30/08/16

Traqué, de Simon Lewis

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Jake et Will, deux étudiants anglais, ont choisi de s'octroyer une année sabbatique à travers le Sud-Est asiatique. L'un a échoué à ses examens, l'autre veut panser une peine de cœur. À mi-chemin entre la Chine et le Laos, ils décident de partir à l'aventure en suivant un dénommé Howard, du genre hippie hirsute, qui leur promet un site inconnu du grand public situé en pleine jungle. Baignades et rencontres avec des indigènes font aussi partie du programme. Alors que Jake est surexcité par leur expédition, Will boude dans son coin, plus méfiant et craintif que jamais. Son angoisse monte d'un cran lorsqu'il découvre qu'ils débarquent en plein carrefour stratégique où le trafic de teck, de jade, de drogues ou de réfugiés a régulièrement cours. Sous l'emprise d'un euphorisant, Jake plane totalement, prend son pied en plongeant cul nu dans l'eau et séduit une beauté locale. Will, par contre, rechigne à lâcher prise. Le retour à l'hôtel va hélas s'avérer particulièrement épique. De rencontres importunes en réactions fébriles et maladroites, la situation va dégénérer et placer nos globe-trotters en mauvaise posture. Après quoi, les coups fourrés vont s'enchaîner. La lecture bascule alors dans une surenchère de catastrophes et de violence avec un scénario gavé jusqu'à la surdose. Le rythme est vif, l'action intrépide, mais les personnages sont affligeants de sottise et agissent constamment de manière irréfléchie. C'est usant. Le roman promettait du dépaysement, des émotions fortes... à la fin, il devenait urgent de mettre un terme à cette folie ambiante ! 

Traduit par Julie Blanc pour les éditions Actes Sud / Coll. Actes Noirs, Mai 2015 (Border Run)

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23/06/15

Teaser Tuesday #62

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Cent quatre-vingts kilomètres de route tortueuse s'étendent entre les grilles de l'université de Smith College et le stade de football de Darmouth, et Budgie conduit comme elle fait tout le reste : à toute vitesse.
Les feuilles scintillent dans des tons dorés, orangés et rouges, elles se détachent du ciel bleu où le soleil brille sans un nuage, créant une impression de chaleur trompeuse. Budgie a décrété que nous devions prendre la décapotable et conduire cheveux au vent, mais je grelotte. Enroulée dans mon gilet de laine, je m'agrippe à mon chapeau.
Elle rit d'un air moqueur.
- Tu devrais ôter ton chapeau, ma belle. Tu me fais penser à ma mère. Elle croit que ce serait la fin du monde si quelqu'un voyait ses cheveux.
Elle doit crier pour que je l'entende, avec tout ce vent.
- Ce n'est pas ça ! réponds-je en criant aussi.
La vérité, c'est que mes cheveux se transformeront en une boule d'herbes sèches si je les libère du chapeau cloche en laine noire qui les enveloppe ; les jolies petites boucles de Budgie, elles, volettent délicatement dans le vent et se remettront parfaitement en place à la fin du voyage.
L'Été du Cyclone - Beatriz Williams

Il y a longtemps, Harold, tu m'as dit : 
- Il y a tant de choses que nous ne voyons pas.
- Que veux-tu dire ? ai-je demandé, tandis que mon cœur faisait un bond dans ma poitrine.
- Les choses qui sont juste sous nos yeux, as-tu répliqué.
Tu conduisais comme tu le faisais toujours et j'étais assise sur le siège passager. La nuit tombait, je m'en souviens, et nous retournions sans doute à la brasserie. Au loin, les lampadaires parsemaient de taches de lumière la lisière bleue velours de Dartmour et la lune était, elle, une discrète tache de craie.
J'avais la vérité sur le bout de la langue. Je ne pouvais plus le supporter.
- Range-toi sur le côté, ai-je presque crié. Écoute-moi, Harold Fry...
La Lettre de Queenie (Tout ce qu'elle n'a pas pu dire à Harold Fry) - Rachel Joyce

Catherine s'arc-boute mais elle n'a plus rien à sortir. Elle s'agrippe à l'émail froid et relève la tête pour regarder dans le miroir. Le visage qui lui fait face n'est pas celui avec lequel elle est allée se coucher. Ce visage, elle l'a déjà vu et elle comptait bien ne jamais le revoir. Elle s'examine sous cette nouvelle lumière crue puis elle mouille un gant, s'essuie la bouche et le presse contre ses yeux, comme pour éteindre la peur qui brûle en eux.
« Est-ce que ça va ? »
La voix de son mari la fait sursauter. Elle espérait qu'il ne se réveillerait pas. Qu'il la laisserait tranquille.
« Mieux, maintenant », ment-elle en éteignant la lumière. Puis elle débite un nouveau mensonge. « Ce doit être le plat à emporter d'hier soir qui n'est pas passé. » Elle se tourne vers lui, une ombre au cœur de la nuit.
« Retourne te coucher. Je vais bien », murmure-t-elle. Il dort quasiment debout, mais il tend tout de même le bras et pose la main sur son épaule.
« Tu en es sûre ?
- Oui », répond-elle. Sa seule certitude, c'est son besoin d'être seule.
« Robert. Promis. Je te rejoins dans un minute. »
Il laisse ses doigts s'attarder un moment sur son bras, puis il cède. Elle attend d'être certaine qu'il s'est rendormi avant de regagner leur chambre.
Elle l'observe, posé à l'envers, encore ouvert, tel qu'elle l'a laissé : ce livre auquel elle s'est fiée.
Révélée - Renee Knight

- Allez, réveille-toi. Je nous ai organisé une petite aventure. Une aventurette. Juste pour une journée. On part en expédition. Jake ouvrit les rideaux : Tu dis toujours qu'il faut se lever plus tôt pour profiter de cette lumière. Et tu as raison. C'est magnifique. Les ombres qui apparaissent avec l'éblouissante clarté du jour sont pas encore là. C'est splendide.
L'esprit encore endormi, Will se releva sur un coude, énumérant dans sa tête les objets qu'il avait sous les yeux : armoire, sac à dos, télévision, chaise. Un thermos de la taille d'une bouteille de plongée, bouché par du liège. La photo de deux poissons aux yeux globuleux. Des traces brunes au plafond qui formaient un archipel. Une table de chevet avec de faux miroirs. Il n'arrivait pas à se souvenir du nom de l'hôtel ni même de la ville où ils se trouvaient. Will avait l'impression que derrière la porte de la chambre se trouvait une vaste monde étrange et inhospitalier qu'il n'était pas encore prêt à affronter. Il se frotta les yeux.
- De quoi tu parles ?
- Je suis réveillé depuis plus d'une heure et j'ai trouvé une super-opportunité. On va voir une cascade secrète. Alors fais ton sac : short, t-shirt, maillot... Le type nous attend dehors.
- Quel type ?
- Howard, un mec cool, peut-être juste un peu étrange....
Traqué - Simon Lewis

Posté par clarabel76 à 08:30:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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