20/01/14

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, de Mary Ann Shaffer & Annie Barrows ❤

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Et de trois ! Après la VO, la VF... voici maintenant la version audio. À chaque fois, ce livre me surprend, m'éblouit, me dorlote, me donne le sourire et les larmes aux yeux. Je suis irrémédiablement amoureuse du Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, c'est un livre chéri, bichonné, chouchouté, je l'aime d'amour. Une fois encore, il m'a été précieux. Car il est tombé à point nommé, j'avais besoin de douceur, de tendresse, de bonnes ondes, et il s'est présenté à moi de façon logique, claire, indiscutable.

Quel régal ! J'ai replongé avec excitation dans l'histoire, à ma grande honte j'en avais un peu oublié les entournures, au moins j'ai pu doublement apprécier cette énième lecture. Tout commence autour d'un livre de Charles Lamb. Un jour, Juliet Ashton, une célèbre chroniqueuse qui vient de publier son premier ouvrage et connaît un succès fou, reçoit une lettre d'un certain Dawsey Adams, résidant à Guernesey. Entre autres banalités, il évoque le Cercle des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates. Il n'en faut pas davantage pour titiller la curiosité de notre journaliste. S'ensuivra, bien évidemment, une correspondance enjouée, exaltante et exaltée entre Juliet et les habitants de l'île anglo-normande.

C'est ainsi toute une communauté attachante et passionnante qu'on découvre, Amelia Maugery, Isola Pribby, Eben Ramsey... et même l'insupportable Miss Adelaide Addison. Tous rapportent leurs conditions de vie durant la guerre, l'île ayant été occupée par les allemands. Ils avaient donc mis en place un cercle littéraire, pour sauver les apparences et permettre de se nourrir en douce, tout en prenant goût à la lecture en fin de compte. Quelle expérience ! Bien sûr, ils n'ont pas été épargnés par les drames non plus et on devine notamment qu'Elizabeth McKenna, autour de laquelle tournent toutes les discussions, figure comme étant une icône mystique et intouchable.

Juliet est fascinée, le lecteur aussi. Au fil des lettres, on est immédiatement pris dans le tourbillon des intrigues, des secrets, des révélations... Que d'émotions ! J'avais l'impression de tout (re)découvrir comme une première fois. C'était encore plus bouleversant, j'ai adoré. La version Audiolib est d'autant plus radieuse et enivrante ! Ce sont cinq comédiens qui se partagent l'affiche, Cachou Kirsch, Nathalie Hons et Nathalie Hugo, qu'on retrouve notamment dans des ouvrages aussi enthousiasmants comme Le Goût des pépins de pomme ou La couleur des sentimentsThierry Janssen et Philippe Résimont. Ils ont donné vie à des personnages et à une histoire vraiment passionnante, bouleversante, drôle aussi et que je ne cesse de chérir au fil du temps.

Audiolib, novembre 2009. Texte intégral lu par Cachou Kirsch, Nathalie Hons, Nathalie Hugo, Thierry Janssen, Philippe Résimont (durée d'écoute : 8h 17).
Traduit de l'américain par Aline Azoulay, pour les éditions NiL.


06/09/13

Les yeux jaunes des crocodiles, Audiolib (19 h) lu par Marie-Eve Dufresne

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Ne supportant plus l'infidélité de son mari, Joséphine Cortès le fiche à la porte et se retrousse les manches pour élever seule leurs deux filles, Hortense et Zoé. Sa sœur, Iris, qui n'est que beauté et splendeur éblouissante, s'est mis en tête d'écrire un livre, pour épater la galerie. Toutes deux concluent alors un pacte, qui se résume à : tu l'écris, je le vends, tu deviens riche, et moi célèbre.

Joséphine est une jeune femme banale, qui manque de confiance en elle, elle n'a jamais reçu le moindre soutien de sa mère, même sa sœur a tendance à la regarder de haut, et pourtant elle est remarquable, intelligente, passionnée par le XIIe siècle, compatissante et généreuse. D'ailleurs, chez elle, dans son appartement à Courbevoie, on se sent à l'aise, on se donne le mot pour y déposer ses coups de blues, ses doutes, ses angoisses ou ses espoirs.

