29/05/14

Et puis, Paulette..., par Barbara Constantine

Et puis, Paulette

Ce livre est tout bonnement une promenade revigorante à la campagne, où l'on croise une brochette de personnages très sympathiques, Ferdinand, Guy, Marceline, Simone, Hortense, tous abonnés à la carte Vermeille, et qui vont décider de troquer leur solitude respective en une cohabitation joyeuse et mouvementée dans la ferme de Ferdinand. Leur communauté va également accueillir une jeune infirmière (Muriel) et un étudiant passionné d'agriculture (Kim), sans oublier les familles et les proches, Mireille, la belle-fille, et ses deux garçons, les Lulus. Enfin, vous imaginez bien le tableau aux couleurs bigarrées, animés de bons sentiments, c'est beau comme tout, lisse et impeccable, franchement on a la bouche en cœur devant une si parfaite félicité ! Barbara Constantine n'a pas écrit une grande histoire, structurée ou élaborée, au contraire elle n'est que simplicité, générosité, partage et entente exquise. Et ça fait du bien ! Pour bien faire, Daniel Nicodème livre une interprétation exceptionnelle, à la fois vivante et enlevée, on se régale à l'écouter nous faire l'étalage de cette histoire de vieillesse, avec perte et fracas, pulvérisée par une fabuleuse solidarité, turbulente et bienfaitrice. C'est un texte sans chichi, mais qui communique du bonheur et un optimisme ravageur. On sort de là ragaillardi et le sourire jusqu'aux oreilles.

Audiolib, mai 2012 ♦ texte intégral lu par Daniel Nicodème (durée : 5h 18) ♦ dispo aussi chez Calmann-Lévy et Livre de Poche


09/04/14

Les Suprêmes, par Edward Kelsey Moore

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Totale surprise encore une fois, ce roman s'est offert à moi avec sa couverture craquante et la promesse d'un rendez-vous à mi-chemin entre La couleur des sentiments (pour la communauté noire) et les Beignets de tomates vertes (pour la bande de copines inséparables et attachantes). Sans me douter du reste, je me faisais une joie d'aller au-devant de cette découverte. Et effectivement, j'ai adoré l'histoire de ces trois femmes extraordinaires.

Odette, Clarice et Barbara Jean ont grandi dans le même quartier populaire de Plainview (Indiana) dans les années 60 et ont très tôt instauré des petits rituels sacrés, comme le rendez-vous dominical chez Big Earl, à leur table attitrée, près de la baie vitrée. C'est tout aussi naturellement qu'elles ont été surnommées les Suprêmes, en hommage au groupe de Diana Ross, puisqu'elles sont apparues comme des filles intouchables, mais fascinantes.

Trois filles aux personnalités dissemblables mais complémentaires, et aux choix de vie souvent discutables, mais jamais discutés. « Entre Suprêmes, nous nous traitions avec beaucoup de délicatesse. Nous fermions les yeux sur les défauts des autres et faisions preuve de prévenance, même quand cela n'était pas mérité. » Aussi, lorsque Odette, le pilier du groupe, découvre qu'elle est malade, ses amies aussi décident de revoir leur existence soit en virant un mari trop volage ou en cessant de noyer un vieux chagrin d'amour dans l'alcool (de la vodka bue dans une petite tasse en porcelaine, avec un exemplaire de la Bible ouvert sur les genoux !). 

J'ai ressenti un formidable élan de tendresse, de sympathie et d'affection pour les Suprêmes et leur petit monde de maris, de voisins, de cancans, de sermons, de blagues, de fantômes, de légendes, de coups durs, de grandes joies, de secrets et d'envies... Un joli univers, bouillonnant de vie et d'humanité. On sourit beaucoup, parfois on a le cœur gros, mais c'est juste un trop-plein d'amour. Cela déborde de partout, c'est touchant, léger, doux et attendrissant. Difficile à résumer, mais cette lecture est un remède miracle contre les petites baisses de régime et autres sensations vagabondes.

Actes Sud, avril 2014 ♦ traduit par Cloé Tralci, avec la collaboration d'Emmanuelle et de Philippe Aronson

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15/03/14

♥ Méto, L'intégrale ♥

C'est le weekend, le soleil brille, c'est l'occasion idéale de lire ou relire la trilogie d'Yves Grevet, Méto... depuis le temps que je vous serine avec !

