15/10/09

Blanc fantôme ~ Laurie Faria Stolarz

Wiz une collection d'Albin Michel jeunesse, 2009 - 300 pages - 13€
traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec

 

blanc_fantome 

J'avais aimé, sans plus, le précédent livre de Laurie Faria Stolarz (Bleu cauchemar) mais j'ai pratiquement dévoré ce deuxième livre. L'histoire se passe un an après les terribles événements survenus à Hillcrest, l'école privée que fréquente Lucy Brown, une étudiante qui a pour particularité de faire des rêves prémonitoires. Cette fois, finis les pipis au lit, ce sont des nausées qui tirent Lucy du lit et lui signalent que ses cauchemars = danger imminent. De vieux fantômes viennent la hanter, les messages sont encore très flous mais la panique est totale. Il semblerait que ce soit Lucy elle-même qui soit menacée, ses colocataires, Drea et Amber, tentent de l'aider mais la tension monte. Lucy est obsédée par ses cauchemars, elle se sent aussi poursuivie par un individu et elle manque devenir folle à force de ne plus savoir sur qui repose sa confiance. De plus, sa toute fraîche relation amoureuse n'est pas au beau fixe, le poids de la culpabilité étreint la jeune fille (elle sort avec l'ex de sa meilleure amie) et l'entrée en scène d'un garçon aux yeux couleur bleu ardoise va semer la zizanie !

La petite touche sentimentale agrémente agréablement le texte, qui reste essentiellement auréolé d'un suspense tendu au cordeau. L'histoire, racontée à la première personne par Lucy, permet de créer une connivence immédiate entre le lecteur et le personnage central. Impossible d'échapper à cette sensation d'étouffement, on vit la peur et la fébrilité de Lucy, ça colle à la peau, l'anxiété va crescendo et jusqu'aux dernières pages le suspense reste insoutenable. J'ai été un peu surprise par la fin, je ne m'attendais pas à une telle issue, or ce n'est pas la première fois que cette série me surprend ! Laurie Faria Stolarz a une écriture très cinématographique, un rythme vif et les sens en alerte pour semer les indices, créer le doute et brouiller les pistes.

Ce deuxième livre est vraiment plus convaincant, j'avais été sceptique avec Bleu cauchemar (le coup des pipis au lit, non ça ne passait pas), cette fois Lucy vomit en réaction à ses cauchemars (je m'interrogerai toujours sur la volonté de l'auteur à associer les cauchemars de Lucy à des réactions physiologiques vraiment dégoûtantes). Dans ce livre, Lucy utilise aussi davantage la magie avec des remèdes de grand-mère (j'ai bien aimé). Je suis plus qu'impatiente de lire les deux prochains livres.

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31/08/09

Je ne sais plus pourquoi je t'aime ~ Gabrielle Zevin

Albin Michel, coll. Wiz, 2009 - 315 pages - 14€
traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec

je_ne_sais_plus_pourquoiUne chute dans les escaliers, un beau plongeon sur la tête et Naomi Porter, hospitalisée en urgence, se réveille amnésique des quatre dernières années de sa vie. Un cas étrange, auquel la médecine consacre peu d'intérêt, jugeant que l'adolescente de seize ans est en fait victime d'un trauma refoulé. C'est plutôt stressant pour elle, qui se demande alors quel genre de vie elle menait et quel genre de fille elle était ! ?
Aidée des listes de son père et des compilations musicales de son meilleur ami, Naomi tente de remodeler cette fille qui lui paraît de plus en plus étrangère : jolie, intelligente, sportive, superficielle. Elle a pour petit ami un joueur de tennis qui a un petit pois dans la tête, elle est adepte des soirées de beuverie sans lendemain, elle mange tous les midis avec une bande de m'as-tu-vu.
En fait, elle n'adhère plus du tout à cette image.
Elle découvre également qu'elle est fâchée avec sa mère, remariée avec une fillette de trois ans, et qu'elle accepte difficilement la liaison de son père avec une ancienne danseuse qui porte une fleur dans les cheveux.
Pas facile, cette vie nouvelle. Toutefois c'est l'occasion de redessiner un profil qui partait en sucette, Naomi s'en rend compte et fait son petit ménage.
Depuis le jour de sa chute, elle est aussi totalement obsédée par ce garçon, James Larkin, qui a été le premier à lui venir en aide. A l'accompagner à l'hôpital, sous prétexte qu'il était son petit ami. Un mensonge, bien évidemment.
Ce béguin aura un prix à payer, dont son amitié avec Will Landsman, un type charmant et vieux jeu, avec qui elle collabore pour réaliser l'album du lycée.
Bref, vous l'aviez déjà compris, cette histoire est avant tout une histoire d'amour. Et également une histoire d'identité, de quête, de hasard et de perte. 
J'ai aimé à un point que je n'ai pas pu fermer l'oeil de la nuit avant d'avoir tourné la dernière page ! Car c'est un roman attachant et captivant, où le ton  est tour à tour drôle, triste, sensé, sincère, léger, rempli de doutes et d'interrogations. D'une justesse appréciable et appréciée, malgré quelques caricatures et une intrigue prévisible. Néanmoins l'auteur parvient à nous attirer vers d'autres chemins, où elle traite des issues possibles et inattendues. C'est une vraie réussite. La possibilité de réfléchir à notre vie, s'il était possible de la changer et/ou de corriger certains chapitres.
Un roman qui se rapproche du coup de coeur, avec beaucoup d'émotion et d'humour au tournant.
Une lecture pleine de peps, qui donne foi en la vie !

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29/07/09

La mystérieuse affaire d'Echo Falls ~ Peter Abrahams

Albin Michel, coll. Wiz, 2009 - 347 pages - 13,50€
Traduit de l'anglais (USA) par Nathalie Peronny

la_mysterieuse_affaire_echo_fallsIngrid, l'héroïne de L'Etrange Cas de l'assassinat de Katie la Fêlée, est de retour. A Echo Falls, paisible ville américaine, l'adolescente s'aperçoit de quelques faits troublants qui touchent sa famille : la manie de son père de jeter chaque matin le journal à la poubelle, l'addiction soudaine de son frère pour l'haltérophilie, la valeur grimpante de la ferme de son grand-père pour une vente prochaine. Et puis, arrive le kidnapping d'Ingrid. L'adolescente, qui parvient à s'échapper, se confie à la police qui reste dubitative. Pas de problème pour Ingrid, l'apprentie détective va reprendre du service, car, si vous l'ignoriez, l'adolescente est une fervente admiratrice de Sherlock Holmes, elle collectionne tous les épisodes de la série en DVD, qu'elle connaît par coeur, et elle n'hésite pas à citer tout haut les répliques de son personnage fétiche pour activer ses neurones !
J'ai beaucoup apprécié l'ambiance de ce roman, du fait des personnages originaux, de la personnalité attachante d'Ingrid, jeune héroïne de treize ans (qui tient son prénom d'Ingrid Bergman, l'actrice de Casablanca, le film préféré de sa mère) adepte de foot et de théâtre, grande buveuse de soda à la fraise, et des anecdotes tendrement saugrenues qui surviennent dans cette ville, laquelle est aussi décrite de façon cocasse, au point de la rendre atypique et conviviale.
Je n'ai pas été particulièrement sensible ou embarquée dans l'intrigue policière, j'ai passé l'âge, mais je comprends qu'un lecteur niveau fin de primaire / collège trouve son compte, et se passionnera pour les aventures de cette jeune détective, dans la veine des Nancy Drew + Veronica Mars + Enola Holmes. La couverture tendrement déjantée signale l'idée approximative du monde dans lequel pénètre le lecteur. Un monde décalé, avec des mystères, pas méchant non plus, un peu dingue dans le fond, et plan-plan parfois, la vie coule paisible entre quelques bizarreries, bref c'est un vrai souk. Ou un joyeux bordel.

