04/03/17

La vengeance du chat assassin, de Véronique Deiss, d'après Anne Fine

la vengeance du chat assassin

Le chat Tuffy est de retour dans une version bande dessinée de ses folles aventures ! Il s'agit déjà du troisième opus, et c'est toujours un régal de retrouver ce chat sassassin, doublé d'une mauvaise foi et d'un humour très sournois. Cette fois, la maman de la jeune Ellie annonce fièrement qu'elle se lance dans une carrière d'artiste ! Son sujet de prédilection n'est autre que le chat de la maison. Tuffy peste et enrage. Il n'apprécie pas du tout son portrait qui trône dans le salon. C'est décidé, sa vengeance sera acérée. Quelques coups de griffes par ci, par là... ni vu, ni connu. Mais la maman d'Ellie enchaîne les créations, avec de la poterie ! Son mari aussi fait grise mine et tente de corrompre Tuffy en l'incitant à quelques maladresses. Le chat n'est pas dupe et résiste fermement. Le duel entre les deux allergiques aux œuvres d'art est jalonné de coups bas, de sourires mielleux, de crevettes et de chantilly ! C'est franchement drôle et délicieusement féroce. Dans cet épisode, Tuffy ne se rend pas coupable de zigouiller les petites bestioles innocentes du voisinage, mais massacre avec un certain angélisme les créations qui piquent aux yeux en s'attachant le soutien de la famille. Pour le coup, Tuffy n'avait pas prévu d'être le héros du jour et se console du mieux qu'il peut. “J'ai peut-être perdu une manche, mais j'ai regagné notre champ de bataille !” Yes. Une lecture désopilante, aux illustrations pleines d'imagination et d'humour.  

Rue de Sèvres, février 2017

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02/01/17

Kamarades : La fin des Romanov & Tuez-les tous ! de Mayalen Goust, Benoit Abtey & Jean-Baptiste Dusseaux

Superbe découverte que cette série en bande dessinée dont j'ai dévoré les deux premiers tomes en me pourléchant les babines, puis de trépigner d'impatience pour le bouquet final à paraître ce mois-ci ! 

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L'histoire se déroule durant l'hiver 1917 en Russie, période des premières agitations révolutionnaires qui secouent la ville de Petrograd. Un jeune soldat cosaque réussit par son charisme et ses discours à enflammer le peuple, tout en ignorant que sa dulcinée n'est autre que la fille du Tsar. Entre Volodia et Ania, commence alors une passion amoureuse impossible et interdite. Car le destin est en marche, lui est manipulé par Staline qui a découvert le pot aux roses sans informer son camarade, elle est envoyée avec sa famille en Sibérie en attendant leur procès. Sans nouvelles de sa bien-aimée, Volodia voit également son sort lui échapper en recevant l'ordre de partir au front dans la guerre contre les allemands, aux côtés du général Kornilov. Entre amour, vengeance et trahison, l'histoire est riche en émotions dans ce premier tome qui installe, parfois de façon brouillonne, les grands enjeux politiques et se joue des atermoiements sentimentaux avec une rouerie bien huilée. La fin est tout simplement déchirante !

Heureusement, j'avais la suite sous la main... car j'aurais crié mon désespoir de ne pas en lire davantage. Le destin a parlé et réuni Volodia et Ania dans des circonstances tragiques. Maintenant, oubliez la grande histoire car les scénaristes se sont écartés du sujet et tirent profit de la légende des Romanov pour réécrire leur destinée. Place à l'action ! De nouveaux tourments attendent la famille royale, désormais en fuite. Mais les alliés manquent à l'appel dans une Europe exsangue et ruinée par la guerre. La violence fait rage, les rebondissements sont nombreux et l'injustice se ligue à des chantages ignobles. Volodia et Ania ne sont pas à l'abri d'autres coups du sort et tracent leur amour au gré des rencontres qui façonnent leur pays (Lénine, Trotski, l'armée rouge...). Je me frotte les mains d'excitation et de joie ! 

