08/03/19

Ne dites jamais jamais, de Nathalie Stragier

Fait suite à Ne ramenez jamais une fille du futur chez vous et Ne retournez jamais chez une fille du passé.

Ne dites jamais jamaisNe dites jamais jamais :

... parce qu'à force de voyager dans le temps, vous savez que rien ne se passe jamais comme prévu. 

... parce que dans le futur on fait des trucs dingues, comme se baigner nue dans la Seine. 

... parce qu'il vous reste encore pas mal de boulot pour sauver les hommes ! 

C'est désormais au tour d'Andrea de se rendre dans le futur pour retrouver son frère. Ce dernier voyage est une juste réplique aux précédentes expériences vécues par Pénélope. Ou quand une fille du Moyen Âge doit s'adapter aux Temps Modernes... encore un choc culturel.

Pour nos deux héroïnes, c'est aussi la prise de conscience d'une société à réinventer et de frontières à dépasser. Leur odyssée est toujours rocambolesque : amour, action, suspense et humour se donnent la main. C'est super distrayant à lire - la vision de notre monde victime de ses excès est politique mais interpelle les jeunes têtes pensantes. 

Cette série révélée courant 2016 offre une issue pertinente et tire sa révérence sur une belle pirouette.

Syros, 2017

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12/02/19

Signe particulier : Transparente, de Nathalie Stragier

TransparenteEsther se sent invisible aux yeux du monde : sa famille toujours débordée remarque à peine ses absences, ses profs ou ses camarades au lycée ne la calculent jamais. Reste son amie Romane qui la pousse à sortir de sa bulle et cherche à l'entraîner dans un semblant de vie sociale. Ou même Simon, un copain du lycée, timide mais souriant. Esther a néanmoins décidé de taper du poing sur la table en préparant une fugue... avant de se raviser. Encore un constat d'échec. Esther se sent plus pathétique que jamais - elle n'a aucun courage et demeure désespérément inexistante. Pire, elle a de plus en plus l'impression de disparaître. De devenir transparente. Sauf que ce n'est pas qu'une impression : Esther est vraiment en train de se métamorphoser. Sans comprendre pourquoi, là voilà capable d'être invisible et de voyager dans une dimension parallèle. Grisée par cette perspective excitante, elle peut enfin surprendre les conversations ou se défouler en accusant les uns et les autres de l'ignorer sans raison. Quel pouvoir. Ça marche à tous les coups. Elle se sent libre comme l'air et décomplexée. Jusqu'au jour où elle croise une femme à la mine sombre et qui fonce sur elle en la menaçant de déguerpir...

Impatiente de découvrir ce nouveau roman de Nathalie Stragier, après avoir adoré sa série La fille du futur, j'avais énormément d'attentes envers cette lecture. On découvre alors une configuration assez originale, avec une héroïne ordinaire dans une vie tout aussi ordinaire, mais à qui il arrive finalement un truc improbable. Mi-fantastique, mi-roman à suspense, le mélange des genres fonctionne très bien car la lecture est pleine de surprises. Quel est ce phénomène qui frappe notre héroïne, comment se manifeste-t-il, pourquoi Esther, que veut cette vieille folle et que cache le monde des transparents... En fait, le tout est assez enthousiasmant. On tourne les pages avec frisson. On est curieux de connaître la suite. On est troublé aussi par l'équilibre subtil qui se joue sous notre nez, entre rêve et réalité, réalisme et fantastique. Oui, la frontière est mince. L'esprit parfois vacille. Manque peut-être un peu d'humour et de légèreté, à mon goût, car Esther est une demoiselle farouche et bourrée de complexes. Je n'ai pas réussi à m'y attacher. Attendez-vous donc à une lecture sensible et plus réfléchie... loin d'être aussi addictive que La fille du futur.

Syros, 2018

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04/12/18

Et si c'était lui ? de Jean-Loup Felicioli

Et si c'était lui

Un matin d'hiver, une fillette découvre un sans-abri endormi dans la neige. Ses parents appellent aussitôt les secours pour le conduire à l'hôpital. L'inconnu ne possède aucun papier, il prétend même être le Père Noël. Et c'est vrai que Chloé est en train de s'interroger, car la ressemblance est trompeuse... Et si c'était lui ?

L'homme lui confie alors son grand secret : il a perdu son amulette magique et sa précieuse couverture bleue avec des étoiles. Sans ses accessoires, il ne pourra pas accomplir sa mission de la plus haute importance. Chloé est subjuguée. Elle accepte de s'éclipser hors de la maison, en pleine nuit, et retourne fouiller le parc avec son chien Zorro.

