01/10/19

Une joie féroce, de Sorj Chalandon

Jeanne est une femme formidable. Tout le monde l'aime, Jeanne. Libraire, on l'apprécie parce qu'elle écoute et parle peu. Elle a peur de déranger la vie. Pudique, transparente, elle fait du bien aux autres sans rien exiger d'eux. Jeanne, qui a passé ses jours à s'excuser, est brusquement frappée par le mal. "Il y a quelque chose", lui a dit le médecin en découvrant ses examens médicaux. Quelque chose. Pauvre mot. Stupéfaction. Et autour d'elle, tout se fane. Son mari, les autres, sa vie d'avant.

Une joie féroce

Les premières pages du roman sont glaçantes : l'annonce du cancer tombe comme un couperet. S'ensuit tout le protocole d'usage (rapporté platement et néanmoins très fidèlement à la réalité). L'héroïne est sonnée. Son désarroi s'accentue par la distance du corps médical, la réaction pathétique du mari, le regard des gens, les réflexions anodines et superficielles.
Tout ça fout un coup au moral. Et je n'étais franchement pas très réceptive.
Puis le roman glisse vers une histoire de rencontres providentielles avec trois autres femmes soudées par la maladie et les coups du sort. Toujours au nom de leur solidarité féminine, elles vont devenir partenaires dans le crime (et mettre au point le braquage du siècle dans une bijouterie place Vendôme).
C'est alors un roman aux antipodes de ce qu'on envisageait qui s'écrit et qui va se conclure de manière tout aussi inattendue. Sauf que j'étais déjà totalement larguée (avant tout parce que je n'ai ressenti aucune empathie pour les personnages, puis parce que j'ai trouvé cette volte-face impromptue et aberrante). Cette lecture est donc tombée à plat.
Mauvais timing ou pas, je n'ai pas réussi à adhérer à son style patchwork. Ses spectres aussi sont très pesants et vite démoralisants : ils marquent l'histoire d'entrée de jeu et vous hantent tout du long. Impossible de me décoller de cette sensation... j'avais hâte d'en finir !

Excellente interprétation par Valérie Muzzi, tout en finesse et sobriété. Malgré mon manque d'enthousiasme pour son propos, l'écoute du roman a été très agréable.

©2019 Éditions Grasset & Fasquelle (P)2019 Audiolib

 

En guerre contre ce qui la ronge, Jeanne va prendre les armes. Elle était résignée, la voilà résistante. Elle se dresse, gueule, griffe, se bat comme une furie. Elle découvre l'urgence de vivre, l'insoumission, l'illégalité, le bonheur interdit, une ivresse qu'elle ne soupçonnait pas. Avec Brigitte la flamboyante, Assia l'écorchée et l'étrange Mélody, trois amies d'affliction, Jeanne la rebelle va détruire le pavillon des cancéreuses et élever une joyeuse citadelle.

 

Posté par clarabel76 à 18:45:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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25/04/19

Am Stram Gram, de M. J. Arlidge

Am Stram Gram lizzieSuis très perplexe après cette lecture. 
Qui, pourtant, démarre fort : des couples sont enlevés pour être séquestrés dans des lieux sordides. Ils n'ont pas d'eau, pas de vivres, mais un pistolet chargé d'une seule balle. Le deal est clair : pour survivre, il faut éliminer l'autre. 
Ce jeu morbide va hélas faire des adeptes et essaimer ses victimes dans tout Southampton. Pour l'équipe du commandant Helen Grace, la traque est dès lors obsessionnelle et sans pitié. Qu'importe si l'assassin est coriace, avec toujours une longueur d'avance.
L'ambiance au bureau est aussi tendue par la connaissance d'une taupe au sein de la brigade. Qui livre des infos au tortionnaire ? qui marchande des bribes de l'enquête à la presse ? En gros, tout fout le camp. Et on continue d'avaler des pages et des pages de scènes immondes avec un stoïcisme anormal. 
Comme si ça ne suffisait pas, la vulgarité s'invite à la fête. À croire qu'on aurait pu oublier combien c'est glauque. Une surenchère inutile. Déjà que l'héroïne est particulièrement tordue dans son genre : chaleureuse comme un bloc de marbre et aimant pratiquer une vie sexuelle riche en sensations fortes.
Voilà, voilà. Des réjouissances peu folichonnes pour un roman dégobillant les travers et autres perversités de notre société. Je m'attendais peut-être à autre chose, je ne sais pas, je suis écœurée par tout ce que j'ai lu. Même le dénouement fout un coup au moral. C'est lugubre, très désagréable comme sensation.
Je vais digérer un peu avant d'ouvrir Il court, il court, le furet.

©2015 Éditions Les Escales, pour la traduction française. Traduit par Élodie Leplat (P)2019 Lizzie

        REPRIS EN POCHE CHEZ 10-18

        Am Stram Gram 1018

 

24/11/16

Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une, de Raphaëlle Giordano

Ta deuxieme vieLa première fois que j'ai découvert ce livre remonte à l'hiver dernier, lors d'un shopping chez Nature & Découvertes. Je trouvais la couverture ravissante, et le titre à rallonge m'intriguait, mais je me demandais s'il s'agissait d'un roman ou d'un ouvrage sur le développement personnel. J'ai donc passé mon chemin, jusqu'à ce que je recroise celui-ci en version audio. J'ai tenté ma chance, au vu des commentaires globalement élogieux à son sujet.
Camille, trente-huit ans, mariée et mère d'un enfant, se sent lassée de l'existence qu'elle mène. Sa rencontre avec Claude, un routinologue, lui fait entrevoir qu'elle souffre d'une “affection de l'âme” assez répandue et lui propose un singulier accompagnement pour la sortir de son état de désenchantement. Cela se résume à des petites choses anodines, comme dresser la liste du bon et du moins bon dans notre vie, des réflexions concrètes sur des désirs secrets, des bilans sur sa vie de couple ou son parcours professionnel, des expériences à tenter... En somme, ce sont des petits riens qui, mis bout à bout, redonnent confiance en soi et améliorent grandement le quotidien. 
Je synthétise, mais le bouquin lui-même fait bref et ne cherche pas à s'enliser dans des théories-fleuves car son intention est avant tout de vulgariser le positivisme en véhiculant des messages fondamentaux qu'il est toujours bon de rappeler. C'est en gros une approche simple et légère du développement personnel, pour le rendre accessible à tous.
Par contre, j'ai un doute sur le choix du format romancé, car j'ai trouvé l'ensemble plat, sans saveur, banal. Les discours de Claude sont ennuyeux, le parcours de Camille est plan-plan. Je suis finalement assez déçue, car peu transportée par la stimulation intellectuelle et créative qu'est censée renvoyer la lecture. Trop pragmatique, sûrement, je n'ai pas été sensible aux bonnes ondes du livre. Cela reste un concept hybride intéressant, même s'il ne me touche pas personnellement.
Très bonne interprétation de Valérie Muzzi.  

Texte lu par Valérie Muzzi pour Audiolib (Octobre 2016)

Durée : 5h 46  - © Groupe Eyrolles, 2015

Posté par clarabel76 à 09:00:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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