Pour qui se passionne pour la Russie, ses décors, son histoire, ses personnages, son climat rude et son folklore exotique, ses beautés farouches, son passé et son mythe, bref, vous apprécierez sans aucun doute l'ambiance de cette série qui nous plonge dans une fresque romanesque passionnante ! Le scénario assume pleinement son côté fleur bleue tout en peignant un contexte tragique et poignant. Les illustrations sont séduisantes. Le trait est féminin, et pourtant les couleurs sont sombres, avec une tendance pourpre très prononcée et un clair-obscur propice aux décors slaves. L'ensemble opère un attrait instantané et affirme son influence en bichonnant son lecteur grâce à la combinaison gagnante : emballage + produit + force + utilité. Tout est bon ! La lecture est palpitante, les personnages sont attachants, la toile de fond excitante. Et le suspense est grand. Miam. ☺

SÉRIE EN TROIS TOMES - RUE DE SEVRES - PARUTION MAI 2015 (TOME 1) JANVIER 2016 (TOME 2)

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26/10/16

Pile ou Face : Cavale au Bout du Monde, de Hope Larson & Rebecca Mock

♪♫ Tiens bon la vague et tiens bon le vent ... Hissez haut ! ♫♪

PILE OU FACESans nouvelle de leur père adoptif depuis des mois, Alexandre et Cléopâtre, des jumeaux de 12 ans, ont pensé rejoindre le gang du Crochet Noir pour survivre dans la jungle new-yorkaise, mais leur dernier larcin a tourné court et conduit le frère et la sœur au poste de police. Menacés d'être envoyés dans un centre de redressement pour mineurs, Alex et Cléo supplient la clémence de leur bourreau et acceptent de livrer la cachette du gang, trahissant ainsi un pacte inaliénable. Les enfants espèrent en échange quitter la ville au plus vite pour échapper aux représailles. Ils ont repéré dans le journal une annonce alléchante - un homme vivant à San Francisco recherche ses deux garçons perdus de vue depuis cinq ans. Les jumeaux mettent au point un plan pour duper l'individu et prétendre être ses fistons, mais en traînant sur les quais pour embarquer clandestinement à bord d'un bateau, Cléo et Alex démasquent deux autres frangins ayant eu la même idée qu'eux. Grosse bagarre générale. Retour à la case prison. Après quoi, les duos sont inversés. Alex et Edwin d'un côté, Cléo et Silas de l'autre. À eux quatre, la suite de l'aventure promet monts et merveilles. La narration enchâssée réserve naturellement de belles surprises et autres retournements de situations très appréciables. On suit nos loustics dans des péripéties tumultueuses, mêlant danger, suspense, amour, amitié, vie et mort. La dynamique du récit étant enlevée, la lecture n'en est que plus palpitante. De plus, l'ambiance et le décor des années 1860 invitent au voyage et à l'évasion, entre exotisme et piraterie, carte au trésor et poursuite infernale, épisodes en mer et courses folles dans la jungle, rencontres avec des autochtones et retrouvailles poignantes. Bref. Plus qu'une modeste entrée en matière, c'est tout bonnement passionnant ! Une bd de 224 pages au format souple très agréable à parcourir. Une belle surprise.

Rue de Sèvres - septembre 2016

Trad. de Fanny Soubiran [Compass South]

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Bonne Continuation, d'Olivier Tallec

