16/04/10

En poche ! #30 : Corniche Kennedy, de Maylis de Kerangal

Corniche_Kennedy

 

Puisque frimer précisément, tchatcher, sauter, plonger, parader, c'est ce qu'ils font quand ils sont là, c'est ce qu'ils viennent faire.

 

Un roman de l'été, de l'interdit, du danger. Ce sont les petits cons de la corniche, vus par Maylis de Kerangal.

en savoir plus, ici

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01/02/10

Scarlett, Spencer, Lola, Marlène. New York. Et moi !

Voici un roman absolument charmant, délicieux, à déguster la bouche en coeur. Il plaira aux lectrices dès 13 ans, qui savoureront l'histoire de cette famille new-yorkaise qui vit dans un hôtel Art Deco, lequel hélas tombe un peu en décrépitude. 

Les finances de la famille Martin sont au plus mal, Scarlett le découvre le matin de son quinzième anniversaire, en recevant la précieuse clef de la Suite Empire, attribuant ainsi à l'adolescente la pleine responsabilité de cette chambre. Cet été, Scarlett est priée de rallier les rangs familiaux pour donner un coup de main à l'hôtel. Ses amis ont tous quitté la ville, occupés à d'autres projets plus palpitants, Scarlett traîne les pieds mais ne sait pas encore que ses vacances seront riches, très riches et excitantes !

Suite_Scarlett_de_Maureen_JohnsonCela commence par la venue d'une cliente, Mrs Amberson, qui occupe la Suite Empire. Avec elle, c'est un vent chaud, exotique, léger, aérien, déchaîné qui s'installe à Hopewell. Mrs Amberson est une femme excentrique et mystérieuse, un peu casse-pied sur les bords, elle harcèle Scarlett de coups de fil à répétition et la jeune fille se plie à ses moindres caprices. Toutefois, cette Mrs Amberson est aussi une personne formidable et pleine de ressources. Elle le prouvera lorsque le frère aîné de Scarlett, Spencer, qui rêve de devenir comédien à Broadway et répète actuellement la pièce de Hamlet avec une troupe de débutants, connaîtra bien des galères pour mener son projet dans les meilleures conditions.

Les deux autres soeurs de Scarlett, Lola et Marlène, sont aussi très présentes, elles butinent, elles minaudent, elles sont volubiles, excessives, discrètes et cachottières. Les anecdotes ne manquent pas non plus en ce qui les concerne.
Le roman raconte définitivement l'histoire d'une famille, avec des hauts et des bas, des moments d'euphorie, d'entente à merveille, de combines et de débrouillardises, des journées magiques où tout se goupille comme dans un rêve, les bonnes rencontres, les nouvelles qui font du bien, les intentions les meilleures. Puis, les nuages viennent obscurir ce ciel si beau, les doutes et la jalousie sont de sortie, les jolis garçons deviennent fuyants, colériques, compliqués, les filles sont minées, compliquées, soucieuses, malheureuses. Mais sous le ciel de New York, les beaux jours sont toujours de rappel !

Les aventures de la famille Martin me rappellent quelque part celles de la famille des Jean Quelque-chose (la série de Jean-Philippe Arrou-Vignod) pour son côté optimiste, joyeux et solidaire. Même dans les coups durs, même si l'argent fait défaut, même si les petits copains se font la malle et même si les clients sont étranges et fantastiques à la fois, l'histoire montre énormément de complicité, de bonheur, de gaieté et fait preuve d'humour.
C'est vraiment un petit roman très chouette, comme dirait ma fille.

Suite Scarlett ~ Maureen Johnson
Gallimard, coll. Scripto, 2010 - 384 pages - 13,00€
traduit de l'anglais (USA) par Cécile Dutheil de la Rochère
illustrations : Dominique Corbasson

Une suite va paraître en février 2010 aux USA sous le titre : Scarlett fever.

