22/05/14

La Sélection, tome 3 : L'Élue, par Kiera Cass

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Trop long, nunuche et creux, ce troisième tome m'a franchement déçue. L'auteur a trop tiré sur la corde, puisé dans un vivier de clichés et autres niaiseries. C'est un livre où il ne se passe quasiment rien, où les personnages sont puérils, inconstants, grotesques. L'histoire tourne en rond, et c'est uniquement dans le dernier chapitre que tout se dégoupille !

Entre America et Maxon, c'est l'éternelle valse d'hésitations. La compétition pour la Sélection est inexistante (on assiste juste à une épreuve), et forcément il faut toujours que l'héroïne tire son épingle du jeu et attire l'attention sur ses bravades. Par contre, j'ai moins considéré la relation avec Aspen comme étant intrusive, car il n'y a plus de séduction entre eux. Mais il semblerait que America soit la dernière au courant !

J'ai frôlé l'ennui, soupiré d'exaspération, jugé l'ensemble bien pauvre et attendu. Les personnages ont manqué de maturité et oublié d'intégrer leur réalité en s'imaginant toujours les héros d'un conte de fées. C'est une fin de série décevante, au romanstisme exarcerbé, mais qui ne fait plus rêver.

Robert Laffont - coll. R ♦ mai 2014 ♦ traduit par Madeleine Nasalik
Découvrez aussi l'avis de Karine (Mon coin lecture)

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26/03/12

"Apparemment, ils ne pouvaient se parler qu'en prononçant une syllabe à la fois."

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Tout commence avec une chanson, I'll be there, qu'Emily Bell interprète à l'église. Elle est morte de honte et de trouille, lorsque son regard se pose sur celui d'un garçon assis sur le banc du fond. Il s'agit de Sam Border.
Sam, c'est tout un mystère, tout un poème aussi... Son frère Riddle et lui ont parcouru le pays en suivant leur père, ils n'ont pas de chez-eux, ne vont pas à l'école, doivent passer inaperçus et subir l'autorité abusive de leur père. Sam, c'est le grand frère idéal et Riddle lui porte une totale vénération. Ce n'est pas un môme comme les autres, il ne parle pas beaucoup et passe son temps à dessiner mais il est aussi très intelligent.
Et puis, Emily tombe amoureuse de Sam. Les parents d'Emily vont l'accueillir chez eux, ils vont s'attacher aux deux frères, mais Clarence Border va ressurgir de nulle part et imposer sa propre loi.

Exprimer tout ce que ce roman inspire est très difficile, parce que le début n'est pas tendre ni gai, on devine tout de suite que l'ambiance n'est pas guillerette et que l'histoire va nous emporter très loin. Et en effet, au fil des pages et des chapitres, elle se construit en douceur mais avec efficacité. Les personnages font leur apparition, timidement. Ils vont et viennent sans nous laisser douter de leur interaction. C'est que cela demande du temps pour comprendre leur vécu et saisir leurs émotions, c'est subtil et délicat, très finement joué, et c'est donc tout naturellement qu'on réalise que c'est un roman bouleversant !

C'est surtout la deuxième partie du roman qui est captivante et touchante. Sam et Riddle sont en cavale et luttent pour leur survie, il y a alors une telle intensité dans leur parcours, c'est très fort, plus d'une fois on se surprend avec la boule au ventre, l'estomac noué par l'angoisse. Dans le même temps, on découvre le calvaire d'Emily, seule avec ses doutes, convaincue d'avoir été trompée, puis se résignant au pire. Et c'est l'un des points forts de l'histoire, comme si l'histoire de Sam et Riddle avait su toucher tous ceux et celles qu'ils avaient croisés, comme s'ils possédaient ce truc indéfinissable qui fait qu'on s'attache aussitôt à eux et qu'on ne peut se résoudre à les oublier.