Bonne Continuation

Olivier, il faut qu'on cause ! Cette tendance crapuleuse à épingler les travers de nos petites vies est tout bonnement... jouissive ! Sur ce, je dénonce : un ton mordant, parfois méchant et ironique, flirtant aussi avec un humour noir et morbide, hmmm, ça sent l'insubordination à plein nez. Et ça me plaît. Lire Olivier Tallec dans un univers aussi décalé et cinglant, oui ça a du bon.
Après avoir signé ses premiers méfaits en nous souhaitant une Bonne journée, l'auteur récidive dans cet exercice du dessin humoristique particulièrement féroce avec une nouvelle série de tableaux qui brassent des thèmes, des symboles et des époques sans fil conducteur mais où la dérision domine le monde. Les cadeaux de Noël, la garde alternée, la mode, le paraître, les rencontres amoureuses, l'incompréhension au sein du couple, la cigarette, la sexualité, les licornes, le safari, les penchants SM, les cornes, le plug anal, les très flippantes moaï (ces célèbres statues de l'île de Pâques), les vaches normandes, les mille-pattes, les ours polaires, les chauve-souris, les oies, mais aussi l'écologie, le réchauffement climatique, le foie gras, la frénésie médiatique, et j'en passe ! Tout est sujet à moquerie, surtout quand c'est aussi bien appréhendé, d'un simple tacle subtil et hardi. 
Il y a du Voutch dans l'art de tailler des portraits aussi incisifs, selon une base de dessin au pastel, mais la tendresse particulière au papa de Grand Loup et Rita & Machin, qui assume ici un rôle à contre-emploi de son registre habituel, rend le contraste réjouissant. Il sort plus d'une fois de sa zone de confort, avec notamment des scènes bien gore, bien sanglantes, qui figurent aussi parmi les meilleures séquences de lecture (honte, moi ? jamais !). De toute façon, j'aime cette facette irrévérencieuse du personnage, son caractère fripon qui se dévoile. Cette nouvelle lecture caustique confirme ainsi l'étendue du talent d'Olivier T. Applaudissements dans la salle. 

Rue de Sèvres / Octobre 2016

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22/10/16

Un bruit étrange et beau, par Zep

Après avoir opéré un virage artistique avec Une histoire d'hommes et aussi son Carnet intime, Zep ne cesse de nous surprendre par l'étendue de son talent et sa sensibilité à fleur de peau, capable de convoquer des émotions vraies et sincères.

Un bruit étrange et beau

William a renoncé au monde, à la vie, à l'amour, aux femmes, à la richesse il y a vingt-cinq ans, en devenant simple chartreux dans le cloître de la Valsainte. Un jour, il reçoit une convocation chez un notaire parisien pour la lecture du testament de sa tante, avec laquelle il s'était fâché suite à sa décision de rejoindre l'ordre religieux. Ce retour à la civilisation est un électrochoc de mots, de sons, d'émotions pour cet homme qui pensait être sevré de tant d'artifices. Dans le train qui le conduit à Paris, il rencontre une jolie jeune femme, Méry, qui lui confie son histoire dramatique : une maladie grave et incurable, plus que quelques mois à vivre... Et les questions pleuvent sur la foi et la croyance, les doutes, l'engagement, les regrets. Comment expliquer à une nana qui croque la vie à pleines dents le choix de se retirer de cette agitation ? En quelques jours, le séjour de William (alias Don Marcus) va le conduire sur le chemin des souvenirs et le mener à ressasser des idées ou des sensations soudaines, parfois déstabilisantes. William retrouve ainsi les enfants de sa tante, Gabriel et Tolède, tous deux profondément marqués par les aléas de la vie. Ils ne sont clairement pas heureux et ils se contentent d'aligner leurs pas au fil du temps sans se donner la peine d'y trouver un sens. Ce sont des personnages éteints et usés par cette vie qui ne fait pas de cadeau. Hériter de biens et d'une fortune, certes... Mais sans la récompense d'un mot doux, d'une caresse, d'une vraie preuve d'amour. 
Zep tire profit de la situation pour exposer la valeur qu'on accorde à la vie en croisant des portraits et des destinées tous plus dissemblables, mais qui parviennent tous à nous toucher. William se confronte à sa vie d'avant et à sa vocation. Son choix du recueillement et du silence est-il le bon ? Qui sommes-nous pour juger ou inciter la balance à peser plus lourd d'un côté que d'un autre ? Cette histoire est infiniment profonde et touchante, elle fait écho à la noblesse de l'âme et du cœur dans le parcours d'un homme saint et en même temps faillible. Ce récit d'une grande pudeur exprime aussi sa force dans un graphisme épuré, aux teintes du passé, alternant entre le sépia ou le noir et blanc, mais où l'évocation est réellement poignante. Une lecture saisissante pour une bd émouvante.  

