12/11/18

Pêle-mêle : Les poulets guerriers - Comptines espagnoles - Le colibri chante et danse - La laine des moutons

les poulets guerriers

Catherine Zarcate propose une nouvelle version de son conte dans cette édition épatante, qui prend aussi des tours enjoués et malicieux. Une expérience virevoltante !

Il était une fois, dans un village africain, des poulets adolescents qui décidèrent de partir sur le sentier de la guerre ! Ils étaient grands, ils étaient beaux, avec leur crête en gel sur la tête, le torse bombé, des peintures sur le visage. Ils crânaient en paradant dans le village, tous à la file indienne. Et se moquaient du petit poussin qui voulaient se joindre à la bande... ha, ha, quel nabot !

Mais on fait moins les malins face au danger et on rigole moins quand le minus en question brandit sa guitare pour vous sauver la mise. Que d'émotions... On en perdrait quelques plumes, et un peu de sa superbe. Finalement, on a toujours besoin d'un plus petit que soi. C'est ce que rappelle cet album génial, drôle et intelligent. Applaudissements.

Les poulets guerriers, de Catherine Zarcate & Élodie Balandras

syros, 2018

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Mettez encore un peu de soleil dans votre vie, avec ces comptines espagnoles, issues des plus grands classiques de la culture hispanique (La cucaracha !).

Comptines espagnoles

Cela donne envie de swinguer, de danser, de rire. L'album est chaleureux & illustré avec douceur.
Une chouette découverte, qu'on apprécie d'écouter pour égayer la grisaille de novembre. 

 Comptines espagnoles, illustrées par Madeleine Brunelet

père castor, 2018

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L’année 2018 marque un tournant pour La Montagne secrète : on parle dorénavant d’albums musicaux et d’albums audio (sans chansons où l’histoire est narrée) avec les enregistrements disponibles en téléchargement ou en continu.

la montagne secrete

Dans mes préférences : Le colibri chante et danse

Il s'agit d'une sélection de chansons & comptines latino-américaines, toutes interprétées en espagnol, qui donnent un goût de fête joyeuse et pittoresque. Évasion garantie, bonheur et soleil dans votre maison. Une très agréable surprise !

Autre mignonnerie : La laine des moutons, de Carmen Campagne & Marie-Eve Tremblay

La laine des moutons on Vimeo

 

Bonne pioche ! 

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27/09/18

Kaplan, de Sébastien Gendron

Kaplan

Sous la gouverne du général Dramek, le duché de Cushinberg a toujours marché à la baguette. Seul un quartier de la ville a résisté et, au terme d'une longue guerre civile, acquis son indépendance en devenant la République de Leeton. Depuis, les deux parties se regardent en chiens de faïence et multiplient les coups bas.
Responsable de la Force contre-insurrectionnelle, dans le Cushinberg, Kaplan reçoit l'ordre de s'introduire chez l'ennemi pour y implanter une petite graine virale. Il fait donc une entrée fracassante, au volant de son Oxian Dard rouge vif, et explose les barricades. Blessé, Kaplan est secouru par un môme du quartier.
Rimbold a seize ans et vit à Leeton dans une famille déjà marquée par la disparition du frère aîné. Le garçon va planquer l'inconnu en attendant sa guérison. Il lui explique alors les bombardements, les enlèvements, les familles sous pression... Kaplan est chamboulé par ce qu'il découvre. Il a le sentiment de ne plus être un étranger car il se sent également connecté avec cette ville. Peu à peu, sa conscience est mise à mal et sa mission compromise.
Et bim... Ne croyez rien de tout ça ! Car ce roman est malicieux. Son histoire n'est qu'imposture et faux-semblants. Mensonges et jeux de dupes. Vous allez vite découvrir que nul ne dit toute la vérité, que les personnages sont des manipulateurs patentés et que les apparences sont vaines. C'est donc une grosse arnaque qu'on nous raconte (et c'est tellement bien ficelé).
On y trouve aussi une pointe d'amertume dans cette vision d'une démocratie qui a viré en dictature. C'est retors. C'est ingénieux. C'est culotté. Ça se lit en une goulée tant c'est captivant. Un vrai tour de force, bravo.

