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Chez Clarabel
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dorothee de monfreid
19 décembre 2013

Carton tout plein #3 : Pas envie de Dorothée de Monfreid

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Micha le chien n'est jamais content. Il est seul, dans son coin, la mine renfrognée. Tour à tour, ses amis tentent une approche et lui proposent joyeusement une partie de foot, une bataille, une balade, une séance de déguisement ou jouer à cache-cache. Mais naaaan, Monsieur n'a pas envie.

À bout de patience, ses amis râlent. Franchement, il n'est pas drôle, “il n'a jamais envie de rien”, il est pénible, insupportable. Alors, ils finissent par lui demander, “mais pourquoi tu boudes ?”. Sa réponse est poilante ! Tout ça pour ça. La fin est tendrement ironique, parce que notre cher Micha est un grincheux né, pas partageur et râleur dans l'âme.
J'adore.

Croyez-le ou non, ce portrait ne le rend pas du tout antipathique, mais nous rappelle qu'on peut parfois être désagréable, avoir des excuses, compter sur ses amis pour se faire pardonner, et puis toujours faire montre de mauvaise foi car c'est aussi dans la nature humaine (ou canine !) d'être parfois chichiteux.

Encore un texte savoureux et délicieusement humoristique, en plus des illustrations toujours au poil de Dorothée de Monfreid. À la maison, on adore ! 

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@ Loulou & Cie / L'École des Loisirs, septembre 2013

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18 novembre 2013

La machine de Michel, de Dorothée de Monfreid

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Michel est invité à l'anniversaire d'Alice. Ses copains Marcus et Darius vont lui offrir un gâteau au chocolat ou des bottes rouges qui courent plus vite qu'une fusée. Hum, Michel est drôlement embêté... Qu'est-ce qui ferait vraiment plaisir à Alice ?

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Alors il cherche et cherche encore. Puis, il opte pour une machine à fêter les anniversaires. “Ce sera une machine incroyable, éblouissante, une machine comme personne n'en a encore jamais vu.” Ses copains sont pliés de rire.

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Son truc, à Michel, c’est le bricolage et l’invention. Il a un talent fou pour concevoir des machines extraordinaires, des machines folles, des machines qui n’existaient pas avant. Il passe ainsi des heures à griffonner, bidouiller, scier, visser, souder. Les tests ne sont jamais concluants, mais il persévère.

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Le jour venu, Michel boude. Sa machine n'est qu'une vaste supercherie. Il est déçu, mais aussi effrondé... et enfin, en colère ! Finalement il restera chez lui. Peu de temps après, se présente à sa porte la jolie Alice tourbillonnant sur la machine infernale. Elle est FOLLE de joie. Bingo, Michel a gagné le jackpot !

Encore une chouette histoire, qui met à l'honneur la persévérance, l'originalité, la délicatesse et la tendresse. Ce petit Michel me rappelle le célèbre Papyrus d'Isabelle Jarry : c'est un inventeur ingénieux, aux idées exubérantes mais toujours propices aux situations les plus inattendues.

J'ai beaucoup aimé la bouille du garçon - il est craquant !

La machine de Michel, de Dorothée de Monfreid (Ecole des Loisirs, octobre 2013)

♥ BON ANNIVERSAIRE A MON PAPA, LUI AUSSI UN GRAND, GRAND BRICOLEUR ! ♥

7 septembre 2011

Pêle-mêle Clarabel #36

... pêle-mêle musical, plus précisément.

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L'oeuvre de Camille Saint-Saëns prend un coup de jeune. Sur une histoire de Yann Walcker et les illustrations de Marion Billet, nous est contée l'aventure du roi Maxime qui a avalé une grosse mouche en bâillant. Cela la rend grognon, ronchon, bougon, soucieux et grincheux. Tous se amis se proposent de trouver le remède pour adoucir sa contrariété, mais rien n'y fait. Alors il décide de s'installer devant son piano et donne un beau concert qui lui fait oublier, un bref instant, la mouche. Mais celle-ci se manifeste aussitôt en applaudissant l'artiste. Le lion n'en peut plus, il pleure et se met à tousser de plus en plus fort. Quel remue-ménage pour la mouche ! 
Tout est rigolo, tendre et rafraichissant dans cette oeuvre ! Les illustrations de Marion Billet correspondent merveilleusement bien à la volonté de donner un coup de jeune à l'oeuvre, c'est enfantin sans être niais. Et le texte est très agréable à l'écoute, lu par la chanteuse Enzo Enzo, dont la voix est claire, pure et apporte les accents cocasses à chaque instant. Une belle découverte qui s'adresse aux plus petits, mais pas seulement.