Rue de Sèvres / Octobre 2016

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Au fil de l'eau, de Juan Diaz Canales

Scénariste de Blacksad et du nouveau Corto Maltese, Juan Diaz Canales dévoile cette fois son talent graphique dans une bande dessinée d'une intensité dramatique ô combien bouleversante.

Au fil de leau

Sur le trottoir juste en face du commissariat de police, ce sont bien des petits vieux qui arnaquent le monde en vendant à la sauvette des produits chipés ci ou là. Oui, une bande de fringants vieillards qui ne craignent rien ni personne ! Même quand la police fait mine de les interpeller, nos papis usent de leur carte vermeille pour obtenir la clémence des agents, non sans récolter un sermon d'usage. Niceto s'en soucie comme d'une guigne et file rejoindre ses potes autour de leur tablée de poker où ils jouent leur argent en avalant un cognac-anisette. Et pourtant, le vent tourne sur nos petits vieux. L'un d'eux a déjà déserté les rangs, sauf que son corps vient d'être retrouvé la nuque fracassée. Premier meurtre, pas le dernier. Car toute la bande est dans la ligne de mire. Les copains tombent les uns après les autres. Niceto panique et quitte sans prévenir le foyer de son petit-fils. Mort d'inquiétude, celui-ci avertit son père de la tournure des événements et tous deux vont fouiller les rues de Madrid pour sauver leur aïeul.  
Oubliez Les vieux fourneaux, cette histoire intégralement réalisée par Juan Diaz Canales (scénario et dessins) nous fait basculer dans un univers sombre et brouillon, rien qu'en noir et blanc, et où l'on perçoit avec un réalisme cuisant le désœuvrement des laissés-pour-compte, la démence sénile et le constat d'impuissance au crépuscule de sa vie. Et au milieu de tout ça, quand même, tous les codes du polar sont empreintés, ambiance glauque et poussée de tension, suspense et descente en enfer, bref on ne se marre pas à chaque coin de page mais on reste les doigts scotchés pour connaître le dénouement. C'est bon, très bon. La lecture est foncièrement passionnante, mais aurait peut-être gagné en intensité et pertinence avec quelques planches supplémentaires pour exploiter davantage les nombreux sujets esquissés, mais ceci n'est qu'un avis subjectif.^-^ Car cette bd évoque avec brio les zones d'ombre de la mécanique humaine avec ses failles et ses sursauts, en nous comprimant bien le cœur au passage. On soupçonne tout et n'importe quoi, avant d'admettre la triste réalité. Un vrai coup de bluff ! 

Rue de Sèvres / Septembre 2016 - Traduction de Sophie Hofnung

 

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02/07/16

Une aventure des Spectaculaires, Tome 1 : Le Cabaret des ombres, par Régis Hautière & Arnaud Poitevin

Une aventure des Spectaculaires

Lorsqu'une troupe d'acrobates est embauchée par un savant fou pour combiner leurs talents de prestidigitation à une affaire criminelle, le résultat dépasse de loin les attentes les plus folles dans cette bande dessinée aussi fraîche, drôle et exaltante à lire. J'ai beaucoup aimé.

