12/06/13

“I must seem like the biggest nagging idiot in the world!” (Le garçon d'en face)

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Avant toute chose, ce livre a déjà fait l'objet d'une édition en 2004, sous le titre Melissa et son voisin. Le roman a seulement subi une petite modernisation au niveau des anecdotes sur les pipoles (on cite désormais Jennifer Lawrence, Bradley Cooper, Kristen Stewart, Kate Middleton, Lindsay Lohan, etc.). L'héroïne, Melissa Fuller, est en effet chroniqueuse de la rubrique mondaine, à la page 10 du NY Journal.

Un matin, elle ne se présente pas à son poste car elle a porté secours à sa voisine, la vieille Mme Friedlander, qui a été agressée chez elle et emmenée aux urgences, laissant son danois et ses deux chats à l'abandon. En bon samaritain, Mel a tout pris en charge mais cherche aussi à joindre le neveu de la dame, un certain Max, pour assumer ses responsabilités. Le type, en fait, est un photographe très imbu de sa personne, qui n'a que faire des déboires de Mel et délègue un vieil ami de sa connaissance, John Trent, de se faire passer pour lui pendant un mois, car il lui doit bien ce vieux service.

Et John se fourre ainsi dans le pétrin, en prétendant être un type qu'il exècre, dupant par la même occasion une jeune femme qu'il va trouver de plus en plus charmante, sans possibilité de lui avouer toute la vérité sous peine de la froisser. Quel micmac ! De son côté, Melissa va naturellement tout gober et s'enticher de son nouveau voisin. Elle partage son bonheur avec sa meilleure amie Nadine, mais pas seulement, puisque tous ses collègues du journal sont au courant de son aventure et se permettent de s'immiscer dans sa vie sentimentale.

Les mails ne cessent de pleuvoir, ça tombe à droite et à gauche, tout le monde a son mot à dire, et c'est ça qui est la force du livre, uniquement composé d'une monstrueuse correspondance électronique, entre amis, amoureux, collègues et proches (la famille de John Trent va aussi mettre son grain de sel !). C'est un joyeux fourre-tout, c'est très distrayant, Meg Cabot est douée pour nous embarquer dans des petites comédies romantiques et légères, donc on passe un très bon moment et c'est ça l'essentiel !

Le garçon d'en face, par Meg Cabot
Hachette (2013) - traduit par Cécile Leclère

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03/06/13

“Honestly, it’s so easy to get what you want from people if they think you’re a psycho.”

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Cette lecture a été un pur délice ! Lara est une jeune femme de 27 ans, qui traverse une très mauvaise période (son petit ami vient de la larguer par mail et son associée a mis les bouts pour se payer une amourette sous le soleil, sans se soucier du devenir de leur fraîche agence de chasseuses de têtes). En accompagnant ses parents aux funérailles de sa grand-tante Sadie, 105 ans, jamais elle n'aurait imaginé que sa vie allait connaître un revers étourdissant !

Au cours de la cérémonie, plate et sans tralala, Lara se trouve nez à nez avec le fantôme de Sadie, fraîche, pimpante et exubérante. Elle a une vingtaine d'années, un look de garçonne et un sale caractère. Ce qu'elle veut, c'est récupérer son collier fétiche. Elle jure, elle supplie, elle ordonne Lara de tout mettre en œuvre pour le retrouver. Prise d'une impulsion folle, la jeune femme crie à l'assassinat et gagne ainsi un temps précieux avant l'incinération fatale.

Et les voici, tous les deux, Lara et son fantôme, dans les rues de Londres, à tenter d'élaborer un plan d'action et mener une petite enquête brinquebalante (mais absolument jouissive, tellement c'est cocasse !). Lara va aussi céder aux moindres caprices de sa grand-tante, comme de s'habiller comme dans les années folles, inviter un inconnu à danser et flirter avec lui en souvenir du bon vieux temps. Si jamais Lara ne chipote, ou si peu, c'est qu'elle se sent coupable d'avoir négligé Sadie du temps où elle croupissait seule dans sa maison de retraite, sans la moindre visite.

