17/08/11

lectures de vacances #2

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Quel roman ! Je l'avais à peine ouvert qu'il m'a ensuite été impossible de le lâcher. Il se lit en une goulée, tant il nous captive à suivre la descente en enfer de son héroïne. Amanda, une architecte new-yorkaise d'une trentaine d'années, mène une vie heureuse et comblée... jusqu'au jour où un rêve étrange la surprend en train d'être embrassée par une autre femme, très belle et irrésistible. Dans les jours, puis les semaines qui vont suivre, rien ne sera plus pareil dans son existence. Petit à petit, le doute s'immisce. Des bruits venus de nulle part résonnent dans son loft. La tension s'installe même au sein de son couple. Amanda ne se reconnaît plus ! Elle agit autrement, répond à des besoins et des pulsions qui ne lui sont pas propres, elle semble étrangère à son corps, ne contrôle plus rien et refuse d'accepter l'évidence : elle est possédée par un démon.
Oui, c'est terrifiant, obsédant, cela nous place en position dérangeante, curieux que nous sommes d'assister à cette dualité, de découvrir les agissements troubles de la jeune femme, son combat intérieur, ses questions et ses tentatives de guérison. La chute est dure, lente, douloureuse... et c'est horriblement fascinant. Sara Gran a su cercler son héroïne et son lecteur dans la même valse étourdissante, impossible d'en sortir, d'ailleurs je ne suis pas sûre d'en avoir eu envie.

Viens plus près - Sara Gran
Points, coll. Roman noir, 2011 

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Dave a un petit souci avec les filles. Il collectionne les rencontres et les relations, mais se sent incapable de garder contact avec elles ou de prendre des nouvelles, même à titre sporadique. Et tout le problème vient de là, se rendre compte qu'à l'heure des technologies modernes, le silence et la solitude s'installent de plus en plus. Au risque de tourner au(x) drame(s). C'est ainsi que plusieurs anciennes petites amies de Dave sont retrouvées assassinées, chez elles. Mortes de faim et de soif, ligotées pieds et mains dans le dos. Comment se peut-il qu'on laisse quelqu'un s'éteindre dans son coin, au fil des semaines, sans alerter l'entourage ? Tout simplement parce que le tortionnaire a su manipuler tout le monde en envoyant de faux SMS.
Mais à force de circonstances malencontreuses, Dave devient le principal suspect de l'enquête et doit fuir pour échapper à la police. Il entend prouver son innocence et aussi sauver une amie, qui est désignée comme étant la prochaine victime. Eh oui, quel imbroglio ! Au départ, on ne voit rien venir, on suit le rythme imposé par l'auteur, on digère, on s'interroge, on croit avoir tout deviné dès la page 250, mais on se met le doigt dans l'œil. L'histoire est sinistre, machiavélique et laisse un goût amer, mais qu'est-ce que c'est bon ! Cela vous laisse une impression de coup reçu dans l'estomac, une brutalité tout à fait consentie, même si ça gratouille aussi ci et là.

Ceux qu'on aime - Steve Mosby
Points, coll. Thriller, 2010 

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Au premier coup d'oeil, la couverture et le résumé peuvent laisser dubitatifs. Et pourtant, ce roman noir, plus que noir, est divinement impitoyable, juste et captivant. C'est l'histoire, d'un côté, d'un lieutenant et de son adjoint, deux bras cassés confinés au service des suicidés, et qui commencent à relever plusieurs cas suspects sans véritablement mettre un nom à ce malaise. C'est ainsi qu'ils font la connaissance d'un trappeur franco-américain, appelé à la rescousse pour régler les formalités administratives suite au décès de son ami, un fakir qui s'est vidé de son sang alors qu'il était en représentation. Une mort douteuse, donc. John commence à fourrer son nez dans les affaires louches de son pote, aidé de loin par le lieutenant Guérin, lui-même hanté par ses propres démons liés à une guerre des barbouzes.
C'est tout simplement bluffant, ça se lit tout seul, le désespoir des uns faisant presque le bonheur des autres, parce qu'il ne faut pas se voiler la face, l'auteur dresse un portrait attachant de ses personnages, alors même qu'ils ne sont pas parfaits mais tout cabossés, avec des bleus partout. Ce n'est pas joli-joli, c'est au contraire insolite, sombre mais ça le fait. Cela coule tout seul, la fin est terrible mais parfaitement réussie, à sa façon l'auteur a su tirer son épingle du jeu. J'ai presque davantage apprécié la forme au fond de l'intrigue.

Fakirs - Antonin Varenne
Points, coll. Policier, 2010 

Posté par clarabel76 à 12:00:00 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
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08/08/08

Un sur deux - Steve Mosby

Le roman commence par un assassinat, qu'on devine sauvage (même si les détails nous sont épargnés). La victime s'appelle Kevin Simpson. La police n'a encore aucune piste, mais désire retrouver la jeune femme - une prénommée Jodie - qui aurait passé la journée avec lui.
Quelques chapitres plus loin, on retrouve cette personne attaquée par un maniaque et kidnappée dans un van avec son compagnon, Scott.
Le couple est conduit en pleine forêt, où une longue nuit les attend.
Le lever du jour est le point d'orgue pour les enquêteurs, particulièrement à cran, car ils semblent trouver des points de similitude avec une affaire houleuse, survenue il y a deux ans.
John Mercer, le chef de l'équipe, a particulièrement été éprouvé par ce dossier. Se sentant responsable de la mort d'un équipier, il est tombé en grave dépression et n'a repris le boulot qu'à tâtons. Son épouse, Eileen, psychothérapeute, a toujours été présente à ses côtés et continue de le soutenir coûte que coûte.
Arrive dans les bureaux un nouvel inspecteur, Mark Nelson, tout de suite mis dans le bain par ce qui s'annonce comme un compte à rebours éreintant, flippant et retors.

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Ce thriller, habile et affreusement redoutable, est une petite réussite. Il a su me tenir en haleine, j'ai feuilleté les 400 pages d'une traite, pas ressenti le moindre soupçon d'ennui, n'ai rien vu venir de l'enquête et du coupable.
Ce qui s'annonce comme un avatar des films d'horreur (Le silence des agneaux, Seven, Saw) se révèle finalement moins pénible - détails moins scabreux et ambiance définitivement moins glauque.
Le principe de faire alterner les chapitres suivant le point de vue des différents protagonistes permet aussi de donner une cadence plus soutenue et de réveiller sans cesse l'intérêt.
Personnellement je n'ai rien à reprocher à ce livre : il procure l'adrénaline promise, il est bien ficelé et l'histoire tient la route. Que demander de plus ?
Verdict final : parfaitement acceptable
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Sonatine éditions, 2008 pour la traduction française - 414 pages - 21€

traduit de l'anglais par Etienne Menanteau - titre vo : The 50/50 Killer

Posté par clarabel76 à 08:30:00 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
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