12/09/12

"On ne fait pas du rock avec de la technique, on fait du rock avec des tripes."

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Suite à son rendez-vous loupé à Londres, Max s'est donc replié en banlieue parisienne, chez son tonton, avec qui le projet complètement fou de monter un groupe de rock va voir le jour. A partir de là, Max ne peut plus reculer et doit rassembler les troupes - l'occasion de susciter des vocations, de permettre des rencontres et de tester ses limites !
Le résultat est jubilatoire, la prose de Max est toujours aussi ironique, le jeune homme se gausse de ses talents et de ses connaissances en matière artistique, croyez-le ou non, mais son attitude de snob lui va comme un gant et n'est pas du tout usurpée. Ce serait même un crime de lui contester son titre. Et puis ses goûts sont sûrs, que voulez-vous, un garçon de dix-sept, dix-huit ans qui ne se retrouve pas dans sa génération et qui flingue (verbalement) tout ce qui bouge, moi je dis qu'il en faut du culot, ou de l'inconscience, allez choisir. 
J'aime la verve de Max, j'aime quand il évoque son amour de la musique, j'aime quand il s'embrase, j'aime quand il se prend la tête, j'aime aussi ses délires entre potes (le coup des pernos, je lui tends mon pouce levé !), j'aime moins sa passion amoureuse, parce qu'elle n'est plus nouvelle et souvent je me lasse, d'ailleurs je trouve aussi que le roman est victime de quelques longueurs, mais c'était le risque, trois saisons plus tard.  
J'aime les aventures de Max, ses délires, son sens de la dérision et de la formule, son excentricité, sa frénésie créative et musicale, ses révélations, ses déconfitures aussi (hiii... Natacha, que fais-tu là ?!), j'aime ses potes, en tête Sa Kévinerie et aussi Stéphane, le p'tit nouveau qui n'est pas si nouveau non plus, j'aime la grand-mère de Max qui fait si bien les crêpes, et j'aime quand les romans d'aujourd'hui savent proposer des choses simples, rigolotes et actuelles sans forcément céder aux appels des sirènes ni nous plomber le moral. 

Comment devenir une rock star (ou pas), par Anne Percin
Rouergue jeunesse, 2012

"- Dites-moi juste un truc : Ma Dalton, qui m'a ouvert... Elle joue avec vous ?
- Non, elle fait des crêpes.
- Ah, c'est bien aussi. C'est important, les crêpes, quand on répète."

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06/07/12

Noir grand : extrait

J'ai appris la langue d'ici, avec l'accent et les expressions comme tout le monde. J'ai même appris des mots de patois pour discuter avec les vieux quand on pêche. J'ai même appris à pêcher.  A danser et à chanter comme ici, la main sur le coeur, les yeux levés vers le ciel. J'ai appris à détester ceux du village à côté, parce qu'ils ne sont pas d'ici. Et ici, c'est toujours mieux qu'à côté.

Mais un Noir qui parle avec l'accent, c'est bizarre.
Un Noir qui pêche avec les vieux, c'est louche.
Et puis de toute façon, un Noir, ça va pas dans le paysage.

Alors tout le monde a commencé à m'ignorer, à m'éviter, à fermer les portes quand je passais.
Parce qu'un Noir qui passe, c'est un malheur qui tombe. C'est un voleur qui rôle, une maladie qui traîne.
Et si les pommes du pommier disparaissaient, c'était forcément dans ma poche.

Petit à petit, je suis devenu trop noir, trop grand, trop vite.
Tout le monde m'appelait Chocolat. Et je les appelais Vanille. Alors ils m'appelaient Tête de Nègre et je les appelais Faces de Fromages. Alors ils m'appelaient Tais-Toi et je les appelais Pourquoi. Je rigolais, pour moi c'était comme un jeu entre nous.
Mais en grandissant, ils ont appris à dire d'autres mots, plus gros, plus gras, plus forts. Ils ont appris à se battre aussi, et à tailler des flèches.
Tout à coup, le jeu faisait mal. 

