15/04/18

Pêle-Mêle : Où êtes-vous ? - Le Roy qui voyageait avec son royaume - Le trop petit poucet - Le voyage

où etes vous barrouxUn jeune roi, à qui tout souriait, était en pleine déprime car il s'ennuyait profondément. C'était avant d'avoir l'idée génialissime de lancer une partie de cache-cache géante ! Tous ses loyaux sujets sont donc conviés à participer, en se planquant ci et là, tandis que le roi va compter jusqu'à 100 dans son coin. 

Mais le roi est imbattable. Il débusque aussi sec la salamandre, l'oursin, le bigorneau, le panda ou le cochon d'Inde. Il fouille à travers les fourrés, il parcourt le fond des mers ou s'envole vers les cimes des montagnes. Ses sens sont en éveil et il trouve tout le monde (aigle royal, ibis rouge, puce de Mozambique...). 

Tout le monde ? Euh, pas vraiment… Ses conseillers n'osent lui signaler qu'ils sont sans nouvelles du dodo, du tigre de Tasmanie, du grizzli de Californie, du crapaud doré, de la tortue géante de l'ile de Pinta... Car cette lecture n'est pas sans rappeler la disparition de certaines espèces animales, menacées par la folie des hommes. 

En quelques mots, par le biais d'une histoire douce et rigolote, le message est passé pour sensibiliser les plus jeunes à la protection animale. C'EST IMPORTANT ! 

Où êtes-vous ? de Barroux

seuil jeunesse, 2018

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Le Roy qui voyageait avec son royaumeConnaissez-vous l'histoire passionnante du roy de Gallicie, qui aimait collectionner les objets insolites et écouter les récits épiques des grands explorateurs ?

Alors, approchez et tendez l'oreille...

Car cet album va vous transporter dans un univers baroque et burlesque, où un petit homme rêve de vivre à son tour de folles épopées en parcourant le monde... non sans veiller à son confort, sans perdre de temps ou d'énergie inutile, en s'assurant également d'avoir ses poires confites, ses chaussons, sa cour, sa bibliothèque, en bref la moitié de son château auprès de lui !

Humour cocasse et esthétisme déjanté pour fable absurbe qui raconte la folie des grandeurs (et des voyageurs du dimanche). C'est piquant, c'est drôle. On aime, forcément. 

Le Roy qui voyageait avec son royaume, de Dedieu

seuil jeunesse, 2018

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le trop petit poucetLa facétie de Martine Camillieri est de retour ! Elle recycle cette fois le conte du petit Poucet, né dans une famille pauvre, que les parents cherchent à abandonner, ses six frères et lui, en pleine forêt.

Mais le dernier de la fratrie est rusé, d'abord il piste son chemin avec des petits cailloux, puis se fait rouler en prenant des bonbons aussi étincelants que des perles. Résultat, la chouette voleuse chipe le butin et nos bambins sont carrément paumés. Impossible de trouver le chemin de la maison !

En pleine déroute, ils débarquent chez un couple d'ogres et manquent de passer à la casserole. Notre petit poucet, toujours malin, trompe le patriarche avant de filer nez au vent (en gagnant une paire de Crocs magiques). Hihi... C'est franchement très, très drôle. 

L'auteur propose une version hyper souple du conte traditionnel en glissant des traits d'humour, des trucs glauques et un peu gore (après tout, Charles Perrault & les frères Grimm ont ouvert la voie). Et cela donne un texte joyeux, totalement décomplexé et d'une affolante dérision.

On retrouve également un univers atypique, fait de petites babioles souvent récupérées dans les coffres à jouets, et là je pense à ma fille qui était également capable de bidouiller tout un monde à partir de trois fois rien (ah, les précieuses surprises Kinder !). Feuilleter les albums de Martine Camillieri réveille chez nous une tendre nostalgie... en gloussant de plaisir. C'est TOP !

Le trop petit poucet, de Martine Camillieri

seuil jeunesse, 2018

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le voyage caroline pellissier mathias friman

Place à une lecture étonnante, par son univers onirique et sa vision philosophique... de l'enfance ! Un rendez-vous épatant, pour un voyage extraordinaire. ☺

Léon le lion, Hippolyte l'hippopotame et Sergent Poivre la girafe ont décidé de partir en expédition pour rencontrer des enfants (et ainsi apprendre à mieux les connaître). Ils débarquent donc dans un zoo, non sans s'être préalablement dévêtis, et en s'interdisant de parler pour juste observer leurs sujets d'études.

