14/02/11

C'est pas parce qu'on écrit qu'on est bien dans sa tête, ça veut rien dire...

IMG_2471C'est un très, très joli roman qui absorbe toute votre attention pendant 500 pages et qui vous recrache contre votre gré, le coeur lourd et la tête à l'envers, car c'est vraiment difficile de quitter tous les personnages, même si on sait que tout va mieux pour eux.
C'est l'histoire d'une ferme, qui s'appelle Le Bout du Monde. Un lieu paumé pour accueillir tous les bras cassés. On y rencontre Marlène, la responsable, et trois adolescents, Solam, Jul et Malo. On ne connaît pas tout de suite leurs histoires, on en aperçoit des bribes et c'est tant mieux. Cela rend la lecture plus intriguante et passionnante.

Le roman se construit autour des pages de journaux intimes de chacun - ils doivent se livrer à cet exercice imposé par Marlène. Tous n'y mettent pas le même coeur à l'ouvrage, certains préfèrent se défouler dans l'agressivité, d'autres dans leur détresse affective ou dans une poignante candeur. Mis bout à bout, leurs confessions nous bouleversent, nous touchent et nous racontent une vraie histoire, dans la lignée de celle d'Anna Gavalda. Ensemble, c'est tout est devenu un slogan à part entière, un slogan qui colle parfaitement à l'esprit du roman de Maud Lethielleux. C'est vous dire le bonheur et le bien qu'il procure.

J'ai ressenti des élans d'amour, de tendresse, de colère, de frustration et d'amertume au cours de ma lecture. Tout est vécu vite et fort, tout s'exprime au centuple. Ce n'est pas un roman banal. Pas une histoire commune. Et j'ai aimé aussi l'idée de créer sa propre famille, de se consoler comme on peut, avec les moyens du bord, jusqu'à l'issue de secours, inattendue mais pas vaine, rassurante et loin d'être mielleuse. Oui, c'est bien que ça se termine ainsi, c'est mieux, ça donne de l'espoir.
J'ai réellement apprécié me fondre dans cette aventure humaine, me faire une place parmi cette communauté toute cabossée. Je leur souhaite bonne chance, comme à tous ceux qui grandissent trop vite ou que la vie inquiète.

Tout près le bout du monde - Maud Lethielleuxsmileyc219
Flammarion (2010) - 508 pages - 10€

Quand elle sourit j'ai l'impression d'être en coton, comme la poupée doudou que j'avais quand j'étais petit, toute molle. J'aimerais bien être un doudou toujours au chaud avec quelqu'un comme Djoule qui me cherche partout.

***

Parfois je me sens libre. Je respire, c'est tout ce dont je suis capable : respirer, me nourrir, dormir. Et il m'arrive de penser que c'est suffisant, qu'après tout la vie n'est rien de plus, et que tout le reste n'est qu'un leurre.

> les cris d'amour de Zazou et Gaëlle

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17/11/10

La douce tranquillité des samedis

mccall_smith

Je n'avais pas encore lu la série avec Isabel Dalhousie alors que j'apprécie beaucoup Alexander McCall Smith (Mma Ramotswe, Les chroniques d'Edimbourg) et le hasard faisant souvent bien les choses ... C'est donc avec La douce tranquillité des samedis que je me suis lancée.

Isabel est une femme d'une quarantaine d'années, fort aisée, qui dirige la très sérieuse Revue d'éthique appliquée. Elle a un enfant, Charlie, et un compagnon, Jamie, de quinze ans son cadet. Il faut vraiment que je me mette à jour concernant cette relation, car ici on découvre une femme amoureuse et sur la réserve, elle ne souhaite pas étouffer son jeune amant, et tremble à l'idée de le perdre. C'est donc une Isabel jalouse et peu sûre d'elle en amour que je rencontre, sauf que ce serait trop réducteur de la qualifier ainsi, aussi j'ai pesté in petto d'avoir loupé les précédents épisodes (mais je me suis promise de ne pas en rester là afin de mieux évaluer les personnalités et connaître les petites histoires de chacun).

En attendant, ce que j'aperçois me plaît beaucoup ! McCall Smith, une fois encore, réussit à nous bercer dans un cocon chaleureux et pratiquement familier. On s'y sent bien, à Edimbourg, dans les quartiers chics, les parcs municipaux, la boutique de Cat ou dans les couloirs du Queen's Hall. C'est confortable, je m'étais d'abord leurrée en m'imaginant à une autre époque que celle proposée par l'auteur (l'époque contemporaine, tout bonnement !), tant Edimbourg donne l'illusion d'appartenir à un autre temps.

Ce n'est bien évidemment pas l'intrigue policière qui retiendra mon attention, l'histoire d'un homme, un médecin, qui répugne d'avoir été mis au pilori suite à un scandale pharmaceutique. L'épouse de cet homme demande l'assistance d'Isabel, mais il est davantage intéressant de la suivre dans sa vie de tous les jours, d'apprendre à connaître Eddie, qui travaille chez Cat (laquelle part en vacances au Sri-Lanka et demande à Isabel de la remplacer), ou de discuter avec Grace, la gouvernante, sans oublier Jamie, pour qui son petit coeur de femme amoureuse bat fort, beaucoup trop fort. Et à raison ! (Jamie est charmant !) Bref, je compte bien rattraper mon retard, et découvrir un peu mieux cette série sympathique, pas révolutionnaire, mais qui possède le gros avantage de nous absorber dans son univers douillet.