Mais cette aventure lui offrira l'occasion de s'épanouir, d'élargir son réseau relationnel, de tirer un trait sur le passé (out, Josh !) et de tomber amoureuse. Elle découvrira aussi l'étonnante personnalité de sa grand-tante, débroussaillera un secret de famille et résoudra par la même occasion le mystère d'une toile de maître. C'est une lecture qui booste le moral et vous fait vous sentir heureux, l'histoire est pleine d'entrain, avec des situations tendrement farfelues, cela fait un bien fou de s'y plonger, j'ai beaucoup aimé !

Très chère Sadie, par Sophie Kinsella
Pocket, 2013 - traduit par Daphné Bernard

31/05/13

♪♫ Don't Stop 'Til You Get Enough ♫♪

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Charlotte, bientôt trente ans, vit une liaison avec un homme marié, Richard, un réalisateur qui vient justement de sortir son nouveau film ... qui parle de son histoire avec sa jeune maîtresse, qu'il tourne en ridicule. Le goujat ! Charlotte, pigiste pour un journal de cinéma, se fait un plaisir de défouler sa rage et son désespoir dans un article assassin, en jurant ses grands dieux qu'elle ne veut plus entendre parler de lui.

Dans l'intervalle, la demoiselle a fait la connaissance de Martin, charmant, charmeur et disponible. Charlotte n'écoute que son cœur et savoure son bonheur. Mais disons que la vie n'est pas un long fleuve tranquille, et de nouvelles aventures cocasses et amusantes vont jalonner le récit. Pour notre plus grand plaisir ! Car j'ai dévoré ce livre en deux coups de cuillères à pot. Slurp, c'était délicieux. Je n'ai pas manqué de pouffer en lisant deux, trois scènes hallucinantes (la tentative de fuite par la lucarne des toilettes de La Closerie des Lilas, le serveur bien aimable, le coup du karaoké dans la cour d'école, le déjeuner cauchemardesque que Charlotte subit en tentant de retenir le zèle du groupe de gospel, la soirée anniversaire, etc. etc.).

Le ton est vif, sans temps mort, avec des répliques tordantes, des jeux de mots parfois ridicules, une mise en scène survoltée (et un final en clin d'œil au film Elle et lui de Leo McCarey), bref c'est du petit lait à boire, de la chick-lit légère, enjouée, drôle, coquine et charmante, j'avais besoin de rire et décompresser, cette lecture a su pleinement remplir son office, j'ai adoré !

Apocalipstick, par Charlotte Marin & Marion Michau
Pocket, 2012 - illustration de couverture : Diglee

Charlotte Marin est également chanteuse (clic) et double la voix de Katherine Heigl dans Grey's Anatomy.

14/05/13

"... l'oubli n'est pas seulement une forme du souvenir, mais le souvenir est une forme de l'oubli."

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C'est probablement un livre qui a été écrit pour moi. Il est en effet question d'une maison et d'une famille où il n'y a que des filles. Le reste, c'est de la poésie, de la gourmandise, de la nostalgie, de la tendresse et de la délicatesse. Comment résister ?

Iris vient d'hériter de sa grand-mère Bertha la grande maison de Bootshaven, dans le nord de l’Allemagne. C'est l'été, le jardin regorge de couleurs et de senteurs, subrepticement tous les souvenirs d'enfance lui reviennent à la pelle : la maladie de Bertha, à la mémoire défaillante depuis sa chute du pommier, les balades dans la campagne, près de l'écluse, les heures à plonger ou nager dans le lac, sa cousine Rosemarie et leur amie Mira, les tragédies, la mort, les histoires d'amour naissantes, les trahisons, le désespoir, la jalousie...

Tout ça en un lent et langoureux va-et-vient avec le présent, où Iris fouille les placards, revêt les vieilles robes de bal de ses tantes ou sa mère, croise avec nonchalance Max, le jeune avoué qui doit régler les questions de succession. C'est une lecture qui doit se vivre, être ressentie comme un cadeau, ou être considérée comme un écho à vos propres souvenirs. Ce roman aborde d'ailleurs la délicate suggestion de la mémoire et de l'oubli, avec les histoires qu'on se construit à partir des souvenirs qu'on se force à faire renaître, ou qu'on tente d'inventer.

