20/09/09

C'est un monde ! ~ Michel Galvin

Seuil jeunesse, 2009 - 48 pages - 16,50€

cest_un_mondeOu pourquoi papa bricole (le diable expliqué aux enfants, il s'agit du sous-titre, c'est excellent !). Hélas, je n'ai trouvé aucun élément de réponse dans cet ouvrage, même si j'ai cru comprendre qu'un diablotin aimait à se faufiler dans les foyers, en cachette, et qu'il narguait les hommes avec une grosse pelote noire. Une pelote si grosse qu'elle fait tâche dans la belle, grande maison dont est si fier l'Homme. Impossible à attraper, impossible à virer. La course-poursuite commence, avec un formidable voyage à la clé. Oui, le diable vous ouvre de nouveaux horizons. Non, votre vie d'Homme n'est pas celle de se contenter de son chez-soi, à se rengorger d'avoir un endroit propret qui flatte votre ego. La pelote, donc, c'est comme votre désir que l'on déroule à la découverte du monde et de l'autre.

Extrait : Les choses s'arrangèrent plutôt bien.
Les réparations durèrent... durèrent... durèrent... si longtemps qu'elles durent encore aujourd'hui (c'est ce qu'on appelle le bricolage) et que le bonhomme, pour des raisons pratiques bien sûr, finit par rester sur place.
Quant à l'autre (ne prononçons pas son nom), il ne doit pas être bien loin puisqu'il est un peu partout chez lui, sûrement à méditer sur tout ça et à se croire important... C'est un monde !

Cela me fait rire toute seule, le coup des réparations qui durent, qui durent... si longtemps qu'elles durent encore aujourd'hui... C'est ce qu'on appelle le bricolage ! Ah merci, j'en sais quelque chose !!! ;o)

A propos, je vous conseille de suivre Mel de La Soupe de l'Espace pour mieux connaître le monde merveilleux de Michel Galvin.

IMGP6556
IMGP6555IMGP6554
IMGP6553

illustrations de @ c'est un monde ! à ne pas reproduire, merci.

Posté par clarabel76 à 18:00:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,


17/09/09

Sgribouillages - Un livre à dessiner et à colorier ~ Taro Gomi

Seuil jeunesse, 2009 - 376 pages - 15 euros

 

IMGP6537         

 

Tu aimes dessiner et colorier? Alors tu vas adorer gribouiller.
376 pages d'activités pour faire ce qu'il te plaît. Avis aux amateurs de couleurs et aux artistes en herbe ! Avec Taro Gomi, tout est permis.

 

sgribouillagesArtiste réputé au Japon, Taro Gomi s'est fait connaître avec près de 300 livres illustrés, dont un grand nombre de "livres à dessiner". Un phénomène de plus en plus à la mode, ces dernières années. Et dire que tous ont copié l'idée géniale du japonais !

 

Actuellement malade, la miss C. s'est prêtée au jeu et n'a pas boudé son plaisir. Au fil des pages, ce sont des expressions de visage qu'il faut dessiner, des décors à planter, des animations à donner, des couleurs à apporter, le champ est large, avec parfois des indices pour taquiner la muse (dessine quelque chose de difficile à manger, ou qui se mange à la cuillère ou avec une baguette, dessine un chapeau ou des vêtements, des enseignes, dessine une histoire qui se passe à la montagne ou dans l'océan, colorie le ciel, selon les indications, le soleil brille, le ciel se couvre, il tombe des cordes, etc.).

 

Le graphisme assez simple permet aussi de décomplexer l'enfant et offre une inspiration bénéfique qui les fera déborder d'une extraordinaire créativité.

 

Bref, ce livre est bourré d'idées pour s'amuser (pour enfants et parents, enseignants aussi !). En préambule, on vous annonce que : certains artistes travaillent vite, d'autres lentement. Certains artistes sont très besogneux, d'autres plus fainéants. Il y a toutes sortes d'artistes. Mais tous aiment s'amuser. Ce livre s'adresse donc à tous les artistes... en herbe ou de génie ! Un livre où il fait bon colorier, dessiner, inventer, peindre, compter... tout en s'éclatant.