La chronique de Sophie Pilaire sur Ricochet 

 

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28/07/09

Le voleur de foudre ~ Rick Riordan

Albin Michel, coll. Wiz, 2006 - 425 pages - 15€
Traduit de l'anglais (USA) par Mona de Pracontal

le_voleur_de_foudre_1Présentation : Percy Jackson est un adolescent turbulent, atteint de dyslexie et de troubles d'hyperactivité. En six ans, il a changé six fois d'établissement scolaire. Son entrée à Yancy ne fait pas exception à la règle : lors d'une banale sortie au musée des Beaux-Arts, département des antiquités grecques et romaines, Percy découvre que sous la figure peu aimable de son professeur de maths, Mme Dodds, se cache un monstre qui veut lui faire la peau. Hélas, personne ne semble croire son histoire, ni son meilleur ami Grover, dont l'attitude fuyante éveille de plus en plus les soupçons de Percy.
Finalement, le garçon va découvrir, en catastrophe, qu'il est un sang-mêlé, soit le fils d'une mortelle et d'un dieu grec. Sa mère a longtemps préservé ce secret pour protéger son fils, qui court aujourd'hui un grave danger. Il n'a plus le choix, au dépit de sa mère, il doit se rendre sur la Colline des sang-mêlés et intégrer le pensionnat qui n'accueille que les enfants de son espèce.

L'aventure et les rebondissements ne manquent pas dans ce roman, premier tome d'une série, au désavantage de placer les personnages, le décor, le contexte, etc. C'est le seul inconvénient que je lui trouve, prendre le temps, dire les choses, ne pas sauter de suite dans le feu de l'action (je suis d'un tempérament impatient, hélas). Pourtant, l'intrigue fourmille de détails importants, d'événements extraordinaires et de pointes d'humour fort appréciables.
Dans ce roman, par exemple, on découvre des créatures mythologiques sous les apparences humaines ordinaires, il leur suffit juste de cacher leur particularité sous un subterfuge, comme un fauteuil roulant, et ainsi se fondre dans la masse. C'est judicieux, moderne, totalement crédible. L'histoire ne manque pas d'inventions pertinentes, les allusions à la mythologie sont passionnantes, pas du tout barbantes, et les piqûres de rappel sont même fort appréciables !
J'ai aimé ce nouvel  univers créé par Rick Riordan, auteur d'une série en 5 tomes, qui n'a pas manqué me rappeler un autre monde peuplé de sorciers... car Percy Jackson et Harry Potter ont beaucoup de points communs. Cependant, cette série s'annonce à part et toute personnelle, riche en promesses et pirouettes en tout genre. Que j'aime ça ! 

 

 

d'autres avis : Mélanie, qui la première a su me donner envie, et Leiloona

Et je découvre, par la même occasion, qu'un film va sortir aux USA en février 2010, réalisé par Chris Columbus (coupable des deux premiers films d'Harry Potter... m'étonne plus du tout !)

Bande-annonce :

 

Existe également avec une nouvelle couverture, version 2008 le_voleur_de_foudre_2

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02/06/09

Les Sang d'Argent ~ Melissa de la Cruz

après les Vampires de Manhattan, et les Sang-Bleu ...

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Cette série est un plaisir coupable, dont voici le troisième tome (très attendu) dans lequel longtemps j'ai ressenti un semblant de statu-quo avant la traditionnelle avalanche de révélations dans les toutes dernières pages du livre. C'est en effet assez long, il ne se passe pas grand-chose, du moins rien de neuf, à part le retour de Dylan, et encore c'est succinct, plus la liaison entre Theodora et Jack, mais pas de quoi renverser les foules. Et pour ma part, je préfère de très loin le personnage d'Oliver... Mimi Force se révèle toujours aussi garce et agaçante, elle a déjà digéré son procès en Italie et concentre ses efforts pour célébrer officiellement la cérémonie du lien avec son âme soeur. Bliss devient un personnage intéressant, sa récente découverte d'une photographie de sa véritable mère pourrait bien chambouler le damier des vieilles dynasties établies. Sur ce plan, hélas, la révélation se fera encore attendre... Dans les toutes dernières pages, l'action prend un brusque tournant. Le conclave au complet s'est déplacé de Manhattan pour Rio, ce qui déplaît fortement au grand-père de Theodora, récemment élu nouveau Rex (au détriment de Charles Force), car il pressent un drame imminent. Inutile de cacher que c'est tout à fait justifié ! 
Ce qui ne cesse de me surprendre dans cette série, c'est que rien ne semble déjà décidé à l'avance, que toute l'intrigue peut être retournée à chaque instant et qu'il serait bien présomptueux d'affirmer quelle sera l'issue (du combat ou des choix amoureux), surtout après la fin de ce tome 3. Et je ne m'en lasse pas, je suis d'ailleurs impatiente de lire le prochain tome (à paraître à l'automne pour les USA), mais en même temps je découvre que l'auteur n'a pas encore fixé le nombre de tomes pour sa série !!! Trop de plaisir à l'écrire, trop d'idées pour la grossir... ça promet.