Et j'étais toujours aussi seul, avec mon père et ma mère qui croient que le monde est beau et les enfants gentils. Je me suis enfermé dans ma peau, dans le noir. J'ai fermé les volets, tiré les rideaux, éteint la lumière. Je voulais voir personne.
Mes parents savaient pas comment faire avec moi. Ma mère essayait de me parler, mais je courais dans ma chambre. Mon père voulait me lire l'histoire d'un petit Noir dans une famille blanche, mais je me bouchais les oreilles.

A l'école aussi j'écoutais rien. Je voulais pas savoir l'histoire du pays d'ici, ni la grammaire, ni les noms des villes ou des fleuves. Je voulais qu'on me laisse tranquille, qu'on m'oublie. Je me collais au mur du fond et j'essayais de disparaître dedans. 
Mais dans l'école minuscule de mon village tout petit, un Noir, ça se voit tout de suite.
Il aurait fallu prendre la couleur des poules, ou la forme d'une vache. Il aurait fallu rester immobile comme un arbre.

Alors je suis plus allé à l'école, je partais dans les champs, dans les forêts. Je posais mon cartable et je me promenai toute la journée au milieu des oiseaux et des fleurs. 
J'étais bien, là.  J'avais la paix. Les oiseaux, il y en a des noirs.

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Un court récit qui décrit la contradiction des sentiments d'un garçon adopté.  Un texte porté par les illustrations de Daniela Tieni qui soulignent la langue singulière et poétique de Sébastien Joanniez. Un ouvrage  remarquable.

Noir grand, par Sébastien Joanniez & illustrations de Daniela Tieni
Rouergue, coll. dacodac, 2012

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06/06/12

★☆ Tonio ★☆

Lu et beaucoup aimé le nouvel album de Gaëtan Dorémus : quatre animaux sur une île inventent une créature presque humaine. Chacun voudrait la façonner à sa manière, mais Tonio se rebelle. Et puis d'abord, c'est quoi ce prénom !? Lui voudrait qu'on l'appelle Ballaké, puis Jacques, Humphrey et aussi Gamin viennent s'ajouter à la liste. Leur nouvel ami a un tempérament explosif, ce qui les étonne fortement, à tour de rôle ils se rejettent la faute, Tonio aurait-il hérité des défauts de chacun, au lieu de leurs qualités ? Plusieurs fois, la somme de leurs différences ne rend pas un résultat à la hauteur de leurs espoirs... déçus par cette expérience ? Non, bien évidemment. L'histoire montrera qu'on s'enrichit des autres, qu'on s'accomode aux différences et qu'il suffit d'une recette simple pour donner une réponse au problème de mélange de parentalité et d'existence. 

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Superbe travail graphique de Gaëtan Dorémus, à travers des formes et des couleurs subtiles pour une impression très séduisante ! Sans oublier l'humour dans le texte, les réflexions entre amis, les chansons pour se réveiller de bon matin, les soirées autour du feu à se raconter des histoires qui font dormir, c'est tout un ensemble qui rend cette lecture jubilatoire. 

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Tonio, par Gaëtan Dorémus  (Rouergue jeunesse, 2012) 

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04/05/12

C'est moi qui l'avais fait éclore, ce petit sourire, au coin de sa bouche en bouquet de fleurs.

Deux nouveaux titres viennent compléter la chouette collection ZigZag, que j'affectionne particulièrement. Ce sont deux romans très attachants, admirablement écrits, avec des formules et des petites phrases qui touchent, paf, en plein coeur, avec des histoires tendres et amères, d'une perspicacité qui ne laisse pas indifférent. 