D'autres rencontres l'attendent au tournant, pour une aventure féerique et riche en émotions.

L'histoire est en effet douce et jolie, elle nous transporte à sa façon dans l'ambiance de Noël. On aime ou pas le graphisme (on sent l'expérience de l'auteur dans les films d'animation, cf. Une vie de chat ou Phantom Boy). Personnellement, cela ne me touche pas, mais l'ensemble est assez réaliste et tout à fait cohérent. Je devine que les enfants vont s'y sentir à leur aise et plonger dans cette mythologie avec grand plaisir !

Syros, 2018

 

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28/11/18

Méto : L'intégrale (version anniversaire), par Yves Grevet

Méto intégrale version anniversaire

Dix ans déjà que cette trilogie culte fascine, intrigue, interpelle chaque lecteur qui pose son regard sur la couverture illustrée par Thomas Ehretsmann. Le lecteur l'ignore, mais le verrouillage est activé.
Il y a en effet ce CRAC légendaire, un bruit à peine audible dans un dortoir où règne un silence angoissant. Des voix chuchotent, c'est pas moi, c'est lui. 
Au matin, tous constatent qu'un lit a craqué et la panique monte d'un cran. Mais pourquoi ?
À ce stade, impossible de reposer l'ouvrage ou de poursuivre son chemin en faisant comme si.
Impossible.
L'histoire de Méto ne se raconte pas. Il faut s'y aventurer en toute confiance et savourer sa parfaite maîtrise, son suspense et sa mise en scène. Tout y est. On débarque dans une Maison sur une île, où vivent une soixantaine d'enfants, tous distincts selon des rubans de couleur. Or, tous semblent redouter qu'ils se déchirent (ou que leur lit se brise). Alertés, les César les conduiraient hors de la Maison. Par contre, nul ne sait ce qui les attend après.
Dans cette Maison, les règles sont strictes, les repas avalés à heure fixe selon un rituel établi, les corvées ne manquent pas, les enfants doivent se dépenser physiquement en pratiquant du sport (un jeu de salle appelé Inche) et suivent des cours sur la culture de la pomme de terre ou sur une chaudière.
Le reste, c'est mystère et boule de gomme.
Quel est donc ce monde que nous propose Yves Grevet ? Un univers étrange, dense et palpitant. Des personnages forts et mémorables. Une action qui suit son cours, entre aventure, anticipation et espionnage. Un lecteur tenu en haleine tout du long.
En dix ans, d'autres romans ont paru et creusé la perspective d'une société qui se renouvelle, qui déconcerte et qui chamboule notre imaginaire, mais MÉTO avait tout compris avant l'heure.
Voilà pourquoi il n'est jamais trop tard pour lire ou relire cette série. Ce n'est plus une nouveauté, mais dix ans d'un amour qui n'a jamais flétri. Les éditions Syros célèbrent donc son anniversaire en publiant une intégrale (des trois volumes) sous une magnifique jaquette dépliable. En chiffres, ce sont aussi 14 prix littéraires, 896 pages d'une intrigue passionnante et des traductions à travers le monde (8 langues dont le coréen, l'allemand, le russe ou le néerlandais).
Du grand, du bon, du très, très bon !

Syros, 2018  *** version anniversaire ***

« Ne te fais pas d'illusions: la seule voie de la survie est l'obéissance envers ceux qui détiennent du pouvoir. »

 

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12/11/18

Pêle-mêle : Les poulets guerriers - Comptines espagnoles - Le colibri chante et danse - La laine des moutons

les poulets guerriers

Catherine Zarcate propose une nouvelle version de son conte dans cette édition épatante, qui prend aussi des tours enjoués et malicieux. Une expérience virevoltante !

Il était une fois, dans un village africain, des poulets adolescents qui décidèrent de partir sur le sentier de la guerre ! Ils étaient grands, ils étaient beaux, avec leur crête en gel sur la tête, le torse bombé, des peintures sur le visage. Ils crânaient en paradant dans le village, tous à la file indienne. Et se moquaient du petit poussin qui voulaient se joindre à la bande... ha, ha, quel nabot !

Mais on fait moins les malins face au danger et on rigole moins quand le minus en question brandit sa guitare pour vous sauver la mise. Que d'émotions... On en perdrait quelques plumes, et un peu de sa superbe. Finalement, on a toujours besoin d'un plus petit que soi. C'est ce que rappelle cet album génial, drôle et intelligent. Applaudissements.