Albin Michel, coll. Wiz, 2009 - 295 pages - 13,50€
traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec

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parce que cette Etreinte d'Egon Schiele se glisse dans l'histoire.... bah oui !

(et pourtant je trouve que le série manque cruellement de sensualité !!!!)

MESSAGE PERSO :::  bon anniversaire à toi, ma frangine... et tu vois, ce livre t'attend ! vi, toi !  :-D

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18/05/09

Une (irrésistible) envie de dire oui ~ Meg Cabot

une_envie_de_dire_ouiToujours la même recette gagnante : Heather Wells, ex-lolita star de la pop, ruinée par ses parents, reconvertie dans une vie plus sage et rangée, exit le fiancé volage, désormais notre héroïne fétiche promène son chien, est hébergée par le frère de son ex, a pris quelques kilos superflus, griffonne des textes de chansons en toute discrétion, et gagne sa croûte en travaillant à Fischer Hall où depuis quelques mois les meurtres se suivent et ne se ressemblent pas. La résidence a gagné le titre peu honorable de Dortoir de la Mort, et la réputation se confirme quand Owen Veatch, le nouveau boss, s'effondre en buvant son café. La police est toujours aussi peu efficace, Heather y met son grain de sel, chaperonnée par Cooper Cartwright, son bon samaritain, détective privé de son état, et très, très sexy. Heather a le béguin mais le type a décliné ses avances pour des raisons tordues mais justifiées (cf. le tome 2), du coup notre héroïne vit une autre histoire d'amour... avec Tad, son prof de maths rencontré depuis peu, qui aime le footing et la nourriture bio. Mais cette relation pourrait bien être le déclic pour d'autres révélations, surtout lorsque Tad, affublé d'une horrible queue de cheval blonde, beurk, s'apprête à lui faire sa demande. Quelle demande ?!
Pour l'enquête policière, on repassera. Ce n'est pas ce qui franchement retient l'attention, mais intéressons-nous davantage aux rapports entre Heather et les hommes de sa vie. C'est irrésistible, romantique et craquant. J'ai cru comprendre que ce livre bouclait la série avec Heather Wells comme héroïne, d'un côté c'est dommage, juste au moment où ça décollait enfin chez notre couple fétiche, mais d'un autre côté toutes les bonnes choses ont une fin, il faut savoir dire stop pour éviter de tomber dans les répétitions saoulantes. Et puis on a fait le tour, maintenant on devine l'avenir.
Voici tout à fait le genre de lecture dénuée de matière grise, mais qu'est-ce que ça fait du bien aussi ! A considérer comme une lecture-pansement, ou une lecture pour la détente, pour se faire plaisir, pour Meg Cabot aussi, un auteur dont l'actualité se renouvelle sans cesse, n'hésitez pas : les options ont le champ large ! 
Et ma foi, cette couverture est tout de même délicieusement kitsch !

