03/12/19

Les Spectaculaires prennent l'eau, par Régis Hautière & Arnaud Poitevin

les spectaculaires prennent l'eauQue j'aime l'humour de cette série !

« Paris, capitale éblouissante d'une France resplendissante, par un de ces matins pluvieux de janvier où le gris du ciel s'accorde si délicatement avec l'humeur des passants... Deux jours plus tard, à l'heure incertaine où la lumière devient trop faible pour différencier un loup arctique d'un bichon maltais... (mais aussi :) À quelques encablures de là, dans une rue temporairement débarrassée de toute déjection canine... »

Voilà, voilà.

Dans cet épisode virevoltant, nos Spectaculaires multiplient les interventions contre un Marsouin qui fait tourner la police en bourrique. Les plans se succèdent et les maladresses se bousculent. Vous imaginez bien les scènes loufoques et c'est clairement très divertissant. Autre bonus : on plonge dans un Paris de la Belle Époque qui donne des étoiles dans les yeux. Et ça, c'est superbe !

Rue de Sèvres, 2018

Paris, janvier 1910, la Seine connaît une crue exceptionnelle plongeant tous les quartiers sous plusieurs mètres d’eau et désorganisant totalement les services publics. Les boutiques sont saccagées et dans les rues qui ne sont plus éclairées, faute de gaz et d’électricité, les habitants sont agressés. Les malfrats en profitent, notamment l’un d’eux qui se fait appeler le Marsouin. Cambrioleur de haut vol, il pille les Musées, libère des prisonniers… en signant ses délits d’un M, soldant chacune de ses actions par une lettre adressée à la presse soulignant l’incapacité de Louis Lépine, Préfet de police et créateur du concours du même nom.

A DÉCOUVRIR ÉGALEMENT

  

 

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Comment refroidir le Yéti (Astrid Bromure #5), par Fabrice Parme

Astrid est de retour pour une cinquième aventure ! Avec en guest-star rien de moins que l'abominable homme des neiges. Mais est-il si abominable ?

ASTRID BROMURE Refroidir le yetiRendez-vous pour un ton plein d'humour pour illustrer une histoire cocasse, dans laquelle la jeune Astrid croise sur la terrasse de son immeuble le fameux Yéti !

Toute la ville est sens dessus dessous depuis l'annonce de son évasion. Des explorateurs venaient juste de débarquer fièrement avec leur prise légendaire, mais les routes verglacées ont semé la pagaille. Le Yéti est en roue libre dans les rues new-yorkaises... la radio prévient, planquez les bébés et les nounous, la créature est vorace !

Oui, enfin... vorace de brioches sucrées et de vrais contacts humains. Car le yéti va finalement révéler ses intentions pacifiques et dénoncer une campagne de diffamation honteuse. Astrid Bromure va entraîner sa famille, leurs domestiques et son enseignante à rétablir la vérité. En attendant, un vent de folie souffle dans la maison tandis que la neige finit de tomber sur les buildings.

Voilà qui donne un cinquième épisode particulièrement déjanté et distrayant à lire. Ce n'est pas mon préféré dans la série, par contre j'apprécie toujours son ambiance et ses illustrations élégantes.

Rue de Sèvres (2019)

 

A DÉCOUVRIR ÉGALEMENT CHEZ RUE DE SÈVRES

      

 

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Lettres d'amour de 0 à 10, par Susie Morgenstern & Thomas Baas

LETTRES D'AMOURUne histoire qui pétille et des personnages attachants, voilà qui compose une lecture savoureuse sur les secrets de famille et le véritable sens de l'amour ! C'est en effet ravissant et éclatant de bonheur.

Victoire de Montardent est un électron libre venu catalyser l'existence trop monotone du jeune Ernest Morlaisse. Et c'est tout le bien qu'on lui souhaite ! Élevé par sa grand-mère, le garçon a grandi en s'abstenant de poser des questions sur ses parents. Précieuse est une vieille dame prisonnière de ses fantômes. Ernest est sensible à sa détresse et n'ose pas la bousculer. Il suit une routine stricte, entre l'école et l'appartement, jamais il ne se détourne du droit chemin. Jusqu'au jour où débarque une nouvelle élève dans sa classe... et avec elle, ce sont les crochets au règlement, la fondue bourguignonne, les carrés de chocolat, les courses au supermarché, les grandes tablées au cœur d'une tribu turbulente. De fil en aiguille, la vision embrumée du garçon s'éclaircit et lui offre même la possibilité de braver l'interdit en retrouvant son papa !