Les poulets guerriers, de Catherine Zarcate & Élodie Balandras

syros, 2018

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Mettez encore un peu de soleil dans votre vie, avec ces comptines espagnoles, issues des plus grands classiques de la culture hispanique (La cucaracha !).

Comptines espagnoles

Cela donne envie de swinguer, de danser, de rire. L'album est chaleureux & illustré avec douceur.
Une chouette découverte, qu'on apprécie d'écouter pour égayer la grisaille de novembre. 

 Comptines espagnoles, illustrées par Madeleine Brunelet

père castor, 2018

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L’année 2018 marque un tournant pour La Montagne secrète : on parle dorénavant d’albums musicaux et d’albums audio (sans chansons où l’histoire est narrée) avec les enregistrements disponibles en téléchargement ou en continu.

la montagne secrete

Dans mes préférences : Le colibri chante et danse

Il s'agit d'une sélection de chansons & comptines latino-américaines, toutes interprétées en espagnol, qui donnent un goût de fête joyeuse et pittoresque. Évasion garantie, bonheur et soleil dans votre maison. Une très agréable surprise !

Autre mignonnerie : La laine des moutons, de Carmen Campagne & Marie-Eve Tremblay

La laine des moutons on Vimeo

 

Bonne pioche ! 

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27/09/18

Kaplan, de Sébastien Gendron

Kaplan

Sous la gouverne du général Dramek, le duché de Cushinberg a toujours marché à la baguette. Seul un quartier de la ville a résisté et, au terme d'une longue guerre civile, acquis son indépendance en devenant la République de Leeton. Depuis, les deux parties se regardent en chiens de faïence et multiplient les coups bas.
Responsable de la Force contre-insurrectionnelle, dans le Cushinberg, Kaplan reçoit l'ordre de s'introduire chez l'ennemi pour y implanter une petite graine virale. Il fait donc une entrée fracassante, au volant de son Oxian Dard rouge vif, et explose les barricades. Blessé, Kaplan est secouru par un môme du quartier.
Rimbold a seize ans et vit à Leeton dans une famille déjà marquée par la disparition du frère aîné. Le garçon va planquer l'inconnu en attendant sa guérison. Il lui explique alors les bombardements, les enlèvements, les familles sous pression... Kaplan est chamboulé par ce qu'il découvre. Il a le sentiment de ne plus être un étranger car il se sent également connecté avec cette ville. Peu à peu, sa conscience est mise à mal et sa mission compromise.
Et bim... Ne croyez rien de tout ça ! Car ce roman est malicieux. Son histoire n'est qu'imposture et faux-semblants. Mensonges et jeux de dupes. Vous allez vite découvrir que nul ne dit toute la vérité, que les personnages sont des manipulateurs patentés et que les apparences sont vaines. C'est donc une grosse arnaque qu'on nous raconte (et c'est tellement bien ficelé).
On y trouve aussi une pointe d'amertume dans cette vision d'une démocratie qui a viré en dictature. C'est retors. C'est ingénieux. C'est culotté. Ça se lit en une goulée tant c'est captivant. Un vrai tour de force, bravo.

Syros (2018)

 

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02/07/18

Trans Barcelona Express, de Hélène Couturier

Trans Barcelona ExpressDans Bye Bye Bollywood, Nina rencontrait Jésus au cours de vacances mémorables dans un ashram, avec gros choc culturel, bouderies et autres aventures à mourir de rire. Après quoi, nos deux trublions avaient promis de se retrouver en Espagne pour explorer davantage leur connivence.
Mais sitôt débarquée à Barcelone, Nina comprend que leurs retrouvailles ne collent pas avec ses délires romantiques - Jésus est coincé chez sa grand-mère en rase campagne, puis rentre avec sa cousine qui ne le quitte plus, et enfin le garçon se montre distant et peu attentionné en sa présence. Tout soupçon d'idylle s'envole à grande vitesse. Et le moral de Nina est au plus bas.
La jeune fille se console dans l'apprentissage du folklore local (le botellón), mais elle boit trop et perd la tête car elle égare son sac et se retrouve avec celui d'un inconnu - un artiste torturé dont le carnet à dessins exprime tout son mal-être. Le lendemain, Nina lance un appel sur Facebook et rencontre Diego.
En vrai, ce roman est encore une fois étonnant. On partage non seulement les péripéties d'une héroïne rigolote et pleine d'autodérision, en quête d'amour et d'impossible, mais qui pose aussi un regard juste et intelligent sur le monde qui l'entoure - et plus particulièrement sur l'identité sexuelle et sur la question du genre.
Le ton est mordant, le rythme enlevé, les personnages tous attachants, les rebondissements agréables... en bref, c'est une histoire légère, bouleversante et palpitante ! Une très bonne série à découvrir.