 

Très sympa.    

 

 

Posté par clarabel76 à 09:45:00 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
Tags : ,

05/09/09

Un dîner surprise, Olivia et la cerise sur le gâteau !

 

 

en cette rentrée, il y avait quelques albums jeunesse qui me disaient bien, des rendez-vous attendus, comme le p'tit dernier de mademoiselle zazie par exemple, plus : le prochain la fée coquillette, deux nouveaux rita et machin et la mélodie des tuyaux de benjamin lacombe (tout ça, en octobre, yep !), mais voici déjà :

le dîner surprise, par astrid desbordes et pauline martin, toutes deux coupables des rêveries d'un hamster solitaire, mon lien ici pour se rappeler cet album que j'avais beaucoup aimé.

le_diner_surpriseCette fois, l'histoire est un peu moins surprenante. Cela raconte une étrange soirée durant laquelle la poule attend ses invités, l'ours, l'écureuil et la souris, pour déguster un gâteau au fromage frais, avec des baies et des grains de sucre. Premier contretemps, un invité surprise frappe à la porte qui s'ouvre sur un loup frigorifié (la neige tombe à gros flocons). Notre bonne poule l'invite à prendre un thé chaud pour se réchauffer. Elle l'installe dans la cuisine. Deux secondes après, on frappe de nouveau à la porte. C'est l'ours, avec sa petite motte de beurre, et aussitôt il affiche une mine déconfite face à son hôtesse et son gâteau au fromage et il part en courant. La poule s'étonne, de plus cela se répète avec l'écureuil et la souris. C'est triste pour elle, tous ses efforts pour une soirée exceptionnelle, avec un mets savoureux, non pas une soupe à la carotte. Elle se confie au loup, lequel a repris du poil de la bête. Hmm. Trop naïve, notre poule ? A vous de juger. C'est beaucoup moins drôle (piquant) que les rêveries d'un hamster solitaire, mais c'est tout à fait charmant. On sourit, surtout.

albin michel jeunesse, 2009 / 10€

*-*-*-*-*

oliviaplace maintenant à l'incontournable de la saison, j'ai nommé : Olivia qui revient en une version tout-carton du premier opus des aventures de cette petite cochonne (lauréat du prix baobab de l'album en 2000).

Cela faisait très longtemps que je n'avais pas relu Olivia, aussi ce fut un grand plaisir de m'y replonger. Maintenant, je vous le confie, Olivia et ma miss C., même combat. Deux fillettes douées, pleines d'énergie, épuisantes pour leur entourage, curieuses, gourmandes, bavardes et j'en passe. Deux petites scènes m'ont fait penser à ça : Le matin, quand elle se lève, elle emmène le chat, elle se brosse les dents, se coiffe et remmène le chat. (Chez nous, vous imaginez juste un chien noir.) Après un bon bain, et un bon dîner, c'est l'heure d'aller au lit. Mais, bien sûr, Olivia n'a pas du tout sommeil. "Maman, juste cinq livres ce soir", dit-elle. "Non, Olivia, un seul. - Quatre, alors ? - Deux. - Trois ! - D'accord, trois, mais c'est tout."
Je vous dispense (faute de mieux) des illustrations qui sont un atout complémentaire à cette lecture. C'est tout bonnement drôle, une bouffée d'air frais rien qu'à contempler, et le reste sert un peu de légende qui vous tire le sourire jusqu'aux oreilles.

Seuil jeunesse, 2009 / 10 € . Mel de La soupe de l'espace en parle ici.