Je n'avais jamais lu le roman de Susie Morgenstern jusqu'à présent (j'ignore pourquoi). Cette adaptation en bande dessinée a donc été une découverte de A à Z. Et j'ai beaucoup aimé ! ♥

Rue de Sèvres (2019)

Scénario, dessin & couleurs de Thomas Baas

d'après le roman de Susie Morgenstern

 

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28/11/19

L'Anniversaire du chat assassin, par Véronique Deiss & d'après Anne Fine

L'ANNIVERSAIRE DU CHAT ASSASSIN

En apprenant la date de sa naissance, Tuffy réclame à cor et à cri une grande fête d'anniversaire.
Or, le jour du 31 octobre, la famille d'Ellie organise une grosse fiesta avec tous leurs voisins pour fêter Halloween. Rancunier, Tuffy n'a pas dit son dernier mot.
Jour après jour, il va hanter les nuits du papa d'Ellie (ses jours aussi). Il va glisser des indices, mettre la pression, en parler à tous ses copains... Tuffy veut marquer le coup et donne rendez-vous à sa bande dans un hangar à chevaux.
Vient rapidement le jour J. Tandis que ça swingue et ça glousse dans la maison d'Ellie, l'ambiance dans la grange retombe vite. Les bonnes blagues, ça va cinq minutes. Et puis l'intrusion des chiens du quartier finit de boucler la boucle.
Tuffy entraîne ses camarades jusqu'au jardin de sa jeune maîtresse. On entend les rires et les exclamations depuis les buissons. Nul ne réalise le drame dans les coulisses : des chiens revanchards, les babines retroussées, et des potes aux abois....
La fête du 31 va forcément dégénérer par une succession de malentendus, de maladresses et de gags en puissance !
Cet épisode est extra, comme toute la série. L'humour de Tuffy est désopilant... auquel les illustrations facétieuses de Véronique Deiss apportent ce zeste supplémentaire.
Il y a du piment et de l'espièglerie dans l'air et c'est ce qui fait craquer les mômes.
Succès assuré et mérité.

Rue de Sèvres (2019)

 

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11/10/19

Graines de bandits, par Yvon Roy

Après Les Petites victoires, dans lequel l'auteur racontait avec force son quotidien de père d'un enfant autiste, Yvon Roy évoque avec toujours autant de finesse son enfance douloureuse. 

Graines de bandits

Leur père souhaitait s'installer en pleine campagne pour se ressourcer dans l'Amérique des années 70. Au final toute la famille va se contenter d'un modeste bungalow sur un terrain boueux. Le début de la désillusion.
Mais les garçons refusent la défaite et courent se réfugier dans la plaine. Ils ont des rêves plein la tête et imaginent déjà la conquête des grands espaces. Aussi, quand un promoteur débarque avec ses projets de bétonnage à outrance, les frangins voient rouge et entrent en résistance.
Ils vont aussi jouer aux caïds et provoquer leurs voisins. Ils pensent même qu'une fille n'est pas capable de conduire un kart et acceptent de faire une course pour prouver qui est le plus fort.

En fait, nos graines de bandits ont choisi de s'échapper - fuir leur réalité où règnent la violence et l'amertume. Loin de la sinistrose. Leur mère ne joue plus au piano, préfère boire et regarder la télévision. Leur père suit une secte religieuse et s'enferme dans une vision rétrograde.
Bref. Les mômes se révoltent à leur façon et veulent brandir leur poing. Contre le destin. Contre le monde moderne. Contre les dogmes sacrés. Contre les rêves brisés.

Cette BD retrace un chapitre de vie qui revient sur l'enfance douloureuse de l'auteur. Un sujet pas facile pour une lecture touchante et néanmoins peu convaincante.

Rue de Sèvres, 2019

 

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Chaplin en Amérique, par David François & Laurent Seksik

Une BD somptueuse sur les débuts d'artiste d'un acteur dont le simple nom est devenu une empreinte.

chaplin en amériqueL'histoire raconte son arrivée en Amérique (1912-1913) au cours d'une tournée de music-hall puis de son invitation à rejoindre un plateau de tournage en Californie. Il ne tiendra pas encore le haut de l'affiche mais occupera son temps à servir les cafés et fureter dans les coulisses. De cette expérience, naîtra (oui, une pointe d'amertume) mais surtout son sens de l'observation. Car Charlie comprend qu'il doit sortir du lot et afficher un style... costume, chapeau, chaussures larges et moustache. Chaplin écrit sa légende.