On boit du thé, on avale des petits gâteaux, on épluche des légumes, on sifflote, on tremblote, on a le cœur lourd, on s'interroge, est-ce normal d'éprouver de l'attirance pour le mari de sa sœur ? que fait son amie Shirley à Buckingham Palace lors d'un bal officiel donné par la reine ? Antoine réussira-t-il sa reconversion au Kenya avec son élevage de crocodiles ? Marcel et Josiane vivront-ils enfin leur amour en paix ? Henriette n'a-t-elle pas juré de livrer bataille jusqu'à son dernier souffle ? ...

La recette est facile, mais goûteuse et savoureuse. On a laissé les mots naviguer, les histoires flotter et les anecdotes nous embarquer vers des contrées accueillantes. C'était bon, c'était bien ! Je me suis sentie à l'aise, comme dans une petite bulle, chouchoutée et heureuse. C'était une jolie entrée en matière, pétillante et chaleureuse, qui parle de la vie et des gens avec simplicité, sincérité et bonne humeur. Je poursuis l'aventure avec La valse lente des tortues...

Les yeux jaunes des crocodiles, par Katherine Pancol
Audiolib, 2010 / Albin Michel, 2006 - texte intégral lu par Marie-Eve Dufresne (durée : 19 heures)

12/07/13

“Je veux mettre du rêve dans le réel. On en a bien besoin, non ?”

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Doria vient de rompre avec son petit copain et se réfugie dans l'appartement de son père, boulevard Montmartre. La jeune femme ne collectionne que les échecs, même son boulot de comédienne ne décolle pas et son compte bancaire vire au rouge. Aussi, elle a besoin de se refaire une santé, de recharger les batteries. Chez son père, le calme et la sérénité s'imposent d'office. Doria apprécie le petit cocon de l'immeuble, avec sa cour carrée, ses voisins qui vaquent à leurs occupations, qui se saluent, et qui respectent l'intimité des uns et des autres.

Et puis un projet immobilier menace de tous les expulser, Max et sa fille entrent en résistance et créent une association. C'est le combat de David contre Goliath, mais qu'importe ! La joie et la bonne humeur sont communicatives, les locataires veulent y croire. A côté de ça, la vie suit son cours : Doria a craqué pour le beau Sacha, qui veut devenir une rock star, elle a aussi revêtu sa parure d'espionne en contrant un cambriolage chez l'architecte Léo Klein, le type à la mèche impeccable, forcément on craque pour lui, la belle Manuella organise des apéros coquins autour d'une vente d'objets sexy et rigolos, la guérilla est déclarée avec le patron de bar, Karim, mais qui aime bien châtie bien...

En somme, ce roman est la promesse de s'incruster auprès d'une bande sympa et attachante. Les résidents du 19bis boulevard Montmartre forment une autre idée de la famille ou de l'amitié. Qu'est-ce qu'on s'y sent bien ! A vrai dire, j'avais à peine entamé ma lecture que je l'ai terminée seulement quelques heures après, tellement le plaisir était bon, la sensation d'être à l'aise et d'avoir trouvé sa place ne semblait plus vaine. J'ai franchement adoré ! C'est le rendez-vous idéal pour l'été et les vacances, c'est frais, généreux et ça insuffle un vrai bonheur de lire.

Grands boulevards, par Tonie Behar
JC Lattès, 2013

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18/06/13

L'île des oubliés, lu par Pulcherie Gadmer (Audiolib)

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Quelle lecture envoûtante ! A priori, l'histoire traitant d'une léproserie n'avait pas lieu de m'attirer, mais j'ai tout de même tenté l'expérience car les avis sur ce livre étaient tous extrêmement positifs. Bien m'en a pris, j'ai succombé moi aussi à cette atmosphère douce, nostalgique et ensorcelante, qui s'annonce comme la lecture idéale pour les vacances !