C'est une lecture que j'ai savourée, en regrettant sincèrement la fin et le moment de devoir dire adieu aux fantômes de Bootshaven, à Iris et à sa fabuleuse histoire familiale. Très belle et passionnante version Audiolib, comme d'habitude !

Le goût des pépins de pomme, par Katharina Hagena
Audiolib / Anne Carrière, 2010 (existe en format poche) - Traduit de l'allemand par Bernard Kreiss
Texte intégral lu par Cachou Kirsch

"J'aimais lire et manger en même temps (...). C'était merveilleux les histoires d'amour avec une portion de gouda, les récits d'aventures avec du chocolat aux noisettes, les drames familiaux avec du muesli, les contes de fées avec des caramels mous, les romans de chevalerie avec des cookies..."

Un grand merci à Bladelor pour la découverte ! ♥

01/05/13

"Tant qu'on peut boire, profitons-en pendant qu'on est vivants."

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Paris, fin 1959. Michel Marini a douze ans. Il aime la lecture, le rock et le baby-foot. Souvent, il se rend au Balto, un bistro de l'avenue Denfert-Rochereau, où il est intrigué par les activités secrètes d'un club, derrière une porte verte, dans l'arrière-salle. Le jour où il obtiendra enfin son sésame, Michel va plonger dans une autre galaxie : celle d'exilés des pays de l'Europe centrale ou de l'Est, des réfugiés politiques, des énergumènes qui refont le monde autour d'une bouteille d'alcool ou d'une partie d'échecs.

C'est ainsi qu'on s'aventure dans ce roman foisonnant, entre les anecdotes de ces hommes brisés, mélancoliques et meurtris, aux parcours malmenés suite à la guerre et à la révolution, à leurs nombreuses tentatives pour survivre, aimer, oublier... Sans se rendre compte, on se passionne vite pour ces bouts de vie saccagés (la folle histoire d'amour de Leonid, par exemple, ou les frasques de l'acteur Tibor Balazs, tellement beau et orgueilleux qu'il ne supportait plus de vivre chichement). Viendra aussi le mystère autour de Sacha, cet homme discret, que tous les membres du club conspuent, haïssent haut et fort, sans jamais en expliquer les raisons.

Michel, lui, est un garçon heureux, curieux et sensible. Chez lui aussi, ça va barder entre ses parents, depuis le coup d'état de l'aîné de la famille, Franck, qui va partir en Algérie, où la guerre d'indépendance n'atteint pas le quotidien des Parisiens, qui subissent de très loin les ondes de choc. Michel va donc consoler Cécile, la petite copine délaissée de son frère, et l'aider à maintenir la tête hors de l'eau lorsque ce dernier disparaîtra sans donner la moindre nouvelle.

Cette lecture est, sans conteste, un long moment de plaisir. C'est une promenade d'un autre temps, dans un contexte chaleureux et florissant, mais toujours marqué par les blessures du passé, de la guerre, de ses trahisons, de la perte des valeurs et des utopies aussi. J'ai dégusté chaque instant de ce livre, je m'y sentais à l'aise, je n'avais plus envie d'en sortir, et pourtant la lecture est très longue, plus de 21 heures d'écoute, mais sérieusement je n'ai pas vu le temps passer ! Je réinscris ce livre parmi mes rares moments de lecture où j'ai adoré perdre la notion du temps pour me retrouver au cœur d'histoires palpitantes, bouleversantes, avec un pincement de cœur au moment de devoir les abandonner.

Le Club des incorrigibles optimistes, par Jean-Michel Guenassia
Audiolib, 2013 / Albin Michel, 2009
Texte intégral lu par Stéphane Ronchewski (suivi d'un entretien inédit avec l'auteur)

“Il y a dans la lecture quelque chose qui relève de l'irrationnel. Avant d'avoir lu, on devine tout de suite si on va aimer ou pas. On hume, on flaire le livre, on se demande si ça vaut la peine de passer du temps en sa compagnie. C'est l'alchimie invisible des signes tracés sur une feuille qui s'impriment dans notre cerveau. Un livre, c'est un être vivant.”


26/03/13

“Write about what disturbs you, particularly if it bothers no one else.”