Ainsi donc, les enfants sont une source inépuisable de découvertes et d'étonnements - ils s'amusent de tout, ils vivent leurs émotions à fond, ils gesticulent sans cesse, ils jacassent à longueur de journée, ils veulent tout comprendre, tout essayer. Mais les enfants sont aussi des rêveurs, des créatures parées d'une imagination débordante. Pour nos trois scientifiques, la découverte s'avère très enrichissante et peu banale !

À votre tour de plonger dans ce monde à part, ce voyage magnifique et fascinant ! Un album d'une rare élégance, très beau, très pointilleux et follement lyrique.

Le Voyage, de Caroline Pellissier & Mathias Friman

seuil jeunesse, 2018

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14/02/18

AniMalcolm, de David Baddiel

AniMalcolmMalcolm n'aime pas les animaux et a pour malchance de vivre dans une famille qui adore les animaux. D'où un profond sentiment de solitude et d'incompréhension. Même le jour de son anniversaire, c'est la totale déconfiture face à son cadeau - un chinchilla lanigère andin.
Il faut croire que la poisse le poursuit, car une semaine plus tard, Malcolm part en classe découverte à la ferme d'Orwell. Oui, une ferme pleine d'animaux. Un cauchemar sans fin. Malcolm est tétanisé et confie ses déboires à un vieux bouc avec une longue barbichette.
Avec son air triste et ses yeux globuleux, l'animal semble sensible à la détresse du garçon... si bien que celui-ci finit par tomber de sommeil. Plouf. À son réveil, surprise, Malcolm est devenu une tortue !

Ne cherchez pas à comprendre, l'histoire est une farce, qui se lit sur le mode de la rigolade. Particulièrement efficace, car on sourit tout du long à partager les mésaventures de Malcolm.
Entre sortilège et malédiction, en fin de compte, cette expérience va surtout servir de thérapie au garçon, lequel ne comprend pas pourquoi il n'aime pas les animaux, d'où vient ce rejet et comment en guérir. Pour approfondir le sujet, Malcolm devient donc mouton, chat, cochon ou chimpanzé (dès qu'il s'endort, il change de peau). 
Un traitement de choc qui fait néanmoins sourire le jeune lecteur, séduit par les péripéties du héros et de ses compagnons à poils, à plumes et à carapace. Leur escapade jusqu'au zoo, par exemple, est invraisemblable mais tellement drôle.
Côté adultes, nous avions déjà du David Safier (Maudit Karma ; Toujours maudit) dans ce registre de la réincarnation façon burlesque. David Baddiel s'adresse aux plus jeunes et propose une aventure délirante, qui les introduit dans la vie secrète des animaux. C'est simple, cocasse et rocambolesque.
Une lecture au top. ☺

Seuil jeunesse, 2018 / Illustrations de Jim Field

Traduction de Rosalind Elland-Goldsmith

 

 