 

31/08/09

Je ne sais plus pourquoi je t'aime ~ Gabrielle Zevin

Albin Michel, coll. Wiz, 2009 - 315 pages - 14€
traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec

je_ne_sais_plus_pourquoiUne chute dans les escaliers, un beau plongeon sur la tête et Naomi Porter, hospitalisée en urgence, se réveille amnésique des quatre dernières années de sa vie. Un cas étrange, auquel la médecine consacre peu d'intérêt, jugeant que l'adolescente de seize ans est en fait victime d'un trauma refoulé. C'est plutôt stressant pour elle, qui se demande alors quel genre de vie elle menait et quel genre de fille elle était ! ?
Aidée des listes de son père et des compilations musicales de son meilleur ami, Naomi tente de remodeler cette fille qui lui paraît de plus en plus étrangère : jolie, intelligente, sportive, superficielle. Elle a pour petit ami un joueur de tennis qui a un petit pois dans la tête, elle est adepte des soirées de beuverie sans lendemain, elle mange tous les midis avec une bande de m'as-tu-vu.
En fait, elle n'adhère plus du tout à cette image.
Elle découvre également qu'elle est fâchée avec sa mère, remariée avec une fillette de trois ans, et qu'elle accepte difficilement la liaison de son père avec une ancienne danseuse qui porte une fleur dans les cheveux.
Pas facile, cette vie nouvelle. Toutefois c'est l'occasion de redessiner un profil qui partait en sucette, Naomi s'en rend compte et fait son petit ménage.
Depuis le jour de sa chute, elle est aussi totalement obsédée par ce garçon, James Larkin, qui a été le premier à lui venir en aide. A l'accompagner à l'hôpital, sous prétexte qu'il était son petit ami. Un mensonge, bien évidemment.
Ce béguin aura un prix à payer, dont son amitié avec Will Landsman, un type charmant et vieux jeu, avec qui elle collabore pour réaliser l'album du lycée.
Bref, vous l'aviez déjà compris, cette histoire est avant tout une histoire d'amour. Et également une histoire d'identité, de quête, de hasard et de perte. 
J'ai aimé à un point que je n'ai pas pu fermer l'oeil de la nuit avant d'avoir tourné la dernière page ! Car c'est un roman attachant et captivant, où le ton  est tour à tour drôle, triste, sensé, sincère, léger, rempli de doutes et d'interrogations. D'une justesse appréciable et appréciée, malgré quelques caricatures et une intrigue prévisible. Néanmoins l'auteur parvient à nous attirer vers d'autres chemins, où elle traite des issues possibles et inattendues. C'est une vraie réussite. La possibilité de réfléchir à notre vie, s'il était possible de la changer et/ou de corriger certains chapitres.
Un roman qui se rapproche du coup de coeur, avec beaucoup d'émotion et d'humour au tournant.
Une lecture pleine de peps, qui donne foi en la vie !

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22/08/09

non, non, l'été n'est pas fini !

encore une semaine, bon sang ! on s'y accroche avant de rentrer tête basse dans l'automne et avec ça la terriiiible reprise de l'école, qui implique son rythme contraignant des horaires à respecter, des devoirs du soir, des réveils du matin, des impôts à payer (sic), et des copines qu'on retrouve, des blablas interminables autour d'un café, des nouveaux projets à réaliser, des travaux qui voient enfin le bout du tunnel, pfiou... c'est chaque année la même rengaine, après le 15 août, je suis dans un état d'esprit qui touche le fond pour aussitôt rebondir et atteindre le nirvana, je suis lasse et impatiente à la fois, je ne sais pas, je devrais être habituée à la longue...

un petit de musique pour me consoler ^-^

 

petit passage en revue des lectures de cet été 2009, *programme de la Miss, 9 ans*, avec pour commencer :