Le Carnaval des animaux (Gallimard jeunesse, 2011)
musique de Camille Saint-Saëns, histoire de Yann Walcker, racontée par Enzo Enzo, illustrée par Marion Billet. 

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MON PREFERE. La musique brésilienne donne envie de bouger, de danser, de chanter, de sourire et de s'échapper. L'accent chantant du conteur est déjà une invitation au voyage, toutes les musiques et découvertes des instruments sont dépaysantes, et les illustrations de Charlotte Gastaut viennent parfaire le tout... bref, il est impossible de ne pas succomber. L'histoire parle des petits cireurs de chaussures de la favela, on comprend que la vie n'est pas facile et rude mais elle se termine sur une note positive qui fait honneur à la bonne humeur que dégage le livre. 
Cette collection ne cesse de me plaire et de me séduire pour sa volonté de partage.

La Musique brésilienne : Les petits cireurs de chaussures (Gallimard jeunesse, 2011)
une histoire de Béatrice Fontanel, illustrée par Charlotte Gastaut, racontée par Luis Torreão, et mise en musique par Fernando Cavaco. 

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Pipo est un bichon qui mène une vie bien sage, mais qui l'ennuie au plus haut point. Il décide de prendre la poudre d'escampette pour connaître enfin la grande aventure. En chemin, il rencontre Super Sauvage, un matou qui ne craint rien ni personne. Il a les reins solides, connaît toutes les ruses, toutes les misères et accepte de prendre comme jeune apprenti le petit bichon. Bien entendu, à la maison, il y a Miss Smith qui pleure la disparition de son chien et qui placarde la ville avec ses affiches. 
Super Sauvage est une histoire chantée qui se raconte en musique et en bande dessinée, autour de 13 chansons et de quelques dialogues. Le projet est original, il respire la gaité et la générosité, sur des rythmiques simples au ukulélé. Et puis, Pipo a une bonne bouille. Il n'en peut plus d'être le toutou qu'on bichonne dans les salons de toilettage, il a soif d'aventures, qu'on lui lâche la laisse, il veut être sauvage ! C'est très drôle, surtout la fin. Par contre, la musique m'a un peu moins séduite. 

Super Sauvage, par Dorothée de Monfreid & Tony Truant (Gallimard jeunesse, 2011)
adresse du site : http://supersauvage.blogspot.com/ 

9 mai 2011

Zarra

Je garde tout ça pour moi bien sûr, ou pour mon journal, je ne veux pas qu'on me prenne pour une timbrée. C'est quand même pas moi la timbrée ici...

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Il fait beau, on en profite à l'ombre des pommiers en fleurs en bouquinant quelques-uns des romans de la collection Neuf de l'Ecole des Loisirs. Nous ne tombons pas toujours sur la perle rare, mais nous rencontrons de chouettes personnages, comme la petite Zarra. (Nous avons également lu le dernier roman d'Audren, Les zinzins de l'assiette, mais nous en attendions plus. C'est un texte qui commence par décrire le bonheur de bien manger et de se faire plaisir autour d'une table, l'ambiance à la maison gagne en euphorie et le bonheur coule à flots. Ils sont quatre garçons à la maison, tous nés de pères différents et qu'ils ne connaissent pas, la mère se dit féministe et refuse de partager son toit, car elle ne veut pas faire la bobonne. Elle est très mauvaise en cuisine et n'a pas envie d'apprendre, même pour faire plaisir à ses fils. Ces derniers décident d'apprendre et testent des recettes faciles en cumulant les gentilles bévues. Puis, l'histoire bascule avec la rencontre d'un nouvel amoureux qui dépose ses valises chez eux et qui se révèle également un très bon cuisinier. Les enfants l'adoptent, puis reprochent à leur mère de saboter sa relation à cause de principes ridicules. C'est à partir de là que nous avons commencé à nous désintéresser de l'histoire qui cumulait les clichés et les principes de précaution. De plus, je n'ai pas trouvé le texte abouti. D'ailleurs cela commence à faire plusieurs romans d'Audren où je commence de moins en moins à m'enflammer. C'est dommage.) L'illustration de couverture est de Gabriel Gay.

