21/05/08

Dix-huit baisers plus un - Rachel Corenblit

dix_huit_baisersAlex, un adolescent de dix-sept ans, a tenté de mettre fin à ses jours. En 19 chapitres, assez courts, le roman va nous expliquer pourquoi. Quel est le secret d'Alex ? Elles sont nombreuses, les filles, à l'avoir connu, croisé, embrassé. Mais aucune n'a su percer la couche et deviner le drame qui se jouait chez lui. Alex, ce garçon qu'on trouve trop grand, trop maigre, trop blond, trop pâle, trop mal fringué, trop largué, trop mignon quand même. « Alex, c'est le type même du gars qu'on ne voit pas. Il ne s'imprime pas sur la rétine. C'est qu'il est trop transparent, trop invisible, trop minuscule même s'il est trop grand. » Ses copines de lycée, sa jeune voisine de palier amoureuse de lui, une enseignante, un médecin, sa mère dépressive ou sa grand-mère qui dévoile le secret familial vont toutes intervenir à travers des témoignages sans fard. Le roman n'est pas tendre, pas très gai non plus, parfois assez cru, surtout quand les jeunes filles évoquent le sexe et un peu l'amour. Car, au bout du compte, on en revient toujours là : au goût des baisers, au besoin d'aimer et d'être aimé(e) ; en somme ce livre sonne comme un appel (de détresse?) d'un ado en manque de tendresse. Un gros besoin d'amour filtre derrière ce désespoir et sauve toute morosité ambiante.

Rachel Corenblit a publié aux éditions du Rouergue Shalom salam maintenant et l'Amour vache.

Editions du Rouergue, 2008. Coll. doAdo - 128 pages - 7,50€

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07/05/08

(sujet sensible)

journal_de_ma_soeurCe sont les vacances d'hiver et le départ pour une semaine de ski au Val d'Isère. Patrice et son père s'impatientent tandis que Julie, l'adolescente de 16 ans, traîne les pieds devant le lycée, où elle adresse ses adieux à sa bande d'amis. Au moment de les rejoindre, c'est le drame : Julie est renversée par un bus. La foudre s'abat sur la tête de Patrice, sa soeur est plongée dans un profond coma, ses jours sont en danger. Toutefois, le garçon est supposé "deviner", car il est tenu à l'écart par ses parents, dévastés par le chagrin. L'annonce du décès vient secouer la famille déjà désunie et Patrice se sent de plus en plus incompris et négligé. Seul, il ne sait pas à qui expliquer le poids de sa culpabilité, expliquer pourquoi il n'arrive plus à retenir la nourriture dans son corps, par exemple. Ses parents semblent totalement indifférents à son sort. Patrice ne s'entendait pas beaucoup avec Julie, du moins il pensait ne pas l'aimer mais son absence lui prouve le contraire. Il s'en veut désormais de n'avoir jamais pris le temps de lui dire combien il l'aimait, à sa manière.

Un texte délicat et sensible, sur le sujet de la mort et du deuil. Un travail simple et concis pour mieux aider à passer le cap, à continuer de vivre après la perte d'une personne qu'on aime. A conseiller aux plus jeunes, dès 10 ans.

Le Journal de ma soeur, Anne Poiré

Seuil jeunesse, 2008. Coll. Chapitre, 80 pages. 7,50€

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mes_yeux_mentheUn matin, Granny ne s'est pas réveillée. Et puis voilà. La maison de Nina s'est mise alors à flotter sur une mer agitée et remplie de larmes. Le temps passe et la maman de Nina continue de pleurer. Sa meilleure amie Jojo est venue à la rescousse, s'installe auprès d'elles et prend les rênes du foyer. Nina est remplie d'espoir, car Jojo, avec son accordéon, son chat Foufou et son fiancé Paolo, apporte un semblant de gaité et de bonne humeur. Toutefois, la maman de Nina ne va pas mieux, il a fallu vider l'appartement de Granny et la douleur est toujours aussi vive. Jojo s'inquiète et choisit d'emmener son amie en vacances... sans Nina. La fillette part rejoindre son père à la campagne, où il vit avec sa nouvelle femme et leur enfant de deux ans, Lola. Au début, Nina n'est pas à l'aise, puis elle s'attache à sa petite soeur et apprécie les efforts de son père. Bientôt elle retrouve sa maman, qui n'a plus les joues creuses, plus le nez dans les mouchoirs, n'est plus en boule sous la couette. Au contraire : avec Jojo, elle s'active pour la préparation du mariage de celle-ci.