*-*-*-*-*

attention, dernier point de contrôle : une nouvelle enquête de l'inspecteur Lapou droit devant !

cerise_gateauVous prenez un gâteau au chocolat, une cerise qui se fait la malle de sa branche, une foire d'empoigne et beaucoup, beaucoup de gourmandise autour. Remuez, ou tournez les pages, et vous obtenez un savoureux moment à parcourir toute seule, comme une bonne maman égoïste, après tout, se faire plaisir est un gage de lutte contre le vieillissement précoce. (C'est juste moi qui le préconise. Mais je suis sûre de ne pas me tromper !)
Comme d'habitude, il n'y a pas franchement d'enquête, l'inspecteur Lapou est plus débonnaire que jamais, il suit le mouvement, et son flegme ne le quitte pas une seconde. Tant mieux, cela rend la lecture piquante et décalée. Oui, j'aime beaucoup. En bonus, cette fois nous avons droit à la recette de la cerise sur le quatre-quart (très facile).

Gallimard jeunesse, coll. Giboulées, 2009 / 7€

Pour les plus jeunes, il y a aussi l'âne Trotro mène l'enquête, façon Club des Cinq sur la piste du goûter disparu. Et celui-ci ne coûte que 2€ !

trotro_mene_lenquete

21/08/09

Journal d'un dégonflé ~ Jeff Kinney

Seuil, 2008 & 2009 - 224 pages - 9,95€
Traduit de l'anglais (USA) par Nathalie Zimmermann
titre vo : Diary of a Wimpy kid

journal_dun_degonfle_1Greg Heffley est un collégien de douze ans, ni beau ni moche, pas intello mais pas cancre non plus, pas du tout sportif, ni très drôle, donc pas populaire pour deux sous, mais il y travaille. Cette année scolaire sera placée sous le signe de la réussite, quitte à abuser de la crédulité de son meilleur ami Robert, gentil et naïf, mais franchement pas futé.
Les mois défilent à une bonne cadence et sont racontés dans ce carnet de bord, qu'il ne faut surtout pas appeler journal intime (c'est pour les nazes !). On y découvre sa vie de famille, entre un grand frère musicos et le petit dernier chouchouté par les parents, sa vie au collège qui n'est qu'une irrésistible série de coup bas mis en oeuvre par ce dégonflé qui s'ignore, ou qui ne s'assume pas.
Greg n'a qu'une idée en tête : devenir célèbre, s'afficher sur la page des favoris dans l'annuaire du collège. C'est ça ou rien.
L'histoire est ponctuée par des croquis d'une fausse placidité qui accentuent le comique de situation et soulignent l'absurdité et le cocasse des anecdotes. C'est la touche en plus, qui rend cette histoire drôle et très divertissante.
Journal d'un dégonflé est un roman en bd, comme il est écrit en couverture, le premier d'une longue série, qui m'a fait beaucoup rire.

 

*-*-*-*-*-*

Et déjà le deuxième volume est disponible !

journal_dun_degonfle_2bisGreg est soulagé de reprendre le chemin du collège, après avoir passé des vacances épouvantables. La cause : son grand frère, Rodrick. Il est dur et impitoyable avec lui, le fait chanter sans vergogne, et pourquoi ? Parce qu'il s'est passé un événement que Greg aimerait oublier, mais Rodrick sait tout et se fait un devoir de le lui rappeler.
Si l'humour du premier tome avait été une réelle surprise, accueilli avec une sensation de fraîcheur et de distraction plus qu'appréciable, ce tome 2 ne déroge pas à la règle et se veut également désopilant. Ce sont strictement les mêmes ingrédients qu'on retrouve : un pauvre type qui se débat avec lui-même pour ne pas finir crétin, et son meilleur ami pas mauvais pour deux sous, hélas mou du genou, mais c'est un brave garçon, je l'aime bien, surtout parce qu'il supporte son copain Greg sans réaliser combien il est malhonnête.
Et comble de tout, Robert a de plus en plus la côte auprès des filles, ce qui devrait servir d'exemple à Greg, le forcer à réfléchir pour changer d'attitude, mais un garçon de treize ans, ça reste un garçon de treize ans... ça réfléchira plus tard.
C'est probablement pour toutes ces raisons que les lecteurs plébiscitent les romans de Jeff Kinney, parce que le personnage de Greg Heddley n'est pas un héro conventionnel, et leur ressemble davantage. Il a ses qualités, ses défauts et ses failles. Et comme ce n'est pas un type extraordinaire, sinon qu'il est quelconque, limite odieux (mais la morale est sauve !), ses aventures ne peuvent que concerner la cible idéale des 10-12 ans (et plus).