A l'occasion de son excursion en Crète, Alexis se rend sur les terres où sa mère a passé son enfance, dans le petit village de Plaka, qui se situe face à l'île de Spinalonga, réputée pour avoir abrité une colonie de lépreux entre 1903 et 1957. En rencontrant une vieille amie de sa mère, Alexis découvre alors la bouleversante destinée de ses aïeux, que sa mère avait choisi de fuir sans jamais expliquer les véritables raisons à ses propres enfants.

Se dévoile alors une histoire de famille avec ses drames, ses secrets mais aussi ses passions. Sans mentir, j'ai plongé tête la première dans ce décor paradisiaque, baigné par le soleil éclatant de la Crète, pourtant marqué par des tragédies, mais duquel se dégage un formidable élan d'optimisme et d'amour. Même la vie à Spinalonga est captivante, on y découvre une communauté attachante, qui va mener une vie presque ordinaire, en s'organisant pour ne jamais baisser les bras.

C'est vraiment un beau et doux roman, qu'on savoure avec délectation. La lecture de Pulcherie Gadmer a également fortement contribué à mon état d'ébahissement et de fascination. Son timbre de voix est apaisant, une vraie caresse, la promesse tenue d'un instant d'évasion et d'une lecture dépaysante. Forte de cette rencontre, je tente prochainement Le fil des souvenirs du même auteur, Victoria Hislop.

L'île des oubliés, par Victoria Hislop
Audiolib / Livre de poche (2013) ; éditions Les Escales, 2012 - Traduit par Alice Delarbre
Texte intégral lu par Pulcherie Gadmer (durée : 14 h 35)

Teaser Tuesday #47

Les chansons. Ah, elles peuvent être tellement parfaites... Une chanson. Une simple chanson. Trois minutes et demie d'instruments et de voix, rien de plus en général. Et pourtant ces trois minutes et demie peuvent vous faire voir le monde, dans toute son horreur ou dans toute sa gloire ; elles peuvent vous émouvoir aux larmes ou bien vous faire danser en pantoufles dans votre cuisine. Elles peuvent exprimer une émotion que vous n'aviez pas conscience de ressentir, ou bien une aspiration profondément ancrée en vous. Je sais que j'ai l'air de me la jouer quand je parle de musique, mais j'ai passé trop d'heures à écouter en boucle la même chanson, les yeux écarquillés d'émerveillement, pour qu'il en soit autrement.

Marilyn elvis

Gracie Flowers, la petite vingtaine, agent immobilier à Londres, avec une voix en or (et l'incapacité de se produire en public pour chanter depuis la mort de son père), a tracé son avenir selon un Plan en 5 ans, mais celui-ci mord la poussière sitôt qu'elle loupe sa promotion au boulot. Les ennuis ne cessent de s'enchaîner : elle court dans toute la ville pour s'acheter la pilule du lendemain, vole au secours de sa mère au bord de la banqueroute, veut sauver le lopin de terre où est enterré son père, loin des griffes de promoteurs avides, et cerise sur le gâteau, reçoit un coup de fil de sa belle-mère lui annonçant que son petit copain la quitte !

Mais Gracie Flowers ne manque pas de ressources et nous entraîne dans sa course folle avec une fraîcheur et un bonheur qui donnent des étoiles dans les yeux. En effet, cette lecture m'est apparue pétillante, tartinée de belles réflexions sur l'amour paternel et sur la musique, les chansons, l'amour aussi... C'est un régal à lire !

Marilyn, Elvis, le prince William et moi, par Lucy-Anne Holmes
Pocket, 2013 - traduit de l'anglais par Odile Carton

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12/06/13

“I must seem like the biggest nagging idiot in the world!” (Le garçon d'en face)

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Avant toute chose, ce livre a déjà fait l'objet d'une édition en 2004, sous le titre Melissa et son voisin. Le roman a seulement subi une petite modernisation au niveau des anecdotes sur les pipoles (on cite désormais Jennifer Lawrence, Bradley Cooper, Kristen Stewart, Kate Middleton, Lindsay Lohan, etc.). L'héroïne, Melissa Fuller, est en effet chroniqueuse de la rubrique mondaine, à la page 10 du NY Journal.