Désolée de n'être pas très *gaie* dans mes choix de lecture, mais ce petit livre pourra vous étonner car il est plus souriant et plus guilleret qu'on ne pouvait le supposer. Le chagrin d'une maman est décrit à travers les yeux d'une petite fille de 8 ans et c'est plein d'amour, plein d'espoir. Peut-être la recette idéale n'existe pas, mais on tire de ce livre la leçon suivante : la préciosité de l'amitié, le goût des crêpes et de la pizza, l'amour des siens, surtout ceux qu'on pensait vivre en "pays étranger" (or, rien ne change l'amour d'un papa, même s'il a refait sa vie !). Il y a un peu de passages très sensibles, mais ce n'est pas qui ce frappe ni ce qui ressort : non, c'est essentiellement la vitalité ! Les illustrations reflètent également cette tonicité mêlée de sensibilité. Un joli texte à la portée des plus jeunes.

Mes yeux menthe à l'eau, Agnès de Lestrade - illustrations de Violaine Leroy

Editions du Rouergue, 2008. Coll. ZigZag, 107 pages. 6,50 €

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parmi_nousEt si on imaginait ce qu'il se passe après ? si on supposait qu'il existait un entre-deux vers l'au-delà ? ... Cela donnerait une histoire de fantôme, comme dans ce roman de Marie-Hélène Delval. Anaïs est amoureuse d'Adrien. Elle l'appelle de tous ses vœux, lui crie son amour, mais il ne peut entendre sa voix, car elle et lui ne font plus partie du même monde... De là où elle est, elle suit, impuissante, la nouvelle idylle de son amoureux. Adrien l'a-t-il déjà oubliée, remplacée ?

Je me demandais si j'allais revivre le même déluge qu'avait inspiré la lecture du livre de Lisa Schroeder, car le sujet est très proche. Finalement, non. Ce court roman est accessible pour les plus jeunes (dès 10-11 ans) et aborde l'amour et la mort. C'est très émouvant mais juste un tantinet trop propre et retenu pour moi. Ou alors je suis trop "vieille" pour tomber dans le panneau. Cette lecture reste agréable, sensible et réserve de beaux chapitres sur la douleur du deuil, l'impuissance de tourner la page et l'acceptation de passer le flambeau à une autre personne. On tire une formidable leçon d'espoir en bout de course !

Parmi nous, Marie Hélène Delval

Bayard éditions jeunesse, 2008 /  Bayard Presse, Je bouquine, 2005. 90 pages - 5,80€

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02/04/08

(histoires pour tous les âges)

catsou

Catsou est un petit chat roux qui a très vite été adopté par toute la famille. Le félin grandit et vagabonde dans la campagne environnante, menant sa vie de chat. Mais Catsou a un don véritable : dès que quelqu'un est triste ou fatigué, il le sent et retrouve sa route pour prodiguer câlins et réconfort. Puis un jour, la famille déménage et s'installe en ville. C'est bruyant, c'est bétonné. Catsou perd ses repères, il s'ennuie, devient triste. La famille comprend alors qu'il faut lui rendre sa liberté de vie de chat. Comme pour dire au revoir, il nous a regardés, très longtemps. Quand je l'ai vu s'éloigner, j'ai eu envie de pleurer, bien sûr, mais je savais aussi qu'il allait retrouver sa route.

Je ne porte pas les chats dans mon coeur, je préfère les chiens. Mais j'ai beaucoup aimé cette histoire de tendresse et d'affection. Dès qu'on démontre l'importance d'un animal dans la vie d'une famille, je ne peux que cautionner. Cette histoire a aussi le potentiel d'enseigner ce qu'est le besoin (ou le désir) d'indépendance, un choix qu'il faut respecter et accepter, malgré son chagrin ou son besoin égoïste de conserver pour soi.

Catsou, Bénédicte Brunet (texte) - Charlotte Mollet (illustrations)

Ed. du Rouergue, coll. Varia. 15 €

monsieur_personne

Dans un quartier tristement ordinaire, où le ciel est de la couleur du béton, et où il pleut souvent, où il est si facile de ne pas dire bonjour à son voisin, où tout se ressemble, vit un homme ... gris. C'est Monsieur Personne. Les gens ne s'intéressent pas à lui, ne le voient plus. Les enfants ont peur de lui, ils le trouvent vieux et laid. Monsieur Personne ne fait rien de ses journées, sauf regarder par la fenêtre des heures durant. Ou il lit son journal. Il mange sa soupe, fait sa lessive, sa vaisselle, arrose sa plante, reprise ses chaussettes trouées. Et puis, quand la nuit arrive, Monsieur Personne allume la lumière de sa cuisine et il se met au travail. Son travail est important et mystérieux : il fabrique des étoiles !

On peut craindre au début que cet album sera sinistre et plombant, un peu moralisateur sur notre inconscience à ne pas se soucier de son voisin, à bouder la vieillesse, à mener une vie terne et sans saveur. On parle de solitude, d'apparence, d'individualisme. Et les couleurs sont également éteintes, le personnage de Monsieur Personne nous touche et nous affecte. Cette histoire de l'ordinaire n'a pas le mérite d'offrir grande évasion, jusqu'à la révélation du talent caché de ce vieil homme, finalement pas si ordinaire ! J'ai aussitôt pensé à la chanson des Innocents, Un homme extraordinaire. Bref, je ne partais pas conquise au début, j'en suis sortie émue par ce conte moderne qui explique d'où viennent les étoiles !