Ça déménage !  par Cécile Chartre - illustrations de Charlotte des Ligneries (Rouergue, coll. ZigZag, 2012)

La vie d'Alexandre, huit ans et des pépettes, n'était que bonheur et tranquillité dans sa petite maison à la campagne, jusqu'au jour où maman et lui sont partis en ville, dans un appartement, parce que papa a décidé de refaire sa vie avec une autre. Pour Alexandre, c'est le début d'une douce rébellion. Il n'aime pas, mais alors pas du tout, son nouveau foyer. Et puis sa mère ne cesse de le coller, de le câliner, c'est insupportable. Même le chat Jean-Claude Chipolatas préfère quitter le navire, après avoir bien noyé le lit de son urine... Hmm, Alexandre aussi veut manifester son mécontentement, lui aussi voudrait qu'on lui rende sa liberté, mais au contraire, sa mère ne cesse de l'étouffer. Il tente d'exprimer son chagrin par la colère et la force, il tape du pied et du poing, les voisines sont d'ailleurs très mécontentes, mais lui s'en fiche... il veut retourner à sa vie d'Avant. Il veut son papa, avoir une discussion, comprendre que les larmes ne sont pas que pour les minus, qu'il faut parler pour expliquer l'inexplicable, que la vie est sans cesse une nouvelle histoire à écrire, avec d'autres maisons et d'autres familles, mais ça ne veut pas dire qu'on change de parents, non. Ni de nom, ni de prénom. Parfois, la vie d'après n'est pas aussi affreuse.

-) Ce petit texte permet de mettre des mots sur le désarroi des enfants, pris dans le feu des tourments des adultes. Ce n'est jamais facile, il y a beaucoup de maladresse et de tristesse, mais heureusement la vie offre aussi la possibilité de rebondir et de croire en des lendemains plus jolis. 

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L'histoire d'Aimée est celle d'une petite fille qui a grandi dans un foyer, parce qu'elle n'a plus de parents. Elle a été abandonnée quelques jours après sa naissance, avec juste un petit mot où était inscrit son prénom. Aimée s'est construit un petit cocon avec ses soeurs d'adoption, mais elle n'a jamais osé avouer que le manque de maman était de plus en plus pesant. C'est en voyant sa copine Clémence qu'elle a compris ce que signifiait l'amour d'une mère, et en cachette Aimée s'est inventé une maman de papier. Au foyer, les filles pensent que c'est un mot d'amour de Medhi. Medhi et ses sanglots qui mangent tous ses mots. Medhi avec un sac de problèmes qui pèse une tonne et un coeur aussi grand que le haut du ciel. Et même si Aimée est méfiante vis-à-vis de l'amour, elle n'est pas insensible au regard doux et triste de Medhi, à ses yeux lourds comme l'amour, à sa lettre avec des ratures et plein de fautes d'orthographe... Et puis, il suffit d'un baiser sur la joue pour faire naître un sourire sur le visage du garçon, c'est dire le potentiel d'Aimée à donner du bonheur. Pourquoi ne pas aller plus loin, alors ? Et croire enfin qu'elle aussi peut faire des trucs bien dans sa vie.

-) Ce petit roman fait bougrement du bien, même si le sujet n'est pas gai et encore moins joyeux, il échappe toutefois à paraître sinistre ou démoralisant, et c'est ça que j'aime dans cette collection, la volonté de ne jamais baisser les bras, d'admettre que la vie n'est pas rose tous les jours mais que ça ne veut pas dire qu'il faut cesser d'y croire. Une vie sans parents, par exemple, c'est ce qu'il y a de plus douloureux pour un enfant. Et la petite Aimée est drôlement attachante à sa façon, parce qu'elle est aussi à fleur de peau, elle passe son temps à observer le monde, à se poser des questions, à avoir des envies, à avoir peur de les vivre ou de simplement les ressentir... La magie d'un livre, c'est donc d'offrir des rêves et des ailes dans le dos, de vous chambouler la tête et le coeur avec toutes ces belles idées. Je crois qu'on n'en a jamais en trop ! 

L'invention des parents, par Agnès de Lestrade - illustrations de Lucie Albon (Rouergue, coll. ZigZag, 2012)

13/03/12

Fourmi

Une fourmi se promène sur un ours.
Il est blanc, elle est noire, il ne bouge pas, elle en fait le tour.
Petit à petit elle prêtera sa forme pour dessiner à l'ours ses griffes, ses sourcils, son collier, ses lunettes, etc.
La fourmi s'aventurera dans les endroits les plus dangereux.
L'animal blanc reste impassible...