La douce tranquillité des samedis - Alexander McCall Smith
10-18 coll. Grands détectives (2010) - 285 pages - 7,90€
Traduit de l'anglais par Martine Skopan

A découvrir (dans l'ordre) :

  • Le Club des philosophes amateurs

  • Amis, amants, chocolat

  • Une question d'attitude

  • Le bon usage des compliments

  • La douce tranquillité des samedis

  • L'importance d'être reconnaissant

07/09/10

En poche ! #31

Ker Violette de Karine Fougeray avait été  pour moi un GROS COUP DE COEUR (éditions Delphine Montalant, 2008).

Le roman est enfin en poche !

ker_violette  10 heures du matin. Du kir-champagne dans une bolée de cidre. Au fond d'un bar breton, ils sont deux face à face. Lui, c'est Félix, marin, pêcheur, artiste. Elle, c'est Clara. Elle n'est pas d'ici. Plus d'ici. Un homme qui peint des rascasses et une fille qui cherche son cheval...  Clara ne pense qu'à cela, ne rêve que de cela. Retrouver Prince. Refaire le chemin. C'était il y a longtemps mais rien n'est oublié. D'abord : aller voir Martreux, le maréchal-ferrant sourd-muet. Lui, saura. Et ensuite ? La vie, la mer. L'Irlande, une vieille pension bretonne, des lettres d'amours, des histoires de marins et l'odeur du varech... Parce que, parfois, la vie se cabre, à 36 ans, Clara n'a plus que son cheval en tête. Pour se remettre en selle...

=) C'est un roman qui parle d'amour, mais vraiment un amour mirifique, hors du commun, qui dure depuis des lustres. C'est un feeling, une émotion pure et instantanée, un électrochoc, le genre qui file une décharge sitôt qu'on se frôle... C'est l'histoire d'une tristesse, d'un abandon, d'un deuil, d'un chagrin. C'est aussi un énorme silence, un poids qui dure et qui s'encroûte avec les années. C'est une rencontre éblouissante, deux âmes qui s'unissent, une communion, un déchirement. Dans ce livre, aussi, on respire l'air de la mer, on boit beaucoup de champagne, on sent l'eau de cologne de Guerlain, une odeur surannée de violette. La mer, encore, on la maudit, on l'admire, on court après, on s'y baigne nue. On la traite de tricheuse, de menteuse, de mante religieuse. Mais la mer n'est pas tout. La mer, ou la mère ?

Pocket (septembre 2010) - 5,90€ 
NB : La couverture originale était mille fois plus jolie !

Encore un COUP DE COEUR, mais dans un registre tout à fait différent : Darling Jim de Christian Mork.

Darling_Jim    Il est arrivé un jour à Castletownbere, Irlande. Tout en lui respirait la force, la beauté. Le bruit de sa moto l'annonçait de loin. Et personne en ville, depuis, n'a oublié Jim. Darling Jim. Le raconteur d'histoires, l'amant merveilleux : les hommes l'admiraient, les femmes l'adoraient. On écoutait sans se lasser sa vieille légende celtique, toujours la même : celle du loup qui, devant sa proie, hésite. Aimer. Ou dévorer. Sombre et sauvage histoire qui décidera de celle des soeurs Walsh. Tombés dans les mains d'un innocent facteur, leurs journaux intimes révéleront tout le bruit, la fureur, l'horreur d'une passion perverse. Des cadavres, des haines et des vengeances de femmes rendues folles par un faux prophète, un loup, déguisé en brebis, l'irrésistible, l'inoubliable, l'impitoyable Jim...

C'est un roman qui nous promène d'un chemin à un autre, sans jamais nous perdre, le narrateur veille et nous pousse gentiment vers le sentier qu'il souhaite nous voir emprunter. Et ça fonctionne plutôt bien, on mord à l'hameçon. Une fois ouvert ce livre, on ne peut plus le refermer ! Et l'écriture est sensuelle, brillante, étourdissante. C'est un livre à plusieurs facettes, qui vous raconte une histoire d'amour, de danger et de tristesse. Une histoire qui donne la chair de poule. Une histoire un brin fantastique, avec des contes et légendes qu'on imagine se raconter au coin du feu ou avec une lampe de poche sous une tente ! Pour frémir de plaisir.

Pocket (juin 2010) - 7,30€


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21/03/10

Son pays à lui, c'est la planète entière.

Sur le parvis de Notre-Dame de Paris, un mois d'avril 1934, la police sème le trouble durant la cérémonie où quarante hommes attendent d'être ordonnés prêtres. Parmi eux, Vango, dix-neuf ans, s'incline devant le cardinal en présentant ses excuses, avant de fuir par les airs. Agile, souple et virevoltant, il s'échappe par les toits de la cathédrale, au nez et à la barbe du commissaire Boulard. Une silhouette dans la foule tremble, tandis qu'une main invisible a brandi une arme et vise la silhouette du fuyard.

vangoA l'image de Vango, le roman n'aura de cesse de sautiller, de vagabonder, de surprendre et de nous étonner. Qui est ce Vango, quel est son crime, pourquoi toutes les polices le cherchent, de France en Allemagne, en passant par la Russie et les îles de Sicile ? ... Car Vango avance dans la vie en effaçant ses traces. L'histoire, elle, tente de rassembler les petits morceaux du puzzle et le lecteur en a l'appétit aiguisé. C'est prodigieux. A en avoir presque la larme à l'oeil. Vous  décrire ce plaisir de lecture est d'ailleurs sans fin.