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19/01/18

Le sourire étrange de l'homme-poisson, de Tom Avery

Le sourire étrange de l'homme poissonNed et Jamie ont treize ans et sont frères jumeaux. Vivant sur l'île de Portland, dans le Dorset, les garçons aiment se ruer sur la plage, après chaque déferlement de tempête, toujours en quête de trésors (bouts de bois flottés, chaussures, vaisselles ou os de baleine) qu'ils collectionnent précieusement dans le garage. 
Un jour, pourtant, les garçons trouvent une créature étrange et méconnaissable, planquée sous des algues, un homme poisson qu'ils vont cacher, sans rien dire à personne. Ned est convaincu qu'ils vont vivre le début d'une aventure extraordinaire, tandis que Jamie pense que la créature est venue sauver son frère.
En effet,
Ned est atteint de mucoviscidose. Gravement malade, le garçon multiplie les traitements et doit souvent rester au chaud, allongé sur le canapé à regarder l'intégrale de Star Trek. Les deux frères ont également grandi en écoutant les légendes de leur grand-père, ancien pêcheur, et sont intarissables sur les étoiles, les poissons et les sirènes.
C'est donc en toute quiétude, et avec beaucoup d'admiration, que j'ai partagé la routine de cette famille, jouant des parties de Risk ou buvant du thé. J'ai aussi beaucoup aimé devenir la complice des jumeaux et préserver le secret sur Leonard (clin d'œil au Dr McCoy, médecin-chef sur L'Enterprise), tout en me posant légitimement des questions sur lui. J'ai adoré me perdre dans ce petit coin paumé de Chesil Beach, pédalant sur un vélo, bravant la pluie, le vent, le tonnerre, les vagues et le froid. Criant colère et détresse face à la mer. Espérant un chant lointain, une étoile brillante et solitaire. Soupirs.
Il y a dans ce petit roman un maelström d'émotions, qui nous fait passer du tout au tout, du rire aux larmes, de la stupeur à l'incompréhension, du rêve à la réalité, du mensonge à la triste évidence. Ce sont 200 courtes pages, qui se lisent parfois comme un conte et qui surtout ont le poids d'une lecture bouleversante. J'ai cru tenir bon, mais j'ai pleuré comme une madeleine à la fin. Suis définitivement irrécupérable.
Enfin, c'était vraiment bien... Doux, poétique et plein de finesse. Vraiment bien. Un roman qui parle de la mer et de la famille. Tout ce que j'aime. ☺

Seuil jeunesse, 2018

Traduit par Amélie Sarn. Titre VO : Not As We Know It.

Illustration de couverture : Lisa Zordan

Prolongement de lecture : À marée basse, de Jim Lynch

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15/12/17

La Team Sherlock : Le mystère Moriarty, de Stéphane Tamaillon

La Team SherlockEn cette rentrée au prestigieux collège international de Comte-de-Phénix, Celandine, Haruko et Alejandro vont se découvrir une passion commune pour les énigmes et les phénomènes inexpliqués. En effet, plusieurs événements étranges sont survenus dans les enceintes de l'école - des camarades disparaissent ou sont agressés dans leur chambre par une entité surnaturelle. C'est assez pour exciter la curiosité de nos jeunes enquêteurs, qui décident de porter leur suspicion sur le vieux bibliothécaire, un certain Watson.
On s'ébroue aussitôt dans notre fauteuil en tournant les pages du bouquin. Voilà le parfait petit roman qui introduit au genre policier et qui initie en finesse aux héros classiques de Conan Doyle. On savoure d'avance les prémices de cette série conduite avec intelligence, humour et simplicité. L'enquête soulève quelques frissons (le regard fantôme, les chutes du reichenbach, le testament du dieu tibétain), même si le dénouement est sans surprise. Après tout, la lecture est abordable pour les plus jeunes, dès 9-10 ans, qui apprécieront l'ambiance du pensionnat avec ses mystères. Les personnages sont sympathiques, tour à tour curieux, intrépides et maladroits. J'ai juste trouvé que l'illustration de couverture ne les mettaient pas à leur avantage, ceci étant le premier aperçu d'une histoire, il m'a fallu dépasser cette appréciation pour me plonger aveuglément dans l'ouvrage. Clairement, l'ambiance est la réussite du livre. Mais contrairement à la série Ultramonde, celle-ci cible davantage les plus jeunes lecteurs. C'est le seul détail qui a été pour moi une barrière pour adhérer pleinement à ce je découvrais. 

seuil jeunesse, 2017 - illustration de couverture : alban marilleau

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28/11/17

La Reine scarabée, de M.G. Leonard

Après Scaraboy, les aventures de Darkus et son scarabée Baxter continuent ! 

