun semble se désintéresser des crises hystériques de Mrs Leidner. Aussi, l'annonce de sa mort provoque un léger tumulte dans les rangs. La jeune femme s'était en effet repliée dans sa chambre, close et sans issue possible, à proximité de ses partenaires de voyage. Sous le choc, ils n'en montrent pas moins leur soulagement en évoquant le caractère exécrable de la victime. Louise Leidner aimait diriger son monde et était une femme particulièrement exigeante. Elle avait réussi à s'attirer l'antipathie de tous et n'en éprouvait pas le moindre remords. Amy Leatheran va ainsi rencontrer ce cher Hercule Poirot, de passage dans la région pour résoudre un scandale militaire en Syrie, et partager à ses côtés une expérience unique en résolvant un crime complexe. Après avoir établi les alibis de tous les protagonistes, et pris note de leurs griefs, le détective belge va épingler le cerveau de cette infamie, qui a conduit tout de même à un deuxième assassinat ! Cette évasion exotique, forcément liée au propre parcours de l'auteur, passionnée de voyages et épouse d'un archéologue, dresse une intrigue traditionnelle et distinguée, qui s'attache davantage à la peinture des personnalités et à l'ambiance du lieu qu'à décrire les recherches harassantes et la réalité sur le terrain. Mais c'était juste Miam ! Et j'ai énormément souri à la description faite par Amy Leatheran lors de sa toute première rencontre avec Monsieur Poirot. ;-)

« Jamais je n'oublierai l'impression que me causa Hercule Poirot la première fois que je le vis. J'avais dû me représenter un personnage dans le genre de Sherlock Holmes, long et mince, au visage fin et intelligent. (...) Rien qu'à le regarder, il vous prenait envie de rire. Poirot vous rappelait un artiste sur la scène ou au cinéma. D'abord, ce petit bonhomme tout rond, haut à peine de cinq pouces, paraissait tout à fait vieux avec son énorme moustache et sa tête en forme d'œuf. On eût dit un coiffeur dans un vaudeville. » (Trad. Louis Postif, 1967)

Le Livre de Poche /  Parution : Mai 2010 pour la présente éditionTraduction de Robert Nobret pour Le Masque (Murder in Mesopotamia, 1936)

La jaquette de l'édition britannique chez Collins Crime Club est illustré par Robin McCartnay. Agatha Christie l'avait rencontré au printemps 1935 sur le chantier de fouilles de Chagar Bazar et lui proposa sans hésiter d'illustrer son livre de l'époque. Elle s'inspira aussi de son amie Katharine Woolley, épouse de l'archéologue Sir Leonard Woolley, pour croquer le personnage de Mrs Leidner. ;-)

Murder in Mesopotamia      bannerfans_16489672 (61)

Posté par clarabel76 à 08:45:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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