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Quelle magnifique histoire ! J'avais vaguement suivi le buzz autour du roman au moment de sa parution, encore une fois j'avais préféré attendre avant de me faire ma propre opinion, et puis j'ai opté pour l'audio-livre, qui a fini de planter le clou dans mon appréciation plus qu'enthousiaste ! Les trois comédiennes nous transportent littéralement dans leur monde, dans leur histoire, c'est un délice pour les oreilles.

Nous plongeons donc dans le Sud des Etats-Unis, à Jackson, dans le Mississippi, dans les années 60, et nous découvrons la vie des bonnes noires, qui élèvent les enfants des familles blanches, lesquelles ne se conduisent pas toujours de façon charitable ou honorable avec elles. Nous sommes aux balbutiements des droits civils, de Martin Luther King et du président Kennedy, ça fourmille, ça grouille, ça songe mais ça n'ébranle pas cette petite société sudiste, rétrograde et endormie sur elle-même.

Alors, nous faisons connaissance avec plusieurs bonnes, dont Aibileen et Minny. La première a déjà une longue expérience derrière elle, c'est une femme sage, un peu usée, mais qui n'aime pas faire de vagues. Elle est folle de la petite Mae Mobley, la fillette rondouillette dont elle s'occupe, mais envers laquelle sa propre mère, Miss Leefolt, est souvent maladroite et exigeante. Minny, elle, est une tigresse, elle n'a pas sa langue dans sa poche, elle dit tout haut ce qu'elle pense, ce qui lui fait souvent perdre sa place. Elle a un sérieux contentieux avec Miss Hilly, une redoutable mégère qui mène tout le monde à la baguette et qui interdit quiconque de l'embaucher dans tout le Mississippi !

Heureusement, Minny va rencontrer Miss Célia, un clone de Marilyn Monroe, jeune femme douce, complètement à côté de ses pompes, qui ne sait rien faire de ses dix doigts et qui voudrait apprendre à cuisiner, sans que son mari en sache quelque chose. Alors Minny doit travailler en cachette. Quelle farce ! Le nombre de fois où la bonne se retrouvera dans des situations saugrenues est aussi l'occasion de bonnes séances de gloussements... Sans quoi, ce duo est foncièrement attachant. J'ai beaucoup aimé leurs séquences.

Bref, parmi les amies de Miss Leefolt et Miss Hilly, nous avons Miss Skeeter, qui est pourtant tout le contraire de ces dames. C'est une grande branche, à la coiffure rebelle, toujours célibataire, au grand dam de sa mère. Elle rêve de mener une carrière dans le journalisme ou l'édition. En attendant, elle rédige des conseils de ménagère pour la gazette locale (une blague !), avant de se lancer dans son grand projet qui va la réunir, elle et Aibileen, puis toutes les bonnes de la région, autour de leurs conditions de travail et du regard qu'elles posent sur leur situation.

Cette ébauche de livre est un futur brûlot. Et pourtant, toutes vont s'y consacrer, d'abord avec maladresse et la peur au ventre, puis animées d'une foi véritable, d'une envie d'en découdre, de parler, de raconter, de se libérer. Car elles ont toutes une histoire poignante, révoltante, attachante à partager. Et c'est fascinant avec quelle simplicité, quel amour et quelle passion nous adhérons à leur incroyable parcours. Ce sera comme une gestation dans la douleur, avec un voile de folie et d'insouciance, mais quel acte de courage aussi !

Sincèrement, je n'ai pas vu le temps passer. Tout de suite, j'ai été absorbée par cette formidable aventure humaine, parsemée d'anecdotes très drôles (le premier rendez-vous entre Miss Skeeter et Stuart, le moment où Minny se planque dans les toilettes, la pathétique collection de trônes éparpillés dans le jardin pour protester contre la loi sur les WC, sans oublier la fameuse tarte au chocolat ... un potin tout bonnement hilarant, même s'il est tout sauf appétissant !). Il y a donc matière à sourire, rire, soupirer aussi, face à tant de bêtises, d'injustice et de discrimination, mais globalement il en sort un message très positif et une sensation jubilatoire. Je recommande fortement !!!