Monsieur Personne,  Joanna Concejo

Ed. du Rouergue, coll. Varia. - 18€

anna_la_vilaine

Anna vient de lire le conte du Vilain Petit Canard mais s'en trouve fâchée. Selon elle, ce n'est qu'un salmigondis absurde ! Si on est laid, on est laid. Si on est beau, on est beau pour la vie. Pour s'en convaincre, Anna veut vérifier si elle est belle, vraiment très belle, aussi belle qu'un cygne. Elle s'en va poser la question à ses proches, quand étrangement elle découvre tour à tour sa mère en fourmilier, son père en paresseux, son frère en girafe et son imagination ne s'arrête pas là : le pommeau de douche devient un cobra royal, le frigo un ours polaire, les feux tricolores un très beau perroquet. Qu'est-ce que cela signifie ?

Simplement, ceci : Je suis belle, ou je suis vilaine ? Que voient les autres, finalement ? Et s'il était préférable de se moquer de ce pensent les autres de nous ? Un livre sur l'apparence et le regard des autres. A méditer, longuement !

 

 

 

Anna la vilaine, Fabian Negrin (traduit de l'italien par Marc Voline)

Ed. du Rouergue, coll. Varia - 14€

raspoutine

Sa tignasse hirsute. Son gros nez cramoisi. Ses dents de devant tout ébréchées. Ses sourcils aussi broussailleux que des fourrés épineux. Et ses yeux. Noirs. Du goudron. Des copeaux de charbon. Deux encoches ouvertes sur la nuit.

C'est Raspoutine. En fait, il s'appelle Ferdinand, mais les gamins du quartier lui donnent ce surnom ridicule car sa physionomie leur rappelle ce cinglé qui hantait la Russie du Tsar Nicolas II. Ferdinand est un mendiant qui vit dans la rue (et dort dans une vieille voiture sans roues) et squatte tous les jours devant la boulangerie. Le quartier n'est pas bien riche, la gamelle du bonhomme pas très fournie en pièces. Le gars n'est pas un mauvais bougre, il ne crache pas dans sa main et n'hésite pas à envoyer balader le môme qui lui tend son assiette de choux de Bruxelles (véridique !). Certes, l'homme aime aussi boire du vin rouge, en bouteille plastique. Pour pisser rouge. Et puis il y a eu une journée d'hiver, où la neige était tombée en abondance. Les gamins jouaient à se lancer des boules, à glisser sur les fesses, sur le dos, sur le ventre. Raspoutine s'est joint à la bande, avec son couvercle de poubelle. Je me souviens de son gros rire et des éclatants morceaux de givre qui lui éclairaient les yeux ce jour-là. Car, après ça...

Le texte est de Guillaume Guéraud et se révèle fort et poignant. Son histoire dénonce la misère et la détresse, sans jamais tomber dans le misérabilisme ni dans le sermon. Le portrait esquissé du sans-abri n'est pas brodé dans la dentelle, pourtant cette histoire que rapporte le narrateur est un souvenir d'une jeunesse assez heureuse et toute simple, une consonance nostalgique, marquée par la rencontre d'un type subversif, qui vivait en marge de la société. J'ai beaucoup aimé l'écriture de ce texte, que je trouve juste, sans tirer la sonnette d'alarme. Notre monde n'est pas parfait, et je ne crois pas que cela puisse changer un jour.

Raspoutine, Guillaume Guéraud (texte) - Marc Daniau (illustrations)

Ed. du Rouergue, coll. Varia. - 13,50€

24/11/07

Shalom salam maintenant - Rachel Corenblit

shalom_salam_maintenantAvant de croiser Camille et Chaïma dans les couloirs d'un hôpital toulousain en 2006, nous écoutons au fil des chapitres et des décennies les histoires de quatre personnages, en 1943 David fuit la France occupée, en 1948 Leah et Oumaïma vivent toutes deux des heures douloureuses avec la déclaration d'indépendance d'Israël, sachant que les deux jeunes filles ne sont pas de la même « caste »...
Ce sont des années d'Histoire qui s'écrivent au sujet du conflit israelo-palestinien et la grande justesse de ce livre est de ne jamais tomber dans la prise de parti. C'est délicat, bien amené, douloureux et criant de vérité. Le fond politique est présent, rappelé en fin de roman avec une petite chronologie précise.
Ce n'est pas une surprise non plus, mais les chapitres qui racontent le parcours de ces différents personnages conduisent à une conclusion intelligente, car ils vont tous se croiser et cela se concrétise par la rencontre de nos jeunes filles en 2006.
Soixante ans d'Histoire dans un roman qui fait 178 pages, et jamais un soupçon d'ennui ! C'est aussitôt intriguant, très captivant. Pas forcément émouvant, même si certains passages vous serrent un peu le coeur, notamment lors de la confession de Chaïma qui, à l'âge de cinq ans, a connu l'enfer de l'attentat d'un illuminé qui s'est fait exploser en pleine rue.
C'est prenant, vraiment brillant. Un beau moment de lecture !

