03/11/14

Journal d'un chat assassin, de Véronique Deiss

Journal Chat Assassin

Qui mieux que Véronique Deiss pouvait adapter en bande dessinée la série d'Anne Fine (Journal d'un chat assassin) pour laquelle elle illustre déjà les 6 romans existants ? ! Personne, évidemment. C'est elle, la seule, l'unique, experte ès Tuffy, ce gros matou paresseux et menteur, qui rend chèvre tout son petit monde, à commencer par les parents de la petite Ellie. 

Cette bande dessinée de 45 pages reprend toutes les grandes lignes du tome 1 : Tuffy assassine des petits animaux sans défense et dépose ses trophées sur le paillasson de la maison, ce qui offense les âmes sensibles de la famille (cris d'horreur et d'épouvante en cascade). Mais le plus grand drame survient quand sa nouvelle victime n'est autre que le lapin du voisin. C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Pour parer à tout conflit, le père d'Ellie met au point une opération commando nocturne (que les chats du quartier, témoins au moment des faits, vont rapporter avec un sens de la dérision absolument divin...). Le résultat est d'une drôlerie ! 

L'esprit de la série, caractérisé par son humour caustique, son héros de mauvaise foi et ses intrigues aux retournements burlesques, trouve ici une exécution fantastique. La mise en scène est diablement redoutable et provoque cet enchaînement de situations improbables combinées à des fous rires. C'est radical. Qu'est-ce qu'on rit...  

Véronique Deiss se fait plaisir et rend une copie sans faute. C'est une franche réussite, à l'enthousiasme communicatif. La bande dessinée complète la lecture de la série des livres ou invite à mieux la découvrir. D'ailleurs, si vous ne connaissiez pas encore (quelle erreur), n'hésitez pas ! Cela s'apprécie à tous les âges, foncez, vous ne le regretterez pas. 

Rue de Sèvres, octobre 2014 ♦ d'après la série écrite par Anne Fine, éditée à l' École des Loisirs 

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31/07/14

Cet été-là, de Jillian Tamaki et Mariko Tamaki

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Rose et Windy se connaissent depuis l’enfance. Elles se retrouvent chaque été à Awago Beach où leurs familles louent des cottages. Ensemble, elles partagent les baignades, les barbecues sur la plage, les paquets de marshmallow avalés au coin du feu, les films d’horreur visionnés en cachette, mais aussi les mille questions de l’entrée dans l’adolescence. Cet été-là, Rose suit avec beaucoup d’intérêt les démêlés d’un groupe d’ados plus âgés, tandis que Windy rêve de devenir la reine du hip-hop. 

Toutefois, chez Rose, l'ambiance n'est pas à la fête. Ses parents ne cessent de se chamailler, un secret plane au-dessus de leurs têtes. Au lieu de s'en libérer, la mère de Rose ressasse son amertume et s'enfonce dans la dépression. La jeune fille fuit le foyer le plus souvent possible pour se changer les idées, mais même son amie Windy ne la fait plus rire comme avant. C'est finalement le garçon du drugstore, celui que les filles surnomment le Dud, qui détournera son attention vers ses amourettes d'été particulièrement mouvementées. 

Cette histoire a le goût de l'enfance, des vacances, des espoirs et des désillusions, tout ça sur fond de désir d'enfant, de frustration, d'accident, d'abandon, d'adoption ... L'histoire est assez classique et se présente comme une chronique douce-amère - une tranche de vie qui capture parfaitement les miracles d'été et la période de transition. Mais cet été-là sera-t-il le cataclysme voulu pour tous les personnages ? la fin reste ouverte !

J'ai aimé le charme ouaté de cette lecture, sa délicatesse et sa simplicité, mais j'ai surtout été fascinée par l'art graphique de cet ouvrage, aux illustrations magnifiques et empreintes d'une grande subtilité. Une lecture charmante et débordante de sensibilité, à laquelle il manque néanmoins un petit souffle...

Rue de Sèvres, mai 2014

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14/05/14

Des canards trop bizarres, de Sara Varon et Cecil Castellucci

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Excentrique, cette chère Gwendoline ? Tous les matins, elle se livre à ses exercices de gymnastique, pousse des vocalises, puis fait des longueurs dans la mare, avec une tasse de tisane d'églantier sur la tête. Elle part ensuite faire ses courses, achète immanquablement de la sauce à la mangue, se rend à la bibliothèque pour y emprunter les mêmes ouvrages. Chaque soir, elle lève les yeux au ciel, contemple les étoiles et fait le vœu de ne rien modifier dans son existence de rêve.

Jusqu'au jour où débarque son nouveau voisin, Elvis, avec ses sculptures conceptuelles, ses plumes décolorées, son charabia incompréhensible et ses danses de sauvage... Petit à petit, il envahit son espace. Gwendoline apprend à le connaître, et tous deux deviennent inséparables. Leur belle amitié s'effrite pourtant lorsqu'ils vont surprendre en ville une conversation glissant « ce canard est trop bizarre ». Gwendoline et Elvis se méprennent et s'accusent mutuellement d'être trop originaux. Et là c'est le drame, le clash !