 

le blog : http://journaldundegonfle.wordpress.com/

le site américain : http://www.wimpykid.com/

 

Posté par clarabel76 à 17:30:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , ,

12/08/09

On n'arrête pas les comètes ~ Sigrid Baffert

Seuil, coll. Karactère(s), 2009 - 106 pages - 8€

on_narrete_pas_les_cometesL'histoire s'ouvre sur la rencontre entre Emilien le facteur et Clémence la costumière pour le théâtre. Sans aucun rapport, arrive Aubin, lycéen qui vient de décrocher son bac. Il rentre chez lui pour apprendre la triste nouvelle du suicide de sa mère, dans sa maison d'enfance. Drame. Larmes. Funérailles. C'est le ballet des heures sombres, pour la première fois Aubin est pris d'un hoquet qui ne le quittera plus et reviendra tous les jours, à heure fixe.
Malgré le souhait de ses proches de vendre la maison, estampillé lieu maudit, Aubin s'oppose. Il a besoin de temps, besoin de revenir aux sources, pour pleurer et sombrer dans le berceau de sa mère.
On retrouve alors Emilien, avec une certaine Hanna. Cette femme fuit aussi son propre passé et refuse de suivre la voie qui s'ouvre à elle. Elle bifurque. C'est à ses côtés qu'Emilien est victime d'une attaque, alors qu'il lisait le journal.
L'histoire peut maintenant tracer sa route, au lecteur d'être entraîné vers ces destinées qui se croisent, s'effleurent, s'éloignent, se lient et se délient. Au coeur du conflit, le suicide d'un parent. A Aubin, la douleur et la déchirure. Le deuil qui commence. La distance à prendre. A Emilien et Hanna, le poids du passé. Le choix d'assumer leurs actes manqués. Ensemble, ils parviendront à accepter et apprendre à vivre l'absence.
Malgré son titre, on comprend que le roman ne traite pas d'astronomie. Son sujet : la famille. On a beau avoir les bras cassés et des regrets qui débordent des poches, on n'est pas pour autant inapte à se reconstruire. Se bricoler des ailes, colmater les brèches, panser ses bleus à l'âme. Ensemble, c'est tout.
Voilà encore une histoire qui nous le prouve.

à partir de 13 ou 14 ans.

une précédente version de ce texte a été publiée sous le même titre en 2004 chez syros.

 

Posté par clarabel76 à 10:15:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : ,


17/06/09

Villa des Oliviers ~ Anne Vantal

villa_des_oliviersCet été-là, Manon, quinze ans, n'a pas le goût de le passer comme les autres années, à la Villa des Oliviers, la résidence de ses grands-parents, chez lesquels toute la famille aime se réunir durant trois semaines, en juillet. L'envie n'y est plus. Ce n'est pas seulement la soudaine défection de son amie Célia, à la dernière minute, de n'avoir pu se joindre à la troupe. C'est plus globalement un état d'esprit.

Manon a quinze ans, elle se sent trop vieille pour frayer avec ses cousines de douze ans et trop jeune pour être prise au sérieux par les adultes, eux-mêmes bien empêtrés dans leur histoire de couple ou de travail. Alors Manon boude, elle participe aux activités familiales sans réelle motivation. Son cousin Vincent, encore un bébé, parvient à lui tirer des sourires. Et puis Nicolas, le fils du jardinier, n'est pas mal dans son genre. Le coeur de Manon palpite plus fort dès qu'elle le voit. C'est sûr, cet été de ses quinze ans ne sera pas comme les autres !