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Quatrième de couverture

Camille et Chaïma se rencontrent dans un hôpital, à Toulouse. L'une est au chevet de sa grand-mère, l'autre vient pour son grand-oncle qui est en train de mourir. Elles sortent en même temps respirer dans le couloir. Elles s'assoient par terre, elles rient, elles parlent. Elles ne savent pas encore ce qui les lie, elles et leur famille. Une histoire qui a commencé il y a longtemps, dans les années 1940. Ou plutôt quatre histoires, celles de Léah, Oumaïma, David et Yashin. Deux garçons et deux filles qui ne se connaissaient pas. L'un se cache dans un petit village de France, les deux filles se terrent dans une cave à Jérusalem en attendant que ça explose, pendant que le dernier est en route vers un camp de réfugiés, en Cisjordanie.

Le destin, la fatalité, on peut ne pas y croire. Mais entre Camille, d'origine juive et Chaïma, palestinienne, il y a plus qu'une simple rencontre. Ce jour de juin, à Toulouse, elles se racontent leur histoire, par-delà leurs différences, par-delà les haines et les souffrances des leurs.

Editions du Rouergue - coll. doAdo monde - 178 pages -  9,00 €

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23/11/07

Rita, New York, 1964 - Unni Nielsen

rita_new_york_1964Quatrième de couverture

Lorsque Rita, une jeune Norvégienne, débarque à New York en 1964, le rêve américain brille toujours aussi fort pour ceux qui viennent d'ailleurs. Et tout s'enchaîne si vite quand on a dix-huit ans. Elle rencontre Ove, un garçon silencieux. Ils passent des nuits ensemble à s'aimer sur le toit de leur immeuble, à Brooklyn. Mais durant cet été si chaud de l'année 1964, la roue de l'Histoire tourne vite. Ove est appelé par l'armée américaine pour aller se battre au Vietnam. Personne ne proteste contre cette guerre. Pas encore. Et Rita n'ose pas lui écrire ce secret dont elle est si fière. Bientôt, la guerre sera terminée, non ?

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Il y a trois éléments clefs dans ce livre, comme l'indique le titre : une héroïne de 18 ans, Rita, qui débarque à New York après une longue mission en mer à bord d'un navire de la United Fruit Company où elle était télégraphiste, en plein dans l'année 1964. A la même époque, la société américaine va vivre sa période la plus troublante avec les mouvements sociaux, le début des droits civils (le Black power, l'assassinat de Malcolm X, la persécussion raciale) et le désastre annoncé de la guerre au Vietnam.

En 1964, il fait très chaud, Rita traîne sur les toits d'un appartement de Brooklyn, elle est amoureuse et passe son temps en compagnie d'un groupe d'accordéonistes, de jeunes insconcients et des idéalistes. Mais la guerre les rattrape, les premiers appelés doivent partir sur le front et découvrir l'ampleur du bourbier. Rita elle-même va se mouiller à la conscience politique, en suivant de près ou de loin les courants émergents grâce à sa rencontre avec Winnie, une Afro-américaine à la beauté renversante. Et puis Rita va tomber enceinte, attendre un enfant dans ce chaos international, et apprendre abruptement que sa place n'est plus souhaitée en Amérique.

Le propos du roman est foncièrement brutal, et pourtant l'auteur norvégienne, Unni Nielsen, s'est contentée d'un tableau épuré où son écriture subit les mêmes cahots que ce que vivent les personnages. Elle-même parle d'une « langue plus jeune, plus rapide, plus impertinente par moments ». Personnellement je n'ai pas été totalement séduite par ce style, mais je trouve qu'il colle à merveille dans le récit et le message annoncé. Outre la naissance de la prise de conscience politique qu'aborde ce livre, il traite aussi d'une société en rupture, déracinée et déroutée par un manque de repères, et qui voit dans la musique un moyen de se raccrocher à la beauté du monde, à l'espoir d'une paix pour tous (citons pour exemple les Beatles, Hendrix, Bach et la chanson folk...).

C'est en quelque sorte un roman engagé contre toutes les guerres « qui n'en finissent par de finir » et qui sont « une maladie de l'âme » (dixit Martin Luther King), c'est aussi et avant toute chose un roman sur les années 60 et qui parle d'une certaine jeunesse tiraillée, porteuse de tant de révoltes et de rêves unifiés ! Difficile à lire, à destiner pour les lycéns qui étudient ce sujet dans leur programme d'histoire.

Editions du Rouergue - coll. doAdo monde - 252 pages.  11,50 €

Traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud.

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14/11/07

Les éditions du rouergue présentent ...