La couleur des sentiments, par Kathryn Stockett
éditions Jacqueline Chambon, 2010 / en poche, Babel pour Actes Sud, 2012 / Audiolib, 2011
Traduit de l'anglais (USA) par Pierre Girard
Texte intégral lu par Nathalie Hons, Nathalie Hugo, Cachou Kirch et la participation de Valérie Lemaître
durée : 17 h 50

14/02/11

C'est pas parce qu'on écrit qu'on est bien dans sa tête, ça veut rien dire...

IMG_2471C'est un très, très joli roman qui absorbe toute votre attention pendant 500 pages et qui vous recrache contre votre gré, le coeur lourd et la tête à l'envers, car c'est vraiment difficile de quitter tous les personnages, même si on sait que tout va mieux pour eux.
C'est l'histoire d'une ferme, qui s'appelle Le Bout du Monde. Un lieu paumé pour accueillir tous les bras cassés. On y rencontre Marlène, la responsable, et trois adolescents, Solam, Jul et Malo. On ne connaît pas tout de suite leurs histoires, on en aperçoit des bribes et c'est tant mieux. Cela rend la lecture plus intriguante et passionnante.

Le roman se construit autour des pages de journaux intimes de chacun - ils doivent se livrer à cet exercice imposé par Marlène. Tous n'y mettent pas le même coeur à l'ouvrage, certains préfèrent se défouler dans l'agressivité, d'autres dans leur détresse affective ou dans une poignante candeur. Mis bout à bout, leurs confessions nous bouleversent, nous touchent et nous racontent une vraie histoire, dans la lignée de celle d'Anna Gavalda. Ensemble, c'est tout est devenu un slogan à part entière, un slogan qui colle parfaitement à l'esprit du roman de Maud Lethielleux. C'est vous dire le bonheur et le bien qu'il procure.

J'ai ressenti des élans d'amour, de tendresse, de colère, de frustration et d'amertume au cours de ma lecture. Tout est vécu vite et fort, tout s'exprime au centuple. Ce n'est pas un roman banal. Pas une histoire commune. Et j'ai aimé aussi l'idée de créer sa propre famille, de se consoler comme on peut, avec les moyens du bord, jusqu'à l'issue de secours, inattendue mais pas vaine, rassurante et loin d'être mielleuse. Oui, c'est bien que ça se termine ainsi, c'est mieux, ça donne de l'espoir.
J'ai réellement apprécié me fondre dans cette aventure humaine, me faire une place parmi cette communauté toute cabossée. Je leur souhaite bonne chance, comme à tous ceux qui grandissent trop vite ou que la vie inquiète.

Tout près le bout du monde - Maud Lethielleuxsmileyc219
Flammarion (2010) - 508 pages - 10€

Quand elle sourit j'ai l'impression d'être en coton, comme la poupée doudou que j'avais quand j'étais petit, toute molle. J'aimerais bien être un doudou toujours au chaud avec quelqu'un comme Djoule qui me cherche partout.

***

Parfois je me sens libre. Je respire, c'est tout ce dont je suis capable : respirer, me nourrir, dormir. Et il m'arrive de penser que c'est suffisant, qu'après tout la vie n'est rien de plus, et que tout le reste n'est qu'un leurre.

> les cris d'amour de Zazou et Gaëlle

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17/11/10

La douce tranquillité des samedis

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Je n'avais pas encore lu la série avec Isabel Dalhousie alors que j'apprécie beaucoup Alexander McCall Smith (Mma Ramotswe, Les chroniques d'Edimbourg) et le hasard faisant souvent bien les choses ... C'est donc avec La douce tranquillité des samedis que je me suis lancée.

Isabel est une femme d'une quarantaine d'années, fort aisée, qui dirige la très sérieuse Revue d'éthique appliquée. Elle a un enfant, Charlie, et un compagnon, Jamie, de quinze ans son cadet. Il faut vraiment que je me mette à jour concernant cette relation, car ici on découvre une femme amoureuse et sur la réserve, elle ne souhaite pas étouffer son jeune amant, et tremble à l'idée de le perdre. C'est donc une Isabel jalouse et peu sûre d'elle en amour que je rencontre, sauf que ce serait trop réducteur de la qualifier ainsi, aussi j'ai pesté in petto d'avoir loupé les précédents épisodes (mais je me suis promise de ne pas en rester là afin de mieux évaluer les personnalités et connaître les petites histoires de chacun).