Dès lors, son ascension sera fulgurante et montre aussi l'intelligence du bonhomme (pas seulement son ambition). Lorsque la presse européenne gronde contre son inaction en période de guerre, Charlie riposte et revendique son patriotisme en invoquant son utilité publique à distraire les troupes. Coup de pub ? coup d'anguille ? ou coup politique ? En tout cas, Charlie savait soigner son image et s'extraire des situations inextricables.

Ce chapitre révèle cependant les failles du personnage : sa mère internée pour folie, ses relations avec la gente féminine, son instinct de survie, son appât au gain... Laurent Seksik et David François n'ont donc pas fini d'explorer la part sombre de la vie tumultueuse de Chaplin. Un premier pas dans un triptyque intimiste et flamboyant.

Rue de Sèvres (2019)

Cette première aventure débute en 1910 quand il quitte l’Angleterre pour les Etats-Unis et se termine vers 1920, en pleine notoriété puisqu’il est déjà une des personnalités les plus connues au monde.

 

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30/09/19

La Vie hantée d'Anya, par Vera Brosgol

la_vie_hantee_danyaLe lycée est un univers impitoyable, surtout si l'on vient d'un pays étranger, avec un accent au couteau et le sentiment de porter un lourd fardeau pour se fondre dans le décor. Anya a longtemps combattu ses complexes mais la route est encore longue pour briller sur le podium et afficher une attitude cool et branchée. Comme dans ses rêves. 
Bien sûr elle craque pour le beau garçon populaire, elle meurt d'envie de sortir le samedi soir et d'aller dans des soirées de beuveries et de dragues stériles. Ce monde d'artifices est pourtant le passage obligé pour atteindre son but - pense-t-elle... ou ne subirait-elle pas l'influence néfaste d'une certaine Emily.
Celle-ci est en fait un fantôme découvert après sa chute dans un puits. Anya est traumatisée par cette expérience mais se sent également redevable envers cette fille éplorée, qui est morte seule dans son coin, des années plus tôt. Anya a décidé de lui rendre justice et de faire en sorte qu'elle repose en paix...
Seulement, cette Emily est coriace et de plus en plus encombrante. Au début, c'était plutôt chouette d'avoir un fantôme en complice pour décrocher des bonnes notes ou pour connaître l'emploi du temps de son béguin secret. Le temps passant, Emily devient tyrannique et exigeante. La cohabitation n'est plus du tout accommodante. Encore moins depuis que ses proches se sentent menacés par cet esprit vengeur !

Ça rigole moins pour l'héroïne d'Un été d'enfer qui réalise avoir signé malgré elle un pacte avec une Diablesse ! Mais Anya est une jeune fille pleine de ressources et toujours aussi attachante. On suit à la fois ses déboires avec son fantôme, mais aussi ses préoccupations d'adolescente mal dans sa peau, ses fantasmes et ses rêves romantiques dans un quotidien ordinaire et très proche du jeune lecteur. Vraiment, une chouette lecture tantôt drôle, tantôt flippante ! Et surtout, une bonne histoire & un esthétisme assez sobre mais fascinant.

Rue de Sèvres, 2019

“You may look normal like everyone else, but you're not. Not on the inside.”

 

 