Albin Michel, coll. Wiz, 2009 - 318 pages - 13,50€
traduit de l'anglais (USA) par Florence Schneider

Pour retrouver Heather Wells : 

Bleu Cauchemar ~ Laurie Faria Stolarz

Côté face, Lucy est une étudiante jolie, intelligente, entourée d'amis, amoureuse en secret du petit copain de sa meilleure amie. Côté pile, Lucy possède un don particulier : elle fait des rêves prémonitoires. En fait, ce sont des cauchemars qui s'accompagnent par des manifestations étranges sur son corps (dans ce premier tome, on découvre par exemple qu'elle fait pipi au lit !). Lucy maîtrise très mal son don, elle se sent aussi responsable de n'avoir pu sauver une jeune fille quelques années plus tôt, parce qu'elle n'avait pas su interpréter ses rêves correctement. Il lui faut donc à tout prix comprendre ce que ses cauchemars tentent de lui expliquer, et sauver sa meilleure amie Drea qui serait en danger de mort.  

bleu_cauchemar

Cela peut paraître bizarre, mais en fait je ne sais pas quoi penser sur ce livre ! J'ai peiné à entrer dans l'histoire, à comprendre tout le schmilblick, à suivre l'héroïne et ses pratiques de magie, à ne pas trop me focaliser sur le détail du pipi au lit, mais l'allusion revient trop souvent pour faire comme si cela ne comptait pas, et franchement ça en devient gênant. 
Sans quoi, le roman se lit sans déplaisir. L'histoire est vraiment flippante et mystérieuse (impossible de deviner l'identité du détraqué). Cela fait penser aux teen-movies avec un groupe de jeunes insouciants, lorqu'un malade cherche à semer la panique, l'héroïne s'improvise enquêtrice prête à sauver le monde tandis que l'ennemi gagne du terrain et que tous paraissent plus suspects les uns que les autres. Ce n'est peut-être pas un hasard si l'auteur saupoudre son récit d'une bonne multitude de références dignes de ce nom.

C'est le premier livre d'une série de quatre tomes - le suivant est déjà annoncé (Blanc Fantôme) grâce à un extrait en fin de roman. Je compte le lire car je suis curieuse de connaître la tournure des événements.

Albin Michel, coll. Wiz, 2009 - 315 pages - 13€
traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec

le site de l'auteur : http://www.lauriestolarz.com/

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30/03/09

L'étrange vie de Nobody Owens - Neil Gaiman

Un trailer pour commencer :

 

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Les avis de lecture ont fleuri en nombre concernant ce roman de Neil Gaiman... Pour ceux qui seraient passés à côté, voici quelques mots.

nobody_owensUne famille a été massacrée par un individu appelé le Jack. Seul un bébé a pu se sauver en se réfugiant dans le cimetière voisin. L'enfant sera recueilli et adopté par un couple de fantômes, les Owens. Ainsi naquit Nobody Owens, déclaré Citoyen Libre du cimetière, pouvant aller et venir comme bon lui semble, dans un univers peuplé de créatures surnaturelles, imaginaires et folkloriques.

Mais la vie à l'extérieur du cimetière intrigue Bod qui grandit, curieux, avide d'apprendre, de se faire de nouveaux amis. Or le dange rôde partout, et le fameux Jack n'a toujours pas renoncé à lui faire la peau !

C'est un roman tout gris, tout noir et tout blanc. Comme le préfigure la couverture française. Un livre qui donne la chair de poule, et en même temps qui mêle l'humour, la tendresse et l'humanité avec brio.
C'est l'histoire d'un enfant orphelin qui s'adresse à d'autres enfants, qui montre l'exploration d'un monde magique, et/ou fantaisiste, et qui raconte aussi l'apprentissage de la vie, avec ses plaies et ses bosses, mais aussi ses émerveillements et ses bonheurs.

Plus que tout, j'ai été sensible à la beauté des personnages, qui nous font oublier la mort, leur nature et l'incongruité de la situation. L'ensemble n'est pas qu'étrange, mais aussi inquiétant et merveilleux. Macabre et poétique, captivant et dangereux, sombre et lumineux.