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Certes, c'est un impressionnant pavé de 885 pages mais vous ne verrez pas le temps passer. C'est une saga magistrale, qui vous happe et ne vous lâche plus avant la dernière ligne. L'univers est foisonnant, mystérieux, envoûtant. Soixante-quatre enfants vivent coupés du monde, dans une grande maison. Chacun d’eux sait qu’il devra en partir lorsqu’il aura trop grandi. Mais qu’y a-t-il après la Maison ?

Et mon coeur de battre toujours plus fort... ♥  N'attendez plus ! 

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⋆⋆ édition agrémentée du storyboard par Thomas Ehretsmann ⋆⋆

Méto, l'intégrale par Yves Grevet (Syros, septembre 2012)

Plus récemment, l'auteur a également publié une série en 2 tomes - NOX (en cours de lecture). Je sais, mon deuxième prénom c'est Désirée. ;o)

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22/02/14

Gipsy Song, Le choix de Kenzie par Beth Kephart

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J'ai adoré ce roman qui m'a littéralement transportée en Espagne, un pays qui ne me fait pas plus rêver que ça en temps ordinaire, mais là, j'étais fascinée, envoûtée par le décor, la chaleur, les personnages, la tendresse, et que de lyrisme dans tout ça ! C'est merveilleux, très beau, doux et apaisant, on comprend pourquoi l'héroïne, Kenzie, s'y sent à son aise et considère son exil comme un refuge, un nouveau départ.

Pourtant, c'était plutôt mal parti pour elle. Elle a été envoyée dans le ranch de Miguel, dans la campagne de Séville, sous ordre de sa mère, qui n'a pas supporté l'annonce de sa grossesse. La jeune fille n'a que 18 ans, tout un avenir à construire, elles ne sont plus que deux à la maison, depuis le décès brutal du père, qui reste un chagrin insurmontable pour elle. Complètement paumée, elle se repose à l'ombre des arbres, discute avec l'enfant à naître (et qu'elle va faire adopter), passe des heures en cuisine avec Estela ou à parler oiseaux et chevaux avec Esteban, le jeune palefrenier (gentil, séduisant, secret, etc.).

Il ressort de cette lecture une atmosphère qui nous imprègne, par l'odeur des épices, des oranges ou de la paella, par le soleil lourd et la chaleur accablante, par le rythme des guitares et des chants, par le flamenco, par les grigris des gitans de passage... C'est chatoyant, entêtant, magique, ensorcelant. La prose de Beth Kephart, joliment traduite par Corinne Julve, résonne comme une berceuse à nos oreilles. Un vrai festival pour l'âme et le coeur.

Je n'avais plus le goût de quitter cette histoire, qui est celle d'un apprentissage et de choix de vie, car je me sentais parfaitement à mon aise dans le ranch de Miguel. Comme un cocon douillet, tellement apaisant. Je trouve juste dommage le choix de la couverture française, alors que l'édition originale, Small Damages, est beaucoup plus attrayante, plus conforme au contenu du livre. Pas sûre que cet indigo tape dans l'oeil du futur lecteur... et ce serait tellement dommage de passer à côté !

La Martinière J., février 2014 - traduit par Corinne Julve

05/02/14

Demain j'arrête ! de Gilles Legardinier ❤

Oui, en version audio pour changer !

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Hello, voici le retour de Julie, de Ricardo et du chat avec son bonnet péruvien ! J'ai testé pour vous la version audio de cette histoire qui connaît un succès fou auprès des lecteurs, succès largement mérité, entre nous soit dit. Car c'est une lecture qui rayonne de joie et communique un vrai bonheur de vivre.

On suit avec ravissement l'histoire de Julie, qui vient de rompre avec son gros nul de petit copain et qui flashe sur le nom, inscrit sur la boîte aux lettres, de son nouveau voisin. Ricardo Patatras. Ni une, ni deux, la vie de Julie va basculer dans la quatrième dimension. Sans se l'expliquer, Julie fait une fixation sur cet inconnu et va tout entreprendre pour le croiser. Alors là, je ne vous raconte pas, mais c'est fort, très très fort. Cela démarre par une main coincée dans la fente de la boîte aux lettres, un premier dîner en tête-à-tête carrément explosif (dans la chambre, dans la salle de bains, ça pète partout !). Même les copains s'en mêlent, Xavier et son engin automobile qu'il faut extirper du garage, Sarah et son pompier australien, Sophie qui se dévoue pour du jogging matinal... Sans oublier, la filature avec le bonnet péruvien sur la tête et les lunettes noires sur le nez, grand GRAND moment de bidonnade !