En attendant, ce que j'aperçois me plaît beaucoup ! McCall Smith, une fois encore, réussit à nous bercer dans un cocon chaleureux et pratiquement familier. On s'y sent bien, à Edimbourg, dans les quartiers chics, les parcs municipaux, la boutique de Cat ou dans les couloirs du Queen's Hall. C'est confortable, je m'étais d'abord leurrée en m'imaginant à une autre époque que celle proposée par l'auteur (l'époque contemporaine, tout bonnement !), tant Edimbourg donne l'illusion d'appartenir à un autre temps.

Ce n'est bien évidemment pas l'intrigue policière qui retiendra mon attention, l'histoire d'un homme, un médecin, qui répugne d'avoir été mis au pilori suite à un scandale pharmaceutique. L'épouse de cet homme demande l'assistance d'Isabel, mais il est davantage intéressant de la suivre dans sa vie de tous les jours, d'apprendre à connaître Eddie, qui travaille chez Cat (laquelle part en vacances au Sri-Lanka et demande à Isabel de la remplacer), ou de discuter avec Grace, la gouvernante, sans oublier Jamie, pour qui son petit coeur de femme amoureuse bat fort, beaucoup trop fort. Et à raison ! (Jamie est charmant !) Bref, je compte bien rattraper mon retard, et découvrir un peu mieux cette série sympathique, pas révolutionnaire, mais qui possède le gros avantage de nous absorber dans son univers douillet.

La douce tranquillité des samedis - Alexander McCall Smith
10-18 coll. Grands détectives (2010) - 285 pages - 7,90€
Traduit de l'anglais par Martine Skopan

A découvrir (dans l'ordre) :

  • Le Club des philosophes amateurs

  • Amis, amants, chocolat

  • Une question d'attitude

  • Le bon usage des compliments

  • La douce tranquillité des samedis

  • L'importance d'être reconnaissant

07/09/10

En poche ! #31

Ker Violette de Karine Fougeray avait été  pour moi un GROS COUP DE COEUR (éditions Delphine Montalant, 2008).

Le roman est enfin en poche !

ker_violette  10 heures du matin. Du kir-champagne dans une bolée de cidre. Au fond d'un bar breton, ils sont deux face à face. Lui, c'est Félix, marin, pêcheur, artiste. Elle, c'est Clara. Elle n'est pas d'ici. Plus d'ici. Un homme qui peint des rascasses et une fille qui cherche son cheval...  Clara ne pense qu'à cela, ne rêve que de cela. Retrouver Prince. Refaire le chemin. C'était il y a longtemps mais rien n'est oublié. D'abord : aller voir Martreux, le maréchal-ferrant sourd-muet. Lui, saura. Et ensuite ? La vie, la mer. L'Irlande, une vieille pension bretonne, des lettres d'amours, des histoires de marins et l'odeur du varech... Parce que, parfois, la vie se cabre, à 36 ans, Clara n'a plus que son cheval en tête. Pour se remettre en selle...

=) C'est un roman qui parle d'amour, mais vraiment un amour mirifique, hors du commun, qui dure depuis des lustres. C'est un feeling, une émotion pure et instantanée, un électrochoc, le genre qui file une décharge sitôt qu'on se frôle... C'est l'histoire d'une tristesse, d'un abandon, d'un deuil, d'un chagrin. C'est aussi un énorme silence, un poids qui dure et qui s'encroûte avec les années. C'est une rencontre éblouissante, deux âmes qui s'unissent, une communion, un déchirement. Dans ce livre, aussi, on respire l'air de la mer, on boit beaucoup de champagne, on sent l'eau de cologne de Guerlain, une odeur surannée de violette. La mer, encore, on la maudit, on l'admire, on court après, on s'y baigne nue. On la traite de tricheuse, de menteuse, de mante religieuse. Mais la mer n'est pas tout. La mer, ou la mère ?

Pocket (septembre 2010) - 5,90€ 
NB : La couverture originale était mille fois plus jolie !

Encore un COUP DE COEUR, mais dans un registre tout à fait différent : Darling Jim de Christian Mork.

