14/02/14

Anna et le French kiss, de Stephanie Perkins

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Voilà un joli petit roman pour illuminer quelques heures de lecture, un roman facile, franchement pas prétentieux, plutôt timide et gentillet, mais surtout délicatement mielleux. L'histoire nous parle d'une jeune américaine, Anna, qui part vivre à Paris. Inscrite pour une année scolaire, la demoiselle a du mal à prendre ses marques mais parvient à se glisser doucement au sein d'une bande de potes très attachante. Parmi eux, il y a Etienne St-Clair et là on a tout dit !

Franco-américain, ayant grandi à Londres, le garçon est sûr de lui, sûr de son charme, généreux, compatissant, attentif et dévoué. Tout de suite il prend sous son aile la craintive Anna et l'embarque dans des virées parisiennes, à l'écart des circuits touristiques (le livre est tout de même chargé de clichés et offre une image idyllique de la capitale française, après tout il faut vendre du rêve aux américains, qui ont tout gobé !). Pour ma part, j'ai été plus détachée. À tel point que je me suis complètement mise en retrait.

L'histoire est mignonne, mais avouons qu'il ne se passe pas grand-chose non plus. On passe la plupart du temps à s'enthousiasmer pour des anecdotes futiles, des situations attendues, des tours de passe-passe prévisibles, des psycho-drames exagérés, limite poussifs, bref j'étais finalement un peu surprise par la teneur de l'intrigue ! Anna et Etienne deviennent très proches, des amis complices, inséparables, mais disons que le garçon a déjà une copine, et puis “c'est compliqué”, vous savez... Hmm, j'ai trouvé ça tellement, tellement cliché !

Ceci dit, cela restera une lecture charmante, délectable et très séduisante... mais pas pour moi. J'ai été un peu déçue, car j'en avais trop espéré. Le couple vedette n'a pas su me convaincre, les types casés pour éviter la solitude, non merci, et que de naïveté ! Il en faut pour tous les goûts, c'est ainsi, j'avais envie de découvrir ce roman depuis quelques années, c'est fait, je ne regrette pas, mais l'étincelle n'a pas eu lieu. Tant pis.

La Martinière J., Février 2014 - traduit par Camille Bocquillon. Illustration de couverture : Hubert Van Rie

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16/01/13

Puskai prïdet pora prosit'sia...

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Adoptée à l'âge de cinq ans, Wally Stoneman a été élevée à New York dans une famille aisée, mais qui a voulu la tenir à l'écart de sa culture russe. C'est ce qui a finalement mis le feu aux poudres, car l'adolescente est entrée en crise et a choisi de fuguer afin de mener une existence sans attache, parmi une bande de squatters qu'elle considère comme son nouveau foyer.

Un jour, en voulant renouveler ses faux papiers d'identité, elle reçoit une enveloppe au sujet de sa mère légitime. Et ainsi, Wally va choisir de mener son enquête, sans se douter qu'elle vient d'attirer l'attention d'un mafieux russe, avide de vengeance et d'une soif sanguinaire.

La course-poursuite a lieu dans les rues de New York, d'un côté la jeune fille de seize ans et ses potes désoeuvrés, de l'autre on trouve un flic, un père et son fils armés jusqu'aux dents, une mère qui se cache, des secrets de famille qui prennent de plus en plus de place, et de fil en aiguille l'histoire déroule son fil, sans frémir, sans souffler.

Le scénario est plutôt habile, bien ficelé, il est suffisamment efficace pour nous accrocher du début jusqu'à la fin, et puis le rythme est haletant, on tourne les pages à vitesse grand V, on ne voit plus le temps passer et on apprécie ce moment de lecture. Cependant, si le plaisir est évident, il faut admettre que la lecture ne sera pas inoubliable non plus. Pour du bon divertissement, sur l'instant, oui c'est parfait. Le cahier des charges a été honoré !

Dark Eyes, par William Richter
Albin Michel jeunesse, coll. Wiz, 2013 - traduit par Raphaële Eschenbrenner

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13/02/12

"... quand les dieux s'adressent aux mortels, c'est pour mieux les dévorer."

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Ce roman est un vibrant hommage à la folie pop des années 60, mouvement né en Grande-Bretagne, porté par sa jeunesse agacée d'être enfermée dans des carcans, avec pour symbole, quatre types venus de Liverpool, quatre agitateurs de génie, qui ignorent à quel point ils vont incarner le renouveau dans le paysage musical. 
C'est sorti dans un souffle, mais j'ai trouvé ce roman : superbe. 
Que vous dire ?! C'est l'histoire de Cornelius Caine, un jeune aristocrate, bègue, maladroit et ingénu. Après la mort de son père, il découvre que celui-ci n'était pas son géniteur mais il s'en fiche. Il quitte son pensionnat guindé et réservé pour les riches, obtient le soutien de sa grand-mère et déboule à Londres chez sa cousine Alice. Celle-ci est blonde, ravissante, pimbêche et cynique. Elle est aussi mannequin chez Mary Quant et partage son appartement avec Sally, la petite copine du manager des Beatles. 
Cornelius est un vrai, grand passionné de musique. Aussi sa rencontre avec les Fab Four sera déterminante dans sa vie, et particulièrement le lien étroit qui s'est tissé avec John Lennon himself. Très vite le garçon est grisé, se laisse emporté par ce tourbillon de bonheur, avant la chute ... terrible. 
Ce roman rend compte d'une époque dédiée à la fête, aux rêves et à la révolution. Nous sommes dans un pays qui est sorti éreinté par des années d'après-guerre et dont la jeunesse n'en peut plus de vivre et de s'éclater. La musique apparaît alors comme le refuge idéal, le défouloir propice et salvateur. 
Les années 60 sont synonymes de sons nouveaux, de textes bubble-gum qui parlent d'amour, de prises de conscience, de guitares qui dégomment et d'artistes émergeants, comme les Stones, les Who, les Kinks, Marianne Faithfull, Bob Dylan... La lecture montre l'évolution des moeurs, des tendances, des envies et des coups de gueule. C'est un joyeux fourre-tout, qui trace non seulement un portrait des Beatles, en gros, en bon, en rapide, mais qui dresse aussi un panorama musical de l'époque. Le roman a parfaitement réussi sa mission à vouloir expliquer le courant des débuts de la pop, tout en brodant autour d'une brochette de personnages communs, et très attachants, comme Cornelius, sa cousine Alice, son pote Chris ou Lady Theodora. 
Branché, sans être pédant, instructif, sans vouloir étaler sa science, ce roman touche sa cible et séduit sans concession. Enfin un titre de la collection Backstage qui m'enthousiasme pleinement !

Au nom du Père du Fils et de John Lennon, par Laurence Schaack et Goulven Hamel
illustrations de David Scrima - Nathan, coll. Backstage, 2012. 

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