Voilà donc un roman qui ne laissera pas indifférent, il vous donne la sensation d'avaler une enclume, avec l'envie bizarre de faire des bonds et de crier victoire et bonheur. Malgré les premières impressions qui font penser que la lecture sera triste, il s'avère que le roman est extrêmement positif, tout simplement beau, il est même très drôle (grâce à  Bobby Ellis, un garçon du lycée qui a le béguin pour Emily et qui veut tout faire pour l'aider, d'où certaines situations parfaitement risibles, j'ai adoré !). Bref, ce livre fait un bien fou ! 

Cavale, par Holly Goldberg Sloan smileyc002
Gallimard jeunesse, 2012 - traduction de Nathalie Peronny 

22/11/11

"Pour séduire une bibliothécaire de quarante ans, il suffit de lui dire qu'elle ressemble à Jane Austen." (*)

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C'est l'histoire d'une pauvre petite fille riche, qui confond la fiction et la réalité, et qui a terriblement besoin qu'on s'intéresse à elle. Sa mère est l'auteur célèbre d'une série mettant en scène un personnage s'appelant comme sa fille, Bathsheba Clarice de Trop, une héroïne super glamour, dont l'existence est faite de strass, de paillettes, de sorties branchouilles, de copines canons, de petit copain irrésistible, d'aventures palpitantes et ô combien futiles. Le problème, c'est que la vraie Bathsheba s'y accroche comme une moule sur son rocher ! Elle a bien du mal à dissocier le vrai du faux, ou disons qu'elle préfère vivre dans ce monde d'illusions au lieu de reconnaître que son existence n'est faite que d'amertume et de solitude. Sa mère est donc trop accaparée par son boulot et ne prend plus le temps de se soucier de sa fille, son père est aux abonnés absents depuis des lustres, Bathsheba vit dans le luxe, son mets préféré est constitué d'un savoureux mélange de caviar et de tarte à la salade, mais sous l'artifice c'est creux, vide et triste à mourir. Pour seule compagnie, la fillette a Natasha, l'employée de maison, qui ne la supporte pas d'ailleurs, et qui va finir par lui présenter sa filleule, Keisha, dont les origines plus modestes vont permettre à Bathsheba de s'ouvrir vers l'extérieur, de se comporter de moins en moins en petite fille égoïste, capricieuse et snob. De plus, elle va rencontrer son père, pour de vrai ! Elle sera très déçue par lui (son physique est quelconque, il s'appelle Bill et c'est un ancien escroc qui a fait de la prison). La claque ! Son retour sur Terre est donc brutal mais bénéfique, puisqu'elle cessera de se prendre pour une petite princesse et envisagera enfin d'apprécier des choses simples et ordinaires, comme les frites par exemple, même si sa mère déteste ça parce que c'est mauvais pour la santé ! 
Bien entendu cette lecture se destine à des jeunes lecteurs, dès 10 ans.

Maman, papa, les frites et moi par Leila Rasheed (Bayard jeunesse, 2011)
Traduit de l'anglais par Thomas Leclere - illustration : Regis Faller

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Toujours aussi irrésistible ! Jess Jordan doit passer ses vacances en famille, lesquelles consistent à errer dans la campagne anglaise pour visiter les églises médiévales, en compagnie de sa mère et de sa grand-mère, voilà donc un programme qui ne l'enchante guère car Jess est follement amoureuse de Fred et veut passer tout son temps libre auprès de lui. Là où ça se corse, c'est que sa mère ignore l'existence de cette relation amoureuse, essentiellement parce que sa mère est fâchée avec la gente masculine (plus pour longtemps, je vous rassure !). La séparation temporaire du jeune couple est donc vécue comme une véritable torture, Jess se languit de son Fred et devient jalouse à en crever rien qu'à l'imaginer avec sa meilleure amie Flora, soudainement trop belle pour être honnête. Elle l'abreuve donc de SMS et se fait des films improbables, dont le scénario vire toujours au cauchemar, les retours du garçon se font rares et provoquent des crises de jalousie. Jess ne peut que mijoter dans son jus, parfois l'amour ça vous use une prétendante en clownerie, je vous jure... Bref, c'est anglais, drôle, adolescent et impertinent, ça se lit en deux coups de cuillère à pot et on en redemande ! Dans ce tome, Jess apprend aussi la raison de la séparation de ses parents et se prépare à une révélation qui pourra paraître stupéfiante sur son paternel. Des retrouvailles au top, je vous le garantis !