La version Audio obtient une mention Très Bien à ce test. La comédienne, Ingrid Donnadieu, interprète une Julie plus délirante que jamais (voire, un peu hystérique sur les bords... surtout dans ses apartés censés être doucement sarcastiques). L'accent est mis sur la fantaisie et le cocasse de chaque situation (oui, Julie explose son quota de clownerie et prouve à maintes reprises que le ridicule ne tue pas). En somme, on se régale, comme avec le livre. Gilles Legardinier a vraiment saisi le truc et touche son public avec une authenticité jamais édulcorée. On le retrouve pour un entretien d'une petite dizaine de minutes en dernière piste de cet Audiolib. C'est du petit lait à boire. On sourit tout le temps.

Audiolib, janvier 2014 - texte intégral lu par Ingrid Donnadieu (durée d'écoute : 8h 50)

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23/01/14

Ensemble, c'est tout - Anna Gavalda ❤

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Il s'agit en fait d'une relecture (ma première lecture date de 2004), mais cette fois c'est en version audio que j'ai tenté l'aventure, et quelle expérience grisante ! Très franchement, la mise en scène est impeccable, l'interprétation de tous les comédiens est irréprochable, accompagnée d'une réalisation sonore très présente, et surtout hyper mélodieuse et agréable à l'écoute. C'est du petit lait à boire, une plongée doucereuse et bichonnée avec amour, un vrai régal !

Par contre, le texte a été abrégé : sachez que les 600 pages du livre ont été réduites à une durée d'écoute d'environ 12 heures. Le texte a donc été pas mal amputé de passages croustillants, mais cela ne nuit pas du tout à la compréhension ni à l'appréciation globale. On retrouve les ingrédients essentiels à la magie du livre : l'humour, la tendresse, les répliques qui font mouche, les mots qui font rêver, qui font rager aussi.

Le duo formé par Camille et Franck est merveilleusement rendu, ces deux-là s'aiment ... mais maladroitement. Julie Gayet et Malik Zidi sont hyper crédibles, font naître la petite étincelle, c'est espiègle, taquin, savoureux. La charmante Paulette (Gisèle Casadeus) est attendrissante au possible, on a tous envie d'une mémé pareille, on crève d'envie de l'arracher à sa maison de repos, de la prendre sous son aile, de la cajoler pour adoucir ses derniers jours, et puis Philibert (Julien Rochefort) est un amour de camarade, surprotecteur, engoncé dans ses bonnes manières, attaché à ses principes, vaillant chevalier qui vole au secours des plus démunis. C'est qu'on en voudrait tous des Philibert dans notre vie !!!

Une fois encore, j'ai eu un sourire niais sur les lèvres à relire cette histoire, belle, miraculeuse et vibrante d'émotions. J'ai coutume de penser que la lecture a des vertus thérapeutiques, certaines rencontres le prouvent, comme celle-ci, Anna Gavalda est une conteuse née, une magicienne du coeur, qui rend la vie tellement plus joyeuse, éclairée et apaisante. Eh oui cela fait du bien ... à l'heure où le cynisme règne en maître, c'est bon de se gaver de douceurs aussi.

Gallimard, coll. Ecoutez lire, juin 2007 (durée d'écoute : 12 heures, texte abrégé). Lu par Julie Gayet, Gisèle Casadeus, Malik Zidi, Eric Elmosnino, Julien Rochefort et 13 comédiens.

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22/01/14

Calpurnia, de Jacqueline Kelly ❤

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Calpurnia Tate a onze ans et vit dans une ferme au fin fond du Texas, avec ses parents, ses frères et son grand-père. Nous sommes en 1899. On attend beaucoup de l'unique représentante féminine parmi la progéniture des Tate, apprendre à coudre, jouer au piano, se tenir droite, arborer de belles boucles soyeuses. En bref, devenir une parfaite maîtresse de maison. Calpurnia demeure, cependant, une petite fille curieuse et intrépide. Un après-midi de canicule, alors qu'elle se baigne dans le lac, elle a une révélation : il lui faut apprendre les sciences, observer le monde (sa faune et sa flore) et comprendre son fonctionnement.