Les p'tits bricolages de Christian Voltz sont de retour ... avec l'étonnant et irrésistible  « il est où ? » ! 

il_est_ouLivre rouge du génie et de la rigolade, ce  « il est où ? » va en surprendre plus d'un ! ...  D'abord, c'est vrai que c'est destiné aux plus jeunes (dès 2 - 3 ans). D'histoire il n'y en a pas tellement, c'est une espèce de comptine sur  « il est où ? » à partir d'un amas de bric et de broc.

Sous le gros caillou, derrière la touffe de poils, au milieu des perles : rien ! Pourtant, si on regarde bien, on voit apparaître un petit bonhomme. Un à un, les objets s'agencent pour former la tête, les cheveux, le corps d'un personnage. Et puis patatras ! La fin de l'histoire est espiègle car elle conduit au début !

Donc, bon programme pour les petits : de manière ludique, ils apprendront la formation du corps, la construction de soi et la fragilité de l'espèce. Et puis la chute (sous tous les sens du terme) est une manière de rebondir (attendez-vous à des sursauts d'exclamation !) car vos petits bouts vont bien comprendre le « qui cherche qui » et reprendre la ritournelle avec bonheur ! ! !

*** Pour info : le conseil général de la Seine Saint Denis va faire des heureux ! A partir du mois de décembre,  « il est où ? » de Christian Voltz sera offert aux enfants de 1 à 2 ans des crèches départementales et municipales. Il sera également remis au cours de l'année 2008 aux enfants fréquentant les centres de PMI du département  -blablabla- . L'an dernier cette opération a concerné 6500 enfants de Seine Saint Denis. ***

Gawou en parle aussi !

Il est où - texte et illustrations de Christian Voltz - Ed. du Rouergue, coll. Varia - 13,50 €


 

Passons maintenant à une lecture pour les plus grands ...

Je vous préviens d'office qu'il faut réserver ce livre à un public qui ne fait aucun état d'âme sur les rêves et la folle du logis. Je dis ça parce que j'ai personnellement testé auprès de deux filles et d'un garçon et j'ai pu constater que nos demoiselles sont restées concentrées et ont adoré l'histoire, tandis que le jeune gars à l'esprit cartésien a décrété que c'était tout bonnement impossible, non vraiment pas possible !

fille_sans_coeurQuoi donc ? L'histoire est celle d'une fille très belle, si belle que tous les hommes se retournent sur son passage, ne rêvent que de l'embrasser et lui chantent des poèmes d'amour en souhaitant l'épouser un jour. Mais la belle est assez placide. Pour ne pas dire, glaciale.

Afin de comprendre pourquoi elle est si peu sensible aux marques de tendresse et d'affection, la belle fille conclut qu'elle n'a pas de coeur ! Donc, elle se rend chez tous les commerçants pour qu'on lui fabrique un coeur (de pierre, en sucre ou de fer). Las, tout est vain. Au fur et à mesure que la fille monnaie qu'on lui donne un coeur, elle sacrifie ses artifices de beauté.

La fille n'est donc plus une jolie créature qui fait chanter et rêver. C'est un être quelconque et désespéré. Elle va finir par rencontrer une vieille femme qui lui promet son coeur si elle l'accompagne jusqu'à son dernier souffle. La fille accepte, sans compter, et va donc réaliser qu'on gagne souvent un coeur à se montrer humble et serviable, non plus en se cachant derrière la superficialité.

Cette histoire est poétique et philosophique, une vraie réflexion sur l'apparence et la beauté intérieure. Le texte peut servir à de multiples interprétations, et quand on écoute les enfants on s'aperçoit que chacun a sa propre conclusion sur le parcours de la fille sans coeur.

A réserver, donc, à un bon public qui aime les histoires assez longues et avec des illustrations originales, qui n'appartiennent pas à notre domaine d'affection privilégiée, mais elles se fondent à merveille avec l'esprit de l'album !

La fille sans coeur - texte Pieter van Oudheusden, traduit du néerlandais par Daniel Cunin - illustrations de Goele Dewanckel - Coll. Varia - 18,00 €

 


 

Depuis le début de novembre 2007, les éditions du rouergue ont donc créé une nouvelle collection avec le livre-cd (qui est un genre en plein boom, je trouve). Personnellement j'en deviens accro, surtout pour dépanner les coups de mou, il suffit alors de se mettre en position horizontale et de laisser le mange-disque prendre votre rôle d'orateur ... ça repose, ça divertit !

Deux livres, donc, pour ouvrir le bal :

complainte_du_progresgouts_d_olga

L'objectif de la collection : confier l'intégralité des paroles d'une chanson à un illustrateur, réunir les générations autour d'univers graphiques de talent et la (re)découverte du répertoire de la chanson française à texte, en partenariat de Radio France.

La complainte du progrès est une chanson de 1956 dans laquelle Boris Vian décrit les affres de l'amour moderne, confronté au progrès technique et à la société de consommation. C'est drôle, divin, pertinent et joliment insolent ! Un peu goujat, aussi, notre bonhomme ! ...