 

les_grandes_vacances

Les grandes vacances de Maja Celija est un album sans paroles, où l'histoire se passe dans une maison abandonnée le temps des vacances par ses habitants, elle est alors hantée par ceux et celles qui ornent les photographies, jour de délivrance oblige, ils vont profiter du foyer en toute liberté et vivre leurs vacances à fond avec juste les moyens du bord. Au programme : beaucoup d'imagination, jamais de soucis ! 
Un album qui n'appelle pas les grands discours, mais juste la force de l'imagination.
Très belles illustrations de l'italienne Maja Celija, où il flotte un petit air de nostalgie et une atmosphère onirique. A feuilleter longuement, et plusieurs fois. Ce ne sera jamais la même histoire !
(autrement, 2006 - 12,50€)

lete_ou_jai_grandi

L'été où j'ai grandi de Jo Hoestlandt est un parfait petit roman pour ma jeune Miss C. qui grandit. L'histoire se déroule en 1960, la narratrice a dix ans et elle passe toutes ses journées à la plage avec son petit frère, ou à bouquiner tranquille dans sa chambre. Le hic pour la demoiselle c'est ce slip de bain tricoté laine (hic), qui la cantonne au rang de petite fille, mais en entendant la remarque d'un adulte la fillette rougit et prend conscience de son corps, heureusement la maman intervient avec tact pour lui offrir ce maillot une pièce qui lui fera sentir la douceur de vivre et le bonheur de grandir !  (actes sud junior, 2006 - 6,00€)
illustré par Camille Jourdy

des_vacances_en_chocolat

Des vacances en chocolat de Jean-Philippe Arrou-Vignod est enfin disponible en folio junior puisqu'il était jusqu'à présent vendu avec l'édition spéciale, Une famille aux petits oignons, en texte inédit. L'histoire : Cet été, la famille des Jean-Quelque-Chose au grand complet part à l'Hôtel des Roches Rouges. Au programme, excursions à la mer avec le canoë et les chaussures en plastique qui donnent des ampoules, visite clandestine de l'hôtel à l'heure de la sieste, représentation exceptionnelle du grand cirque Pipolo, sans oublier te passage du tour de France... Et surtout, quelques cartes postales bien senties aux cousins Fougasse !
Plus besoin de clamer combien j'adore la famille des Jean Quelque-Chose et je trouve qu'il n'y a d'ailleurs pas d'âge pour apprécier leurs aventures !

Extrait : Chers cousins Fougasse,
On voulait vous remercier pour les vieux shorts déjà portés que vous nous avez envoyés. Ils nous boudinent juste un peu parce qu'on est plus costauds que vous, mais ça va. En échange, est-ce que vous voulez nos super tee-shirts rayés de La Famille Moderne ? On vous les donne avec plaisir, si maman est d'accord... A part ça, on est dans un hôtel trois étoiles avec frites à volonté. On fait du bateau, de la plongée, on va au cirque... Ah ! tiens, on a aussi rencontré Eddy Merckx et Poulidor. Dommage pour vous que le Tour de France passe trop loin de votre camping surchauffé. C'est vraiment pas de chance !
On vous embrasse très sincèrement.

(folio junior, 2009 - 4,00€)

cet_ete_la

Cet été-là d'Arnaud Alméras illustré par Robin est une petite merveille ! L'histoire est simple, on suit deux amis qui se rencontent sur la plage et vont se revoir au fil du temps. Suivant les âges, les centres d'intérêt et les occupations évoluent, ce qui ne change pas ce sont les bagarres et les réconciliations, sans compter que ces deux-là ne se quitteront plus ! Mais ça, ils ne le savent pas encore. L'histoire possède ce charme délicat de raconter combien un être est précieux dans votre vie, sans que ça vous saute aux yeux, il est là, et c'est ce qui compte, mais il suffit d'une pécadille pour que la terre tremble et que les oeillères tombent. Je me comprends ! ^-^
J'ai déjà aperçu ce livre présenté de nombreuses fois sur d'autres sites / blogs, ce n'est plus une nouveauté, toutefois n'attendez plus pour le découvrir, car c'est tendre, doux, drôle, charmant, ça vous parlera obligatoirement !
(éditions sarbacane, 2009 - 12,00€)

et pour conclure, mais c'est juste un avant-goût pour une prochaine bafouille :

lete_de_garmannla_rue_de_garmann

^L'été de Garmann & La rue de Garmann par Stian Hole ^

bel fin d'été à tous !