La Reine scarabée

Son père tiré des griffes de Lucretia Cutter, Darkus imaginait que leur vie reprendrait son cours normal. Erreur. Outre la soudaine disparition de leur ennemie - et la probabilité d'un nouveau plan machiavélique en gestation - l'attitude du professeur Bartholomée Cuttle s'avère aussi préoccupante. L'homme semble s'impliquer plus que de raison dans l'éducation de son fils mais veut serrer la vis. Il lui interdit notamment de partir en vadrouille avec ses amis, Bertold et Virginia, et ne cesse de le mettre en garde contre les scarabées. Darkus est scandalisé. Son père a déjà oublié qu'une armée de coléoptères est venue à sa rescousse et que seule Lucretia est indigne de confiance. Désemparé, le garçon se confie auprès de ses proches, mais tous lui conseillent la prudence. Et c'est là que le professeur Cutter disparaît à nouveau... 
De son côté, Lucretia Cutter a effectivement élaboré un autre plan d'attaque - lequel devrait connaître son apothéose en pleine cérémonie des Oscar ! Sa rouerie est démoniaque, son ambition dévorante, ses expériences n'ont plus aucune limite, ses alliances donnent des sueurs froides, et ses agissements ne paraissent nullement inquiétés. C'est donc en toute quiétude qu'elle s'envole pour Los Angeles avec sa précieuse garde du corps, Ling Ling, et sa fille Novak. 

Surprenant et plein d'entrain, ce deuxième tome assure un bon moment de lecture avec une histoire qui tient la distance et des personnages qui ne reculent devant rien. Notre trio de choc - Darkus, Bertold et Virginia - encaisse les coups durs, fait front face aux trahisons et secrets en tous genres, se heurte aux contraintes familiales, tergiverse mais se lance avec fougue dans l'aventure - leurs scarabées télépathes toujours bien nichés dans leur poche ou leur chevelure. La tension est plus palpable, heureusement les deux nigauds, Humphrey et Pickering, apportent un peu d'air frais à cette atmosphère cryptique. La série prend de l'ampleur et ne prend surtout pas ses lecteurs pour des patates - une bonne découverte !

seuil jeunesse, 2017 - trad. Amélie Sarn

 

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Journal d'un dégonflé #12: Sauve qui peut ! de Jeff Kinney

journal d'un dégonflé sauve qui peut

Cette année, les parents de Greg ont choisi de fêter Noël au soleil ! En souvenir de leur lune de miel idyllique, ils décident de retourner dans le même hôtel, un paradis exotique, avec des activités à gogo. Or, cette escapade va réserver à toute la famille des émotions en tous genres - il y a d'abord la course à perdre haleine pour se rendre à l'aéroport, puis le vol en avion, véritable source de stress, avant la découverte émerveillée de leur lieu de vacances. Pfiou. Les Heffley pensaient avoir enfin mérité de se relaxer, mais c'était sans se douter des changements survenus depuis les jeunes années du couple, sans compter le nombre incalculable de touristes ayant eu la même idée géniale d'échapper à la grisaille hivernale... Adieu repos et sérénité ! Les vacances auront un goût de déconfiture pour notre héros dépité.
Que de turpitudes au sommaire de cette lecture... mais quelle bidonnade aussi ! ☺

Racontée du point de vue de notre dégonflé de service, forcément l'histoire est drôle et irrésistible ! Chaque anecdote est poussée à l'extrême et décrite avec exagération. Notre cher ami est ainsi la cible de toutes les malchances et l'acteur principal de nombreux événements fâcheux. On sourit tout du long à l'énoncé de ses déboires - mauvaise place dans l'avion, valise paumée, repas en pleine nature, araignée dans la salle de bains, bateau banane en déroute... Ces petites déconvenues viennent ponctuer sournoisement le séjour des Heffley et leur pourrir l'existence - louons franchement leur abnégation dans la traversée de telles épreuves ! Ha ha. 
On pourrait croire qu'au terme de douze tomes, et six ans d'existence, la série accuserait un essoufflement ou lasserait son public qui poursuit son petit bonhomme de chemin pour éventuellement se tourner vers d'autres genres littéraires, mais non, pas du tout, le lecteur est fidèle, toujours au rendez-vous. La série reste une valeur sûre, au succès amplement justifié. On se marre à chaque fois en parcourant les aventures cocasses du fameux dégonflé ! Bonne pioche.

seuil jeunesse, 2017 - trad. Nathalie Zimmermann

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20/11/17

Pêle-Mêle : Déluge chez les fourmis - Une histoire d'amour - Le Totem - Pourquoi les lapins ne portent pas de culotte ?