Armée de son précieux petit carnet, elle note donc tout ce qu'elle observe. Elle attire ainsi l'attention de son grand-père, éminent naturiste, qui va la prendre sous son aile et l'initier au monde magique des sciences naturelles. Mais toute l'histoire ne tourne pas uniquement autour de cette passion, puisqu'il est aussi question de la vie de tous les jours, de la famille et des merveilleuses petites anecdotes qui concernent les proches de Calpurnia, qui s'improvise anthropologue en étudiant avec facétie (et circonspection) les agissements de ses proches (ses frères et l'amour, hanlala !).

Et franchement, on se régale ! Nous avons là, à la fois, un roman historique, un récit initiatique, une chronique familiale, un ouvrage scientifique, bref un roman foisonnant, riche, excitant et remarquablement écrit, avec humour, finesse et tendresse. C'est un bonheur à lire, un petit bijou littéraire, avec une héroïne tellement attachante. Calpurnia est curieuse, avide d'apprendre et de comprendre, pourtant elle n'en demeure pas moins frileuse dès lors qu'il lui faut grandir et accepter de voir son monde évoluer. J'ai adoré aussi sa famille turbulente mais tellement chaleureuse. Une lecture à encourager et à conseiller fortement !

École des Loisirs (grand format), mars 2013 - traduit par Diane Ménard
Illustration de couverture : Beth White

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20/01/14

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, de Mary Ann Shaffer & Annie Barrows ❤

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Et de trois ! Après la VO, la VF... voici maintenant la version audio. À chaque fois, ce livre me surprend, m'éblouit, me dorlote, me donne le sourire et les larmes aux yeux. Je suis irrémédiablement amoureuse du Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, c'est un livre chéri, bichonné, chouchouté, je l'aime d'amour. Une fois encore, il m'a été précieux. Car il est tombé à point nommé, j'avais besoin de douceur, de tendresse, de bonnes ondes, et il s'est présenté à moi de façon logique, claire, indiscutable.

Quel régal ! J'ai replongé avec excitation dans l'histoire, à ma grande honte j'en avais un peu oublié les entournures, au moins j'ai pu doublement apprécier cette énième lecture. Tout commence autour d'un livre de Charles Lamb. Un jour, Juliet Ashton, une célèbre chroniqueuse qui vient de publier son premier ouvrage et connaît un succès fou, reçoit une lettre d'un certain Dawsey Adams, résidant à Guernesey. Entre autres banalités, il évoque le Cercle des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates. Il n'en faut pas davantage pour titiller la curiosité de notre journaliste. S'ensuivra, bien évidemment, une correspondance enjouée, exaltante et exaltée entre Juliet et les habitants de l'île anglo-normande.

C'est ainsi toute une communauté attachante et passionnante qu'on découvre, Amelia Maugery, Isola Pribby, Eben Ramsey... et même l'insupportable Miss Adelaide Addison. Tous rapportent leurs conditions de vie durant la guerre, l'île ayant été occupée par les allemands. Ils avaient donc mis en place un cercle littéraire, pour sauver les apparences et permettre de se nourrir en douce, tout en prenant goût à la lecture en fin de compte. Quelle expérience ! Bien sûr, ils n'ont pas été épargnés par les drames non plus et on devine notamment qu'Elizabeth McKenna, autour de laquelle tournent toutes les discussions, figure comme étant une icône mystique et intouchable.

Juliet est fascinée, le lecteur aussi. Au fil des lettres, on est immédiatement pris dans le tourbillon des intrigues, des secrets, des révélations... Que d'émotions ! J'avais l'impression de tout (re)découvrir comme une première fois. C'était encore plus bouleversant, j'ai adoré. La version Audiolib est d'autant plus radieuse et enivrante ! Ce sont cinq comédiens qui se partagent l'affiche, Cachou Kirsch, Nathalie Hons et Nathalie Hugo, qu'on retrouve notamment dans des ouvrages aussi enthousiasmants comme Le Goût des pépins de pomme ou La couleur des sentimentsThierry Janssen et Philippe Résimont. Ils ont donné vie à des personnages et à une histoire vraiment passionnante, bouleversante, drôle aussi et que je ne cesse de chérir au fil du temps.

Audiolib, novembre 2009. Texte intégral lu par Cachou Kirsch, Nathalie Hons, Nathalie Hugo, Thierry Janssen, Philippe Résimont (durée d'écoute : 8h 17).
Traduit de l'américain par Aline Azoulay, pour les éditions NiL.