Dans le Paris du début du XXe siècle, les Spectaculaires peinent à mobiliser les foules pour applaudir leurs exploits - Félix le féroce lycanthrope, Eustache l'homme le plus fort du monde, Évariste l'homme volant et Pétronille la chef d'orchestre déguisée en M. Loyal font pourtant preuve d'imagination et de rouerie pour épater la galerie. Las, à l'heure du cinématographe, les parisiens boudent leurs numéros de trucage et d'illusion, ce qui plonge la trésorerie du théâtre dans la plus grande misère. Nos artistes n'ont plus lieu de faire la fine bouche en accueillant le Professeur Pipolet et ses discours fantaisistes pour sauver le monde. On vient de lui voler les plans de sa machine infernale, censée instaurer la paix universelle, mais désormais entre les mains d'un individu cynique et sans scrupule, son invention risque d'être utilisée pour de mauvaises intentions. 

Nos joyeux drilles se lancent donc avec enthousiasme, et beaucoup de maladresse, dans une aventure complètement folle, mais ô combien hilarante. Ils ont pour eux leur courage, leur intelligence, leur humour et les gadgets improbables de Pipolet pour sauver le monde ! Au secours... ^-^ Face à eux, l'ennemi est redoutable, possède une longueur d'avance et des amis bien placés pour assurer ses arrières. La tâche est rude, mais jubilatoire. À lire, c'est franchement extra. La lecture offre une distraction appréciable, sans prise de tête, avec des plages d'humour et des séquences illustrées souvent magnifiques. L'histoire est simple, efficace et burlesque, à l'instar des personnages, caricaturaux et impayables. 

Vivement leurs prochaines aventures ! Ce 1er tome a su me régaler par sa bonne humeur et son rythme virevoltant. 

Rue de Sèvres, Janvier 2016

 

 

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21/06/16

Yin et le dragon, Tome 1 : Créatures célestes, de Richard Marazano & Yao Xu

YIN ET LE DRAGON

Yin vit avec son grand-père dans la ville de Shanghai. Tandis qu'il part chaque nuit sur sa barque pêcher dans les mers de Chine, la fillette parcourt les allées du marché pour vendre ses poissons. Or, Yin est souvent alpaguée par une bande de mauvais garçons qui lui chipent toute sa marchandise en se moquant d'elle. Les temps sont durs dans cette province chinoise en 1937. La pauvreté menace Yin et son grand-père, mais celui-ci refuse de baisser les bras et prend tous les risques pour gonfler leur cagnotte. Par une nuit de pêche, un événement extraordinaire va se produire : Liu piège dans son filet un dragon d'or tandis que Yin lui sauve la mise in extremis. Ils vont ramener la bête dans leur hangar en catimini et découvrir le lendemain matin que l'armée japonaise vient d'envahir le pays ! 

Très, très belle bande dessinée, empreinte de charme, de douceur, de sensibilité, d'émotion et de magie ! Cette série, annoncée en trois tomes, promet des heures de lecture enivrante et dépaysante. L'histoire nous fait également revivre les débuts du conflit sino-japonais (qui s'étendra jusque 1945) à travers l'invasion des troupes du pays du Soleil-Levant, venue perturber le quotidien déjà difficile des habitants de Shanghai. Réveil douloureux pour notre petite famille réduite au grand-père Liu et sa petite-fille Yin, adorable gamine pleine d'énergie et d'intelligence, qui va convaincre son aïeul de protéger le dragon en le soignant à l'abri des regards. Cette décision sera lourde de conséquences, mais ceci appartient au prochain chapitre. La symbolique du dragon, créature céleste par excellence, trouvera également plus de poids dans le récit à venir. Qu'il me tarde de découvrir la suite des aventures ! Je suis pour l'instant pleinement séduite par cette histoire aussi joliment racontée que délicatement dessinée. Finesse et poésie se dégagent de cette bande dessinée aussi gracieuse que captivante... 