Refermons cette parenthèse pour revenir à notre petite Zarra. En fait, il s'agit d'Axelle. Elle a une maman maniaco-dépressive, dont les crises se manifestent soudainement et de façon violente. Ce n'est pas rigolo tous les jours, soit sa mère passe son temps à dormir, soit elle hurle et prétend qu'elle n'aime pas sa fille, qu'elle en a marre de sa vie et qu'elle veut partir, à la rigueur avec son fils, mais pas avec sa fille. Axelle n'a personne à qui se confier, elle n'ose pas en parler à sa meilleure amie et son père est trop souvent absent à cause de son boulot. Alors, Axelle se réfugie dans les rêves et se prend d'admiration pour Fantômette. Comme elle, Axelle devient une justicière de la nuit et propose ses services pour sauver la planète.

Au début, alors que je lisais les premiers chapitres, j'avais un peu de mal à visualiser cette histoire aux mains de jeunes lecteurs de 9-12 ans. Le sujet n'est pas facile, pas courant non plus, les accès de folie de la mère peuvent dérouter, je ne sais pas, j'étais moyennement convaincue. Et puis, il s'est passé une petite étincelle et je n'ai pas pu m'empêcher de sourire et de trouver Axelle forcément sympathique et attachante. Tout n'est pas très crédible, comme les escapades nocturnes d'une gamine de douze ans dans une ville où le crime rôde, et le sujet reste malgré tout survolé, mais il n'empêche... La fin montre aussi que la dépression est une maladie grave et longue à guérir, que personne n'est responsable et qu'il ne faut pas croire les méchancetés entendues ni celles qu'on se chuchote à soi-même (Axelle a souhaité plus d'une fois la mort de sa mère afin de retrouver un équilibre familial). Alors voilà, c'est un portrait de petite fille qui souffre et s'accuse d'être coupable du mal dont souffre sa mère, qui préfère se réfugier dans le rêve et l'imaginaire, et qui va peu à peu prendre confiance en elle et faire face à tout ce qui la ronge. L'humour, heureusement, sauve la mise... car le sujet n'est pas très évident à suggérer aux enfants. (Je ne suis pas sûre non plus qu'ils connaissent tous Fantômette, d'où mon envie de conseiller davantage ce roman aux adultes.)

Neuf de l'Ecole des Loisirs, 2010. Illustration de couverture : Dorothée de Monfreid. 

25 juin 2010

Pêle-Mêle Clarabel

La reine des chats ~ Elise Fontenaille

la_reine_des_chatsNina porte un amour fou pour son chat Mina. Depuis la naissance de son petit frère, suivi par le déménagement dans un appartement sans jardin, la fillette a perdu ses repères et se console auprès de son animal et des deux chatons qu'elle vient de mettre bas. Et puis le petit frère tombe malade, les médecins informent les parents qu'il est allergique aux poils de chats et qu'il faut se séparer de Mina et ses petits. Nina ne l'accepte pas et préfère fuguer. Elle se réfugie dans un parc où elle rencontre une princesse gothique, qui l'emmène chez elle, dans sa maison biscornue où vivent déjà sept chats !
C'est une histoire inspirée d'une expérience personnelle, raconte l'auteur à la fin du roman. Mais au lieu d'être triste et injuste, son histoire se veut plus optimiste car tout se termine bien. Moi qui aime la collection ZigZag parce qu'il y a beaucoup de fraîcheur dans ses livres, je n'ai pas été déçue par ce titre, pas transportée non plus, car j'ai trouvé que c'était un titre - et c'est normal - plutôt enfantin. Par contre, je suis tombée en admiration devant les illustrations de Céline Le Gouail, tellement expressives, tendres et attachantes, elles réinventeraient presque le livre à elles toutes seules (enfin, ne minimisons pas le travail d'Elise Fontenaille non plus !).
Pour les jeunes lecteurs, notamment ceux qui adorent les chats ou qui ont un animal de compagnie à la maison, ils seront comblés par cette histoire riche en émotions !