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20/05/19

Brigade Verhoeven Tome 2 : Irène, par Pascal Bertho & Yannick Corboz

BRIGADE VERHOEVEN 2 IRENEDans Rosie, nous rencontrions pour la première fois Camille Verhoeven, commandant à la Brigade criminelle. Nous le retrouvons en couple avec Irène dans cette adaptation du roman de Pierre Lemaitre : Travail soigné.
Camille pensait profiter de ses vacances pour être auprès de sa femme, qui est enceinte et prête à accoucher. Au lieu de ça, il est rappelé d'urgence au bureau pour une affaire qui lui vaudra bien des nuits blanches. Et pour cause, un tueur en série se joue de lui. Il sème dans Paris et sa banlieue des cadavres en s'inspirant de grands classiques policiers.
Avant de tirer ça au clair, Verhoeven et son équipe courent comme des tarés et cherchent à trouver LE détail pour confondre le tortionnaire. En attendant, la lecture est intense, l'ambiance est lourde et le suspense haletant. On pressent le compte à rebours. La pression du criminel sur le commandant Verhoeven - lui et pas un autre - est tendue. On sent le duel implacable entre deux ennemis jurés. Et on flippe.
Les auteurs ont admirablement construit leur bande dessinée, glissant quelques planches pour jouer avec nos nerfs. Les plus attentifs comprendront qu'il faut se méfier... que rien n'est anodin. Qu'au détour du chemin, l'émotion sera grande et renversante. J'en soupire, j'en tremble, je peste de rage.
Bref. L'immersion est donc totale - c'est un roman plus noir que noir. Cette fois, les descriptions ne suffisent pas - les images sont incarnées. Ça cogne dur et fort. J'avais pourtant déjà lu le roman, il n'empêche que j'ai encaissé difficilement ce que la BD me proposait. On ne s'y prépare jamais totalement...
Mais c'est réussi. On a la tête farcie d'horreurs et le cœur au bord des lèvres. Mais on applaudit le travail - le scénario et la mise en page sont grandioses. L'histoire est poignante, mais percutante. J'ai aimé aussi que des romans policiers viennent appuyer une enquête en cours - le personnage du libraire est impressionnant.
Très bon boulot, les gars ! Au suivant... 

SÉRIE EN 4 TOMES ♦ RUE DE SEVRES (2019)

 

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23/04/19

Pêle-mêle : La Cité sans nom - Le fils de l'Ursari - La Romance de l'ogre Yosipovitch

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La Cité sans nom est une série palpitante et riche en émotions !

L'histoire se déroule dans une cité déchirée par des années de guerre, de convoitise et de conquête. Désormais, tout semble assez paisible et stable sous la coupe de l'Empire des Lames sauf que le calme n'est qu'apparent. Encore des complots, encore des trahisons, encore des vengeances... Au cœur de l'action, nous découvrons Kaidu et son amie Rat qui parcourent les ruelles et les toits de la ville loin des regards indiscrets. Ils ont noué une relation de confiance à force de se lancer des défis et sont maintenant inséparables. C'est ensemble qu'ils ont aussi décroché le respect de leurs aînés en déjouant un attentat même si le chaos n'a pas dit son dernier mot et entend déchaîner sa puissance pour renverser la politique en place.

Cette lecture est animée par un souffle d'aventure et d'émotion qui nous embarque tout de go. On ne voit plus les pages défiler, on est pris dans le rythme et on a envie de connaître la suite sans plus tarder. C'est aussi une belle aventure humaine, avec une amitié forte entre Kaidu et Rat, dont on connaît les racines et les souffrances intimes, les secrets de famille et les sacrifices. Faith Erin Hicks a donc réussi à combiner les genres pour une immersion spectaculaire dans son univers : rebondissements, suspense, action, tendresse, émotion et humour sont du nombre. Elle ne déçoit pas non plus sur la durée (contrairement à 5 Mondes) et nous offre un divertissement de haut vol qui fait toujours plaisir à découvrir. C'est fort !

La Cité Sans Nom, par Faith Erin Hicks

-SÉRIE EN 3 TOMES-

Rue de Sèvres (2018, 2019)

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LE FILS DE L'URSARI

Cette adaptation du roman de Xavier-Laurent Petit exploite toujours et encore des sujets sensibles et d'actualité (sur la situation des réfugiés et leurs conditions d'accueil). On suit donc le destin d'une famille de Roms qui doit son voyage en France à une crapule et qui va vivre de misère et de galères pour le rembourser. On comprend de suite que la lecture ne sera pas légère et insouciante. Et on plonge dans une ambiance sombre et poignante. La famille partage un cabanon insalubre, aux abords de Paris. Pas de papier, pas d'argent. C'est système D pour survivre.

Au milieu, le jeune Ciprian porte un regard candide sur son entourage (on devient mendiant professionnel ou emprunteur de portefeuilles) mais le môme n'est pas non plus ignorant de la précarité qui les entoure. Outre le chantage, la police est présente. Il faut souvent louvoyer ou se planquer. Aucun détour possible. Une journée sans travail, c'est un lendemain qui déchante. Enfin, la spirale est infernale : à lire, c'est dur. Heureusement l'histoire laisse poindre une lueur d'espoir quand Ciprian surprend des joueurs d'échecs au Luxembourg. Et le garçon analphabète perçoit plus qu'il ne comprend ce qui se trame sous ses yeux. En plus, l'enfant pensait être discret mais c'est loupé ! ... De là, commence donc un autre apprentissage pour Ciprian. Celui de la confiance, du respect, du cadre et de l'avenir.