 

 

 

27/07/09

Dernier jour de beau avant la pluie ~ Marie-Sophie Vermot

Médium de l'Ecole des Loisirs, 2009 - 116 pages - 8,50€

dernier_jour_de_beauL'histoire raconte le chagrin et la mélancolie de Chloé, dix-huit ans, inconsolable depuis vingt et un mois. Depuis la mort accidentelle de sa soeur jumelle, Beryl. L'histoire raconte donc la mise au vert de Chloé, son frère Alban et leur meilleur ami Félicien. Tous trois se sont isolés dans le cabanon familial, perdu au coeur d'un vallon, niché dans un jardin sauvage, bordé par une source. Ils ont décidé de bûcher sérieusement, avant les examens. Chloé n'a pas du tout la tête à ça, c'est la première fois qu'elle remet les pieds au cabanon depuis la disparition de Beryl. Son absence lui pèse. Tous, pour la plupart, ont su remonter à la surface, effectuer leur deuil, reprendre goût à la vie. Chloé en est incapable.
Poussée par les siens, dévisagée par ses camarades au lycée, elle n'en fait qu'à sa tête. Songer à prendre le large. Tourner le dos à cette existence qui l'étouffe.
Pensant avoir trouvé la solution à ses soucis, Chloé a invité sa nouvelle amie Madeleine. Elle est d'une présence irradiante, tout sourire, tout enthousiasme dehors. Sa fraicheur de vivre fait plaisir, pourtant elle ne contamine pas Chloé.
Veut-elle vraiment guérir de son chagrin ? Ne porte-t-elle pas une responsabilité trop lourde pour elle ? Que cache-t-elle au fond ?
D'un état d'esprit introverti et mélancolique, ce roman évite toutefois de sombrer dans la morosité pure. Point de cafard à l'horizon, si ce n'est dans le comportement de Chloé, constamment léthargique, plongée dans ses pensées noires, à ressasser un passé éteint, douloureux, mort. La finesse du roman se trouve dans le décor idyllique du cabanon, endroit coupé du reste du monde, petit paradis terrestre, une bulle réconfortante et apaisante. Vivre à quatre des journées en plein air, sous une chaleur accablante, déguster des grillades, manger des fruits, lire dans le hamac, se baigner, plonger du haut de la cascade, se lancer des défis... A travers ses diverses activités, grisée par l'enchaînement intense de ses vacances pas comme les autres, Chloé finira par ressentir le déclic final. Point d'honneur à un long, lent travail de maîtrise de soi.
Un joli roman de vacances, teinté de douceur de vivre et de spleen.

Illustration de couverture : Franck Juery

Autre avis : Reno a également apprécié toutes les subtilités de ce roman sensible et intelligent.

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16/07/09

Orages d'été ~ Barbara Hall

orages_deteDans une ferme en Virginie, en plein été caniculaire, les fermiers ont du souci à se faire car la sécheresse perdure et les récoltes de tabac s'annoncent catastrophiques. La famille de Dutch, quatorze ans, est sévèrement touchée, mais la jeune adolescente passe plus de temps à scruter les siens, au cours de ces mois particulièrement chauds et orageux, où les secrets remontent peu à peu à la surface.
Durant cet été, Dutch voit arriver sa cousine Norma, quinze ans, très belle et sûre d'elle, qui ignore hélas que ses parents l'ont écartée du foyer pour régler leur divorce. Dutch a beaucoup de mal à accepter cette adolescente pleine de charme, qui fait tourner les têtes des garçons, et notamment celle de son frère, Flood, papa d'un petit garçon de neuf ans. Dutch n'a pas digéré le départ de Becky, six ans auparavant, et espère secrètement qu'elle rentrera au bercail pour reprendre sa place. C'est typique des Peyton de s'enfermer dans le passé et les souvenirs, pour protéger son monde, c'est néanmoins un frein et un handicap. 
Cet été s'annonce définitivement différent des autres, avec la menace des banquiers qui harcèlent son père, les relations amoureuses compliquées, des révélations trop explosives et des remises en question permanentes.
Mais c'est dommage qu'en dernière partie de roman, l'histoire semble prendre plusieurs directions et trouve des solutions trop faciles et trop rapides pour ranger chaque cas dans sa boîte. Légère frustration me concernant, j'ai cependant apprécié l'atmosphère étouffante qui rend le récit tendu et captivant à lire. 