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Avec son look aux pages cartonnées, probablement destiné pour les plus jeunes lecteurs dans l'absolu, cet album ne manque ni de charme ni d'imagination. C'est à travers un jeu d'ombres et de devinettes que l'histoire se raconte, l'histoire d'un ours et d'une fourmi, il y a tout un travail de descriptions corporelles et d'accessoires, et puis cette petite fourmi qui se balade sur l'ours blanc, lequel ne réagit pas. Est-ce pour de vrai ou pour de faux ? Qu'est-ce que cela cache ? La fin est coquine, elle fait sourire. Les enfants apprécieront, moi j'ai adoré ! 

Fourmi, par Olivier Douzou (Rouergue jeunesse, 2012)

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07/02/12

Je le jure, je suis innocent, et c'était pas de ma faute.

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Julien, seize ans, végète dans son canapé à regarder sans intérêt une émission de télé lorsque sa mère le tire de sa torpeur pour aller lui acheter du beurre et de la farine pour la galette. Pas trop motivé, le gamin sort de son immeuble et tombe sous le choc : une superbe BMW lui fait de l'oeil et lui ne peut qu'y répondre. Il s'installe à son bord, se sent à l'aise et tout dégénère lorsque Johnny, le caïd de la cité, apparaît en vitupérant. Flûte, c'est sa caisse ! Et là, notre ami n'y comprend rien : il s'enferme dans la voiture, passe la vitesse et démarre en trombe.
Le voilà sur le périph, puis sur une route de campagne, il ne réfléchit plus, il file à toute allure, et les ennuis s'enfilent comme des perles sur un collier : il vole de l'essence, découvre du fric dans la boîte à gants, embarque deux auto-stoppeurs, les suit jusque dans le Sud, prend du bon temps, tombe sur le mauvais gars, provoque une bagarre, vomit ses tripes, devient fou amoureux, croit à la dolce vita... mais la réalité le rattrape ! 

C'est un roman très court, seulement une quarantaine de pages, mais il est mené à un train d'enfer. Et le ton du garçon prête à sourire, il se confond en excuses, ne comprend pas trop ce qu'on lui reproche, après tout ce n'est pas de sa faute, c'est le destin qui a pris rendez-vous avec lui pour lui filer toutes les sales galères du moment, c'est écrit sur son front : ici, bonne poire ! 
Une lecture rapide, un brin cynique, qui pourra plaire aux garçons réfractaires dès qu'il s'agit d'ouvrir un roman. 

Dans la voiture de Johnny, par Louis Atangana
Rouergue jeunesse, 2011 

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06/02/12

Inventer l'immensité et la beauté du monde tel qu'il aurait voulu le voir.

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L'histoire se passe dans un village en Afrique, perdu en pleine brousse. Les jeunes passent leur temps à ne rien faire, du coup Jonas, celui qui a vécu vingt ans en Europe, décide d'aller en ville pour ramener un instituteur. Car l'instruction, c'est la vie. La survie. Félix, le fils de Ma Eléonore, est un adolescent de quatorze ans solitaire, il sait lire et aime se perdre dans les livres de son ami Jonas, malgré les colères de sa mère. Un jour, Félix aperçoit Magali en train de se baigner dans la rivière, elle lui chipe son roman et promet de lui rendre s'il décide d'accomplir ses quatre volontés. Personne n'aime Magali dans le village, c'est une orpheline débarquée de nulle part, sauf que son histoire, aux accents dramatiques, va apparaître à Félix après une nuit de cauchemars. 
C'est une petite chronique d'un village africain, sans prétention, mais proposée avec humour et tendresse. On y découvre des personnages aux caractères forts, des scènes cocasses et des révélations émouvantes. C'est tout un ensemble, mais jamais ça ne frise le ridicule, ou le pathos, et encore moins le misérabilisme. C'est par ce petit roman que je découvre aussi la plume de Louis Atangana, un ton délicat, qui emprunte parfois la verve du conteur, bref je suis séduite et sûr que je vais en prendre une deuxième part !