A la fin du roman, Neil Gaiman nous apprend qu'il est un passionné du livre de Kipling (Le livre de la jungle) et qu'il lui a fallu pas moins de vingt ans pour écrire ce roman ! Ces précisions nous étonnent à peine... L'étrange vie de Nobody Owens  est un livre qui se déguste lentement. Personnellement il m'a tenu compagnie durant de longues semaines, non par manque de motivation, mais parce que je trouvais que l'histoire prenait une saveur particulière en s'intercalant dans mes habitudes littéraires et qu'elle réussissait sans problème à s'ancrer dans mon esprit, pas besoin de refeuilleter les pages d'avant pour se rappeler l'histoire.

Une troublante exploration du monde qui sépare les vivants et les morts, avec toute la poésie et l'imagination chères à un grand auteur !   

Ce livre a remporté la Newberry Medal 2009.

Illustrations de Dave McKean
Albin Michel, coll. Wiz, 2009 - 310 pages - 13,50€
Traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec

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Rappelons la sortie de CORALINE, l'animation réalisée par Henry Selick.  En France : le 10 juin 2009 !

De quoi ça cause ?

 

coralineLa famille Jones vient d'emménager dans une grande maison avec des pièces si nombreuses qu'elles ne peuvent être toutes occupées. Profitant que ses parents soient occupés à travailler sur leurs ordinateurs, Coraline entreprend d'explorer l'endroit. Elle découvre l'existence d'une porte noire fermée à clef et qui s'ouvre sur un mur en briques. Du moins, à la première tentative. Lorsqu'elle choisit de recommencer l'expérience, Coraline fait face à un univers identique à celui qu'elle connaît, avec des parents qui ressemblent aux siens, sauf qu'ils semblent plus disponibles. Petit détail non anodin : ils ont des boutons cousus à la place des yeux.
Toutefois ils se montrent aimables et aimants. Prêts à lui offrir tout ce qu'elle désire. Qu'est-ce que cela cache ?

Neil Gaiman, maestro des contes fantastiques, nous introduit dans un doux monde influencé par les oeuvres de Lewis Caroll et même par La famille Addams. L'univers est onirique, savamment inquiétant, et il ne faut pas s'arrêter aux simples apparences, mais traverser le miroir. Dans tous les sens du terme.
Suspense garanti. Ambiance délicieusement noire. Pas bien méchante non plus. Accessible pour les plus jeunes.

Albin Michel, coll. Wiz, 2003 - 152 pages - 10€
Traduit de l'anglais (USA) par Hélène Collon

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17/02/09

Le Palais des Mirages - Hervé Jubert

palais_des_miragesCette sublime couverture de Shelly Wan met en scène une petite fée qu'on n'hésite pas à associer à l'héroïne du roman, Clara Charpentier. Clara a quinze ans, c'est une reine de la voltige, qui manque un jour se rompre le cou au Palais des Mirages mais doit la vie sauve grâce à l'intervention d'un charmant ténor de la chorale d'Upsal, monsieur Lukas Sandström. Nous sommes en l'an de grâce 1900, la grande Exposition universelle vient d'ouvrir ses portes à Paris. Des milliers de visiteurs sont attendus, des stands tous plus excentriques et beaux les uns que les autres rivalisent de grandeur et d'ambition. Pourtant, la menace gronde et les risques d'attentats sont bien réels, puisque dans l'ombre des individus ourdissent un plan diabolique. Victime de sabotage, Clara prend les devants pour retrouver le suspect russe au crâne chauve et à la voix de castrat. Chemin faisant, elle recroise son chevalier servant, le suédois Lukas S., toujours galant mais un tantinet mystérieux, et hélas fuyant. Qu'importe. En dépit des règles de bienséance, Clara le poursuit sans relâche, elle l'invite même à rejoindre le Grenier des Poètes, qui n'est autre que l'appartement du grand-père carillonneur, Mérowak.