06/09/13

Les yeux jaunes des crocodiles, Audiolib (19 h) lu par Marie-Eve Dufresne

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Ne supportant plus l'infidélité de son mari, Joséphine Cortès le fiche à la porte et se retrousse les manches pour élever seule leurs deux filles, Hortense et Zoé. Sa sœur, Iris, qui n'est que beauté et splendeur éblouissante, s'est mis en tête d'écrire un livre, pour épater la galerie. Toutes deux concluent alors un pacte, qui se résume à : tu l'écris, je le vends, tu deviens riche, et moi célèbre.

Joséphine est une jeune femme banale, qui manque de confiance en elle, elle n'a jamais reçu le moindre soutien de sa mère, même sa sœur a tendance à la regarder de haut, et pourtant elle est remarquable, intelligente, passionnée par le XIIe siècle, compatissante et généreuse. D'ailleurs, chez elle, dans son appartement à Courbevoie, on se sent à l'aise, on se donne le mot pour y déposer ses coups de blues, ses doutes, ses angoisses ou ses espoirs.

On boit du thé, on avale des petits gâteaux, on épluche des légumes, on sifflote, on tremblote, on a le cœur lourd, on s'interroge, est-ce normal d'éprouver de l'attirance pour le mari de sa sœur ? que fait son amie Shirley à Buckingham Palace lors d'un bal officiel donné par la reine ? Antoine réussira-t-il sa reconversion au Kenya avec son élevage de crocodiles ? Marcel et Josiane vivront-ils enfin leur amour en paix ? Henriette n'a-t-elle pas juré de livrer bataille jusqu'à son dernier souffle ? ...

La recette est facile, mais goûteuse et savoureuse. On a laissé les mots naviguer, les histoires flotter et les anecdotes nous embarquer vers des contrées accueillantes. C'était bon, c'était bien ! Je me suis sentie à l'aise, comme dans une petite bulle, chouchoutée et heureuse. C'était une jolie entrée en matière, pétillante et chaleureuse, qui parle de la vie et des gens avec simplicité, sincérité et bonne humeur. Je poursuis l'aventure avec La valse lente des tortues...

Les yeux jaunes des crocodiles, par Katherine Pancol
Audiolib, 2010 / Albin Michel, 2006 - texte intégral lu par Marie-Eve Dufresne (durée : 19 heures)

12/07/13

“Je veux mettre du rêve dans le réel. On en a bien besoin, non ?”

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Doria vient de rompre avec son petit copain et se réfugie dans l'appartement de son père, boulevard Montmartre. La jeune femme ne collectionne que les échecs, même son boulot de comédienne ne décolle pas et son compte bancaire vire au rouge. Aussi, elle a besoin de se refaire une santé, de recharger les batteries. Chez son père, le calme et la sérénité s'imposent d'office. Doria apprécie le petit cocon de l'immeuble, avec sa cour carrée, ses voisins qui vaquent à leurs occupations, qui se saluent, et qui respectent l'intimité des uns et des autres.

Et puis un projet immobilier menace de tous les expulser, Max et sa fille entrent en résistance et créent une association. C'est le combat de David contre Goliath, mais qu'importe ! La joie et la bonne humeur sont communicatives, les locataires veulent y croire. A côté de ça, la vie suit son cours : Doria a craqué pour le beau Sacha, qui veut devenir une rock star, elle a aussi revêtu sa parure d'espionne en contrant un cambriolage chez l'architecte Léo Klein, le type à la mèche impeccable, forcément on craque pour lui, la belle Manuella organise des apéros coquins autour d'une vente d'objets sexy et rigolos, la guérilla est déclarée avec le patron de bar, Karim, mais qui aime bien châtie bien...

En somme, ce roman est la promesse de s'incruster auprès d'une bande sympa et attachante. Les résidents du 19bis boulevard Montmartre forment une autre idée de la famille ou de l'amitié. Qu'est-ce qu'on s'y sent bien ! A vrai dire, j'avais à peine entamé ma lecture que je l'ai terminée seulement quelques heures après, tellement le plaisir était bon, la sensation d'être à l'aise et d'avoir trouvé sa place ne semblait plus vaine. J'ai franchement adoré ! C'est le rendez-vous idéal pour l'été et les vacances, c'est frais, généreux et ça insuffle un vrai bonheur de lire.

Grands boulevards, par Tonie Behar
JC Lattès, 2013

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