« C'est quoi être une fille ?
C'est quoi être un garçon ?
Une fille n'est-elle pas censée aimer les voitures et le foot ? Et un garçon, pas censé aimer le rose et la danse classique ?
On est plus fille parce qu'on met du vernis à ongles et du rouge à lèvres ? On est plus garçon parce qu'on a des muscles et une barbe ?
Et celui (femme ou homme) qui justement aime des choses que son genre n'est pas censé aimer, il n'est pas normal ? Où est la limite, et qui la fixe ? Toute personne qui se comporte de manière atypique pour son genre serait-elle trans ?
Moi, Nina, un peu plus de quinze ans mais pas encore seize, en quoi est-ce que je me sens “fille” ? Parce que j'aime le gloss, les bijoux (surtout les bracelets), les fringues, les vernis hyperflashy et le garçons, même si très clairement je n'ai pas la main avec eux ?
Être une fille, c'est aimer les garçons ?
Non, l'identité de genre ne se définit pas par l'orientation sexuelle. On peut être une fille à part entière et avoir une attirance pour les filles ou même aimer les filles et les garçons.
Être bisexuel ?
Ça doit laisser plus d'opportunités pour trouver l'âme sœur. Tiens d'ailleurs, pourquoi on ne dit pas “l'âme frère” ? »

Syros, 2018

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02/03/18

Un lapin peut changer une vie, de Sandrine Kao

Un lapin peut changer une vie

Dans la famille Ribout, je demande le chaos, le désordre, le souk, le sens dessus dessous. Après des années lisses et confortables, soudain le petit train sort des rails et part en roue libre.
Haut les cœurs !
Paul, le père, vient de démissionner après avoir frôlé le burn-out mais n'ose pas encore avouer son projet secret. Emmanuelle, son épouse, est illustratrice pour l'édition jeunesse, hélas en panne d'inspiration. Chaque jour, elle s'échine à varier les platées de pâtes en fouillant les placards de plus en plus vides. En attendant le retour des éclaircies, elle déverse sa frustration sur son blog culinaire au succès d'estime.
Les enfants aussi ne sont pas en reste. Agathe, l'aînée, vient de recevoir un coup de soleil, un coup d'amour, un coup de je t'aime, bim, coup de foudre sur scène, tellement fort que la belle en a perdu l'usage de la parole. L'objet de son affection s'appelle Tony, il a des yeux sombres et rieurs qui ont su la transpercer en un éclair. Le coup fatal. Alicia, la cadette, fière d'être la fayote en classe, perd brutalement son statut de chouchou à cause de sa nouvelle voisine de table, une certaine Keja, dont nul n'ignore qu'elle est Rom et vit dans une caravane sur un terrain vague.
Et pour conclure ce tour de piste, applaudissons enfin Django, l'invité vedette, soit un adorable petit lapin, mais également le célèbre guitariste de jazz manouche ! ☺

On brasse le tout avec énergie et on obtient une chouette lecture, qui s'ébroue comme une puce et qui dresse le portrait d'une sympathique famille confrontée aux aléas de la vie (mais qui n'a pas peur de tout plaquer pour repartir de rien). C'est frais, c'est rigolo. On en revient toujours aux lapins, à la culture tsigane et aux préjugés sur les gens qui vivent autrement. En bref, le roman est croqué de façon originale et décalée, pour demeurer sans prétention et frais comme un gardon. Il a en lui un effet vivifiant insoupçonnable - et hop pour 210 pages réjouissantes et positives !