Achevé d'imprimer sous un soleil de plomb pour le compte des éditions Thierry Magnier, 2008  /  222 pages -- 11€

Traduit de l'anglais (USA) par Jean Esch

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04/07/09

Mes vacances sans Edgar ~ Claire Julliard

mes_vacances_sans_edgarLes vacances aux Mansardes, la maison de campagne de la famille Maladier, s'annoncent mal, très mal. Atroces, comme disent les soeurs Alice et Mélanie. Accusées de trop manger, elles affichent des kilos en trop qui dégoûtent Annabelle, longiligne et rigoureuse, mais au tempérament mal trempé dans l'acide. Charlotte a suivi la petite troupe, s'est greffée au noyau familial qui compte également Emilien et Julius. Or, tous les cinq ont le mal d'Edgar, le cousin qui vit une success story entre Paris et Saint Tropez, heureux chanteur à la mode, détenteur du fameux tube de l'été. Edgar n'a donc pas tenu sa promesse, il ne se joindra pas au groupe pour l'été et son absence pèse sur l'atmosphère rendue électrique.
Charlotte, la narratrice, est mélancolique malgré elle. Elle avait une histoire secrète avec Edgar, une amourette qui n'a pas supporté le monde du showbiz, néanmoins elle préfère taire ses frustrations et jongle entre les cousins pour calmer les chaudes humeurs et les échanges de noms d'oiseaux.
Et puis Edgar débarque, et avec lui un mini cyclone qui va tout mettre sens dessus dessous.
L'histoire montre un groupe en souffrance, enfermé dans sa fascination pour un garçon en apparence formidable, mais en dedans moins extraordinaire. Son arrivée à l'improviste va propulser des émotions trop longtemps enfouies, va aussi permettre d'ôter des oeillères chez ces adolescents dégingandés et indolents. Le rythme du roman m'est apparu mou, dans le bon sens. Tous s'ennuient, guettent, épient et tendent l'oreille vers le retour du guerrier. A un moment la narratrice évoque sa lecture d'un roman de Françoise Sagan, Le garde du coeur, et justement je me faisais la réflexion que la prose de Claire Julliard s'y approchait magnifiquement.
Hélas, dès lors que le bel Edgar fait son apparition, l'histoire devient beaucoup moins intéressante. Tout y passe : la célébrité soudaine, la musique commerciale, le star-system, les dérives... L'ensemble m'a semblé trop cousu de clichés. J'ai beaucoup moins apprécié et j'ai préféré vite boucler ma lecture qui ne me correspondait plus du tout. Plus dans la bonne tranche d'âge, dirons-nous.
A conseiller aux ados, dès 12-13 ans. Ou plus. Ou moins. Je ne sais pas ! ;)

Medium de l'Ecole des Loisirs, 2009 - 146 pages - 9,00€

illustration de couverture : Franck Juery      

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27/06/09

Miel et vin ~ Myriam Chirousse

Empoignant son édredon, Judith le serra si fort dans ses bras qu'il lui sembla que Charles était encore là, dans la tiédeur des draps, contre sa peau, au bout de ses ongles... Emergeant du sommeil comme un noyé refait surface, elle sentit croître en elle une douleur diffuse, comme si sa peau lui faisait mal, comme si ses yeux lui faisaient mal, comme si respirer  et sentir son coeur battre lui faisaient mal aussi. C'était une douleur indéfinissable tapie avec elle dans les limbes de la nuit, une vieille souffrance endormie depuis longtemps, un manque atroce, un arrachement, le mal des amputés qui n'ont plus que la moitié d'eux-mêmes pour aller par le monde et ressentent jour et nuit le néant de la part manquante... Elle se recroquevilla. Dans la confusion du réveil, elle le pressentit dès cet instant : plus rien ne serait comme avant.