Un matin, elle ne se présente pas à son poste car elle a porté secours à sa voisine, la vieille Mme Friedlander, qui a été agressée chez elle et emmenée aux urgences, laissant son danois et ses deux chats à l'abandon. En bon samaritain, Mel a tout pris en charge mais cherche aussi à joindre le neveu de la dame, un certain Max, pour assumer ses responsabilités. Le type, en fait, est un photographe très imbu de sa personne, qui n'a que faire des déboires de Mel et délègue un vieil ami de sa connaissance, John Trent, de se faire passer pour lui pendant un mois, car il lui doit bien ce vieux service.

Et John se fourre ainsi dans le pétrin, en prétendant être un type qu'il exècre, dupant par la même occasion une jeune femme qu'il va trouver de plus en plus charmante, sans possibilité de lui avouer toute la vérité sous peine de la froisser. Quel micmac ! De son côté, Melissa va naturellement tout gober et s'enticher de son nouveau voisin. Elle partage son bonheur avec sa meilleure amie Nadine, mais pas seulement, puisque tous ses collègues du journal sont au courant de son aventure et se permettent de s'immiscer dans sa vie sentimentale.

Les mails ne cessent de pleuvoir, ça tombe à droite et à gauche, tout le monde a son mot à dire, et c'est ça qui est la force du livre, uniquement composé d'une monstrueuse correspondance électronique, entre amis, amoureux, collègues et proches (la famille de John Trent va aussi mettre son grain de sel !). C'est un joyeux fourre-tout, c'est très distrayant, Meg Cabot est douée pour nous embarquer dans des petites comédies romantiques et légères, donc on passe un très bon moment et c'est ça l'essentiel !

Le garçon d'en face, par Meg Cabot
Hachette (2013) - traduit par Cécile Leclère

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03/06/13

“Honestly, it’s so easy to get what you want from people if they think you’re a psycho.”

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Cette lecture a été un pur délice ! Lara est une jeune femme de 27 ans, qui traverse une très mauvaise période (son petit ami vient de la larguer par mail et son associée a mis les bouts pour se payer une amourette sous le soleil, sans se soucier du devenir de leur fraîche agence de chasseuses de têtes). En accompagnant ses parents aux funérailles de sa grand-tante Sadie, 105 ans, jamais elle n'aurait imaginé que sa vie allait connaître un revers étourdissant !

Au cours de la cérémonie, plate et sans tralala, Lara se trouve nez à nez avec le fantôme de Sadie, fraîche, pimpante et exubérante. Elle a une vingtaine d'années, un look de garçonne et un sale caractère. Ce qu'elle veut, c'est récupérer son collier fétiche. Elle jure, elle supplie, elle ordonne Lara de tout mettre en œuvre pour le retrouver. Prise d'une impulsion folle, la jeune femme crie à l'assassinat et gagne ainsi un temps précieux avant l'incinération fatale.

Et les voici, tous les deux, Lara et son fantôme, dans les rues de Londres, à tenter d'élaborer un plan d'action et mener une petite enquête brinquebalante (mais absolument jouissive, tellement c'est cocasse !). Lara va aussi céder aux moindres caprices de sa grand-tante, comme de s'habiller comme dans les années folles, inviter un inconnu à danser et flirter avec lui en souvenir du bon vieux temps. Si jamais Lara ne chipote, ou si peu, c'est qu'elle se sent coupable d'avoir négligé Sadie du temps où elle croupissait seule dans sa maison de retraite, sans la moindre visite.

Mais cette aventure lui offrira l'occasion de s'épanouir, d'élargir son réseau relationnel, de tirer un trait sur le passé (out, Josh !) et de tomber amoureuse. Elle découvrira aussi l'étonnante personnalité de sa grand-tante, débroussaillera un secret de famille et résoudra par la même occasion le mystère d'une toile de maître. C'est une lecture qui booste le moral et vous fait vous sentir heureux, l'histoire est pleine d'entrain, avec des situations tendrement farfelues, cela fait un bien fou de s'y plonger, j'ai beaucoup aimé !