Déluge chez les fourmis

Panique à bord ! Un orage se prépare et suscite une vive agitation chez les fourmis. Car la pluie submerge tout, et nos fourmis tentent d'échapper aux flots déchaînés en se réfugiant sur la mousse. Après la tempête, c'est le carnage. Les fourmis sont face à un spectacle de désolation - pas de temps à perdre, il faut tout nettoyer, épurer la fourmilière de la moindre goutte d'eau pour éviter de fragiliser les fondations. Une fois les corvées bouclées, nos fourmis ont bien mérité un petit casse-croûte de champignons sur les bords de la rivière. Mais gare au pic-vert en quête de déjeuner !

L'illustratrice - graphiste et ingénieur papier - Elmodie nous régale à nouveau d'un album génial, qui laisse éclater 7 pop-up époustouflants, lesquels nous embarquent et nous font vivre la vie ô combien laborieuse des fourmis. C'est impressionnant, poétique et de toute beauté ! Après Un singe dans la neige et Matelot à l'eau, ce nouveau rendez-vous est tout aussi enchanteur et interpelle les jeunes lecteurs, séduits par la mise en scène enlevée, la couleur verte et l'atmosphère rafraîchissante. Un gros big-up d'amour ! ♥

Déluge chez les fourmis, d'Elmodie

De la Martinière jeunesse, 2017

 

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Une histoire d'amour

Lorsque Georges et Josette se rencontrent la première fois, c'est le coup de foudre ! Pique-nique, bal, sérénade au clair de lune... Josette a la tête qui tourne, mais est totalement séduite. Le couple se marie, adopte un chien puis fonde une famille. Le bonheur est parfait, le temps passe, la maison s'emplit puis se désemplit du boucan domestique. Et ainsi file une petite vie simple et heureuse.

En gros, c'est une banale histoire d'amour, avec ses joies et ses peines, une histoire ordinaire et pourtant si belle aux yeux des protagonistes. Et universelle, car il en existe tant, des histoires pareilles ! Bien sûr, pour ajouter une touche originale, Gilles Bachelet met en scène deux gants de la marque MAPA et raconte leur histoire de manière cocasse et fabuleuse.

L'auteur se sert de petits détails du quotidien pour planter son décor ou pour recréer des situations qui font sourire, chaque page fait illusion, et l'imagination déborde aussitôt ! Un album original, touchant et authentique. 

Une histoire d'amour, de Gilles Bachelet

seuil jeunesse, 2017

 

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le totem

Superbe lecture que celle du Totem ! Dans un village indien, le chef réclame un nouveau totem - le précédent a été grillé par la foudre. L'artiste de la tribu ne lésine pas sur les moyens, et hop hop hop, il fait son job et montre fièrement son œuvre. Seulement, le chef n'est pas content du tout. L'artiste repart en quête d'inspiration, il décide de tailler un totem toujours plus haut, plus grand, plus fort. Mais le chef n'est toujours pas satisfait.

Finalement, après une longue nuit de réflexion, l'artiste sculpte un totem pas très grand, assez gros, avec un nez imposant, un sourire grimaçant et une mine patibulaire... Bingo ! le fruit de son labeur conquiert le chef ébahi. Et pour bien comprendre la chute de l'histoire, mieux vaut la découvrir par soi-même ! L'auteur, lui, se contente d'une phrase sibylline : Rien n'est plus grand, rien n'est plus haut que l'orgueil d'un chef.

Une lecture extra ! Pour son humour, pour son graphisme, pour ses couleurs, pour son histoire sans texte, pour sa symbolique et pour le silence qui plane au-dessus de chaque page... l'imagination fait mouche ! Bravo. 

Le Totem, de Gilles Baum & Thierry Dedieu

Seuil jeunesse, 2016

 

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Pourquoi les lapins ne portent pas de culotte

On termine ce tour de piste avec un album déjanté et à l'histoire complètement dingue ! Zou est un petit lapin qui chante très faux et qui est fou amoureux de Betty, mais celle-ci n'a que faire de ses déclarations puisqu'elle compte déjà une flopée d'admirateurs. Frustré, Zou cherche à se distinguer de la masse, quand il a soudain l'idée d'enfiler une culotte chipée à un humain. Après quoi, c'est bim bam boum dans le cœur de la belle !