 Syros, 2018

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01/03/18

Libérez l'ours en vous, de Carole Trébor

Libérez l'ours en vous« Mes petits poussins... me voilà obligée de quitter mon métier et mon club de théâtre pendant six mois : place au traitement et au repos. »
En découvrant le mail de leur professeur, Patricia Valente, ses élèves de première L tombent des nues. Comment envisager une année de théâtre sans le soutien inconditionnel de celle-ci ? Passionnée et travailleuse acharnée, soucieuse du détail, adepte des mises en scène burlesques, elle confie le lourd flambeau à Christophe, un étudiant en troisième année de conservatoire, et leur suggère de préparer ensemble une pièce de Camus.
Au lieu de ça, toute la troupe se replie sur un texte que Patricia a écrit peu après le décès de son père, un vigneron ardéchois bourru, qui grognait comme un ours mal léché, d'où le titre “Merci l'ours !”.
On plonge ainsi aux côtés de Kolia, Lisa, Cyril, Ethan et Samia dans une année d'apprentissage en dents de scie - heurts et bonheurs sur les planches, dans la vie, en amitié, en amour, en famille. Cette année scolaire s'annonce différente et néanmoins enrichissante pour tous !
Et c'est tout ce qu'il faut retenir de cette lecture, généreuse, sincère, touchante, attachante. En plus de partager la formidable symbiose qui se noue entre ces lycéens ordinaires, on savoure la mise en avant du théâtre, qui prend de la place et s'étale au cœur du roman. “Merci l'ours” n'est d'ailleurs pas qu'une invention - le texte existe vraiment et a été écrit en 2008 par Carole Trébor. Le livret de 106 pages est disponible en ligne !
Libérez l'ours en vous est plus qu'un appel du pied, un message de survie, un cri du cœur, un sauf-conduit, une bouffée d'oxygène... C'est tout ça à la fois ! Et c'est pas mal du tout. On retrouve avec plaisir la jolie plume de Carole Trébor qui avait su tant me séduire dans Nina Volkovitch et Lumière, Le voyage de Svetlana.

Syros, 2018

 

« Kolia attend ce moment depuis des heures, cette pièce va peut-être lui en apprendre plus sur Patricia Valente que toutes les enquêtes qu’il a menées avec ses potes. Elle ne sera pas là pour les mettre en scène mais au moins il incarnera un personnage qu’elle a inventé, qui s’inspire potentiellement de quelqu’un de réel, puisque le texte est plus ou moins autobiographique. Ce rôle sera sa meilleure interprétation, le jour où elle découvrira son spectacle sur scène doit être la plus belle surprise de sa vie. »

Également disponibles sur Syros Live, les enregistrements des chansons de la pièce de théâtre.

 

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15/12/17

Power Club #1 : L'apprentissage, de Alain Gagnol

Power ClubImaginons qu'en 2038, devenir un super-héros ne serait plus une utopie mais une réalité. Anna n'est pas née sur Krypton, elle vit à Paris avec sa famille et vient de décrocher le précieux sésame pour rencontrer la directrice du Power club à New York. En fait, ses parents très riches ont joué de leurs relations et payé une somme colossale pour surprendre leur enfant le jour de son dix-septième anniversaire.
Le Power Club fait rêver la jeune génération, car leurs membres incarnent le glamour, la notoriété et le spectaculaire. Très vite, Anna est étourdie par cette nouvelle existence faite de soirées arrosées, de fêtes endiablées, de strass et de paillettes. Les caméras sont braquées sur elle - sa fraîcheur fait des ravages. Et n'oublions pas qu'elle incarne aussi la super-héroïne farouche et intrépide, qui fait se pâmer des foules entières. Anna vit un rêve éveillé... Pourtant, elle s'interroge peu à peu sur son libre-arbitre, les dommages collatéraux, les contrats verrouillés, la frénésie médiatique, le paraître etc. Elle remet en doute les principes fondamentaux du club. Et lorsqu'un individu l'approche pour lui ouvrir les yeux, tout bascule. 

Que de rythme, d'énergie, de passion et de candeur dans cette lecture qui se dévore en un rien de temps ! Je n'ai pas boudé mon plaisir - l'histoire est captivante, avec des scènes d'action pêchue, de l'humour, du suspense et une vraie héroïne attachante. On a, de plus, la sensation grisante d'être dans sa peau. On ressent comme elle l'ivresse du succès, la plénitude d'être en communion avec ses boosters, on survole les toits de Manhattan, on sauve des vies, on arrête des malfrats, on attire l'attention et on jubile intérieurement. Mais inversement, on comprend également que tout n'est pas rose, tout n'est pas lisse, tout n'est pas abnégation et amour. Et on se lance avec la même ferveur dans une enquête délicate pour mettre à jour un complot implacable. C'est très, très bon ! Foncez. Moi je lis déjà la suite #2 : Ondes de choc.  

Syros, 2017

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