Véritable hymne aux rêves et aux mirages, aux spectacles de danse et de lumière, à la naissance du nouveau siècle, ce roman d'Hervé Jubert est une féerie, une fantasmagorie, une épopée rythmée dans un Paris qui revêt un costume splendide. Les descriptions de l'Expo font illusion et se parent de lumières étincelantes. Le spectacle est époustouflant ! De plus, l'aventure que va vivre Clara Charpentier, qui n'est pas sans rappeler une certaine Blanche Paichain, combine le policier au fantastique avec une symbiose parfaite. De toute façon, l'avancée dans ce monde est tour à tour étrange, unique et déroutante. Mais le charme opère, fatalement. La plume d'Hervé Jubert fait encore montre de virtuosité et touche en plein cœur la lectrice éblouie que je suis. Un vrai numéro de saltimbanque, qui tourbillonne et donne des étoiles dans les yeux. Magique ! Tout comme ce regard tendre et attachant avec lequel l'auteur croque ses personnages... comment ne pas succomber ? Un vrai régal !

Lecture brillante. A conseiller aux grands lecteurs.

Albin Michel, coll. Wiz, 2009 - 360 pages - 13,50€

le site de l'auteur : www.blanche-paichain.net

lire, relire, découvrir Blanche

 

un extrait pour s'en convaincre : « Ce que Clara avait été pour l'air, Loïe Fuller l'était pour le feu. Toutes deux étaient fées. Clara le comprit enfin.
On ne voyait le visage de Loïe qu'entre deux vagues ondulantes. Le corps était une flamme, une fleur, un papillon avant de redevenir cette boulotte souriante au nez fripon et à la fossette mutine. La danseuse avait inventé un mode d'expression qui transcendait l'âme humaine. Et pourtant, dans le civil, elle était si passe-partout... Pour la première fois, Clara sentit des picotements la saisir à la nuque lorsque le dernier mouvement, le plus étrange, celui qui se jouait dans la pénombre, s'acheva dans un silence stupéfait.
»

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24/01/09

« Un nouveau monde nous attend ! »

Les Vampires de Manhattan, de Melissa de la Cruz

51aY_2BleavdL__SS500_Ils incarnent la jeunesse dorée de New-York, ils sont tous beaux, riches et désinvoltes. L'avenir leur sourit dans leur petit cercle protégé qu'ils fréquentent, que ce soit dans leur école privée ou dans les clubs underground, ils ne craignent rien ni personne... et puis le drame frappe l'une des leurs, lorsque Augusta Carondolet est retrouvée morte. Theodora Van Alen accepte la version officielle, on parle d'overdose, mais le très séduisant Jack Force la prévient que c'est un mensonge. C'est étrange, pourquoi le garçon le plus populaire se rapproche de Theodora la transparente, qui préfère les vêtements vintage aux grandes marques de la mode ? Et puis elle est le souffre-douleur de Mimi Force, la soeur jumelle de Jack, qui est d'une beauté époustouflante mais qui est également une garce finie. Elle ne se déplace jamais sans ses courtisanes, parmi lesquelles on trouve la texane Bliss Llewellyn. Cette dernière a eu un coup de coeur pour Dylan Ward, un nouvel élève qui joue les mauvais garçons. Il aime traîner avec Theodora et son meilleur ami d'enfance, Oliver Hazard-Perry, lequel est piqué de jalousie du flirt naissant entre sa copine et Jack Force. De même,  Mimi ne supporte pas non plus ce soudain attachement entre son frère et son ennemie jurée, ni la toquade entre Bliss et ce Dylan au blouson en cuir usé qui lui file des frissons sur tout le corps.

L'intrigue se résumerait-elle à une guéguerre des nerfs, teintée de haine et d'envie, entre beaux gosses du même milieu ? Pas du tout. On va découvrir peu à peu un vrai suspense dans cette histoire, en plus de savoir qui a tué la jeune fille. Car sous le brillant, on tombe sur des secrets de famille, des légendes et même des faits remontant à la colonie de Plymouth, au XVIIème siècle. Malheureusement le titre français crache un peu vite le morceau, parce qu'il s'agit bel et bien d'une histoire de vampires. Mais le mythe ici est encore une fois exploitée de façon surprenante, loin du folklore habituel. Et c'est ce qui excitant à imaginer. On parle de sang-bleu (cf. le titre vo : Blue Bloods), de régénération, de Comité, de Sentinelles et de familiers humains, d'Intermédiaires aussi. C'est recherché, et d'ailleurs c'est carrément l'intérêt véritable de cette série, bien au-delà des descriptions parfois crispantes de la faune pleine aux as (parce que, bof-bof les nunucheries qui entourent les personnages, et cette manie de les détailler du pied à la tête, *soupirs*). Ce livre se termine sur des questions qui restent ouvertes, l'intrigue est en place, ayé j'en redemande !