Darling_Jim    Il est arrivé un jour à Castletownbere, Irlande. Tout en lui respirait la force, la beauté. Le bruit de sa moto l'annonçait de loin. Et personne en ville, depuis, n'a oublié Jim. Darling Jim. Le raconteur d'histoires, l'amant merveilleux : les hommes l'admiraient, les femmes l'adoraient. On écoutait sans se lasser sa vieille légende celtique, toujours la même : celle du loup qui, devant sa proie, hésite. Aimer. Ou dévorer. Sombre et sauvage histoire qui décidera de celle des soeurs Walsh. Tombés dans les mains d'un innocent facteur, leurs journaux intimes révéleront tout le bruit, la fureur, l'horreur d'une passion perverse. Des cadavres, des haines et des vengeances de femmes rendues folles par un faux prophète, un loup, déguisé en brebis, l'irrésistible, l'inoubliable, l'impitoyable Jim...

C'est un roman qui nous promène d'un chemin à un autre, sans jamais nous perdre, le narrateur veille et nous pousse gentiment vers le sentier qu'il souhaite nous voir emprunter. Et ça fonctionne plutôt bien, on mord à l'hameçon. Une fois ouvert ce livre, on ne peut plus le refermer ! Et l'écriture est sensuelle, brillante, étourdissante. C'est un livre à plusieurs facettes, qui vous raconte une histoire d'amour, de danger et de tristesse. Une histoire qui donne la chair de poule. Une histoire un brin fantastique, avec des contes et légendes qu'on imagine se raconter au coin du feu ou avec une lampe de poche sous une tente ! Pour frémir de plaisir.

Pocket (juin 2010) - 7,30€


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21/03/10

Son pays à lui, c'est la planète entière.

Sur le parvis de Notre-Dame de Paris, un mois d'avril 1934, la police sème le trouble durant la cérémonie où quarante hommes attendent d'être ordonnés prêtres. Parmi eux, Vango, dix-neuf ans, s'incline devant le cardinal en présentant ses excuses, avant de fuir par les airs. Agile, souple et virevoltant, il s'échappe par les toits de la cathédrale, au nez et à la barbe du commissaire Boulard. Une silhouette dans la foule tremble, tandis qu'une main invisible a brandi une arme et vise la silhouette du fuyard.

vangoA l'image de Vango, le roman n'aura de cesse de sautiller, de vagabonder, de surprendre et de nous étonner. Qui est ce Vango, quel est son crime, pourquoi toutes les polices le cherchent, de France en Allemagne, en passant par la Russie et les îles de Sicile ? ... Car Vango avance dans la vie en effaçant ses traces. L'histoire, elle, tente de rassembler les petits morceaux du puzzle et le lecteur en a l'appétit aiguisé. C'est prodigieux. A en avoir presque la larme à l'oeil. Vous  décrire ce plaisir de lecture est d'ailleurs sans fin.

Timothée de Fombelle confirme, après la beauté de Tobie Lolness, qu'il est un grand écrivain. Il manipule ici la plume avec légèreté, cocasserie, passion et émotion, on ressent ce bonheur de l'écriture, c'est un partage unique et palpable. J'ai ainsi dévoré le roman avec gourmandise, savouré les pleins et déliés de ce texte qui est absolument époustouflant. L'aventure de Vango se laisse conter avec une simplicité toute émoustillante, le rythme est haletant, l'intrigue très bien tissée, le lecteur est pris aux pièges, séduit d'emblée par la galerie des personnages, des héros ou des maquereaux, au choix, mais tous savent nous accrocher, nous attirer et nous questionner. Ce roman n'est pas unilatéral, il est mystérieux et ambitieux, parfaitement réussi car envoûtant. Il ressemble à son héros, Vango, dont il est dit dans le livre que c'est un caméléon globe-trotter qui tire une langue multicolore.

Qu'est-ce que c'est beau. Je suis sous le charme et encore éblouie par cette merveilleuse rencontre ! Et ce zeppelin en couverture vous invite au voyage et à mille autres explorations...
J'ATTENDS LA SUITE AVEC IMPATIENCE !

Vango, tome 1 : Entre ciel et terre ~ Timothée de Fombelle
Gallimard, 2010 - 370 pages - 17€
illustration de couverture : Blexbolex

Comme moi, Lili O. a été conquise ...  J'avais glissé en amuse-bouche quelques extraits ICI.