14/09/09

Markus presque mort ~ Valérie Sigward

Julliard, 2009 - 102 pages - 15€

markus_presque_mortLe talent de Valérie Sigward se trouve dans la brièveté : comment raconter une histoire avec une économie de moyens, un style rien qu'à elle, une langue épurée et des mots qui touchent et vous retournent, une fois la dernière page tournée, le lecteur n'a rien gagné en certitude, si ce n'est d'avoir lu quelque chose d'unique et de très fort.
Ce nouveau roman, Markus presque mort, ne fait pas exception à la règle, en 100 pages la plongée est fraîche, vivifiante, pour devenir de plus en plus glaciale.
Markus et Franck sont deux meilleurs amis, inséparables. Ils roulent à deux sur la mob de Markus, Franck à l'arrière sur le porte-bagage, tous deux le casque collés aux oreilles, ils filent sans but. Un soir, le long du chemin du halage, Markus et Franck sont heurtés par un autre cyclo qui les expédie dans le décor. La facture sera lourde : Franck a les jambes en compote, Markus est plongé dans le coma. Le temps passe, Franck se reconstruit une vie et il n'ose plus rendre visite à son meilleur ami, toujours collé dans un lit à l'hôpital. Que s'est-il passé ce soir-là ? Le père de Markus veut comprendre, il dessine dans un cahier vert pour tuer le temps et pour donner libre cours à son chagrin et son impuissance. Franck a connaissance de ce cahier, et ça lui retourne le ventre, ça lui donne un profond sentiment de malaise, et il cause, il cause, il a besoin de vider son sac... jusqu'aux dernières pages, jusqu'au tout dernier mot du récit, qui vous scotche. Paf. Un dénouement qui nous laisse passablement médusé. Ni plus, ni moins.

du même auteur, Immobile va prochainement sortir en poche (pocket, début novembre 2009).

à lire, aussi : la fugue et loin, chez personne (julliard, 2006 et 2007).

 

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28/08/07

Immobile ~ Valérie Sigward

Difficile d'entrer dans le roman de Valérie Sigward : apprendre à identifier les protagonistes, la narratrice, démêler les dialogues des faits... Et puis cette tension indicible qui grimpe, l'accident redoutable. Deux femmes qui s'aiment partent en vacances, elles s'arrêtent en chemin, pique-niquent près d'un lac et décident de s'y baigner, de plonger. Mais elles n'ont pas vu le panneau d'interdiction. Résultat : Anna flotte dans l'eau et ne peut plus bouger. L'angoisse commence.

"Immobile" est un très, très court roman mais il est fatal, poignant, percutant. Et glaçant. Parallélement au discours de la narratrice (la soeur de la copine d'Anna) la jeune accidentée livre ses pensées. Comme livrées d'outre-tombe. Ce qu'elle ressent, là, figée sur son lit d'hôpital, comme des pics de glace qui la transperce de partout. C'est terrible. C'est une lecture qui assomme. Une lecture implacable. Elle ne bascule pas dans le pathos, mais c'est tout comme. Un passage fort touchant : une soirée pour oublier, à danser sur des musiques rock, à valser sur Aznavour. Et puis pleurer.
"Immobile" est immanquablement scotchant. Bien écrit mais vraiment triste.

août 2004

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