Les lapins, jaloux, sortent à leur tour de leur zone de confort et vont chaparder du linge chez les bipèdes. Et le cafouillage enfle, enfle... car le comportement des lapins devient ingérable. Cela se tire dans les pattes, cela spécule, cela conspue, cela tombe en embuscade, cela se déchire. Hanlala, la communauté est au bord de l'implosion. Même les aigles aux yeux perçants ont été attirés par ces spots colorés qui courent en toute insouciance dans les champs !

Voilà qui explique concrètement pourquoi les lapins ne portent pas de culotte ! Croyez-moi, la lecture est hilarante et invite petits ou grands à se régaler des multiples références qui s'y nichent. Chaque anecdote est désopilante, racontée avec un humour décapant. Il y a une totale liberté de ton, des clins d'œil et des boutades qui en feront glousser plus d'un ! Super sympa. ♥

Pourquoi les lapins ne portent pas de culotte, d'Antonin Louchard

seuil jeunesse, 2016

 

 

06/11/17

Pêle-Mêle : Buffalo Bill - Olivia joue les espionnes - La rentrée de Lison - Dis, pourquoi tu cries ? - Binek et Paupiette

Buffalo Bill

William Cody est un vieil homme sur le point de mourir, quand il reçoit la visite du Grand Esprit du Bison. Ce dernier souhaite l'interroger sur son parcours, et savoir s'il est fier de tout ce qu'il a pu accomplir dans sa vie. N'hésitant pas une seconde, William lui raconte en détails son existence riche en péripéties, son enfance à convoyer du bétail, son expérience au Pony Express, puis la guerre et son ralliement auprès du général Custer, l'essor du chemin de fer, la conquête des territoires, le massacre de troupeaux entiers de bisons, et enfin sa parade pour raconter l'Ouest sauvage selon Buffalo Bill... Au fil du dialogue, au-delà de toute condamnation, un mot vient finalement ponctuer cette vie incroyable - c'est le rêve. 

Cet album retrace avec brio le parcours d'une légende à travers une histoire palpitante et épique. On y trouve une certaine majesté dans ce grand format aux illustrations fascinantes, et bien évidemment une passion partagée pour le grand Ouest américain. Une magnifique lecture, qui fait voyager et bien évidemment rêver !

Buffalo Bill, de Taï-Marc Le Thanh & Lucile Piketty

seuil jeunesse, 2017

 

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Olivia joue les espionnes

Olivia est de nature coquine et turbulente. Un jour, elle surprend une conversation téléphonique de sa maman qui se plaint d'elle. C'est décidé, elle va prendre des mesures drastiques. Oh, oh, se dit Olivia, qui décide d'espionner plus loin sa maman pour éviter d'être prise au dépourvu. Cela se précise quand elle entend ses parents échanger quelques idées, comme l'expédier à un endroit qui serait “une véritable institution”. Après avoir pris des renseignements auprès de son maître, Olivia tire hâtivement des conclusions - elle va finir en prison ! Olivia se prépare donc, la mort dans l'âme, à quitter son cocon douillet pour subir sa terrible punition.

Quelle drôle d'aventure pour notre Olivia fétiche ! Où l'on découvre dans cette lecture combien est grande l'imagination des enfants et comme c'est vilain d'écouter aux portes. Le quiproquo est énorme et source de situations vraiment drôles. Une très chouette lecture. ☺

Olivia joue les espionnes, de Ian Falconer

seuil jeunesse, 2017

 

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La Rentrée de Lison

Place à une autre héroïne aussi espiègle et surprenante. Lison est une petite fille tellement impatiente d'aller à l'école, qu'à la veille de la rentrée, elle est excitée comme une puce et fait des bonds sur son lit jusqu'au bout de la nuit, si bien qu'au réveil c'est la soupe à la grimace. En classe, Lison apprend à vivre avec ses camarades, à partager, à faire des dessins et à ne pas déborder sur la feuille du voisin, à épater la galerie pendant la récré, à dire des gros mots en gloussant, à donner des baisers dégoûtants, à se fâcher avec sa meilleure copine, à ne pas salir sa blouse et à exprimer sa fibre artistique en jouant de la musique...