L'histoire est racontée des années après la date des événements, produisant des effets de style pour alimenter l'intrigue et capturer l'intérêt. La narratrice prévient, la narratrice ménage la surprise, la narratrice est chef d'orchestre. Plutôt habile. Sur 140 pages, l'histoire roule sa bosse sur un ton doux-amer qui n'est pas pour déplaire. Cela raconte une chronique familiale, le temps d'un été, avec au centre les turpitudes d'une adolescente en crise, au corps devenu trop grand et trop maigre. La jeune fille se cherche, elle guette une image encore trop floue, et son tempérament illustre ce flottement entre l'enfance et l'âge adulte. Qu'est-ce que c'est agaçant, lorsqu'on a passé l'âge !

C'est toutefois finement esquissé, et cela nous montre combien l'adolescence est une période vécue en dents de scie, où toutes les émotions sont exacerbées et amplifiées. Manon en est le parfait exemple : elle se sent trahie, seule au monde, incomprise, abandonnée. Pour compenser, elle passera son temps à observer les siens et découvrira, bien tardivement, que le monde des adultes n'est pas toujours rose non plus. C'est donc un roman qui évoque la difficulté de quitter l'enfance, en douceur, en tâtonnant, en souffrant aussi. Et la complexité de grandir, évidemment.
J'ai bien aimé !

Seuil, coll. Karactère(s), 2009 - 144 pages - 8,50€

Posté par clarabel76 à 19:00:00 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : , ,

26/05/09

Demain la lune ~ Cécile Roumiguière

demain_la_luneCette année 1969 va être un grand tournant dans la vie de Michel, onze ans. Ses parents se séparent, son père a quitté la Bretagne pour vivre dans le Sud. L'été approchant, Michel et sa soeur Liliane, seize ans, le rejoignent pour passer des vacances au camping. Mauvaise surprise dès l'arrivée : leur père s'affiche avec une nouvelle femme, les enfants sont déçus et jurent de leur faire payer cette déconvenue.
C'est donc l'été, il fait chaud, le 14 juillet fête son feu d'artifices avec son bal annuel, Michel rencontre une fille de son âge, Corinne, qui lui parle en long en large et en travers de la lune et du prochain voyage dans l'espace. Peu à peu, Michel adopte les luneries de Corinne et comprend qu'un monde nouveau est en train de naître. C'est beau, c'est mystérieux, cela donne des frissons partout.

Cécile Roumiguière nous raconte cet été 1969 avec une affection manifeste, tout semble comme pour de vrai, c'est chaleureux, tendre et touchant, avec des clins d'oeil pour ceux qui connaissent et une attention particulière pour les plus jeunes afin qu'ils ne se sentent pas écartés. Elle s'est entourée de personnages attachants, comme Liliane, cette rouquine coiffée à la Sylvie Vartan, qui écoute La Californie de Julien Clerc sur son mini-cassette, ou Corinne, avec ses couettes brunes, son nez cramoisi et son savoir tel un puits sans fond pour tout ce qui touche la technologie, la conquête spatiale et les étoiles.

Sa fascination pour les premiers pas de l'homme sur la lune illustre bien la page nouvelle qui est en train de s'écrire, tout comme l'histoire de ce roman nous parle d'amitié et d'espoir en général, mais aussi d'amour qui dure une vie entière, d'amour qui s'estompe, d'amour qui recommence avec d'autres personnes. C'est aussi un livre sur les illusions qui se perdent et se brisent, et pourtant ce n'est pas un livre triste. Il porte l'espoir en lui, il prend aussi le lecteur à bras le corps, il donne le sourire. La nostalgie qu'on y trouve n'est pas mélancolique, elle est revigorante, on sent que ce n'est plus la même époque, mais on aime aussi ce passé nécessaire pour l'avenir. J'ai été séduite, totalement bercée par cette belle nostalgie, ce monde d'hier qui croyait très fort s'offrir le monde de demain.