Syros (2018)

 

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02/07/18

Trans Barcelona Express, de Hélène Couturier

Trans Barcelona ExpressDans Bye Bye Bollywood, Nina rencontrait Jésus au cours de vacances mémorables dans un ashram, avec gros choc culturel, bouderies et autres aventures à mourir de rire. Après quoi, nos deux trublions avaient promis de se retrouver en Espagne pour explorer davantage leur connivence.
Mais sitôt débarquée à Barcelone, Nina comprend que leurs retrouvailles ne collent pas avec ses délires romantiques - Jésus est coincé chez sa grand-mère en rase campagne, puis rentre avec sa cousine qui ne le quitte plus, et enfin le garçon se montre distant et peu attentionné en sa présence. Tout soupçon d'idylle s'envole à grande vitesse. Et le moral de Nina est au plus bas.
La jeune fille se console dans l'apprentissage du folklore local (le botellón), mais elle boit trop et perd la tête car elle égare son sac et se retrouve avec celui d'un inconnu - un artiste torturé dont le carnet à dessins exprime tout son mal-être. Le lendemain, Nina lance un appel sur Facebook et rencontre Diego.
En vrai, ce roman est encore une fois étonnant. On partage non seulement les péripéties d'une héroïne rigolote et pleine d'autodérision, en quête d'amour et d'impossible, mais qui pose aussi un regard juste et intelligent sur le monde qui l'entoure - et plus particulièrement sur l'identité sexuelle et sur la question du genre.
Le ton est mordant, le rythme enlevé, les personnages tous attachants, les rebondissements agréables... en bref, c'est une histoire légère, bouleversante et palpitante ! Une très bonne série à découvrir.

« C'est quoi être une fille ?
C'est quoi être un garçon ?
Une fille n'est-elle pas censée aimer les voitures et le foot ? Et un garçon, pas censé aimer le rose et la danse classique ?
On est plus fille parce qu'on met du vernis à ongles et du rouge à lèvres ? On est plus garçon parce qu'on a des muscles et une barbe ?
Et celui (femme ou homme) qui justement aime des choses que son genre n'est pas censé aimer, il n'est pas normal ? Où est la limite, et qui la fixe ? Toute personne qui se comporte de manière atypique pour son genre serait-elle trans ?
Moi, Nina, un peu plus de quinze ans mais pas encore seize, en quoi est-ce que je me sens “fille” ? Parce que j'aime le gloss, les bijoux (surtout les bracelets), les fringues, les vernis hyperflashy et le garçons, même si très clairement je n'ai pas la main avec eux ?
Être une fille, c'est aimer les garçons ?
Non, l'identité de genre ne se définit pas par l'orientation sexuelle. On peut être une fille à part entière et avoir une attirance pour les filles ou même aimer les filles et les garçons.
Être bisexuel ?
Ça doit laisser plus d'opportunités pour trouver l'âme sœur. Tiens d'ailleurs, pourquoi on ne dit pas “l'âme frère” ? »