Mis en scène par Cyrille Pomès et Isabelle Merlet, ce parcours est sans fard, sans glamour. C'est assez rude aussi même si ça raconte la vie réelle et hélas actuelle. Une BD instructive et efficace pour sensibiliser les plus jeunes. 

Le Fils de l'Ursari, de Cyrille Pomès & Isabelle Merlet

D'après le roman de Xavier-Laurent Petit

Rue de Sèvres, 2019

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ROMANCE DE L'OGRE YOSIPOVITCH

Dans les Noires Forêts de l'Oural, vit un ogre solitaire et à l'appétit particulièrement vorace. Mais lorsqu'il croise la douce et ravissante Bella, cyclope de son état, son cœur s'emballe, ses yeux voient trouble, sa langue devient bête et ses mains baladeuses. Vlan, la Bella ne s'en laisse pas conter et lui colle une torgnole en pleine poire. Ce malatru doit apprendre les bonnes manières s'il souhaite lui conter fleurette. Devenir un vrai gentleman, pour un ogre rustaud, le challenge est de taille. Et le rendez-vous posé : s'il ne montre pas patte blanche d'ici vingt-quatre heures, notre Édouard sera dévoré tout cru par sa dulcinée !

Dans cette fable, on croise aussi un blaireau et deux jeunes loups en sortie botanique - pris en otages par notre ogre aux abois. Commence ainsi une leçon de vie loufoque et saugrenue... avec des acteurs pour le moins effrayants. Ici, on ne badine pas avec l'amour. On le tartine comme Cyrano sous les yeux exorbités de trolls en délire. C'est complètement dingue - un peu rebutant aussi car les illustrations n'adoucissent pas les traits des personnages. Qu'importe, c'est une lecture rapide et juvénile qui aura tout loisir d'égayer l'heure du coucher ! 

La Romance de l'Ogre Yosipovitch, de Matthieu Sylvander & Anaïs Vaugelade (illustrations)

Neuf de l'école des loisirs, 2019

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26/03/19

Un été d'enfer ! de Vera Brosgol

Un été d'enfer Vera BrosgolVoilà une BD assez caustique dans son genre.
L'histoire raconte l'expérience traumatisante d'une gamine de neuf ans qui s'imaginait vivre des vacances inoubliables en partant camper quinze jours en pleine forêt. C'était son modèle de l'American Way of Life (Vera est originaire de Russie).
La désillusion sera énorme car la vie en pleine nature n'est pas une image de carte postale : hygiène douteuse et petites bestioles porteuses de la rage. Sans oublier les WC sauvages, baptisés Hollywood pour vendre du rêve. C'est la descente en Enfer pour Vera. 
Elle qui avait fait des pieds et des mains auprès de sa mère pour s'inscrire en camp scout comprend vite son erreur. Ses camarades non plus ne lui rendent pas la vie facile : c'est la plus jeune et la petite nouvelle du groupe. Elle n'a pas de seins, pas de soutif, pas de règles. Les filles sont sans pitié et se moquent d'elle en la tenant à l'écart. Les épreuves qui opposent garçons contre filles sont humiliantes (le jeu consiste à voler le drapeau de l'autre puis d'infliger des gages au perdant). Aucun esprit d'équipe. Plaisir sadique à écraser les plus faibles. Bisbilles entre nanas aux hormones bouillonnantes. On n'est pas loin du goulag avec une fabuleuse ambiance délétère.
Du moins, tout est rapporté d'après la vision de Vera. Elle condense ainsi le meilleur et le pire dans cette histoire tirée de souvenirs personnels - à quelques exagérations près. Mais elle produit une bonne histoire, non sans dérision et envie de partager l'envers du décor pour tous les pleurnicheurs de la planète. On a le droit de détester les colos et le camping ! On se sent aussi moins seul de vivre un été difficile et solitaire à la lecture de cette BD trop rigolote.

Rue de Sèvres, 2019 - traduit par Alice Delarbre

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