Ma, par Louis Atangana  (Rouergue jeunesse, 2012)

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01/02/12

L'histoire d'un casse-tête

Au début, un mille-pattes, c'est facile à dessiner : en gros ça ressemble à une saucisse ou à une banane. Jean Gourounas s'amuse et nous fait partager cet instant délicieux au gré de ses fantaisies et de son imagination, mais trêve de plaisanterie, il faut aussi compter, mille pattes, ce n'est pas rien ! Et puis les couleurs doivent avoir un sens, la forme du corps et des pattes, il ne suffit pas d'en faire à sa guise, c'est plus sérieux qu'en apparence. L'auteur va relever ce défi avec un certain brio, et par la même occasion, il nous a offert une lecture facétieuse et originale, très appréciable. 

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Un cheminement drôle entre les mots, les formes, les couleurs et les nombres. A découvrir ! 

Le Mille-Pattes, par Jean Gourounas (Rouergue jeunesse, 2012)

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20/01/12

Un jour à force d'être des petits, c'est sûr qu'on devient des grands. Ce n'est pas possible autrement.

Encore un album pour aider à grandir et comprendre les p'tits bouts qui cessent d'être riquiquis et qui deviennent des futurs grands aux préoccupations de grands ! ... Pas facile, l'adolescence ! 

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Un petit livre pour expliquer les rouages du cerveau des adolescents : les interrogations, les choix à prendre, les remises en question, le sentiment de solitude et d'incompréhension, les disputes avec les proches, les crises de colère, l'envie d'exister autrement que par les choix imposés par la famille... C'est très bien vu, très bien expliqué et cela montre que rien n'est simple. 

C'est très désagréable et tout à fait impossible à supporter d'avoir dans la tête autant de questions possibles,
sans réponses vraiment possibles en même temps...

Comme quoi, il faut savoir les ménager, nos petits adolescents. Ce sont des êtres torturés, donc fragiles. Heureusement la conclusion est réconfortante, parce le portrait de l'adolescence n'est pas seulement un long cheminement fait de solitude et de prises de tête, c'est aussi des moments de joie et de révélations. 

Tout à coup on sait que penser, que dire, qui être, qui aimer, quoi faire, quoi vouloir, quoi choisir et quoi devenir... 

Ouf.

Tout le monde à dos, par Annie Agopian et Claire Franek (Rouergue jeunesse, 2011)

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13/01/12

Luis, il a une langue d'oiseau...

Au départ, je n'ai pas été particulièrement interpellée par la couverture de cet album. C'est en glissant un coup d'oeil sur l'histoire et les illustrations que le coup de coeur a réellement eu lieu. 

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C'est l'histoire d'un garçon de six ans et de son grand-père. Luis est d'origine espagnole, il a tout quitté pour s'installer dans un nouveau pays dont il ne connaissait pas la langue. Il a gagné sa croûte, il n'a pas eu d'enfance heureuse, et non il ne sait ni lire ni écrire. A la place, il connaît les plantes sauvages et les oiseaux des bois. Il sait aussi dessiner, comme le Douanier Rousseau. C'est un homme fort, courageux et admirable. L'été, il aime jouer de la guitare sous le cerisier en poussant la chansonnette. Et lorsque son petit-fils lui fait la lecture d'une double page d'une poésie de Prévert, le pépé à son tour lui fait cadeau d'une guitare rien que pour lui. 

C'est un texte à savourer en toute simplicité pour en apprécier toute la sérénité. Il y a aussi beaucoup de poésie derrière la tendresse manifestée entre l'enfant et l'adulte. Ce dernier maltraite la langue française, à sa façon, mais peut-on lui reprocher de mettre les poings sur les îles au lieu des i ? Non, assurément pas. Et quelle beauté derrière les illustrations de Violeta Lopiz ! N'hésitez pas à découvrir son univers : http://violetalopiz.blogspot.com/

Les poings sur les îles, par Elise Fontenaille et Violeta Lopiz (Rouergue jeunesse, 2011)

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