Syros, 2018

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02/03/18

Un lapin peut changer une vie, de Sandrine Kao

Un lapin peut changer une vie

Dans la famille Ribout, je demande le chaos, le désordre, le souk, le sens dessus dessous. Après des années lisses et confortables, soudain le petit train sort des rails et part en roue libre.
Haut les cœurs !
Paul, le père, vient de démissionner après avoir frôlé le burn-out mais n'ose pas encore avouer son projet secret. Emmanuelle, son épouse, est illustratrice pour l'édition jeunesse, hélas en panne d'inspiration. Chaque jour, elle s'échine à varier les platées de pâtes en fouillant les placards de plus en plus vides. En attendant le retour des éclaircies, elle déverse sa frustration sur son blog culinaire au succès d'estime.
Les enfants aussi ne sont pas en reste. Agathe, l'aînée, vient de recevoir un coup de soleil, un coup d'amour, un coup de je t'aime, bim, coup de foudre sur scène, tellement fort que la belle en a perdu l'usage de la parole. L'objet de son affection s'appelle Tony, il a des yeux sombres et rieurs qui ont su la transpercer en un éclair. Le coup fatal. Alicia, la cadette, fière d'être la fayote en classe, perd brutalement son statut de chouchou à cause de sa nouvelle voisine de table, une certaine Keja, dont nul n'ignore qu'elle est Rom et vit dans une caravane sur un terrain vague.
Et pour conclure ce tour de piste, applaudissons enfin Django, l'invité vedette, soit un adorable petit lapin, mais également le célèbre guitariste de jazz manouche ! ☺

On brasse le tout avec énergie et on obtient une chouette lecture, qui s'ébroue comme une puce et qui dresse le portrait d'une sympathique famille confrontée aux aléas de la vie (mais qui n'a pas peur de tout plaquer pour repartir de rien). C'est frais, c'est rigolo. On en revient toujours aux lapins, à la culture tsigane et aux préjugés sur les gens qui vivent autrement. En bref, le roman est croqué de façon originale et décalée, pour demeurer sans prétention et frais comme un gardon. Il a en lui un effet vivifiant insoupçonnable - et hop pour 210 pages réjouissantes et positives !

 Syros, 2018

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01/03/18

Libérez l'ours en vous, de Carole Trébor

Libérez l'ours en vous« Mes petits poussins... me voilà obligée de quitter mon métier et mon club de théâtre pendant six mois : place au traitement et au repos. »
En découvrant le mail de leur professeur, Patricia Valente, ses élèves de première L tombent des nues. Comment envisager une année de théâtre sans le soutien inconditionnel de celle-ci ? Passionnée et travailleuse acharnée, soucieuse du détail, adepte des mises en scène burlesques, elle confie le lourd flambeau à Christophe, un étudiant en troisième année de conservatoire, et leur suggère de préparer ensemble une pièce de Camus.
Au lieu de ça, toute la troupe se replie sur un texte que Patricia a écrit peu après le décès de son père, un vigneron ardéchois bourru, qui grognait comme un ours mal léché, d'où le titre “Merci l'ours !”.
On plonge ainsi aux côtés de Kolia, Lisa, Cyril, Ethan et Samia dans une année d'apprentissage en dents de scie - heurts et bonheurs sur les planches, dans la vie, en amitié, en amour, en famille. Cette année scolaire s'annonce différente et néanmoins enrichissante pour tous !
Et c'est tout ce qu'il faut retenir de cette lecture, généreuse, sincère, touchante, attachante. En plus de partager la formidable symbiose qui se noue entre ces lycéens ordinaires, on savoure la mise en avant du théâtre, qui prend de la place et s'étale au cœur du roman. “Merci l'ours” n'est d'ailleurs pas qu'une invention - le texte existe vraiment et a été écrit en 2008 par Carole Trébor. Le livret de 106 pages est disponible en ligne !
Libérez l'ours en vous est plus qu'un appel du pied, un message de survie, un cri du cœur, un sauf-conduit, une bouffée d'oxygène... C'est tout ça à la fois ! Et c'est pas mal du tout. On retrouve avec plaisir la jolie plume de Carole Trébor qui avait su tant me séduire dans Nina Volkovitch et Lumière, Le voyage de Svetlana.

