27/06/17

Le Cri, de Nicolas Beuglet

LE CRIConvoquée en pleine nuit pour superviser la mort suspecte d'un patient de l'hôpital psychiatrique de Gaustad, près d'Oslo, l'inspectrice Sarah Geringën découvre une scène saisissante d'effroi - un type étranglé, la bouche ouverte dans un cri muet, une cicatrice sur le front - scène sur laquelle la direction aurait souhaité ne pas attirer l'attention de la police. Trop tard pour reculer. Sarah déterre rapidement des détails troublants, qui vont la lancer dans une enquête frénétique et haletante. Elle est bientôt rejointe par Christopher, un journaliste français, forcé de se mouiller pour sauver sa famille prise en otage par un vieil homme souffreteux. Celui-ci réclame vengeance et réponse aux nombreuses tortures endurées dans le plus grand secret, vraisemblablement sous le couvert de la science, et avec la complicité de la CIA. Plus le duo avance dans ce dédale infernal, plus il se heurte à des révélations qui dépassent l'entendement.

De son côté, le lecteur est lui aussi emporté par leur élan et participe aux recherches en adoptant le rythme trépidant, car tout va très, très vite. L'auteur alimente son intrigue de nombreuses séquences mouvementées, avec une multitude de rebondissements, et entraîne son lecteur dans cette agitation ambiante sans lui laisser le temps de souffler. Cette volonté d'aller vite pousse à enchaîner les chapitres et de se mettre au diapason de cette course effrénée. C'est tout à fait la même recette qu'un roman de Dan Brown, entre nous, tout est parfaitement huilé et mis au point pour titiller l'intérêt du public en le saucissonnant sur place pour connaître la suite du programme. Mais une fois cette exaltation passée, j'avoue m'être un peu lassée de la longue cavale des deux protagonistes. On slalome entre leur quête interminable et les théories fumeuses exhumées de leurs recherches... Le schéma classique mais monotone. De plus, les personnages sont creux, ne renvoient aucun charisme et s'éprennent l'un de l'autre de façon absurde et convenue. Mon enthousiasme du début a finalement été un peu douché.

J'ai donc apprécié la forme globale, la perspective d'une lecture de pure distraction, au rythme entraînant, même si son contenu n'a pas éveillé chez moi un vif intérêt. Olivier Prémel livre également une très bonne performance, vigoureuse et convaincante, qui rend l'écoute scotchante. L'univers de Nicolas Beuglet est lui aussi imprégné de nombreuses influences - on pense à Dan Brown, mais aussi à Bernard Minier - de quoi séduire les amateurs du genre. À défaut d'être originale, la lecture est finalement addictive.

Texte lu par Olivier Prémel (durée : 13h 51) - ©2016 XO Éditions (P)2017 Audiolib


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23/06/14

Central Park, de Guillaume Musso

Central Park

Alice travaille à la police criminelle de Paris. Gabriel est pianiste de jazz à Dublin. Ils ne se connaissent pas mais se réveillent tous deux sur un banc, à Central Park, menottés l'un à l'autre. La veille encore, Alice sortait avec ses copines pour une soirée bien arrosée. Que lui est-il arrivé, que fait-elle à New York et que diable lui veut cet inconnu qui ne la quitte plus d'une semelle ? Ils décident malgré tout de faire équipe et se lancent bon gré mal gré dans une enquête endiablée, sur la piste d'un tueur en série, qui sévit depuis trois ans dans la capitale française. Son potentiel retour fait frémir d'horreur Alice, qui en a fait une affaire personnelle. C'est le deuxième roman de l'auteur que j'écoute à l'approche des vacances. L'expérience est assez déconcertante, pas contre l'interprétation lisse et impeccable de David Manet, mais par principe. En fait, j'ai été plutôt agréablement surprise par l'histoire, au scénario bien ficelé, mené tambour battant et au suspense efficace. J'ai vraiment bien accroché, et ce pendant les 3/4 du roman. Puis, la fin... désolante. Je l'ai trouvée tellement décevante, en comparaison du reste. Limite banale. J'ai eu la sensation de retomber lourdement sur mes pieds. Dommage. Je pensais m'en tenir au seul reproche de l'écriture, pour moi, maniérée et précieuse (« les mille nuances des reflets d'or de son chignon, son visage fragile et diaphane, ses lèvres sèches rose pâle d'où sortait un souffle chaud »), mais le dénouement a le goût d'un soufflet dégonflé. Mouaip ! ... 