Timothée de Fombelle confirme, après la beauté de Tobie Lolness, qu'il est un grand écrivain. Il manipule ici la plume avec légèreté, cocasserie, passion et émotion, on ressent ce bonheur de l'écriture, c'est un partage unique et palpable. J'ai ainsi dévoré le roman avec gourmandise, savouré les pleins et déliés de ce texte qui est absolument époustouflant. L'aventure de Vango se laisse conter avec une simplicité toute émoustillante, le rythme est haletant, l'intrigue très bien tissée, le lecteur est pris aux pièges, séduit d'emblée par la galerie des personnages, des héros ou des maquereaux, au choix, mais tous savent nous accrocher, nous attirer et nous questionner. Ce roman n'est pas unilatéral, il est mystérieux et ambitieux, parfaitement réussi car envoûtant. Il ressemble à son héros, Vango, dont il est dit dans le livre que c'est un caméléon globe-trotter qui tire une langue multicolore.

Qu'est-ce que c'est beau. Je suis sous le charme et encore éblouie par cette merveilleuse rencontre ! Et ce zeppelin en couverture vous invite au voyage et à mille autres explorations...
J'ATTENDS LA SUITE AVEC IMPATIENCE !

Vango, tome 1 : Entre ciel et terre ~ Timothée de Fombelle
Gallimard, 2010 - 370 pages - 17€
illustration de couverture : Blexbolex

Comme moi, Lili O. a été conquise ...  J'avais glissé en amuse-bouche quelques extraits ICI.

01/02/10

Scarlett, Spencer, Lola, Marlène. New York. Et moi !

Voici un roman absolument charmant, délicieux, à déguster la bouche en coeur. Il plaira aux lectrices dès 13 ans, qui savoureront l'histoire de cette famille new-yorkaise qui vit dans un hôtel Art Deco, lequel hélas tombe un peu en décrépitude. 

Les finances de la famille Martin sont au plus mal, Scarlett le découvre le matin de son quinzième anniversaire, en recevant la précieuse clef de la Suite Empire, attribuant ainsi à l'adolescente la pleine responsabilité de cette chambre. Cet été, Scarlett est priée de rallier les rangs familiaux pour donner un coup de main à l'hôtel. Ses amis ont tous quitté la ville, occupés à d'autres projets plus palpitants, Scarlett traîne les pieds mais ne sait pas encore que ses vacances seront riches, très riches et excitantes !

Suite_Scarlett_de_Maureen_JohnsonCela commence par la venue d'une cliente, Mrs Amberson, qui occupe la Suite Empire. Avec elle, c'est un vent chaud, exotique, léger, aérien, déchaîné qui s'installe à Hopewell. Mrs Amberson est une femme excentrique et mystérieuse, un peu casse-pied sur les bords, elle harcèle Scarlett de coups de fil à répétition et la jeune fille se plie à ses moindres caprices. Toutefois, cette Mrs Amberson est aussi une personne formidable et pleine de ressources. Elle le prouvera lorsque le frère aîné de Scarlett, Spencer, qui rêve de devenir comédien à Broadway et répète actuellement la pièce de Hamlet avec une troupe de débutants, connaîtra bien des galères pour mener son projet dans les meilleures conditions.

Les deux autres soeurs de Scarlett, Lola et Marlène, sont aussi très présentes, elles butinent, elles minaudent, elles sont volubiles, excessives, discrètes et cachottières. Les anecdotes ne manquent pas non plus en ce qui les concerne.
Le roman raconte définitivement l'histoire d'une famille, avec des hauts et des bas, des moments d'euphorie, d'entente à merveille, de combines et de débrouillardises, des journées magiques où tout se goupille comme dans un rêve, les bonnes rencontres, les nouvelles qui font du bien, les intentions les meilleures. Puis, les nuages viennent obscurir ce ciel si beau, les doutes et la jalousie sont de sortie, les jolis garçons deviennent fuyants, colériques, compliqués, les filles sont minées, compliquées, soucieuses, malheureuses. Mais sous le ciel de New York, les beaux jours sont toujours de rappel !

Les aventures de la famille Martin me rappellent quelque part celles de la famille des Jean Quelque-chose (la série de Jean-Philippe Arrou-Vignod) pour son côté optimiste, joyeux et solidaire. Même dans les coups durs, même si l'argent fait défaut, même si les petits copains se font la malle et même si les clients sont étranges et fantastiques à la fois, l'histoire montre énormément de complicité, de bonheur, de gaieté et fait preuve d'humour.
C'est vraiment un petit roman très chouette, comme dirait ma fille.

Suite Scarlett ~ Maureen Johnson
Gallimard, coll. Scripto, 2010 - 384 pages - 13,00€
traduit de l'anglais (USA) par Cécile Dutheil de la Rochère
illustrations : Dominique Corbasson

Une suite va paraître en février 2010 aux USA sous le titre : Scarlett fever.

 


08/01/10

Vérité et feuilles de thé ~ Alexander McCall Smith

mon dernier achat cd : zee avi, une demoiselle de vingt-trois ans, un talent énorme ... so sweet !

Côté lecture, voici pour répondre à votre besoin de dépaysement et d'exotisme, de réconfort ou de refuge littéraire, Mma Ramotswe et son sourire viennent à la rescousse ! 

... la petite fourgonnette blanche qui, depuis quelques mois, produisait par intermittence un bruit étrange, recommençait soudain, encore plus fort qu'auparavant. Certes, Mma Ramotswe venait de tourner dans Zebra Drive, et prendre un virage exigeait toujours un effort particulier du véhicule, ce qui avait à voir avec les suspensions et ce que Mr. J.L.B. Matekoni appelait élégamment la "répartition de la charge". Réfléchissant un jour à cette expression, Mma Ramotswe lui avait demandé avec, peut-être, un peu trop de brusquerie : "Et cette charge, je suppose, Mr. J.L.B. Matekoni, c'est moi ?"
Il avait détourné les yeux afin de masquer son embarras.
- On peut le dire comme cela, Mma Ramotswe. Mais il faut savoir que nous représentons tous une charge pour les véhicules. Même ces mannequins très maigres sont une charge...
Il s'était arrêté là. Ce n'était pas ainsi qu'il parviendrait à se rattraper et Mma Ramotswe l'observait, attendant visiblement une suite.
Lorsqu'il était devenu clair qu'il n'avait rien à ajouter, la détective avait repris :
- Oui, Mr. J.L.B. Matekoni, il y a des femmes comme ça. Et hélas, on en voit même de plus en plus. Il y en a beaucoup désormais.
Elle avait marqué un temps d'arrêt, avant de poursuivre :
- Mais peut-être vont-elles commencer à disparaître. Elles vont maigrir encore et encore, devenir de plus en plus à la mode, et puis... pfffut... le vent les emportera.
Cette remarque avait réduit la tension et tous deux s'étaient mis à rire.
- ça leur apprendra ! s'était exclamé le garagiste. Elles seront emportées par le vent, alors que les autres dames seront toujours là, elles, parce que le vent ne sera pas assez puissant pour soulever...
Là encore, il s'était arrêté. Comme la fois précédente, Mma Ramotswe le dévisageait, guettant la suite.

Dans ce nouvel épisode, point de précipitation, beaucoup de contemplation et de réfléxion sur la vie qui coule tranquille. Au Botswana, on bichonne son postérieur, ses pieds, ses femmes et on se régale en buvant des litres de thé rouge. Hé hé. C'est ma conclusion hâtive, n'y faites pas attention ! Sans quoi, au passage, n'hésitez pas à tester la recette très relevée de Mma Makutsi et de son poulet piri-piri, en veillant à ne pas vous arroser le gosier de grandes rasades d'eau fraîche, non, non, souffrez en silence pour les beaux yeux de votre fiancé, il vous en remerciera la main sur le coeur. De là à conclure qu'il vous envisage comme la femme de son existence PARCE QUE vous savez cuisiner le poulet piri-piri, SA recette préférée, hmm... vous n'y allez pas de main morte ! Ceci étant, c'est une pécadille face à l'énorme confrontation qui s'annonce. Notre redoutable Mma Makutsi - redoutable par sa force de caractère, croyez-moi - va avoir d'autres chats à fouetter en apprenant que la nouvelle employée de son fiancé est Violet Sephotho ! Le cauchemar de Mma Makutsi. Une menteuse. Une tricheuse. Une oppportuniste. Certes, elle est ravissante et elle se sert de son sex-appeal pour obtenir tout ce qu'elle veut. Son nouvel objectif ne se nommerait-il pas Mr. Phuti Radiphuti ? Aïe.

Mma Ramotswe va devoir supporter de longues heures de complainte, de rage, de frustration... alors qu'elle-même doit se sermonner pour dire adieu à sa vieille fourgonnette blanche, son fidèle destrier, ni plus ni moins. Son cher et tendre Mr. J.L.B. Matekoni, excellent garagiste de son état, lui a déjà laissé entendre qu'il faut savoir se débarrasser des vieilles choses inutiles et dangereuses, mais Mma Ramotswe ne peut s'y résoudre. C'est une vieille histoire d'amitié, de partage, d'affection. C'est comme "une vache qui attend son heure sous un arbre". Mma Ramotswe, pour soulager la fourgonnette, choisit donc de faire le chemin à pied. Cela rappelle la discussion qui ouvre le roman, entre la détective et son assistante, mais marcher sous un soleil de plomb, sur des sentiers poussiéreux, avec la constitution qu'on lui connaît (il est écrit qu'elle est "traditionnellement" charpentée...), bref ceci nous donne une superbe et vilaine ampoule au pied ! Ouille.

Pas de grosse enquête, comme d'habitude. Beaucoup de personnages secondaires, d'anecdotes qui viennent se greffer à des petits bouts sans grande consistance. On connaît la recette, c'est simple, efficace, plaisant et reposant. Cette fois, un certain Leungo Molofololo réclame l'assistance de Mma Ramotswe pour démasquer le traître au sein de son équipe de football. Il est le président de la meilleure équipe du pays, mais depuis plusieurs mois leurs résultats sont déplorables, Mr. Molofololo est persuadé qu'on cherche à saboter son travail. Mma Ramotswe devra gagner la confiance des joueurs pour les cuisiner aux petits oignons et mettre à jour la supercherie. (La résolution, ma foi, est fidèle à l'image de la série !!!)

En refermant la dernière page, j'ai le sourire jusqu'aux oreilles. C'était bien, sans grande surprise, mais vraiment bien...

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10-18 Grands Détectives, 2010 - 256 pages - 7,40€
traduit de l'anglais par Elisabeth Kern

Oui, encore ... c'est un très bon disque ! :)

23/12/09

Si je reste ~ Gayle Forman

Oh! Editions, 2009 - 220 pages - 15,90€
traduit de l'anglais (USA) par Marie-France Girod

Un accident de voiture.
Les parents de Mia sont tués sur le coup. Son petit frère et la jeune fille de dix-sept ans sont dans un état grave, emmenés de toute urgence dans des hôpitaux différents.
Et l'esprit de Mia - ou son fantôme - se matérialise et devient spectateur de son combat entre la vie et la mort.
A elle de choisir maintenant.

si_je_reste

Malgré les impressions que ce bref résumé peut inspirer, non ce roman n'est pas du tout déprimant. Il est par contre très émouvant ! Mais bon. Très bon. Et puis beau, merveilleux, puissant. Il donne envie de se secouer et d'hurler. Que du positif, en somme. Car c'est par-dessus tout une formidable histoire d'amour. L'amour d'une famille. L'amour d'une vie. L'amour de la musique. L'amour et l'amitié.

Plus d'une fois j'ai eu la gorge nouée face à ce grand cri d'amour. A toutes les pages, au-delà de la violence et de la tragédie que traverse Mia, on ressent ses sentiments, ses questions, ses émotions. Et ses souvenirs affluent, des instants merveilleux d'une complicité familiale exemplaire, une rencontre amoureuse belle, unique et inscrite pour durer.

Alors que Mia est scotchée sur son lit d'hôpital, en soins intensifs, ses proches défilent à son chevet pour lui parler, lui chuchoter de s'accrocher, ou de partir, si c'est ce qu'elle veut. Les paroles de son grand-père, par exemple, sont dégoulinantes de beauté et d'amour véritable. Et Kim, sa meilleure amie, se révèle précieuse, rare et complice au-delà des mots. Et puis, Adam...

Je ne sais pas raconter ce livre, je ne sais pas vous en parler, je ne sais pas vous donner envie, je sais juste que c'est un livre qui m'a bouleversée et que j'ai lu d'un traite en pleurant beaucoup. J'en sors heureuse, réconfortée par des petites phrases qui disent peu et tout à la fois. Une lecture qui a trouvé sa lectrice au bon moment.   

 

 

NB : Ne vous fiez pas au bandeau rouge racoleur et donc dissuasif qui clame que c'est le livre le plus émouvant depuis twilight ! C'est n'importe quoi, ça n'a rien à voir avec twilight. Pour moi, ça sonne comme un sinistre appel d'offre et ça m'agace. Ne tombez pas dans le panneau, mais lisez ce livre, bon sang il est juste très bon et il ne ressemble à rien, sauf à lui.  

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22/12/09

Blue Cerises saison 2

Blue_Cerises

Milan, coll. Macadam, 2009 - 58 pages - 4€ le volume

La faute à Voltaire ~ Jean-Michel Payet

Les Blue Cerises sont sérieusement secoués dans cette nouvelle saison. L'annonce du prochain départ d'Amos pour le Canada menace leur amitié, un membre en moins équivaut à amputer ce corps solide. Satya et ses camarades tentent de trouver une solution, un point d'ancrage pour Amos, et une chambre de bonne se libère dans l'immeuble de Zik. Ce serait formidable. L'élan de l'espoir les pousse, en contrepartie ils ont conclu avec le proprio de repeindre un appartement défraîchi. Du coeur à l'ouvrage, l'envie d'y croire encore, tous ont néanmoins un noeud à l'estomac.
Car au-delà de cette belle solidarité, il y a des secrets. Cultivés avec lucidité. Tus par omission. Par souci de préserver leur communion d'esprit. Or, cela finit par les oppresser et la belle façade demande un soin constant pour être entretenue.
On trouve l'amour trop compliqué, mais l'amitié est aussi histoire d'amour...
Satya a perdu sa belle sous sa bulle, il croise une autre demoiselle qui a le coeur brisé et Satya se demande. C'est comment faire l'amour pour la première fois ?

Ciné ciné cinéma ~ Cécile Roumiguière

Violette se voit offrir une opportunité de rêve : être figurante du premier rôle féminin sur un tournage de film historique, pendant une semaine. Mais son frère a été catégorique : interdiction d'en toucher un mot à sa bande des Cerises. Alors, Vio ment, esquive, fait des courbettes, des pas chassés et croisés, elle s'emmêle les pinceaux.
Sur le plateau, elle tombe amoureuse d'un garçon qui lui rappelle Amos. L'amour interdit. Aucune ambiguité là-dessous, mais ce garçon est son lien caché, un pont à traverser mais aussi le poids d'une enclume dans le ventre. Elle va comprendre... trop tard.
De leur côté, Satya et Zik repeignent l'appartement. Vio téléphone à Amos en secret. Le garçon est douloureusement absent, comme déjà parti, et la bande a besoin d'un solide remontant. Un remède pour souder à nouveau ce noyau dur qui est en train de fondre comme neige au soleil.

Yapasphoto ~ Maryvonne Rippert

Zik a un secret ! C'est chose courante pour nos Cerises, car c'est décidément la saison du mensonge et du camouflage. Notre demoiselle cache un amoureux secret, donc. Elle ne peut en parler à ses amis, ils ne comprendraient pas. C'est simple, ils le détestent tous. S'ils savaient...
Et la peur de perdre sa petite bande se noue et Zik commet des petites bêtises.
C'est la saison des embrouilles et du brouillard. Les noeuds des intrigues s'emmêlent, les corps se disloquent, les bleus à l'âme apparaissent.
Heureusement, il y a aussi le secret de la mamie de Zik qui permet de détendre l'atmosphère. C'est cocasse, parfaitement risible, et souriant.

La phrase de la saison 2 : Je cherche un Kleenex dans mon sac. Je sais bien que j'en ai pas. Y'a que les mamans qui ont des réserves de mouchoirs...

Rôde movie ~ Sigrid Baffert

Enfin au tour d'Amos de prendre la parole ! Jusqu'à présent, c'était le grand absent alors que toute l'attention de nos Cerises est tournée vers lui. Donc, Amos doit partir. Deux ans au Québec. Il n'a pas le goût de briser le quatuor et il cherche une solution. Et un par un, les Cerises organisent un tête-à-tête secret avec lui.
Une virée dans un grand magasin la nuit, un rôde movie vers la pointe Saint-Mathieu, une chevauchée dans les bois avec une rencontre hallucinatoire... Dans cette saison 2, ôde aux secrets, il y a aussi le spectre d'Olivia qui hante les pages et frappe d'effroi les mémoires de nos charmants personnages.
Non, nous ne trouverons pas la solution mais c'est fait exprès. L'enquête peut commencer, fouiller les pistes, rejoindre les tuyaux, confondre les éléments. Je les attends !

L'autre phrase de la saison 2 :  Je les contemple l'un après l'autre, mes amis, mes piliers, ma bande. Les Cerises, comme on se surnomme.
- Putain de bordel de merde... lâche enfin Zik.
- Bon résumé de la situation, conclut Satya en recrachant son écorce.

Lire les blue Cerises, c'est du velouté instantané. Rapide et savoureux.
J'ai déjà évoqué mon amour cet été, alors que je lisais sous un soleil de plomb la saison 1. Je retrouve Amos, Zik, Satya et Violette avec le même grand plaisir. Je constate d'ailleurs qu'on passe à un échelon supérieur, nos Cerises entrent dans la cour des grands, se brûlent les ailes et s'enfoncent encore plus sous le sceau des secrets.
C'est rondement bien écrit et élaboré, une vraie communion d'esprit entre quatre auteurs dont les talents d'écriture ne sont plus à démontrer.
Vivement la saison 3 !

-) sont aussi sous le charme : Lily et Bladelor

19/12/09

Graceling ~ Kristin Cashore

Livre un : Le don de Katsa
Hachette, 2009 - 425 pages - 14,90€
traduit de l'anglais (USA) par Raphaële Eschenbrenner

gracelingKatsa est une Graceling, un être rare doté de pouvoirs incroyables : elle peut tuer un homme à mains nues.  Sa réputation a déjà fait le tour du royaume et au-delà des frontières, elle est la Lady tueuse. Orpheline et nièce du roi Randa, elle est à son service pour accomplir les basses besognes avec ses compagnons d'armes, Giddon et Oll. Parallèlement, avec la complicité de son cousin, Raffin, le fils du roi, elle est à la tête du Conseil, une association secrète qui agit pour le bien et pour venir en aide à des situations de détresse. Leur dernière mission - libérer le vieux père du roi de Lienid - place sur le chemin de Katsa un individu dont les pouvoirs semblent être de compétence égale avec les siens. Cette rencontre rend la jeune femme perplexe, elle assomme le type au lieu de le tuer et prend la fuite. 

En fait, Katsa va prochainement retrouver son adversaire lorsqu'il se présente au château du roi Randa en tant que prince Greening Grandmalion de Lienid. Il est en quête d'informations sur l'étrange disparition de son grand-père, Tealiff, qui se trouve à l'abri dans les couloirs secrets des appartements de Raffin. C'est encore trop tôt pour faire confiance à ce jeune prince, et les membres du Conseil se tiennent à carreau. Katsa accepte pourtant de s'entraîner avec lui - il se prénomme Po, faisons plus court - et une connivence se crée. La jeune femme découvre des facettes cachées, prend conscience d'être une marionnette entre les mains de son oncle, ne veut plus assumer cette part de bestialité qui la rend si différente des autres et la tient à l'écart, Katsa découvre en Po un ami sûr, lui aussi possède le don du combat et pour la première fois elle se sent comprise et en confiance. Cela va leur permettre d'étudier la raison de l'étrange kidnapping de Tealiff, et de fil en aiguille d'étonnantes révélations vont fleurir !

J'ai beaucoup, beaucoup aimé ce roman. Un roman dont le souffle gagne peu à peu le lecteur. Entre fantasy et romance, l'histoire a de formidables atouts pour étourdir en nous entraînant dans ce monde merveilleux et inquiétant des Gracelings. Les personnages sont de toute beauté, Katsa en tête est une jeune femme forte et qui revendique son désir d'indépendance et d'être libre. Elle refuse le mariage, les enfants et les prétendants. Aussi, est-elle bien embêtée lorsqu'elle prend conscience de ses sentiments pour le prince Po (formidable personnage, entre nous, compréhensif, charmeur, vaillant...). Il n'y a néanmoins pas un torrent d'érotisme dans ce roman (ou si peu), nous sommes à la frontière du roman pour jeunes adultes, mais point d'hypocrisie non plus car Katsa et Po vont vivre leur amour en choisissant d'être des amants. D'où passage à l'acte. (Je le précise, si vous souhaitez le confier à des lecteurs qui pourraient s'émouvoir d'une telle audace ! ;o) La description de la scène est gentille, je peste !).

A partir du moment où la liaison est affichée, le couple n'en devient pas niaiseux pour autant, et c'est tant mieux ! La demoiselle est une tigresse, son alter ego se révèle d'une noblesse exemplaire et digne pour établir le bon équilibre. En fait, l'émotion est très souvent bridée, ou n'est-ce que mon sentiment, au profit de l'action : longues chevauchées dans la forêt, lente ascension des cols montagneux, et j'en passe. L'ennemi que doivent affronter Katsa et Po est particulièrement redoutable, à tel point que la fin de l'histoire en devient frustrante (trop précipitée et improbable) ! Ce sont des défauts infimes, sans conséquence, car j'ai diablement savouré cette lecture ! Et n'imaginez pas que ce livre soit hermétique, totalement froid, exempt d'émotions sincères, il en possède aussi. D'ailleurs tous les instants que passent Katsa et Po ensemble sont de très, très beaux moments qui donnent le sourire (et serrent mon petit coeur de midinette).

Verdict : J'AI AIME ! Amis lecteurs, je vous préviens, nous sommes cernés par une pile de romans dont les échos sont tous meilleurs les uns que les autres. Les jours qui suivent vont nous perdre ! Comment allons-nous survivre !?! ... :/

Le nouveau roman de Kristin Cashore, déjà paru aux USA, s'intitule Fire. Il n'est pas la suite de Graceling, mais il est lié, il se passe trente ans plus tôt et introduit un personnage d'une importance considérable. Le troisième livre à paraître, Bitterblue, se passera six ans plus tard. J'ai hâte !!!   

 

-) pour lire un extrait

illustration couverture française : Anne-Claire Payet
la couverture uk graceling_vo2graceling_vo (us)

-) à lire, sur le blog de l'auteur, un billet où elle expose qu'elle n'a pas franchement de béguin pour tel ou tel acteur, mais plutôt des béguins pour des personnages - nuance !  j'ai trouvé ça excellent, car finalement je me sens un peu dans le même cas (bientôt je listerai tous ces personnages qui me font perdre la tête !)  LIEN

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17/12/09

La Cité des Ténèbres ~ Cassandra Clare

Livre 1 : La Coupe Mortelle
Pocket jeunesse, 2008 - 570 pages - 19,50€
traduit de l'anglais (USA) par Julie Lafon

Me voici donc une nouvelle fois étourdie par une lecture, par la faute d'une nouvelle série. Le premier tome a été traduit l'an dernier, et little g. m'avait dit : lis-le et j'avais dit ok en toute confiance, ne sachant pas que le temps allait passer si vite, le tome 2 est maintenant disponible (et même le 3ème en anglais ! il est déjà commandé, vous pensez bien). Qu'est-ce donc, encore ?

Hmm. Cette série n'est en rien révolutionnaire, je porte par exemple à Hunger Games un fanatisme plus fort (n'ayons pas peur des mots), elle a su néanmoins me surprendre. Je vous l'annonçais précédemment, j'ai commencé ma lecture bien sagement, pas franchement éblouie par ce qu'on me proposait, c'était bien sympa et gentil, mais où va-t-on, et puis le deuxième effet kiss cool est arrivé, j'avais les doigts collés au livre et je tournais les pages d'un air avide, en clair j'étais fichue. Et depuis, j'accumule les heures de sommeil en moins.

cite_des_tenebres_1Clary, quinze ans (bientôt seize), apprend brutalement que son sort est lié au Monde Obscur, lorsqu'elle découvre l'appartement qu'elle partage avec sa mère totalement dévasté par l'attaque d'un Vorace. La déconfiture s'enchaîne avec la disparition de sa mère et avec la défection de celui qu'elle prenait pour son oncle, Luke, qui ne veut plus la voir et le lui annonce par téléphone. Son seul recours, une bande de jeunes tueurs surentraînés pour anéantir les vilaines créatures. Ce sont des Chasseurs d'Ombres, ils appartiennent à un monde jusque-là inconnu pour Clary, et qu'elle apprendra peu à peu à cerner, à l'instar du lecteur. (Ceci signifie que je ne vous expliquerai rien du tout ! :o))

Parmi eux, il y a Jace. Et c'est un peu sa faute si j'ai des étoiles dans les yeux. Ce type a une beauté arrogante, il est sûr de lui, moqueur, drôle et ironique, il ne cache jamais son agacement ni la vérité, il a toute une histoire derrière lui qui explique son attitude, et ce qui est bien, c'est que l'héroïne n'est pas bouche bée, bave aux lèvres, devant lui. En fait, elle a d'autres chats à fouetter et ne prête pas attention à son charme, elle en a conscience, mais c'est le cadet de ses soucis (de même, son meilleur ami Simon tente de lui faire du pied pour qu'elle remarque qu'il est fou amoureux d'elle, mais la demoiselle ne voit rien du tout).

Jace et Clary ne vont plus se quitter, ils ont une mission à mener, car pour retrouver la mère de la jeune fille, ils doivent d'abord mettre la main sur la Coupe mortelle, et de préférence avant un certain individu à la sale réputation. Une figure du passé, qu'on croyait zigouillée, mais qui refait surface en clamant vengeance.
Damned.

Pas grand-chose à rajouter, si ce n'est que je n'ai pas du tout aimé la révélation finale, bouh c'est quoi ce truc, cela ne peut pas se passer comme ça, ce n'est pas possible, alors y'a intérêt que ça change, et fissa !
Je suis déjà plongée dans le tome 2...

-)  Anne, je te comprends maintenant !!!!

NB : devinez quoi,  The Mortal Instruments by Cassandra Clare has been optioned for a movie. Comme beaucoup de fans, moi aussi je mets une option sur l'acteur Alex P. pour incarner Jace !!!

to be continued...

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Livre 2 : L'Epée Mortelle
Pocket jeunesse, 2009 - 525 pages - 19,50€
traduit de l'anglais (USA) par Julie Lafon

cite_des_tenebres_2Après les révélations stupéfiantes du premier tome, ce deuxième semble bien mou, bien frustrant dès les premières pages. Car ce qu'on sait désormais touche de plein fouet Clary et Jace, notre petit couple fétiche, on sait qu'entre eux tout est fermé, caduc, impossible, à jamais ! Il y a bien ce cher Simon, l'ami fidèle et dévoué, qui rôde dans les parages et se trémousse de plaisir d'avoir le champ libre pour déclarer sa flamme, mais... que voulez-vous, aussi sympathique soit-il, Simon n'est pas Jace, et c'est un crève-coeur.

Bon, heureusement l'histoire n'est pas non plus une lente complainte d'âmes torturées, nous avons aussi droit à notre lot d'action et de suspense. L'ennemi est toujours en place, celui-là même qui se déclare du même sang que ... vous savez qui. Il a choisi de dérober un deuxième instrument mortel - l'Epée - et ses ambitions sont plus noires et démoniaques que jamais. Jace, accusé par l'Inquisitrice d'être l'espion de Valentin, voit sa famille d'adoption lui tourner le dos. Le type est complètement largué, il se blinde derrière son cynisme mais dès qu'il est en présence de Clary, il est plus vulnérable que jamais. Plusieurs scènes m'ont offert de plaisants moments où j'ai senti mon petit coeur battre à tout rompre (la fête chez les elfes ou la soirée mouvementée chez Luke).

Argh, comment vous dire sans trop en dire, c'est désappointant. En fait, c'est très difficile d'admettre ce que l'auteur cherche à nous raconter, et très vite on scrute les petits indices qui indiqueraient une autre voie à suivre. En attendant, oui c'est frustrant ! Très frustrant. Au début je craignais m'ennuyer, mais heureusement Jace n'est pas un individu ordinaire qui se plie aux règles. Toujours excessif dans ses décisions, il nous gratifie de déclarations qui feraient se pâmer tout un couvent de bonnes soeurs !!! (Par contre, haro sur son discours à la toute fin !) Et c'est très bizarre, car jamais je n'ai trouvé que c'était révoltant ou immoral.

Tout le roman n'est pas totalement ancré autour de Jace et Clary, même si cela reste le nerf de l'intrigue. On retrouve avec plaisir les secrets du Monde Obscur, en faisant connaissance avec des créatures toutes plus charmantes les unes que les autres (ahem). Il y a aussi beaucoup d'humour - Magnus Bane et Simon n'y sont pas étrangers - et pas mal de vicissitudes  - Valentin en tête, presque détrôné par l'Inquisitrice, aveuglée par son chagrin et rendue folle de rage. Dans ce tome, la question des choix et du libre arbitre pèse énormément. Les personnages sont face à des décisions qui peuvent faire basculer leur propre destin, en plus de toucher leur entourage et le monde dans lequel ils vivent. On le devine d'emblée que le prochain livre sera déterminant, la guerre est imminente !

Je suis donc toujours accro, les sens en ébullition et l'amertume en arrière-goût, car je n'ai pas encore le troisième tome sous la main. (Pour la traduction française, il faut patienter en mai 2010. Je ne suis pas folle !) Et c'est difficile d'envisager une pause forcée, je sens comme un vide... Bladelor, où puis-je trouver ton patch pour lecteurs en manque ?! 

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City of Glass, le tome 3, va paraître en mai 2010 chez pocket jeunesse sous le titre Le Miroir Mortel.

Les autres projets de l'auteur,

September 7, 2010: The Clockwork Angel (qui ouvre une nouvelle série se passant à l'époque victorienne et serait le prequel de la série de The Mortal Instruments)

March 11, 2011: City of Fallen Angels (en fait le quatrième tome de la série, qui n'était pas prévue à la base, et qui raconte l'histoire de Simon)

 

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