12/05/17

La part des nuages, de Thomas Vinau

LA PART DES NUAGESUn homme vit dans sa bulle, seul avec son fils. Lorsque celui-ci part chez sa mère, pour la garde alternée, la prise de conscience du vide et de la solitude est aussi brutale que désarçonnante.

Joseph, 37 ans, boit à même le goulot une bouteille de rosé et se vautre dans la petite piscine de son garçon. Seul, paumé, ravagé. Face aux étoiles dans le ciel, face au silence de la nuit, face à l'absence, face à la vacuité de son existence. Il se réfugie dans la cabane nichée dans les arbres, retourne à des instincts primitifs, ne se lave plus, nourrit son corps de cochonneries et d'alcool, vagabonde dans les rues de la ville avec Odile la tortue dans son sac à dos, discute avec un désœuvré qui lui raconte son parcours d'ancien charpentier, fait une sieste dans le parc municipal, console sa petite voisine en pleurs et proclame la rébellion par la flûte traversière... Et déjà, sonne l'heure des retrouvailles avec le fiston, en pleine forme, débordant de projets et d'idées. Joseph est lui aussi de nouveau ancré dans la vie et passe un grand coup de balai sur le sol encrassé de sa maison.

Clap de fin sur son évasion champêtre, une parenthèse poétique et extraordinaire, une robinsonnade au cœur de la routine, comme une envie de souffler, de penser, d'échapper au temps et aux autres. Une dérive riche de petits riens, nombreux et subtils. Des allégories poétiques écrites toutes en retenue. Cette part belle à la singularité, la lenteur et la contemplation est émouvante, même si elle ne suscite pas la même admiration que celle ressentie dans Ici ça va, un texte lumineux et éblouissant qui m'avait fait découvrir la jolie plume de Thomas Vinau. La part des nuages est un texte doux, qui se déguste à la petite cuillère, qui exalte les sens et qui invite à la tangente. Précieux. 

10x18 / 2017

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16/01/15

Ici ça va, de Thomas Vinau

Ici ça va

Un couple d'amoureux prend un nouveau départ, en s'installant dans la maison d'enfance de l'homme, qu'ils viennent d'acquérir malgré son état de délabrement. Ce retour aux sources les galvanise. Elle, au jardin, sifflote des airs guillerets, tandis que lui ressasse ses souvenirs. Ensemble ils réapprennent les plaisirs simples de la vie, comme marcher pieds nus dans l'herbe, se baigner dans la rivière, contempler les étoiles, nourrir un bébé ragondin au biberon, lire des vieux bouquins ou écouter des vinyles...  

Rarement un livre aussi court (130 pages), avec une histoire aussi succincte, n'a réussi à autant me charmer sans déployer le moindre effort. C'était comme une évidence. En quelques phrases, j'étais éberluée, conquise par la poésie et la pureté du récit. C'est magnifique ! Un condensé d'émotions, offert en toute générosité et « écrit naturellement ». 

Histoire d'amour, histoire familiale. Histoire de retour, de reconstruction et de rénovation. Le livre met aussi en avant les petits riens qui font tout le bonheur du quotidien. Simplicité, émotion, tendresse, partage. C'est lumineux. De toute beauté. Et cela met du baume au cœur. Ma 1ère pépite de 2015 ! ♥

10/18 ♦ août 2014

 

« Je me méfie. J'ai toujours peur que ça ne dure pas. Dès qu'il y  un moment de bonheur, de paix, je me répète que ça ne durera pas. Que le temps est un menteur. Qu'avoir quelque chose c'est commencer à le perdre. C'est comme cela que je fonctionne. C'est ce que la vie m'a appris. Si tôt. La perte. Le peu de fois où je l'ai oublié, le boomerang m'est revenu dans les dents. (...) La confiance ne se déclame pas. Il faut l'apprendre. Tout doucement. Il faut que quelqu'un d'autre vous l'apprenne. À grands coups de demains et de câlins. »

 

heart

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