Audiolib, juin 2014 ♦ texte intégral lu par David Manet (durée d'écoute : 7h 50) ♦ 

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21/01/14

La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry, par Rachel Joyce

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Ce matin-là, Harold Fry quitte son appartement pour aller poster une lettre, en réponse à Queenie Hennessy, une vieille amie, ancienne collègue de boulot. Elle se trouve actuellement au Nord du pays, malade d'un cancer incurable, et lui a adressé ses adieux en souvenir du bon vieux temps. Harold, sans réfléchir, décide finalement de pousser plus loin son expédition. Sa rencontre avec une jeune fille travaillant dans un garage lui a en effet donné une idée : rejoindre à pied son amie. Traverser l'Angleterre pour apporter espoir, paix et bonheur à Queenie. Un geste symbolique, pour l'aider à résister en attendant sa venue. Harold y croit dur comme fer.

Alors il part sur les routes et il marche des heures durant. Il n'a pas eu le temps de prévenir son épouse Maureen, qui va être en pétard, ni le temps de se préparer physiquement. Il est parti avec ses petites chaussures, sans entraînement. Tant pis. C'est animé d'une foi véritable qu'il se lance dans ce pèlerinage. Certes, son aventure sera reprise, décortiquée, analysée, diffusée sur les antennes, exploitée à des fins commerciales... Du moins, pas dans l'immédiat. Au commencement, Harold est seul. Il marche, il fait des rencontres, il profite de la vie et il réfléchit sur son propre parcours.

En fait, l'existence d'Harold peut sembler minable : son épouse et lui ne se parlent plus, ils partagent un toit, point. Leur fils David a quitté le foyer, les accusant de ne pas s'intéresser à lui. Sa rencontre avec Queenie a été comme une bulle d'oxygène dans un quotidien englué dans l'ennui et l'amertume. Et pourtant, ces deux-là ont toujours été unis par l'amitié et la solidarité. Des secrets aussi ont pesé et scellé leur sort, et qui expliqueraient bien des choses aujourd'hui.

En attendant, c'est tout ça qui rumine dans sa caboche, Harold Fry face à son destin, une lecture particulièrement réjouissante et débordante d'enthousiasme ! On peut certes déplorer des longueurs, des maladresses, un rythme inégal, des rencontres plus ou moins passionnantes, des anecdotes anodines, mais dans l'ensemble c'est tout de même bien agréable à lire, avec une surprise finale qui laisse coi et fait revoir la copie entière. Une jolie rencontre littéraire, dépaysante et généreuse.

Pocket, octobre 2013 - traduit par Marie-France Girod pour XO éditions.

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04/09/13

Demain, Audiolib (9 h 30) lu par Olivier Blond

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Matthew est un homme désespéré depuis la mort de son épouse, survenue un an plus tôt. Il vit seul à Boston et s'occupe de leur fille unique, mais ne parvient pas à reprendre goût à la vie. Un jour, il fait l'acquisition d'un ordinateur portable lors d'un vide-grenier. C'est ainsi qu'il fait miraculeusement la connaissance d'Emma, avec laquelle il s'entend à merveille. Tous les deux se fixent rendez-vous dans un restaurant de Manhattan.

Le même jour à la même heure, ils poussent chacun à leur tour la porte du restaurant. Ils sont conduits à la même table et pourtant... ils ne se croiseront jamais. Il apparaît que ces deux-là se sont infiltrés dans une faille temporelle, Emma vit en fait un an plus tôt, à New York. Matthew est bel et bien dans le présent, a du mal à expliquer le pourquoi du micmac mais entend rebondir aussitôt en demandant à Emma de sauver son épouse ! La belle désillusion pour notre célibataire, qui se voyait partager un avenir radieux aux côtés de Matt et sa petite fille...

Elle va d'abord bouillir de colère, de frustration et d'incompréhension, avant de capter qu'elle seule détient les rênes du destin de tout le monde ! Machiavélique, notre Emma ? C'est une question parmi tant d'autres que l'on va se poser. L'intrigue va effectivement bien nous balloter, pour brouiller les pistes et révéler une succession de données toutes plus surprenantes les unes que les autres. A ce petit jeu, l'auteur est habile et nous mène par le bout du nez. C'est plutôt pas mal ficelé et entraînant, même si ça ne nous scotche pas non plus à notre fauteuil.

C'était le premier livre de Guillaume Musso que je découvrais, je n'en garde pas un souvenir trop mauvais mais je ne pense pas que je retenterai l'expérience, car je sens que c'est une mécanique trop chichement huilée pour me convaincre totalement. C'est à considérer comme une lecture de vacances, distrayante et captivante car j'ai bien aimé le début de l'histoire, beaucoup moins la fin (convenue, lisse et attendue). La lecture faite par Olivier Blond s'est avérée très agréable elle aussi. En somme, je n'ai rien à ajouter à ce qui fut un plaisir fugace et éphémère, dont l'impact s'effacera très vite, au fil du temps.

Demain, par Guillaume Musso
Audiolib, 2013 / XO éditions, 2013
Texte intégral lu par Olivier Blond (9 h 30)

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