C'est simple, mais impayable. Ce sont 14 histoires courtes, mais qui font mouche, car elles épinglent toutes avec humour et tendresse des moments privilégiés dans la vie des jeunes écoliers. Il n'est pas une histoire qui leur évoquera quelques souvenirs ! C'est léger et d'une justesse remarquable. Existe aussi : Les nuits de Lison.

La rentrée de Lison, d'André Bouchard

seuil jeunesse, 2017

 

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Dis pourquoi tu cries

C'est l'histoire d'un coq qui se met à chanter tôt, beaucoup trop tôt. Ses camarades de la ferme sont paumés, mais rouspètent. Les uns après les autres, ils viennent donc s'époumonner auprès du coq pour former une chorale tonitruante et tapageuse. Quelle cacophonie ! Heureusement, la poule vient remettre de l'ordre dans cette monstrueuse pagaille.

Non seulement l'histoire est très, très drôle, mais elle se découvre aussi par la magie du pop-up et un graphisme percutant. Un album qui inspire de la joie et du rire. À découvrir dans le même registre : Dis, pourquoi tu boudes ?

Dis, pourquoi tu cries ? de J.R. Catremin & Arnaud Roi

seuil jeunesse, 2017

 

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Binek et Paupiette dans le temple maya

On ne compte plus les albums qui deviennent de véritables jeux de piste, sous forme de labyrinthes à décortiquer, comme cette histoire de Binek et Paupiette dans le temps Maya. Le jeune garçon a perdu son chien, qui adore courir dans tous les sens et faire tourner en bourrique son jeune maître. À lui de le courser dans les couloirs du temple, et même à travers la jungle, croisant sans frémir des créatures féroces, et des éléments en furie.

Avis aux aventuriers : accrochez-vous ! Cela tourbillonne et ça bouillonne tous azimuts. Cela nous entraîne dans un univers foisonnant de détails et d'illustrations confondantes. Il faut garder l'œil ouvert et l'esprit en éveil. En bonus, chaque double page comprend un défi supplémentaire sous la forme de "cherche et trouve" un symbole maya, un masque rituel, un singe voleur ou un serpent. Une lecture qui vous calme un môme pendant un bon moment. ☺

Binek et Paupiette dans le temple Maya de Krzysztof Laniewski-Wollk

De la martinière J., 2017

  

19/10/17

Pêle-Mêle : Une si charmante verrue sur le nez - À pas de loup - La bête de mon jardin

Une si charmante verrue sur le nez

Léon déteste ce qui est joli, mignon, gentil et sympa. Il n'aime pas non plus les gens, surtout quand ils sont polis et affables. Aussi, lorsqu'il rencontre Gertrude Crocheblaze, c'est le coup de foudre. Elle a tout pour plaire à notre loustic - le cheveu filasse, le menton en galoche, les dents noires, les yeux globuleux et une charmante verrue sur le nez. Gertrude est aussi une sorcière, affreuse et mauvaise. C'est dit, Léon et elle forment le couple parfait.

Nos deux amoureux décident un jour de partir en voyage, en Afrique. Ils ne rêvent pas de paysages romantiques, mais se réjouissent de rencontrer des crocodiles hideux et des hippopotames obèses. Hélas, sur place, ils tombent sur les trois animaux les plus débonnaires de toute l'Afrique - Richard, le lion végétarien, Alfred, l'éléphant élevé par une duchesse anglaise et Émilie, la tortue timide.

Quelle calamité d'avoir des voisins dégoulinants de politesse ! Léon et Gertrude n'ont vraiment, vraiment pas de bol. Dans leur désir d'affronter le laid, le moche, l'horrible, ils n'ont que faire du lisse, du mielleux, du contrit. Et boum, au volant de leur voiture polluante, en vadrouille dans la savane, notre couple teigneux ne voit soudain plus qu'un écran noir à travers leur pare-brise.

Pourquoi, comment ? C'est toute la férocité de cette histoire, racontée non sans humour noir, et qui met en scène deux affreux jojos dans une aventure follement rocambolesque. André Bouchard met à l'honneur deux méchants pas charmants, en accentuant bien le sordide, et c'est très, très rigolo ! La chute finale est tout aussi désopilante. ☺

Une si charmante verrue sur le nez, d'André Bouchard

Seuil Jeunesse, 2017

 

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A pas de loup

Claire et Louis passent la nuit chez leurs grands-parents, quand ils sont saisis d'une petite fringale nocturne. Ils se faufilent hors du lit, en toute discrétion. Du moins, c'était leur intention car les enfants ne vont cesser d'être maladroits, de buter dans les meubles, de briser des vases, de renverser le lait dans la cuisine ou de casser la branche du cerisier.