A noter que 2009 est l'année du 40ème anniversaire des premiers pas de l'homme sur la lune. Je ne sais pas comment l'exprimer, mais pour moi qui n'appartiens pas à cette génération - pas plus que les jeunes qui liront ce livre - j'ai ressenti une grosse bouffée d'espérance en lisant ce roman, j'ai partagé les rêves et j'ai perdu mes illusions comme Michel et Liliane, j'ai été éblouie par cette nuit dans l'épicerie pour guetter la diffusion par l'ortf des images bouleversantes des américains qui marchent sur la lune, j'ai chanté, j'ai rêvé, j'ai mangé des spaghetti aux fruits de mer, j'ai traîné sur la plage, j'ai pêché des anguilles, je me suis sentie dans le bain... Totalement. 

A signaler aussi que la Lune reste au coeur de nombreuses expressions : décrocher la lune, être dans la lune, demander la lune, promettre la lune... C'est dire son importance !

Seuil jeunesse, coll. Chapitre, 2009 - 105 pages - 8 euros.
illustration de couverture : Olivier Tallec

Le site de l'auteur : http://www.cecileroumiguiere.com/

Lily a également aimé

Posté par clarabel76 à 17:00:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
Tags : , ,

28/04/09

Le sabre sacré ~ Yves-Marie Clément

Jigoro, étudiant japonais de vingt ans, a perdu la vue trois ans auparavant, dans un accident qui a également coûté la vie de ses parents. Elevé chez son oncle, Jigoro est cependant totalement indépendant, il continue de pratiquer le judo, se rend au lycée seul mais a choisi de s'enfermer dans sa bulle. Un soir, il reçoit un coup de fil et apprend que son oncle est hospitalisé, victime d'une agression. La police vise le tueur en série qui sévit dans le quartier mal famé de Hara-Ga, mais Jigoro et son oncle pensent autrement. La famille possède effectivement un dojo privé, et des légendes prétendent qu'un sabre sacré y serait enterré.

sabre_sacre

Chapitres courts, narration alternée entre Jigoro et Ochika, une camarade d'école éperdument amoureuse, on entre vite dans le vif du sujet, avec une économie de mots, l'immersion dans la tête des protagonistes, la compréhension du handicap du garçon qui apprivoise son monde en s'appuyant sur ses sensations odorantes et auditives, et à ceci s'ajoutent le poids des mystères, les crimes en série, les légendes du Japon impérial, les guerres féodales, la culture judoka. Et c'est un français - Yves Marie Clément - qui nous offre cette plongée hallucinante, fidèlement retranscrite, troublante d'authenticité, pour un polar japonais efficace, froid, implacable. Belle découverte, j'ai bien aimé !

Seuil, coll. Karactère(s), 2009 - 140 pages - 8€

Couverture : Frédérique Deviller

 

Posté par clarabel76 à 14:00:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

15/04/09

La saga Mendelson ~ Fabrice Colin

 

saga_mendelson

Fabrice, un ami de la famille Mendelson, choisit d'écrire toute leur histoire depuis sa récente découverte d'une malle aux trésors, qui avec ses journaux intimes et ses photographies racontent leurs aventures étonnantes. La saga Mendelson peut commencer, à Odessa en 1895. Elle s'ouvre sur le couple Isaac et Batsheva, dans une ville qui sera bientôt balayée par les pogroms, les insurrections et la tristement célèbre affaire du Potemkine. Forcés à l'exil, le couple et ses deux enfants vont se rendre à Vienne.

