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Chez Clarabel
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10-18
20 juin 2008

Autant en emporte la femme - Erlend Loe

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Marianne est une jeune femme étonnante, pas casse-pieds mais délicieusement arrangeante, du genre à s'inscruster avec le sourire. L'amour qu'elle offre en retour, ou la promesse d'amour, est un pis aller vers une vie de couple que le narrateur accueille avec un air bêta. Bah oui, un jour Marianne déboule avec douze cartons de taille moyenne et une commode ocre. Ce sera sûrement bien, se dit le narrateur. Mais très vite, notre bon bougre va être dépassé et devenir le béni-oui-oui de sa dulcinée. Toutes les décisions lui échappent, lorsqu'il pointe le doigt sur la petite commode à la couleur suspecte, la demoiselle rebondit et propose de coordonner les murs de l'appartement avec la teinte de son meuble. Et pourquoi pas acheter le même, en plus gros ? !

Vous l'avez compris, l'histoire est gentille, absurde et rigolote. Elle raconte en 300 points la débandade pré-annoncée. "Le voile d'éternité qui enveloppait notre relation se ratatine. Je reconnais que nous sommes éphémères tous les deux." Il faut suivre les soliloques de cet homme qui ne manque ni de flegme ni de cynisme, mais tout doux, tout lisse. C'est avec immensément de philosophie qu'il nous narre les situations grotesques de sa vie de couple, cela pourrait être banal (les jours coulent tranquillement, tout deux s'aiment ou se font la tronche, ils partent en voyage aussi...). C'est le cliché d'une histoire presque ordinaire, qui vous rappelle la difficulté de conjuguer au présent et au futur, et à la première personne du pluriel. Ouf, c'est diabolique et hilarant ! A cautionner en cas de blues.

Gaïa éditions, 2005 pour la traduction française / 10 - 18, mars 2008 - 237 pages.

traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud.

A été apprécié par Cathulu

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4 mars 2008

Les portes du sommeil - Fabrice Bourland

portes_du_sommeilDeux ans après Le Fantôme de Baker Street, Andrew Singleton se rend à Paris pour résoudre le mystère qui plane autour du suicide - présumé - de Gérard de Nerval. Il est finalement débauché par le commissaire Fourier de la Sûreté Nationale pour démêler deux affaires étrangement semblables : le marquis de Brindillac et le poète Pierre Ducros ont tous deux été emportés dans leur sommeil et retrouvés avec un masque d'effroi sur le visage.

Andrew Singleton lui-même est assailli de rêves bizarres : une jeune femme blonde vient régulièrement lui intimer la prudence sur l'enquête à tenir. Alerté, son comparse James Trelawney débarque pour l'accompagner dans son voyage à bord de l'Orient-Express, à destination de Vienne, afin d'y déceler le mystère des Portes du sommeil évoquées lors d'une réunion de la Société Métapsychique à Paris.

Ambiance délicieusement désuète dans ce roman aux aspects nébuleux, où l'on croise André Breton à la terrasse du Café de la place Blanche, mais aussi le spectre de Gérard de Nerval au sommet de la tour Saint-Jacques.

C'est prenant, très bien écrit et riche en documentation. On se promène dans le Paris des Années Folles avec une béatitude placardée sur la mine. Je suis nostalgique de cette période et j'aime tellement l'ambiance de cette série, policière en apparence, car la mise en abyme est carrément prodigieuse. C'est une fantastique découverte, si ce n'est pas déjà fait !

10-18, coll. Grands Détectives, 250 pages.

A lire : interview de Fabrice Bourland

3 mars 2008

Le fantôme de Baker Street - Fabrice Bourland

fantome_de_baker_streetLondres, 1932. Andrew Singleton et James Trelawney viennent d'ouvrir leur agence de détectives dans Montague Street et ont déjà du pain sur la planche : lady Conan Doyle est venue en personne solliciter leur assistance pour dissiper les rumeurs entourant la maison du major Hipwood, désormais le 221 à Baker Street, qu'on dit hantée par le souvenir de l'écrivain et son personnage fétiche.

Singleton et Trelawney commencent par infiltrer une séance de spiritisme et assistent à l'impensable. Comme réaliser que tout a déjà été écrit dans les romans et que leurs héros (Dracula, Dorian Gray, Mr Hyde) s'en seraient échappés pour vivre dans le monde réel !

Ce premier tome ouvre les portes de l'étrange et du fantastique, avec une curieuse enquête qui suit les traces de Sherlock Holmes, mais en rappelant aussi toute la richesse de la littérature victorienne et ses monstres sacrés.

On va de décors fascinants en détails pointilleux, d'indices savants en allégories abondantes. L'enquête frétille mais enchante davantage par son champ des possibles. C'est en effet une plongée exceptionnelle dans la Littérature de l'imaginaire - avec deux jeunots qui rêveraient d'entrer au Panthéon... En tout cas, Singleton et Trelawney ne manquent pas de potentiel !

10 - 18, coll. Grands Détectives. 245 pages.

A été également lu par Lou et Charlie Bobine

11 octobre 2007

Phryne et les anarchistes - Kerry Greenwood

phryne_et_les_anarchistesPhryne Fisher a toujours le don de se trouver là où elle ne devrait pas, et ainsi d'être au coeur des événements souvent sanglants, très certainement déplaisants ! Ce soir-là, au volant de son Hispano-Suiza, Phryne est prise pour cible et voit son pare-brise exploser. Puis, elle trouve un beau jeune homme blond, mortellement blessé, qui s'éteint dans ses bras !
Le sang de la belle ne fait qu'un tour, il lui faut les coupables, et de suite ! Ce qu'elle ignore encore, c'est que son chemin va emprunter celui du milieu malfamé des anarchistes, où l'on découvre une communauté de Lettons mettant au point un complot pour assassiner Staline !
D'un autre côté, Phryne est contactée par un gentilhomme de la bonne société de Melbourne pour retrouver sa fille de 14 ans, Alice Waddington-Forsythe, mystérieusement disparue. Cette dernière avait le désir d'être religieuse, mais son père s'y était opposé. Aujourd'hui, la Mère Supérieure du couvent prétend n'avoir jamais vu la demoiselle.
Phryne Fisher va une nouvelle fois user de ses charmes, de ses costumes et de sa bravoure pour déjouer tous ces vilains plans qu'on dresse autour d'elle. Pas de grands coups de théâtre, comme à l'ordinaire.
Ce titre est le quatrième de la série - dont les qualités majeures reposent sur la personnalité de la détective futile et fantaisiste. J'ai bien aimé, mais sans plus.

10 - 18 / 222 pages / Octobre 2007.  Traduit de l'anglais par Pascale Haas.

Les autres titres de la série

1 août 2007

Le livre de Joe - Jonathan Tropper

Le_livre_de_joeDe retour dans sa ville natale de Bush Falls, Joe Goffman sait qu'il court à sa perte et se rue droit vers la guillotine. Jeune écrivain à succès, âgé de 34 ans, il vient de vivre une ascension fulgurante avec la parution de son premier roman, humblement intitulé "Bush Falls", où il racontait sa jeunesse dans cette petite bourgade du Connecticut. Or, ses révélations ont déplu, son livre a vite été taxé de ramassis d'injures impardonnables. Son retour sur les lieux du crime s'annonce sans pitié !

Pourquoi revient-il ? Cela faisait dix-sept ans que le garçon était parti, un peu en brouille avec sa famille, sa petite amie d'alors, ses rares amis, etc. Il vit désormais à New York, mène une existence futile et superficielle, bref le vide intersidéral ! S'il rentre, donc, c'est pour se rendre au chevet de son père mourant. Mais ils sont nombreux à l'accueillir avec froideur, sourire crispé et désir de lui faire payer son arrogance.

Pour ma part, j'appuie ce comité d'accueil car l'individu Goffman m'horripile au plus haut point ! J'ai d'ailleurs beaucoup aimé la mise au point qu'un type lui fiche en pleine figure vers la fin du roman, je trouvais qu'elle lui pendait au nez depuis belle lurette ! C'est clair, du début à la fin, je n'ai pu m'empêcher d'être agacée par ce personnage imbuvable. Et dans l'ensemble j'ai trouvé que l'histoire était un peu cousue de fil blanc, prévisible jusqu'au bout, avec une fin "en apothéose" complètement risible. Désolée.

Pas totalement déçue non plus, j'ai parcouru ce roman sans relâche, y reconnaissant les bonnes ficelles efficaces. De l'ironie, du mordant, un peu d'humour (noir) et de l'émotion gratuite ... voilà de quoi vous divertir, vous aider à passer de bonnes heures de lecture. Mais, point transcendant non plus !

Traduit de l'américain par Nathalie Peronny - 405 pages - Fleuve noir, Janvier 2006 / 10-18, Février 2007.

  • ... euh, vous êtes déjà très nombreux à l'avoir lu, apprécié ou pas ... je vous laisse inclure vos liens dans les commentaires !  ;o)

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4 mai 2007

Bienvenue à Blandings - PG Wodehouse

bienvenue_a_blandingsDans "Bienvenue à Blandings", on y trouve une succession d'hommes et de femmes qui se croisent sans se connaître, avant de se retrouver tous dans la même propriété et d'y partager quelques connivences dont, bien évidemment, seul le lecteur est au courant !
L'intrigue principale concerne la disparition d'un scarabée égyptien de la collection de Mr Peters, riche américain de passage à Londres, venu donner la main de sa jeune fille, Aline, au fils cadet du Lord Emsworth, Freddie. Or, Mr Peters a découvert avec horreur la disparition de sa pièce inestimable et soupçonne avec raison Lord Emsworth. Ce dernier, qui perd un peu la boule, pense au contraire qu'il s'agit d'un cadeau de son ami américain.
Pour éviter tout scandale qui compromettrait le mariage de son enfant, Peters décide donc d'engager un certain Ashe Marston, écrivaillon d'une série policière à quatre sous, le faisant passer pour son valet lors du séjour de la famille à Blandings, la propriété de Lord Emsworth.
On n'en reste pas là, car on y fera également la connaissance d'une jeune demoiselle sans le sou qu'une promesse de récompense de mille livres donne des ailes, d'un soupirant éploré et paré des atours d'un Superman, ce qui agace grandement la dulcinée de son coeur, et un certain majordome un peu trop zélé, vigilant mais doué de malchance.
Tout un joli monde policé, dépeint avec humour !
PG Wodehouse ne manque pas du tout de mordant et propose une cascade d'enchaînements réjouissants et de quiproquos en tout genre. Les dialogues sont piquants, la galerie des personnages est jubilatoire, bref on ne s'ennuie pas du tout !
La réputation de cet auteur démontre ici son large talent et confirme toutes les espérances. A lire absolument.

10-18 / 250 pages. Traduit de l'anglais par Anne-Marie Bouloch.

9 avril 2007

Un train pour Ballarat - Kerry Greenwood

train_pour_ballaratDans le train de nuit à destination de Ballarat, Phryne Fisher est réveillée en sursaut par l'odeur nauséabonde du chloroforme. Aussitôt, elle tire tous les occupants de leur wagon de 1ère classe d'une mort certaine, mais en découvrant avec horreur qu'une vieille dame manque à l'appel, une Mrs Henderson qui voyageait avec sa fille. Le corps de la vieille dame sera retrouvée le long de la voie ferrée, avec le cou brisé et de nombreuses autres séquelles. L'assassin s'est déchaîné sur cette femme !
A ce mystère, vient s'ajouter le cas d'amnésie d'une jeune fille, qu'on prénomme Jane hâtivement, retrouvée seule dans la gare, complètement déboussolée. Phryne l'héberge chez elle, dans l'attente de résoudre son enquête. Miss Eunice Henderson aussi a rejoint le 221B L'Esplanade à St Kilda et engage Phryne pour démasquer le meurtrier de sa mère.
En 200 pages, la pétillante Phryne Fisher nous embarque dans ses folles aventures, qui nous mène dans des hôtels glauques, des cours d'aviron ou face à un hypnotiseur féroce. L'odeur de l'appât du gain et de la traite des Blanches embaume méchamment l'air (et les narines de notre détective).
Désormais c'est prouvé que les policiers de Kerry Greenwood ne proposent qu'une enquête légère, qu'importe. Le plus important est le personnage central, l'Honorable Phryne Fisher (comme l'appellent ses amis), qui est étourdissante, belle, aguichante et décidée. Dans ce 3ème livre, elle accueille encore une fois des petits chatons en détresse, la famille s'agrandit et c'est comme ça qu'on s'attache à cette exploratrice qui boit thé et café, autant que vin et Cointreau, prend des bains chauds et s'enrobe de poudre de riz, dans des dentelles et fanfreluches affriolantes. C'est un régal pour l'imagination ! Rien que pour ça, j'attends la suite avec impatience.
A noter : l'intrigue a été accompagnée, chapitre après chapitre, par des extraits de "Alice à travers le miroir" de Lewis Carroll.
(Prochain titre en Octobre 2007 : Death at Victoria Dock)

10 - 18 /  205 pages

  1. Cocaïne et tralala

  2. Trafic de haut vol

13 janvier 2007

Cette sacrée vertu - Winifred Watson

cette_sacr_e_vertuPrésentation de l'éditeur
A 9h15, Miss Guenièvre Pettigrew, vieille fille aussi vertueuse que résolument opposée à toute coquetterie, apprenait qu'une certaine Miss Lafosse cherchait une bonne d'enfants... A 9h45, elle sonnait chez Miss Lafosse et trouvait au lieu des enfants attendus, une ravissante jeune femme en déshabillé vaporeux et un monsieur à demi endormi ! A 10h15, elle se voit embarquée dans un imbroglio sentimental inextricable. A 15h13, elle console, avec un art et un doigté qui l'étonnent elle-même, une jeune fille en pleurs qui vient de se disputer avec son fiancé. A 17h02...

Je vais me tenir à la 4ème de couverture où "Mais chut ! Révéler ce qui attend Miss Pettigrew avant la fin de cette journée mémorable, c'est risquer de troubler le plaisir du lecteur qui, de surprise en surprise, sera entraîné dans un tourbillon d'éclats de rire jusqu'à la trouvaille finale"... Alors ok, n'en dévoilons pas davantage sur ce roman malicieux, tout en discours et qui rappelle la grande tradition du théâtre burlesque. Ici on savoure heure par heure les joies et déconfitures d'une Miss Guenièvre Pettigrew, romanesque et vieille fille guindée, qui clame une haute idée de la vertu à l'entourage frivole dans lequel elle vient de mettre les pieds. Alors, c'est très drôle, les situations cocasses ne manquent pas, Miss Pettigrew est absolument charmante, jamais ennuyante ou rasante avec ses préceptes "vertueux". C'est, au contraire, une comédie enlevée et rigolote qui fut publiée pour la première fois en 1938 - quel panache, vingt dieux !

10-18

** Je dois cette découverte à une délicieuse blogueuse dont les goûts (très sûrs) sont synonymes de tentations à la pelle, et je n'ouvre pas la malle aux favoris ! ... **

5 janvier 2007

La maison des célibataires - Jorn Riel

la_maison_des_celibatairesPrenez une maison quelque part au Groenland où vivent cinq types qui ne brillent pas d'intelligence et qui demeurent célibataires à se serrer les coudes (et boire de la bière), quand soudainement leur vient la réflexion qu'avec le temps passant, leurs vieux jours risquent de voir s'éclipser cette tranquillité chérie et qu'il faut parer au plus vite pour trouver une solution. Vite, un tour dans le baquet, un décrassage complet et l'un de ces compères décide d'aller quérir la main de la Veuve Bandita, une prétendante appétissante mais un peu rustre. Qu'importe.. Argh ! soupirent les compagnons devant la mine énamourée du fiancé, la quiétude semble véritablement en danger, il faut donc trouver une autre solution, en marge de l'emprise inquiétante de la Bandita...

Le plan mis en place par les célibataires ne va pas manquer de génie, contrairement à l'idée première que ces cinq-là n'avaient pas inventé l'eau chaude, l'issue finale va donc se revéler épatante. L'histoire en général est cocasse, elle se lit très rapidement (70 pages, c'est du pipi de chat !). C'est une "savoureuse histoire de Pieds Nickelés" comme le souligne la 4ème de couverture, c'est poilant, débile mais divertissant.

10-18

3 janvier 2007

Trafic de haut vol - Kerry Greenwood

trafic_de_haut_vol

Honnêtement, c'est le 2ème tome de cette nouvelle série écrite par Kerry Greenwood et c'est toujours un régal ! Il faut absolument faire la rencontre de Phryne Fisher, l'héroïne de ces aventures qui se passent à Melbourne dans les années 20. Il y a une exubérance dans ce caractère, parfois qui pousse à quelques moues circonspectes, mais on pardonne l'abus d'excentricité, surtout quand Phryne joue à braver les lois d'apesanteur en défilant sur l'aile de son avion... Ok, l'histoire démarrait un peu en grandes pompes, mais j'ai vite oublié l'anecdote et savouré l'emménagement de Phryne au 221B L'Esplanade, St Kilda (adieu la suite du Windsor !) et les balades à toute berzingue au volant de l'Hispano-Suiza. Cette multitude de détails (aussi concernant les tenues vestimentaires de Phryne) permet aisément au lecteur de se faire son propre film, de mettre en images les affaires de la succulente Phryne Fisher. Qu'importe qu'on la juge légère, scandaleuse et touche-à-tout, le charme de l'anglaise émerveille et fait instinctivement mouche. Bien entendu, l'intrigue policière présente peu d'attrait face à ce poids de dentelles et fanfreluches (ici il est question d'un assassinat et d'un enlèvement d'enfant), mais on se laisse embarquer dans ce tourbillon. La séduction est immédiate, je suis éblouie ! Il existe 15 tomes parus en anglais à ce jour, vivement la suite en français !

10-18

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