Albin Michel, coll. Wiz, 2007 - 341 pages - 13,50€
traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec

d'autres avis : Gaëlle, FrancescaVirginie (Chrestomanci)

 

 

 

Les Sang-Bleu, de Melissa de la Cruz

 

 

 

 

 

 

 

L'histoire s'enchaîne à Venise, où Theodora Van Alen veut retrouver son grand-père qui s'est volontairement mis en exil par rapport aux vampires de Manhattan. C'est une décision lourde de conséquences, prise des années 51zC5geOxBL__SS500_auparavant, quand la famille Van Alen s'est opposée au Conclave, ce comité qui régit la communauté en imposant le code à suivre, car l'assemblée ne veut pas reconnaître l'existence du sang d'argent, l'ennemi redoutable des sang-bleu. Aujourd'hui il semblerait que les Van Alen ait toujours vu juste, car la jeune génération des vampires est petit à petit décimée par des attaques isolées, mais répétées. Theodora est la dernière descendante de la famille, ce n'est pas facile pour elle car sa mère est plongée dans un profond coma, et son histoire personnelle est assez compliquée car c'est une sang-mêlée (son père est humain, Allegra Van Alen a rompu les liens ancestraux en s'unissant à lui). Elle est aussi affligée à cause de sa passion contrariée pour Jack Force, le jumeau de Mimi, car ces deux-là sont unis par le lien d'immortalité, impossible à briser. Theodora commence aussi à ressentir la soif, son corps accuse des signes de faiblesse, et il faut qu'elle pratique le Baiser Sacré. C'est alors que son lien, déjà très fort, avec Oliver Hazard-Perry devient encore plus important, mais dangereux. A ceci s'ajoute l'arrivée d'un nouvel élève à Duchesne, il se nomme Kingsley Martin. Son charme est magnétique et malicieux, le garçon attire Mimi Force dans un jeu machiavélique et il jette son dévolu sur Bliss Llewellyn, laquelle souffre d'affreux cauchemars et ne se console toujours pas de la disparition de son ancien petit ami, Dylan Ward.

C'est vraiment captivant, il y a de plus en plus du suspense dans cette série. La vision sur les vampires est franchement originale, loin des clichés. On découvre l'étendue de leurs pouvoirs, leurs faiblesses aussi. En plus, les liens d'immortalité prennent une importance considérable, et cela se vérifie dans les histoires amoureuses. On devine que des triangles sont possibles entre Oliver - Theodora - Jack - Mimi, mais désir et code déjà établi ne font pas bon ménage. L'exemple de la mère de Theodora rappelle combien il est impossible de briser les liens d'immortalité. Et puis des secrets ne cessent de sortir des placards, avec des éléments nouveaux et stupéfiants (et qui promettent de secouer la communauté vampirique). Cette série est beaucoup plus riche que l'étendard affiché par la superficialité, le glamour, la hype attitude et les fringues branchées. J'ai même trouvé que c'était parfois proche de Harry Potter (avec les incantations en latin, les entraînements, les forces du mal, le combat qui approche...). La communauté des vampires est également divisée, entre les sang-bleu qui veulent apporter paix, beauté et lumière tandis que le sang d'argent recherche le chaos. Mais l'ennemi est invisible, ce qui rend la tension encore plus excitante. J'attends le troisième tome avec impatience, car je suis très agréablement surprise par la série de Melissa de la Cruz.

Albin Michel, coll. Wiz, 2009 - 340 pages - 13,50€
traduit de l'anglais (USA) par Valérie Le Plouhinec

Posté par clarabel76 à 11:00:00 - - Commentaires [36] - Permalien [#]
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