Très chère Sadie, par Sophie Kinsella
Pocket, 2013 - traduit par Daphné Bernard

31/05/13

♪♫ Don't Stop 'Til You Get Enough ♫♪

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Charlotte, bientôt trente ans, vit une liaison avec un homme marié, Richard, un réalisateur qui vient justement de sortir son nouveau film ... qui parle de son histoire avec sa jeune maîtresse, qu'il tourne en ridicule. Le goujat ! Charlotte, pigiste pour un journal de cinéma, se fait un plaisir de défouler sa rage et son désespoir dans un article assassin, en jurant ses grands dieux qu'elle ne veut plus entendre parler de lui.

Dans l'intervalle, la demoiselle a fait la connaissance de Martin, charmant, charmeur et disponible. Charlotte n'écoute que son cœur et savoure son bonheur. Mais disons que la vie n'est pas un long fleuve tranquille, et de nouvelles aventures cocasses et amusantes vont jalonner le récit. Pour notre plus grand plaisir ! Car j'ai dévoré ce livre en deux coups de cuillères à pot. Slurp, c'était délicieux. Je n'ai pas manqué de pouffer en lisant deux, trois scènes hallucinantes (la tentative de fuite par la lucarne des toilettes de La Closerie des Lilas, le serveur bien aimable, le coup du karaoké dans la cour d'école, le déjeuner cauchemardesque que Charlotte subit en tentant de retenir le zèle du groupe de gospel, la soirée anniversaire, etc. etc.).

Le ton est vif, sans temps mort, avec des répliques tordantes, des jeux de mots parfois ridicules, une mise en scène survoltée (et un final en clin d'œil au film Elle et lui de Leo McCarey), bref c'est du petit lait à boire, de la chick-lit légère, enjouée, drôle, coquine et charmante, j'avais besoin de rire et décompresser, cette lecture a su pleinement remplir son office, j'ai adoré !

Apocalipstick, par Charlotte Marin & Marion Michau
Pocket, 2012 - illustration de couverture : Diglee

Charlotte Marin est également chanteuse (clic) et double la voix de Katherine Heigl dans Grey's Anatomy.

14/05/13

"... l'oubli n'est pas seulement une forme du souvenir, mais le souvenir est une forme de l'oubli."

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C'est probablement un livre qui a été écrit pour moi. Il est en effet question d'une maison et d'une famille où il n'y a que des filles. Le reste, c'est de la poésie, de la gourmandise, de la nostalgie, de la tendresse et de la délicatesse. Comment résister ?

Iris vient d'hériter de sa grand-mère Bertha la grande maison de Bootshaven, dans le nord de l’Allemagne. C'est l'été, le jardin regorge de couleurs et de senteurs, subrepticement tous les souvenirs d'enfance lui reviennent à la pelle : la maladie de Bertha, à la mémoire défaillante depuis sa chute du pommier, les balades dans la campagne, près de l'écluse, les heures à plonger ou nager dans le lac, sa cousine Rosemarie et leur amie Mira, les tragédies, la mort, les histoires d'amour naissantes, les trahisons, le désespoir, la jalousie...

Tout ça en un lent et langoureux va-et-vient avec le présent, où Iris fouille les placards, revêt les vieilles robes de bal de ses tantes ou sa mère, croise avec nonchalance Max, le jeune avoué qui doit régler les questions de succession. C'est une lecture qui doit se vivre, être ressentie comme un cadeau, ou être considérée comme un écho à vos propres souvenirs. Ce roman aborde d'ailleurs la délicate suggestion de la mémoire et de l'oubli, avec les histoires qu'on se construit à partir des souvenirs qu'on se force à faire renaître, ou qu'on tente d'inventer.