Syros, 2018

 

« Kolia attend ce moment depuis des heures, cette pièce va peut-être lui en apprendre plus sur Patricia Valente que toutes les enquêtes qu’il a menées avec ses potes. Elle ne sera pas là pour les mettre en scène mais au moins il incarnera un personnage qu’elle a inventé, qui s’inspire potentiellement de quelqu’un de réel, puisque le texte est plus ou moins autobiographique. Ce rôle sera sa meilleure interprétation, le jour où elle découvrira son spectacle sur scène doit être la plus belle surprise de sa vie. »

Également disponibles sur Syros Live, les enregistrements des chansons de la pièce de théâtre.

 

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15/12/17

Power Club #1 : L'apprentissage, de Alain Gagnol

Power ClubImaginons qu'en 2038, devenir un super-héros ne serait plus une utopie mais une réalité. Anna n'est pas née sur Krypton, elle vit à Paris avec sa famille et vient de décrocher le précieux sésame pour rencontrer la directrice du Power club à New York. En fait, ses parents très riches ont joué de leurs relations et payé une somme colossale pour surprendre leur enfant le jour de son dix-septième anniversaire.
Le Power Club fait rêver la jeune génération, car leurs membres incarnent le glamour, la notoriété et le spectaculaire. Très vite, Anna est étourdie par cette nouvelle existence faite de soirées arrosées, de fêtes endiablées, de strass et de paillettes. Les caméras sont braquées sur elle - sa fraîcheur fait des ravages. Et n'oublions pas qu'elle incarne aussi la super-héroïne farouche et intrépide, qui fait se pâmer des foules entières. Anna vit un rêve éveillé... Pourtant, elle s'interroge peu à peu sur son libre-arbitre, les dommages collatéraux, les contrats verrouillés, la frénésie médiatique, le paraître etc. Elle remet en doute les principes fondamentaux du club. Et lorsqu'un individu l'approche pour lui ouvrir les yeux, tout bascule. 

Que de rythme, d'énergie, de passion et de candeur dans cette lecture qui se dévore en un rien de temps ! Je n'ai pas boudé mon plaisir - l'histoire est captivante, avec des scènes d'action pêchue, de l'humour, du suspense et une vraie héroïne attachante. On a, de plus, la sensation grisante d'être dans sa peau. On ressent comme elle l'ivresse du succès, la plénitude d'être en communion avec ses boosters, on survole les toits de Manhattan, on sauve des vies, on arrête des malfrats, on attire l'attention et on jubile intérieurement. Mais inversement, on comprend également que tout n'est pas rose, tout n'est pas lisse, tout n'est pas abnégation et amour. Et on se lance avec la même ferveur dans une enquête délicate pour mettre à jour un complot implacable. C'est très, très bon ! Foncez. Moi je lis déjà la suite #2 : Ondes de choc.  

Syros, 2017

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25/10/17

GRUPP, de Yves Grevet

GRUPPStan et ses parents tombent des nues en apprenant l'arrestation de Scott, l'aîné de dix-sept ans, soupçonné d'être à la tête du GRUPP. Ce mouvement, constitué de protestataires pacifiques, cherche à s'émanciper de la société LongLife qui a la mainmise sur leur vie grâce à des implants qui gouvernent non seulement leurs pensées et leurs actes, mais qui traquent aussi les moindres faux pas. C'en est trop pour ces jeunes gens épris de liberté et d'indépendance. Ils ont donc choisi de mener leur rébellion en sortant en douce et en organisant des fêtes clandestines, tout en dessinant des graffitis sur les murs. Rien de méchant, jusqu'au jour où un des garçons de la bande décède accidentellement. Scott est envoyé en prison, sa famille est effondrée. En premier lieu, son frère Stan cherche à comprendre et à obtenir des réponses. Il fouille, il piste, il enquête sans relâche. Par contre, il sent également le danger poindre. Des individus lui collent au train, s'introduisent dans la maison et envoient des messages de mise en garde. De son côté, Scott se ferme comme une huître et refuse de parler à ses proches. Sa vie en prison est un enfer. Et malgré une libération anticipée, le garçon est marqué à vif et n'est plus que l'ombre de lui-même.