16 ans ou presque, torture absolue, par Sue Limb (Gallimard jeunesse, coll. Scripto, 2011)
traduit de l'anglais par Laetitia Devaux - illustration de couverture : Soledad Bravi 
(première édition en 2006, coll. Hors Série)

(*) réflexion de Jess Jordan à propos de sa mère et de son amoureux chéri

12/05/11

La petite fille encore en elle...

Aujourd'hui est un grand jour dans la vie de ma grande fille qui fait sa première visite de collège (ça passe horriblement vite), heureusement qu'il existe des petits livres comme Le secret de Jeanne pour sourire et pleurnicher en même temps.

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Mais grandir et s'aimer, c'est compliqué.
Et la petite fille encore en elle pleure parfois.
Jeanne comprend que son enfant
n'est plus du tout un enfant.
Et la petite fille encore en elle s'étonne
que la temps ait passé si vite.

Le portrait de la grand-mère Jeanne sert à retracer une histoire qui  nous concerne toutes, qui nous touche forcément, qui rappelle l'enfance, l'adolescence et la vie d'adulte, le cycle de la vie qui se perpétue, mais ceci n'étouffe pas cette petite fille encore en nous, cette part de l'enfance qui préserve notre émerveillement et tout le reste. A garder précieusement.

par Arnaud Alméras & Robin pour les illustrations (Albin Michel jeunesse, 2011).

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22/04/11

"I guess we both understood that our relationship was built entirely on witty repartee (...)"

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Meg, dix-sept ans, brûle la chandelle par les deux bouts. Elle boit, fume un peu de drogue que lui procure son petit copain, Eric, avec lequel elle couche alors qu'elle n'a aucun sentiment pour lui. Elle vit dans une petite ville perdue en Alabama et rêve de s'échapper de cet enfer où elle s'ennuie comme un rat mort. Le soir, elle traîne avec ses potes près du pont, alors que c'est strictement interdit, et c'est là qu'intervient l'officier After.

John n'est pas un rigolo, pas un tendre. Il houspille les jeunes qui risquent leur peau à traîner sur ce pont de malheur et embarque aussitôt Meg et sa copine Tiffany (complètement saoule) à l'arrière de son véhicule de police. Suite à cette arrestation, Meg devra passer sa semaine de Spring Break en probation - soit, être l'assistante muette et observatrice impassible du travail de police. John After bosse de nuit, Meg n'est guère enchantée de la perspective, elle rêvait de découvrir la Floride et l'océan, ses projets tombent à l'eau.

La couverture annonce la couleur et se confirme à la lecture : la romance sera craquante, authentique et pas dégoulinante de guimauve. La promiscuité du service de nuit, les longues heures passées ensemble vont tisser des liens et faire apparaître une réelle connivence entre nos têtes de mule. Meg et John ont en commun d'être torturés par leur passé, tous deux méfiants et renfermés, ils ne savent plus communiquer, discuter, échanger.

J'ai beaucoup aimé le doux badinage entre eux, Meg est une fonceuse, elle titille John à la moindre occasion, son humour est tordant et un peu ironique, de son côté John campe sur ses positions, il est solide, n'a pas la même vision de la vie et croit en des rêves qui font doucement marrer la jeune fille. C'est ce qui rend le jeu charmant et irrésistible, dès le début ces deux-là se cherchent, et l'alchimie nous saute aux yeux. L'idylle est riche en émotions, avec des sentiments, des révélations et des clashs, mais aussi des beaux moments qui font rire et qui donnent des papillons dans le ventre !

J'ose espérer que Jennifer Echols trouvera un jour le chemin de l'édition en France, comme ce fut le cas pour Simone Elkeles.

Going Too Far - Jennifer Echols  smileyc002
Published March 2009 by Pocket Books/MTV Books

LUENVOLu en VO - 16

 

 

> l'avis contrasté de Cécile (avec spoilers) et celui tout aussi positif de Francesca

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