Finalement, ils vont raccommoder leurs petits bobos et se confondre en excuses, car franchement c'est tellement bon d'être différent, d'accepter les différences, personne n'est jamais « trop bizarre », on s'en balance du regard des autres, etc. L'essentiel, c'est de rester soi-même, de ne pas juger ceux qui sortent de l'ordinaire ou ne nous ressemblent pas. C'est une histoire charmante et pleine de tendresse, qui traite de la tolérance en toute simplicité. On craque pour les canards et les belles couleurs du livre !

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Rue de Sèvres, mai 2014

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Les Tchouks, de Kerascoët et Benjamin Richard

Les Tchouks La cabaneLes Tchouks La plage

Ils s’appellent Pitchouk, Patachouk, Tchougris, Tchoukrik, Tchoukidou, Tchougrak. Pas plus hauts que trois pommes, ils forment une chouette bande de copains à qui il arrive un tas d’aventures. Qu'ils décident de construire une cabane ou qu'ils passent la journée à la plage et voguent en mer sur un bateau, ils nous offrent un échantillonnage de chamaillerie, de copinage, de complicité, d'ingéniosité, de fantaisie, de rigolade... bref, c'est une petite série rafraîchissante, bien mignonne, avec des illustrations qui donnent envie de déposer un bisou sur les joues de ces Tchouks franchement adorables !

Rue de Sèvres, mai 2014

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Mon père ce héron, par Jul

Près de l'étang, se tient un conciliabule entre jeunes grenouilles. « Mon père, il présente la météo », « Mon père, il a défié les plus grands toréadors », « Mon père, il a fait chanteur en finale d'un concours international ». Chacun y va de sa petite surenchère, jusqu'à ce que l’une d’entre elles ose « Moi, mon père, c’est un héron » ! Pas possible. Tout le monde sait que les hérons mangent les grenouilles. Ils font quinze fois la taille d'une grenouille. Leurs pattes sont aussi grandes qu'un roseau. Et quand une grenouille voit un héros, généralement c'est la PANIQUE ! N'en doutez plus, cette lecture est très drôle et s'adresse aussi bien aux grands ou aux enfants. L'humour est décalé, grinçant, désopilant. On adore les retournements de situation et les jeux de mots dans l'histoire. Les dessins de Jul apportent aussi un petit zest de malice. Un parfait petit cocktail, relevé à la sauce aigre-douce. Très slurp ! 

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Rue de Sèvres, mai 2014

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09/01/14

Quatre soeurs, Tome 2 : Hortense par Cati Baur, d'après Malika Ferdjoukh ❤

Ce n'est pas un rêve, non, non, il s'agit bien de la suite de la fabuleuse série de Malika Ferdjoukh, Quatre Soeurs, adaptée en bande dessinée par Cati Baur ! Trois ans que je l'attendais ... J'ai bien cru que le projet était tombé à l'eau. Heureusement, l'espoir a été récompensé et le résultat est top !

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Quand bien même le titre du livre porte sur Hortense, l'histoire n'est pas uniquement centrée sur l'avant-dernière de la fratrie, mais bel et bien sur toute la famille. Et quel bonheur ! Les filles Verdelaine se démènent pour rendre leur quotidien moins tristounet, avec toujours une petite pensée pour leurs parents (qui ont trouvé la mort dans un accident de voiture) et une farouche résistance envers la tante Lucrèce (qui a des oursins dans ses poches !).
Mais revenons à Hortense, complexée par sa timidité, qui meurt de trouille chaque fois qu'elle doit s'exprimer en public. Sa prof de français lui suggère une solution radicale et l'envoie prendre des cours de théâtre auprès du célèbre Zoltan Lermontov. Et là, c'est la révélation !
Dans le même temps, Hortense a croisé le chemin d'une petite voisine, au cours de ses longues promenades en solitaire, le long de la falaise. Il s'agit de Muguette, actuellement en convalescence, car la fillette est gravement malade. On ignore encore les causes de son mal, tant la vie à la maison est rugissante de petits et grands événements.
Car il souffle comme un vent de révolution à la Vill'Hervé : Bettina est folle amoureuse ... du livreur de surgelés ! L'ironie de l'histoire ? Le garçon n'a pas un physique de tombeur et notre petite bêcheuse a honte de s'afficher avec lui.
Quelle andouille, elle risque de s'en mordre les doigts !!!
J'ai déjà exprimé en long, en large et en travers tout le bien que je pensais de la série ET de l'adaptation par Cati Baur de l'univers de Malika Ferdjoukh : on n'aurait pu rêver mieux. C'est parfait, pile comme dans mon imagination, aussi poétique et magique, une pure alchimie qui enchante le lecteur.
Et vous, vous attendez quoi ? 

Rue de Sèvres, janvier 2014

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