miel_et_vin

Premier roman, certes... mais quel talent ! Nous sommes dans le Périgord, en 1773, lorsque Guillaume de Salerac, génial inventeur loufoque, découvre une petite fille dans les bois. Elle sera recueillie par sa soeur, Louison, et adoptée sous le nom de Judith de Monterlant. Ignorant tout de son passé, la demoiselle reçoit une éducation de jeune fille appliquée mais son caractère impétueux et frondeur la distingue de son rang. Judith a le goût de l'espace, de la liberté. S'échappant de la vigilance des adultes, elle s'envole à bord de l'aérostat de son oncle alors qu'elle n'est qu'une gamine et rencontre chez un voisin celui qui lui fera battre son coeur et perdre tout bon sens dans les années à venir. Charles de l'Eperai, héritier en titre, est également connu pour être un enfant maudit et un bâtard. Il a le coeur dur, le regard froid et le diable dans le ventre. Lorsque le couple se croise à nouveau, lors du mariage de la soeur de Judith, l'attirance est évidente, la passion palpable. Et pourtant, il faudra attendre la fin de l'été pour assouvir cette soif et cette faim qui les poussent l'un vers l'autre.

C'est effectivement un grand roman sentimental et historique. Nous sommes en 1788, le peuple français est mécontent, les états généraux sont réunis. Judith a rejoint Paris avec son mari, mais son histoire avec Charles n'est bien évidemment pas terminée. Car c'est de cette passion que se nourrit l'intrigue et qui rend le lecteur dépendant, au point d'absorber sa lecture en ingurgitant page après page, sans hoqueter. Il en fallait bien - de l'amour, de la flamboyance, des éclats - pour attacher le lecteur à 544 pages, sans susciter de l'ennui. C'est un pari réussi, un roman passionnant, acquis dès les premiers chapitres. Impossible de s'en séparer. Et puis, le soleil aidant, les beaux jours et les vacances s'installant, il devient une prescription incontournable pour tuer le temps. S'il ne fallait en lire qu'un, dans vos bagages, glissez Miel et Vin. Parce que c'est un roman doux et sucré et piquant, gourmand et langoureux, avec des personnages aux destins inextricablement liés, par le secret de leurs origines et par cet amour fou qui les enchaîne. Ce n'est pas un roman mièvre ou trop long, avec des détails inutiles. Le romanesque est présent, très important, et l'amour a un pouvoir magique, troublant, envoûtant. Ce n'est pas du harlequin déguisé, c'est un bon gros roman captivant, qui ne vous lâche plus une fois la première page ouverte. A dévorer !

Buchet Chastel, 2009 - 544 pages - 24,50€

Feuilleter les premières pages

Invitation à un pique-nique littéraire, en compagnie de Myriam Chirousse, le dimanche 28 juin 2009, dans le bois de Vincennes : confirmer ou non sa participation sur Facebook

17/06/09

Villa des Oliviers ~ Anne Vantal

villa_des_oliviersCet été-là, Manon, quinze ans, n'a pas le goût de le passer comme les autres années, à la Villa des Oliviers, la résidence de ses grands-parents, chez lesquels toute la famille aime se réunir durant trois semaines, en juillet. L'envie n'y est plus. Ce n'est pas seulement la soudaine défection de son amie Célia, à la dernière minute, de n'avoir pu se joindre à la troupe. C'est plus globalement un état d'esprit.

Manon a quinze ans, elle se sent trop vieille pour frayer avec ses cousines de douze ans et trop jeune pour être prise au sérieux par les adultes, eux-mêmes bien empêtrés dans leur histoire de couple ou de travail. Alors Manon boude, elle participe aux activités familiales sans réelle motivation. Son cousin Vincent, encore un bébé, parvient à lui tirer des sourires. Et puis Nicolas, le fils du jardinier, n'est pas mal dans son genre. Le coeur de Manon palpite plus fort dès qu'elle le voit. C'est sûr, cet été de ses quinze ans ne sera pas comme les autres !

L'histoire est racontée des années après la date des événements, produisant des effets de style pour alimenter l'intrigue et capturer l'intérêt. La narratrice prévient, la narratrice ménage la surprise, la narratrice est chef d'orchestre. Plutôt habile. Sur 140 pages, l'histoire roule sa bosse sur un ton doux-amer qui n'est pas pour déplaire. Cela raconte une chronique familiale, le temps d'un été, avec au centre les turpitudes d'une adolescente en crise, au corps devenu trop grand et trop maigre. La jeune fille se cherche, elle guette une image encore trop floue, et son tempérament illustre ce flottement entre l'enfance et l'âge adulte. Qu'est-ce que c'est agaçant, lorsqu'on a passé l'âge !

C'est toutefois finement esquissé, et cela nous montre combien l'adolescence est une période vécue en dents de scie, où toutes les émotions sont exacerbées et amplifiées. Manon en est le parfait exemple : elle se sent trahie, seule au monde, incomprise, abandonnée. Pour compenser, elle passera son temps à observer les siens et découvrira, bien tardivement, que le monde des adultes n'est pas toujours rose non plus. C'est donc un roman qui évoque la difficulté de quitter l'enfance, en douceur, en tâtonnant, en souffrant aussi. Et la complexité de grandir, évidemment.
J'ai bien aimé !

Seuil, coll. Karactère(s), 2009 - 144 pages - 8,50€

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En poche ! #26 : La pelouse de camomille ~ Mary Wesley

un roman déjà lu et relu, de nouveau disponible en format poche (avec une couverture différente)  la_pelouse_de_camomille

Comme chaque été, les cinq neveux de Richard et d'Helena se retrouvent en Cornouailles. C'est le temps des jeux, de l'insouciance, le goût de toutes les audaces, au bord de la falaise ou sur la pelouse de camomille, sans autre souci que les tourments de l'amour qui vous rongent une jeunesse.
La petite Sophy donnerait sa vie pour Oliver qui, lui, est fou de Calypso, si belle et si lointaine. Elle a toujours juré d'épouser un homme riche sans amour, elle jettera son dévolu sur Hector, politicien ayant le double de son âge. Car pour mieux pimenter cette belle saga familiale, il faut d'office préciser que l'action se passe durant l'été 1939. La guerre va être déclarée et amène un couple de réfugiés juifs, Max et Monika, chez le pasteur du coin. C'est un éminent pianiste, un brin cavaleur et beau parleur. Il va faire chavirer le coeur d'Helena, pourtant mariée mais ennuyée par sa vie recluse auprès de Richard, son second mari unijambiste. Elle partira à Londres, sans crainte des bombardements, vivre une passion tumultueuse auprès de son musicien juif.

C'est bien ce qui est également très surprenant dans ce roman où la trame ne chôme pas, sans cesse rebondissante et étonnante. Ce n'est pas parce que c'est la guerre que nos personnages vont s'endormir sur leurs lauriers, bien au contraire ! "Nous avons tous vécu intensément. Nous avons fait des choses que nous n'aurions jamais faites autrement. Ce fut une période très heureuse. (...) Tout était exacerbé, surtout l'amour."
Effectivement les passions sont ravageuses !

Ce roman n'est pas une bluette sentimentale. Il fourmille plutôt de vivacité, d'esprit, de dialogues mordants, de personnages flamboyants et uniques en leur genre. Mais ils sont à contre-courant de l'image idyllique des êtres parfaits, car ils sont tous fragiles, odieux, égoïstes et héroïques à leurs heures. Et ce, en dépit des circonstances ! Qu'importe les liens du mariage, l'âge, l'enfant à naître, les bombardements ou la guerre, tout simplement !

L'anglaise Mary Wesley nous offre ainsi une lecture passionnante, qui s'inscrit idéalement pour vos vacances (et pas forcément !). En presque 400 pages, jamais la cadence ne s'essouffle. On ne stagne pas durant l'été 1939, le scénario évolue, voyage dans le temps et nous conduit même sans nous y attendre cinquante ans plus tard ! Je crois aussi que le succès de ce livre repose sur le style fringant et truffé de badinage que nous propose l'auteur. J'ai passé des heures de lecture absolument délicieuses ! Je vous conseille vivement de vous y plonger également !

J'ai Lu, 2009 - 382 pages - 6,70€

(roman relu en juillet 2008)

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