C'est une lecture que j'ai savourée, en regrettant sincèrement la fin et le moment de devoir dire adieu aux fantômes de Bootshaven, à Iris et à sa fabuleuse histoire familiale. Très belle et passionnante version Audiolib, comme d'habitude !

Le goût des pépins de pomme, par Katharina Hagena
Audiolib / Anne Carrière, 2010 (existe en format poche) - Traduit de l'allemand par Bernard Kreiss
Texte intégral lu par Cachou Kirsch

"J'aimais lire et manger en même temps (...). C'était merveilleux les histoires d'amour avec une portion de gouda, les récits d'aventures avec du chocolat aux noisettes, les drames familiaux avec du muesli, les contes de fées avec des caramels mous, les romans de chevalerie avec des cookies..."

Un grand merci à Bladelor pour la découverte ! ♥

01/05/13

"Tant qu'on peut boire, profitons-en pendant qu'on est vivants."

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Paris, fin 1959. Michel Marini a douze ans. Il aime la lecture, le rock et le baby-foot. Souvent, il se rend au Balto, un bistro de l'avenue Denfert-Rochereau, où il est intrigué par les activités secrètes d'un club, derrière une porte verte, dans l'arrière-salle. Le jour où il obtiendra enfin son sésame, Michel va plonger dans une autre galaxie : celle d'exilés des pays de l'Europe centrale ou de l'Est, des réfugiés politiques, des énergumènes qui refont le monde autour d'une bouteille d'alcool ou d'une partie d'échecs.

C'est ainsi qu'on s'aventure dans ce roman foisonnant, entre les anecdotes de ces hommes brisés, mélancoliques et meurtris, aux parcours malmenés suite à la guerre et à la révolution, à leurs nombreuses tentatives pour survivre, aimer, oublier... Sans se rendre compte, on se passionne vite pour ces bouts de vie saccagés (la folle histoire d'amour de Leonid, par exemple, ou les frasques de l'acteur Tibor Balazs, tellement beau et orgueilleux qu'il ne supportait plus de vivre chichement). Viendra aussi le mystère autour de Sacha, cet homme discret, que tous les membres du club conspuent, haïssent haut et fort, sans jamais en expliquer les raisons.

Michel, lui, est un garçon heureux, curieux et sensible. Chez lui aussi, ça va barder entre ses parents, depuis le coup d'état de l'aîné de la famille, Franck, qui va partir en Algérie, où la guerre d'indépendance n'atteint pas le quotidien des Parisiens, qui subissent de très loin les ondes de choc. Michel va donc consoler Cécile, la petite copine délaissée de son frère, et l'aider à maintenir la tête hors de l'eau lorsque ce dernier disparaîtra sans donner la moindre nouvelle.

Cette lecture est, sans conteste, un long moment de plaisir. C'est une promenade d'un autre temps, dans un contexte chaleureux et florissant, mais toujours marqué par les blessures du passé, de la guerre, de ses trahisons, de la perte des valeurs et des utopies aussi. J'ai dégusté chaque instant de ce livre, je m'y sentais à l'aise, je n'avais plus envie d'en sortir, et pourtant la lecture est très longue, plus de 21 heures d'écoute, mais sérieusement je n'ai pas vu le temps passer ! Je réinscris ce livre parmi mes rares moments de lecture où j'ai adoré perdre la notion du temps pour me retrouver au cœur d'histoires palpitantes, bouleversantes, avec un pincement de cœur au moment de devoir les abandonner.

Le Club des incorrigibles optimistes, par Jean-Michel Guenassia
Audiolib, 2013 / Albin Michel, 2009
Texte intégral lu par Stéphane Ronchewski (suivi d'un entretien inédit avec l'auteur)

“Il y a dans la lecture quelque chose qui relève de l'irrationnel. Avant d'avoir lu, on devine tout de suite si on va aimer ou pas. On hume, on flaire le livre, on se demande si ça vaut la peine de passer du temps en sa compagnie. C'est l'alchimie invisible des signes tracés sur une feuille qui s'impriment dans notre cerveau. Un livre, c'est un être vivant.”