C'est toujours grisant de plonger dans un roman de Yves Grevet, car on ne sait jamais d'avance ce qui nous attend. Cette fois encore, le rendez-vous a été à la hauteur des espérances - ce sont 520 pages d'une densité époustouflante. On se glisse dans un monde d'espionnage et de suspense en tâtonnant à l'aveugle. C'est lent, c'est bon, c'est excitant. On ne pressent rien des pistes à venir, on explore et on goûte à toutes les éventualités d'une intrigue rondement menée. Car, de fil en aiguille, le lecteur se remet en cause et étudie la perspective d'un avenir qui prône la sécurité au-dessus de la liberté. Du Yves Grevet pur jus. Avec sa construction minutieuse, ne laissant rien au hasard, le roman nous absorbe donc avec avidité et nous entraîne dans un dédale de décryptages autour d'une organisation secrète et d'une société ultra sécuritaire. Les clans s'opposent, les enjeux aussi. Très bon point pour cette lecture riche et pénétrante !

Syros, 2017

Pour rappel, Yves Grevet est notamment l’auteur de Méto et l'un des auteurs de la série U4 (Koridwen). Les thèmes qui traversent ses ouvrages sont les liens familiaux, la solidarité, la résistance à l’oppression, l’apprentissage de la liberté et de l’autonomie. La trilogie Méto, qui l’a fait connaître, a été récompensée par 13 prix littéraires.

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23/06/17

La maison des reflets, de Camille Brissot

La maison des refletsDaniel, quinze ans, n'a jamais quitté l'enceinte du manoir Edelweiss, où il a grandi parmi les “reflets” de personnes décédées. Cette Maison du départ est une création de son grand-père Edouard, désormais sous la responsabilité de son père Petro, et dédiée aux familles désireuses de conserver une trace de leurs disparus, afin de mieux soulager leur peine et de guider leur deuil. Ce monde d'illusions a également façonné l'horizon du garçon, qui souhaite aujourd'hui se frotter à une autre vision et plonger pour de bon dans la réalité. C'est comme ça qu'il passe par-dessus le mur de la propriété pour parcourir la ville et se rendre à la fête foraine... où il croise la douce et angélique Violette, accompagnée de sa sœur jumelle Esther. Suite à cette brève rencontre, les deux jeunes gens vont s'écrire et évoquer ensemble leur étrange existence, car ils ont en commun d'avoir vécu dans une tour d'ivoire, qui les a tenu à distance du monde réel. Daniel n'a pas d'autres amis que trois “reflets”, Elliott, Mona et Matthias, une gouvernante, Mme Elia, s'occupe de son éducation, son père vit cloîtré dans son laboratoire, seulement perturbé par les visites d'une journaliste. Un mystère plane au-dessus de la Maison Edelweiss, et Daniel compte bien en découvrir la teneur ! Il informe ainsi Violette de l'avancée de ses investigations, sans entrer dans les détails, jusqu'au jour où la jeune fille ne donne plus de nouvelles, ce qui inquiète notre ami. Autre énigme à résoudre. Autre sujet de tergiversation. 

Ce roman dégage une atmosphère étrange, mais envoûtante, avec une intrigue au charme vaporeux absolument captivante, qui propose une réflexion pertinente sur la perte, le chagrin et le deuil après la mort d'un être cher. Peut-on atténuer la souffrance avec une illusion ? Maintenir le souvenir du défunt avec son enveloppe corporelle, ses mots, ses sourires, etc. Ce que propose la Maison du départ est donc un palliatif, qui dépasse toute déontologie, mais qui réconforte les plus affligés. Et puis le système privilégie la valeur humaine et émotionnelle, donc on ne se formalise pas de l'entreprise, on ne juge pas non plus. On sent aussi une profonde empathie chez Daniel, en plus de sa jeunesse, de sa candeur et de sa spontanéité. On l'accompagne dans son histoire, où il va peu à peu perdre ses œillères et s'affranchir des apparences trompeuses, lui qui a toujours baigné dans un univers cotonneux et surprotecteur. La lecture se révèle pleine d'émotion et de richesse. C'est à la fois pudique et bouleversant. Et d'une grande sensiblité. Forcément, cela m'a interpellée et touchée.