C'est un roman plein de charme qui ouvre cette trilogie historique d'une famille juive plongée dans la tourmente du 20ème siècle. Le rythme est échevelé, l'histoire riche, bien écrite, mélangeant les anecdotes authentiques au souffle romanesque, et le produit en lui-même est très original. C'est en effet une somme de témoignages, d'extraits de journaux intimes, de clichés et de dessins qui composent ce récit, entrecoupé par la voix du narrateur.

Cela pourrait commencer ainsi : il était une fois un horloger modeste qui rencontra la femme de sa vie, elle était d'une grande beauté et l'aimait également d'un amour fou et exclusif. Leur monde s'écroule lorsqu'un vent de haine souffle sur l'Europe et, parce qu'ils sont de confession juive, les oblige à s'expatrier toujours plus à l'ouest. D'un seul coup on se retrouve avec une saga palpitante, qui raconte le destin hors du commun d'une famille marquée par les coups du sort, et qui, de plus, se télescopent aux grandes pages de l'Histoire.
D'Odessa à Hollywood, en passant par Vienne et New York, cette famille exceptionnelle va connaître une destinée tout aussi époustouflante, nous n'en sommes qu'au début (ce premier tome couvre la période de 1895 à 1929) mais l'histoire ne manque déjà pas de rebondissements (séparations, exils, liaisons amoureuses, pauvreté et richesse). Les personnages ne sont pas encore trop nombreux, ce sont les premiers, donc les plus attachants, ils ont le privilège des rencontres étonnantes, avec un certain Adolf Hitler, alors étudiant recalé de l'Académie des Beaux-Arts, le peintre Egon Schiele, ou le producteur de cinéma, Louis B. Mayer.
Sans le vouloir, les Mendelson ont le chic d'être au coeur des événements les plus brûlants et ne semblent pas se contenter d'une existence sage et rangée.
Tant mieux !
La suite promet de palpitantes révélations !

A découvrir en novembre 2009 : les insoumis (1930 - 1965) et au printemps 2010 : les fidèles (1965 - 2000).   

Les premières pages des Exilés, tome 1 de La Saga Mendelson à paraître le 16 avril, sont en ligne ici.

Seuil jeunesse, 2009 - 269 pages - 16,50€

illustration couverture : François Roca
concept graphique : Frédérique Deviller

Posté par clarabel76 à 07:45:00 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags : , , ,

26/02/09

La traversée - Marjolijn Hof

 

51ezspLCHIL__SS500_Margot vit seule avec sa mère, qui est très souvent amoureuse mais a beaucoup de mal à se fixer. Alors les amants défilent, ce qui a tendance à lasser la jeune adolescente. Un jour, Brajni fait son entrée. Il est d'origine islandaise, et il aimerait faire découvrir son pays aux nouvelles femmes de sa vie. Margot piétine, pas convaincue du tout, tandis que son amoureuse de mère se lance dans l'aventure. L'exploration devient vite houleuse. Outre le climat froid, le paysage de cendres, les risques souterrains et les rivières sauvages, Margot commence à être agacée par les disputes incessantes entre sa mère et Brajni. Et puis, ça l'embête aussi car elle a fini par bien aimer Brajni et voit d'un mauvais oeil les moues boudeuses de sa maman... ça sent le drame sentimental !

En attendant, profitons-en pour savourer le décor, pour goûter aux joies culinaires et aux subtilités de la langue islandaise, sans parler des contes et des légendes, de Grettir le monstrueux, du fantôme qui rôde le soir autour de la tente et du pain de troll. C'est encore mieux qu'un guide touristique ! Et pour la petite histoire, Marjolijn Hof dresse un joli portrait de fillette qui contemple les amours compliquées de sa maman volage, qui grandit et qui voit les choses différemment, comme par exemple qu'une pierre est faite de deux morceaux et qu'il existe des tas de pierres dans le monde !
Pour jeunes lecteurs, dès 10 ans.

Seuil jeunesse, coll Chapitre, 2009 - 124 pages - 8,5€
traduit du néerlandais (Pays-Bas) par Emmanuèle Sandron

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : , , ,