13/11/12

« Parce que tout commence pour finir »

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Dans une petite ville danoise, sans histoire, une classe de 4ème assiste sans broncher à la sortie théâtrale de leur camarade, Pierre Anton, qui clame que « tout commence pour finir » et que ça ne vaut pas le coup de se donner la peine du moindre effort. Sur ce, il se réfugie sur une branche de son prunier et n'en bouge plus. Y aurait-il du vrai dans ses propos ? Les adolescents en doutent car ils trouvent le garçon insupportable. Toujours est-il que la petite graine a fait son chemin, et sous prétexte de réfléchir sur le sens de la vie, toute la classe décide d'édifier un Mont de la Signification dans une scierie abandonnée.

Au départ, les intentions sont honnêtes et animées d'un investissement sincère et cohérent. Mais petit à petit, le cercle va déraper et exiger des uns et des autres des preuves toujours plus exigeantes et qui ne souffrent aucun refus. Sous nos yeux ébahis, ces adolescents se transforment alors en monstres intransigeants, aux esprits échauffés et incontrôlables. C'est effrayant, extrêmement dérangeant mais fichtrement impressionnant. J'ai tout de suite été effrayée par leur logique, car même s'ils prétendent agir au nom de leur quête philosophique, ils s'en sont véritablement éloignés et ont sombré dans la démence.

Bien évidemment cette lecture est dure et effroyable, pourtant je ne regrette pas un seul instant d'avoir ouvert ce livre ! Qu'importe mon sentiment de malaise et d'écoeurement, j'ai été scotchée par ce visage d'une adolescence faussement naïve, attirée par le morbide et flattée d'exister à travers la provocation. Ce livre est perturbant, mais ça m'a plu d'être bousculée de la sorte. A ne pas prendre à la légère, toutefois !

Rien, par Janne Teller
(Les Grandes Personnes, rééd. 2012) - traduit du danois par Laurence W.O. Larsen
illustration de couverture : Jean-François Martin

Posté par clarabel76 à 08:00:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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24/01/12

“Popularity can be a real headache.”

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Jane se réveille sur un lit d'hôpital sans le moindre souvenir de son accident. Son corps a été retrouvé dans un rosier, une voiture a tenté de l'écraser. Pourquoi, que s'est-il passé la veille au soir ? Jane et ses deux meilleures amies se sont rendues à une party où les choses ont vraisemblablement dégénéré. Le médecin qui s'occupe de Jane pense qu'elle a volontairement enterré ses souvenirs pour ne pas devoir affronter une vérité trop douloureuse, alors commence un long, lent travail de reconstruction. Comme un puzzle dont on assemble les morceaux au petit bonheur la chance. La vie de Jane, populaire, entourée, aimée, choyée, apparaît alors moins glamour et enviée. 
Et très franchement, j'ai beaucoup aimé ! C'est un
 vrai roman à suspense, avec une ambiance à la Gossip Girl (beauté, richesse, amitié et amour en dehors, mais trahison et tromperie en dedans), bref j'étais intriguée, très curieuse, j'ai tourné les pages, j'ai longtemps cru deviner le fin mot de l'histoire, je me suis trompée, mais je n'étais pas loin ! L'auteur fait vraiment planer le doute, on se surprend à remettre en question la sincérité de tous les amis et proches de Jane. Même les nouvelles rencontres, aussi grisantes soient-elles, nous semblent trop belles pour être vraies.
Une lecture redoutable et efficace. 

Hantise, par Michele Jaffe 
Hachette jeunesse, coll. Black Moon, 2011. Traduit de l'anglais par Laure Porché.