Syros, 2017

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05/05/17

Bye Bye Bollywood, de Hélène Couturier

Bye bye bollywoodNina est une adolescente de quinze ans comme tant d'autres, qui préfère ses copines à sa famille, surfer sur internet ou discuter des heures au téléphone (et non partager une partie de Uno avec sa petite sœur), passer des vacances au Club Med (plutôt qu'un séjour dans un ashram sans wifi)... Et c'est justement la dernière lubie de sa mère qui les emmène en Inde pour quinze jours ! Nina débarque en plein cauchemar (partages des tâches domestiques, séances de yoga et autres méditations...) et comprend que les rares jeunes de son âge sont loin d'être sur la même longueur d'ondes (un espagnol arrogant et sans humour, qui la traite comme une pestiférée). Le rêve bollywoodien est désormais loin dans l'esprit de Nina. Mais celle-ci cesse très vite de se comporter comme une enfant gâtée, superficielle et bêcheuse, en rébellion contre sa mère, à force de s'imprégner de la culture du pays, de comprendre les injustices subies par les plus pauvres et les jeunes filles. Sa rencontre avec la mythique Sampat Del Pavi, et son fameux Gang des saris roses, va également fortement l'impressionner et lui inspirer une âme de sauveuse des causes perdues ! On a là une lecture fabuleuse, à la fois intelligente et étonnante dans sa démarche... L'auteur s'amuse, en effet, à combiner le choc culturel, l'adolescence, les premiers émois amoureux, la prise de conscience politique et l'ouverture vers le monde avec humour, dérision et perspicacité. Le lecteur est séduit sur toute la ligne et gobe le message avec béatitude et gourmandise. Il faut dire aussi que le roman renvoie une image positive et galvanisante de la jeunesse, des voyages, des rencontres au bout de la planète, des engagements à vouloir que les mentalités évoluent et que la société s'améliore, etc. De plus, l'histoire taille avec justesse le portrait d'une ado bien dans son époque mais qui va bousculer son confort et ses idées au contact d'une réalité moins glamour. C'est très enrichissant, très drôle, exotique et savoureux. Une lecture pleine de charme et de pep's. 

Syros, 2017

 

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08/04/17

Stabat Murder, de Sylvie Allouche

Stabat MurderMia, Matthis, Sacha et Valentin sont de jeunes pianistes virtuoses, étudiants au Conservatoire de Paris, où ils préparent avec assiduité le même concours susceptible de bouleverser leur avenir. Aussi, nul ne comprend pourquoi tous les quatre ont mystérieusement disparu quelques jours avant la date fatidique. Les familles paniquées défilent au commissariat du coin, rencontrant Clara Di Lazio, une enquêtrice réputée pour sa pugnacité et son zèle à tout crin. L'histoire a ceci de formidable qu'elle nous propose une construction habilement tressée autour de l'investigation conduite par Clara et ses collègues, tout en glissant des indices sur le calvaire vécu par les adolescents. On découvre en effet ces derniers cloîtrés dans un cube, plongés dans le noir, à la merci de leur geôlier dont on ignore l'identité et la motivation. La mise en scène est simple, mais redoutable. On se surprend alors à avaler les pages du livre à une vitesse folle tant le rythme est insoutenable, et notre besoin de savoir également attisé. J'ai trouvé la recette très bonne, très efficace. Ce sont ainsi 300 pages qui s'envolent et nous électrisent selon un tempo qui va crescendo. Suspense, rebondissements, non-dits, passion et drames intimes alimentent copieusement cette intrigue rondement ficelée. Haletant !

Syros, 2017

 

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