Autrefois pour faire sa cour
On parlait d'amour
Pour mieux prouver son ardeur
On offrait son cœur

Maintenant c'est plus pareil
Ça change, ça change
Pour séduire le cher ange
On lui glisse à l'oreille
- Ah, Gudule!

Viens m'embrasser
Et je te donnerai
Un frigidai-reu
Un joli scootai-reu
Un atomixai-reu
Et du Dunlopillo
Une cuisiniè-reu
Avec un four en ver-reu
Des tas de couvai-reu
Et des pellagâteaux

[ Ici, un lien pour écouter la chanson ! ]

Gawou aussi a aimé !

Les goûts d'Olga est une chanson de Gérard Morel qui peut paraître absurde ...

Le poulet, Olga n'aime pas
Le poisson si
Sauf la queue qu'Olga n'aime pas
Mais son chat si
La brioche, Olga n'aime pas
Les éclairs si
Astiquer ça la gêne pas
Mais laver si
Ajaccio, Olga connaît pas
Mais Calvi si
Et Marinella n'apprécie pas
Mais Anne si

Faire sa fière, Olga n'aime pas
S'effacer si
La queue d'pie, Olga la met pas
L'anorak si
De boulot, elle en manque pas
Mais de sous si
Et son boulot très payant n'est pas
Salissant si

... et puis finalement non, pas si grotesque que cela !  Le texte prouve (ci-dessus) que c'est plutôt farceur et ironique. Le monsieur Morel est un comédien et chanteur qui aime jouer avec les mots, s'amuser avec les sens et les sonorités. Avec sa fantaisie et son humour, il pointe donc avec ironie les usages du verbe " aimer " : peut-on aimer son poulet comme on aime ses parents ou son amoureux ?  Une chanson riche en double-sens !

Dans les deux albums, les illustrations occupent une importance capitale : elles permettent d'accrocher aussitôt l'oeil du jeune lecteur, la petite musique fera le reste ... la magie aidant !

La Complainte du progrès - Paroles de Boris Vian - Illustrations de Lynda Corazza. 

Les Goûts d'Olga - Paroles et musique de Gérard Morel - Illustrations de Frédériques Bertrand.

32 pages + 1 cd de moins de 10 minutes ... Conseiller éditorial : Philippe Meyer.  19,50 €

[ Qui es-tu Gérard Morel ? ... En chanson, pas avec Olga, mais avec la Princesse ! ]

04/10/07

Un peu d'émotion dans ce monde de brutes ...

les_yeux_qui_chantentCette nuit, Grand-Ma vient de mourir. William, 13 ans, et sa soeur Violette, 6 ans, apprennent la nouvelle mais ne pleurent pas. L'un et l'autre s'accusent de n'avoir pas de chagrin ou de ne rien ressentir. Et quand William s'emporte après un frelon qui lui tourne autour et le décapite avec le couteau à pain, Violette est effondrée et s'enfuit dans la forêt avec le corps de l'insecte mort.
Selon elle, c'est Grand-Ma qui a pris l'apparence d'une abeille. Car Grand-Ma aimait beaucoup raconter des histoires, comme celle d'avoir joué de la batterie dans un groupe de rock, The Velvet Underground. William sait très bien que leur grand-mère fabulait beaucoup et qu'il ne fallait pas prendre pour argent comptant tout ce qu'elle inventait. Aujourd'hui il aimerait que Violette le comprenne à son tour, sans que cela ne lui fasse de la peine.
Leur tête-à-tête dans la forêt sera donc un instant privilégié pour parler des émotions, du souvenir de l'être aimé et de la pudeur. « Les yeux qui chantent » est un roman d'à peine 60 pages où la tendresse, la poésie et la sensibilité sont très présents. C'est suffisamment bien raconté pour toucher le jeune lecteur. La part au rêve est également importante.

Editions du Rouergue - coll. doAdo - 60 pages  / Octobre 2007.  6€   A partir de 10 ans.

leonoreA peine seize ans, et Gabi découvre qu'elle est enceinte. Au début, elle n'en parle pas, nie l'évidence et puis les semaines passent. Trois mois bientôt. Elle crache le morceau.
Hugo son frère en tombe des nues, tandis que sa petite copine Clara entre dans une colère noire et claque la porte de la maison. En dernier refuge, il y a Ninou la grand-mère, et les trois meilleures amies, les Mousquetaires.
Pendant neuf mois, Gabi va vivre sa grossesse avec ce mélange de naïveté et d'éblouissement, d'inconscience et d'effroi, de solitude et de désespoir. Depuis la mort de ses parents, Gabi pense manquer de quelque chose. Cela pourrait expliquer son besoin du petit être qui pousse dans son ventre. Aucun doute pour Gabi, ce sera une fille, une petite Léonore.
Ecrit sans fioritures mais avec beaucoup de tendresse, ce roman de Frédérique Niobey réussit un juste milieu à raconter la grossesse d'une jeune fille de 16 ans, sans condamner ni encenser. Tour à tour les moments de doute ou d'exaltation traversent le récit, avec une touche attachante et très personnelle. Parce que l'auteur déploie un style qui sort du ventre, du coeur, cela donne ce sentiment de petits cailloux qui dégringolent et qu'on ramasse, parce qu'on les aime bien.
J'ai éprouvé beaucoup d'affection pour Gabi. A travers elle, l'histoire aborde aussi le thème d'être une mère, d'être une femme et la manière d'en tracer les contours est bouleversante. C'est très beau, j'ai beaucoup aimé !
A partir de 12 ans.

Collection doAdo - 159 pages - Octobre 2007.  8.50 €

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03/10/07

La brigade de l'oeil - Guillaume Guéraud

brigade_de_l_oeilCeci est une histoire qui se passe dans le futur, nous sommes en 2037 à Rush Island. Sur ce petit bout de terre, une dictature menée par l'impératrice Harmony a décrété la loi Bradbury qui interdit toutes les images depuis vingt ans. Pour appliquer cette réglementation, il existe la Brigade de l'Oeil, avec son capitaine Falk, qui n'hésite pas à brûler tous les documents illicites avec leurs lance-flammes et (dans la foulée) la pupille des délinquants à l'aide d'un pyroculis.
La terreur règne. Un bon citoyen est un citoyen aveugle. L'image est l'opium du peuple.
Un peu à l'écart, Kao, un adolescent de 15 ans, deale clandestinement ces images interdites. Son père et son grand-père ont été les victimes de la dictature, il vit aujourd'hui seul avec sa mère, va au lycée, ne craint pas les images et fait partie de cette « génération pure » qui ne connaît pas du tout les films.
Car la rumeur gronde. Le chef de la résistance, nommé Fuji, entretient la légende du Diaphragme et fait circuler que quelques films existent encore. Un jour, Kao va d'ailleurs mettre la main sur un morceau de pellicule ... Les Temps Modernes, de Charlie Chaplin !

Ce roman de Guillaume Guéraud est une pure réussite ! Ôde au cinéma, au pouvoir des images, aux messages véhiculés par leur magie et à leur puissance sur les consciences et la mémoire, le livre est en somme une déclamation à garder les yeux ouverts, à ne pas les fermer devant l'endoctrinement et le pouvoir absolu et arbitraire.
Outre le sens incontestable de ce livre, il dégage aussi une incroyable puissance, une frénésie dramatique et émotionnelle. On sent derrière ces lignes toute la vénération de l'auteur pour le style cinématographique, sa plume ici s'y fond à merveille.
De chapitre en chapitre, on suit tour à tour les personnages de Kao et du capitaine Falk. Il est donc facile de deviner que leurs sorts sont liés, implicitement. Par contre, il n'est pas sûr de deviner l'issue, de retenir la fuite en avant et c'est pourquoi le lecteur est happé par cette histoire, hypnotisé et ne lâchant pas une seconde ce livre.
C'est superbe ! Beaucoup d'habileté dans l'intrigue, un sens lapidaire pour la formule qui tranche comme une lame de couteau, des personnages charismatiques et une portée considérable derrière cette histoire ... n'attendez plus !
A partir de 15 ans.

Editions du Rouergue - coll. DoAdo Noir - 406 pages  / Septembre 2007.

Extrait« - Ma mère dit que le cinéma substituait à notre regard un monde qui s'accordait à nos désirs... souffla-t-il.
Mais Nuit et Brouillard ne cadrait pas avec cette définition.
- Le cinéma est plutôt comme une bataille, déclara Fuji.
- Une bataille contre quoi ?
- Contre mille ennemis différents et contradictoires. Contre l'ennui. Contre la frénésie. Contre le quotidien désenchanté. Contre les lendemains qui chantent. Contre les bourrasques qui avalent nos cauchemars. Contre les usines qui broient nos rêves. Contre les laisses invisibles qui nous étranglent. Contre les habitudes qui nous ferment les yeux.
Fuji soupira et reprit :
- Et dans cette bataille, Nuit et Brouillard, avec son texte et ses images implacables, lutte aux avant-postes. Contre l'oubli. Contre les monstres du passé. Contre l'effacement des crimes effroyables de l'Histoire. Nuit et Brouillard lutte contre tout cela. Et prouve que le cinéma peut abriter le temps. »