Rue de Sèvres, Janvier 2016

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16/06/16

Les Rêves dans la Maison de la Sorcière, de Mathieu Sapin & Patrick Pion, d'après Lovecraft

Les rêves dans la maison de la sorcière

Étudiant en mathématiques, Walter loue une chambre de bonne chargée d'une histoire bien noire, puisque, deux siècles plus tôt, la vieille sorcière Keziah Mason y avait vécu en semant l'effroi et le scandale. Loin de paniquer, le garçon est intrigué par cette légende. Il est, de plus, convaincu d'avoir développé une sensibilité quasi surnaturelle, comme de percevoir plus que nettement les cavalcades des rats qui envahissent le grenier de la maison, ou de ressentir l'influence malfaisante qui gravite autour de lui. Walter va d'abord mettre son agitation sur le compte de sa fatigue, de la surcharge de travail et de la pression à l'université. Puis il réalise que ses rêves eux-mêmes vont outrepasser les bornes de la raison. Comme si la sorcière cherchait à entrer en contact avec lui.

Adaptée d'une nouvelle de H-P Lovecraft, cette bande dessinée impose un univers remarquable d'angoisse et d'épouvante. On y découvre un personnage qui fait des rêves hallucinatoires, de plus en plus effrayants, voire déstabilisants pour sa santé mentale, et qui ne cessent de l'aspirer dans la fameuse quatrième dimension (également le sujet de ses recherches). Mathieu Sapin a puisé du texte original toute la sève de ce récit fantastique méconnu pour permettre à Patrick Pion d'en dessiner la folie douce et l'affolement du garçon prisonnier de ses lubies paranoïaques et obsessionnelles. La technique des pages en noir et blanc, glissées exprès pour illustrer les nuits cauchemardesques de Walter, vient justement trancher avec l'opacité de la BD aux teintes crépusculaires. On tremble tout du long, entre peur et perplexité face à la chute implacable du héros qui sombre dans un délire poignant. Mais on absorbe tout en tournant les pages avec fébrilité. La lecture procure quelques frissons, elle séduit aussi pour son sens de la poésie et surprend pour son goût du morbide. Amateurs d'étrange et de surnaturel, cette plongée sensationnelle mérite bien qu'on y perd ses repères à tenter de décrypter la symbolique des rêves et leur emprise sur nos vies, au risque d'atteindre le point de non-retour et de basculer dans le gouffre des enfers. Une lecture terrible et saisissante !! 

“Étaient-ce les rêves qui avaient engendré la fièvre ou bien la fièvre qui avait engendré les rêves...”

Rue de Sèvres, Juin 2016

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Black Sands unité 731, de Tiburce Oger & Mathieu Contis

Black Sands

Tiburce Oger se fait scénariste pour le dessinateur Mathieu Contis, au service d’un thriller glaçant, inspiré de faits réels de la Seconde Guerre mondiale.

Alors que la guerre fait rage entre le Japon et les USA, des marines débarquent sur une île paumée du Pacifique, avant de se faire massacrer par une entité inconnue. Peu de temps après, un torpiller américain sera également coulé par un sous-marin japonais, laissant une poignée de rescapés. Ces derniers vont échouer sur la même île, pour rapidement déchanter. C'est avec eux qu'on va alors pénétrer dans la touffeur de cette jungle mystérieuse et pleine de dangers... Attention les yeux ! Palpitant dans le rouge. Émotions fortes garanties.

Car sur cette île, des zombies surgissent de nulle part, des civils sont séquestrés et livrés à des expériences dans un centre de recherches tenu par la Tokeitaï, la gestapo  japonaise ! Au cœur de ce méli-mélo improbable, un homme - Joseph Grégovitkz - va s'acharner pour lutter contre le destin et dynamiter ce projet fou. 

L'univers très sombre et opaque de la BD accentue l'orientation énigmatique et un peu glauque de l'intrigue. Les couleurs crépusculaires aussi viennent plomber l'ambiance. On avance à l'aveuglette dans l'histoire et on sursaute à chaque coin de page. C'est terrifiant, bien rendu. Une lecture qui tient en haleine et qui interpelle par son aspect authentique des faits rapportés (puisque inspirés de la réalité). 

Rue de Sèvres / Mars 2016

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