Quel ramdam ! Forcément, cela attire l'attention de Papi et de Mami... et là Coco le toucan, Grangrogris l'éléphant ou Minouchette la tigresse endossent toute la responsabilité et servent judicieusement d'alibis.

En voilà une lecture étonnante, qui fait appel à l'imagination et qui mélange avec subtilité le rêve et la réalité. Les illustrations baignent dans une ambiance claire-obscure de toute beauté. C'est apaisant, et le texte d'une grande poésie parachève l'impression d'ensemble d'une lecture pleine de douceur.

À pas de loup..., de Christine Schneider & Hervé Pinel

Seuil jeunesse, 2017

 

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La Bête de mon jardin

Dans sa chambre, un garçon scrute derrière sa fenêtre la pénombre du jardin. Caché dans les buis, se trouve une bête. Il le sait, il devine sa silhouette, il la redoute également, mais il décide de sortir pour s'en approcher. Inversement, la bête scrute l'enfant depuis sa cachette. Il sent son odeur et s'en pourlèche les babines. Il n'y a pas que le garçon à avoir été nourri de légendes et de contes du soir... La bête aussi connaît ses classiques et craint l'homme... le chasseur.

C'est donc un troublant jeu de miroirs qui s'orchestre sous les yeux du lecteur. L'enfant et la bête s'observent, mais tous les rôles ne sont pas définis et les mythes entretiennent le mystère. Et puis, il y a aussi le jeu des lumières, celui de l'imagination. En gros, c'est un jeu de dupes. Entre songe et illusion, cet album séduit, par ses jolies découpes, son univers graphique et ses couleurs crépusculaires. Un bel exercice de style, qui fait appel au pouvoir de l'imagination.

La bête de mon jardin, de Gauthier David & Samuel Ribeyron

Seuil jeunesse, 2017

 

 

17/10/17

Shadow Magic, de Joshua Khan

Shadow MagicVisez cette magnifique couverture de Ben Hibon, qui vous plonge dans l'ambiance... Elle annonce haut et fort la couleur - la lecture sera sombre, frissonnante et captivante ! Gros coup de cœur droit devant. ♥

Depuis plusieurs siècles, six maisons de magie se partagent le monde. Au royaume de Géhenne, la jeune héritière, Lilith Ombreuse, n'est clairement pas prête à assumer ses responsabilités. Seule survivante d'une famille qui est tombée dans une embuscade, la jeune fille n'a plus que son oncle Pan pour veiller sur elle. Mais l'homme, vieillissant et alcoolique, a accepté par dépit une alliance avec les Solaire. Leurs troupes fringantes doivent débarquer à Château Lugubre pour sceller les accords, Lily doit se soumettre à la décision. Certes, Gabriel est beau mais arrogant, il parade en ville en affichant sa supériorité. Lilith le prend en grippe et s'intéresse exprès à son prisonnier, K'leef, l'un des fils du sultanat de Feu. Dans les écuries, un jeune spectateur n'en loupe une miette - Ronce, fils de bûcheron, est devenu l'assistant de Tyburn, l'assassin royal. Lui aussi ronge son frein en attendant son heure pour accomplir ses desseins cachés.

La lecture est passionnante, elle introduit un univers fantasy surprenant, annonciateur de belles heures de lecture en devenir ! J'ai été clairement emballée. Ce premier tome impose sa puissance romanesque, sa richesse et sa qualité à installer personnages et enjeux dans un imaginaire qui ne demande qu'à déployer ses ailes. C'est foisonnant, bien ficelé, hyper prenant. Je n'avais pas lu 100 pages que je sentais déjà le coup de cœur venir. Boum ça n'a pas loupé. Je recommande fortement ! ♥

Seuil jeunesse, 2017 - Trad. Amélie Sarn

Suite prévue en avril 2018

 

Posté par clarabel76 à 11:45:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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