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14/09/07

Lectures pour la jeunesse : du drôle et du lourd

la_gloire_de_mon_frereJean-Luc Fernouilh, étudiant en école d'ingénierie, vient de publier son premier roman pour la jeunesse, « Les bilingues », qui connaît un succès retentissant. Son éditrice Brigitte se frotte les mains, applaudissant également les phrases éclatantes que Jean-Luc sert à la presse, genre « je voudrais être le Franck Ribery de la littérature ».
Mais derrière ce joli succès, il y a Hector, 12 ans, le frère de Jean-Luc Fernouilh. C'est en fait lui le véritable auteur des Bilingues, lui qui planifie l'opération marketing de grande envergure, lui qui opte pour l'option « coulisses » et qui orchestre les prochains textes du chouchou de la presse, en devenant "crasheur" pour la maison d'édition.
Dessous et travers du milieu ? ... Emmanuel Arnaud nous en donne un sacré aperçu, toujours avec un humour dévastateur. Il s'appuie sur sa propre expérience (en 2006, il publiait Les Trilingues) et propose aujourd'hui sa vision fantaisiste sur cette aventure rocambolesque. Pour mieux corser son histoire, il invente l'idée selon laquelle les adultes ne connaissent strictement rien à l'univers de la jeunesse, surtout dans l'édition. Et alors, doubles rôles et duperies sont attendus au tournant !
Un roman très drôle, cocasse et saugrenu !

Relire "Les trilingues" 

Ed. du Rouergue, 95 pages  / Septembre 2007.

trop_de_chance_couvC'est une fillette de dix ans qui s'estime chanceuse d'habiter près de la grande maison de Maurice Lepoivre. C'est le Maître de ses parents, celui qui les invite à faire un Travail sur eux. Tout le monde n'a pas la chance de franchir les grands murs qui entourent et protègent la maison, ceux qu'on nomme les gens ordinaires, par exemple, ne bénéficient pas de cette aubaine. Tant pis pour eux.
A l'école, la jeune fille n'a pas le droit de répéter ce qu'il se passe dans cette maison. « Les gens ordinaires, les autres, ils ne peuvent pas comprendre ce qu'on fait avec Maurice Lepoivre (...) Comme ils ne comprennent pas, ils ont peur, et ils prétendent que c'est une secte. »
Pendant tout le roman, le mot n'est jamais cité (sauf vers la fin) mais le lecteur devine très facilement de quoi il s'agit. Les allusions racontées par l'adolescente sont flippantes, parce qu'elles sont anodines. A sa façon, cela semble inoffensif, Maurice Lepoivre est un bonhomme sympathique et qui porte auprès des jeunes (filles) une attention particulière. Et à toutes les interrogations qu'elle pose, on lui dit juste qu'elle comprendra plus tard...
La jeune fille va commencer à porter un autre regard sur ce qui est normal et ordinaire, sur ce qui ne l'est pas, sur sa vie de plus en plus oppressante, entre les absences de ses parents, son poids (on lui reproche d'être trop grosse) et la crise d'adolescence de sa soeur aînée, etc.
Très bien écrit, le roman d'Hélène Vignal s'appuie sur des non-dits, plus pour forcer la réflexion et amener le jeune lecteur à poser lui-même les bonnes questions. L'histoire se termine en demi-teinte, encore une fois pour aider le lecteur à cogiter et mesurer toutes les pistes que la jeune narratrice lui tend. L'auteur s'est inspirée de son expérience personnelle et recrée avec beaucoup de force et d'émotion la souffrance d'une fillette et ses interrogations. Ce petit bouquin très intelligent pourra servir d'outil en classe pour sensibiliser le jeune public.

Ed. du Rouergue, 92 pages / Septembre 2007.

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25/08/07

C'est la rentrée (aussi) pour les loupiots * !

beeetesVoici le nouveau livre de Christian Voltz (La caresse du papillon, Vous voulez rire ? , Un aigle dans le dos, C'est pas ma faute, Globi boulga, Patates, Stromboli, Comme chaque matin ...) : BêêÊtes !

L'histoire : Un paysan pique un petit roupillon dans son champ. Soudainement, l'homme se réveille en sursaut et s'en prend à la faune alentour. Sauvagement, il les chasse et hurle de déguerpir. Ce spectacle pitoyable se passe sous le regard courroucé du chien et celui goguenard du mouton. Mais ces deux compères vont lui clouer le bec à ce malotru !

Notre avis : Fort de l'idée « Kicékébête », l'auteur s'amuse à cultiver humour et ambiguité autour du mot « bête ». La bête, c'est l'animal. Le bête, c'est le type idiot. En bref, le plus bête n'est pas forcément la bête. Et ainsi de suite. L'histoire savante nous propose un exercice cocasse autour des mots et de leur sens. Beaucoup d'esprit, de finesse sur la façon de jouer avec les mots et les idées reçues !

A découvrir ! C'est très drôle et se destine à tout âge ! ! !

Editions du Rouergue - Texte et illustrations de Christian Voltz.  - Coll. Varia. 40 pages. Format 17 x 21.  Prix  : 12 € .

Cet ouvrage a été inspiré et réalisé à partir de l'exposition Bêtes et Hommes produite par le Parc de la Villette et présentée à la Grande Halle du 12 septembre 2007 au 20 janvier 2008.

* terme qui est cher à Melanie du Book'in !

 

 

 

L'histoire en 3 images :

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Le ton est donné !

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