Coll. ZigZag du Rouergue (février 2010) - 6,50€

L'été à Pékin ~ Elise Fontenaille

lete_a_pekinLa meilleure amie de Valentine, Nikita, vient de partir en Chine avec son père pour une durée de deux ans. Valentine est malheureuse comme les pierres, elle se sent seule et abandonnée. Même les liens de l'internet peinent à raccomoder le fil détendu, la demoiselle n'a plus le moral.
Pris de compassion, ses parents lui proposent de lui payer un voyage à Pékin si Valentine parvient à faire augmenter sa moyenne en maths. Le pari est risqué mais tous les moyens sont bons pour décrocher la timballe. Valentine va se réconcilier avec une ancienne copine, ensemble elles vont réviser comme des malades, d'un autre côté Valentine commence à apprendre le chinois et prendre des cours de calligraphie, bref c'est l'effervescence !
L'enthousiasme de Valentine fait plaisir à lire, le roman ne s'attache à aucune réelle difficulté, même les soucis d'argent sont réglés en un claquement de doigts, tout paraît surréaliste, et pourtant les jeunes lecteurs n'en voudront pas à cet excès de bonne humeur pour s'embarquer dans cette aventure. Le ton est léger, le propos intelligent, avec une fenêtre ouverte sur la culture chinoise. C'est simple, efficace, à conseiller pour les 9-10 ans.

Coll. Dacodac du Rouergue (avril 2010) - 5€

Le sourire de maman ~ Isabelle Rossignol

le_sourire_de_mamanLa vie de Chloé n'est pas rose. Sa maman et elle ont un secret. De l'extérieur, c'est une grande actrice, en pleine préparation pour son prochain spectacle. De l'intérieur, il n'y a que du pain de mie à manger le soir, plus d'argent pour régler la cantine, un trou dans la botte de Chloé, des hommes qui viennent prendre leurs affaires pour payer les factures. Face au monde, Chloé et sa maman gardent la tête haute et affichent un sourire forcé. Mais de plus en plus, la petite fille se crispe, elle s'isole et elle a honte si jamais l'école apprend toute la vérité.
Un soir, le directeur les convoque et propose un marché. La maman de Chloé accepte sans conviction, les petites camarades de Chloé se gaussent. Et pourtant, c'est la réalité du chômage, même si le texte n'emploie jamais le mot, et il n'y a pas de déshonneur à ne pas avoir de travail et encore moins à accepter le premier poste venu pour payer son toit et pour manger.
L'histoire est vécue d'après le ressenti de Chloé, une petite fille déboussolée, tantôt en colère, tantôt malheureuse. Isabelle Rossignol a évité de tomber dans le pathos ou le misérabilisme, elle raconte une histoire qui, hélas, concerne beaucoup d'enfants de nos jours, montrant ainsi qu'ils préfèrent se taire sous le poids de la honte. Les copines de l'école ne sont pas toujours compréhensives, trop jeunes, trop bêtes, trop attachées aux apparences. A sa façon, Chloé aussi se défend, arrondit les angles et triche mais c'est pour mieux se protéger.
Ici, l'histoire connaît un happy end qui suit la logique de l'intrigue : courage, espoir et confiance font donc bon ménage. C'est un petit texte qui sait ouvrir les yeux et dire les choses vraies en toute simplicité.

Mouche de l'école des loisirs (avril 2010) - 8,00€
illustrations d'Audrey Poussier

La boîte à pleurs ~ Dorothée de Monfreid

la_boite_a_pleursHmm, étrange petit roman. Charmant, mais déconcertant. Qu'on ne me demande pas son explication, je n'en sais strictement rien ! A croire que c'est simplement un livre à prendre pour soi, pour son plaisir de lire. Chacun, ensuite, interprète ce qu'il a envie.
C'est l'histoire de Pépita qui est née en éclatant de rire. Depuis, elle ne cesse de consoler ses amis, d'écouter leurs malheurs, d'offrir son sourire et les aide à guérir leurs chagrins. En fait, en cachette de ses proches, Pépita a une boîte sous son lit qui lui sert pour recueillir toutes ses larmes. Car Pépita pleure loin du regard des autres, jusqu'au jour où elle craque. Elle se met à pleurer dans la forêt, elle ne se contrôle plus, sa boîte à pleurs déborde et c'est le déluge dans sa chambre. Un raz-de-marée de larmes. Pépita se réfugie dans sa boîte, y fait la connaissance de Boubou et ensemble ils vont vivre sur une île déserte. Le retour sur Terre signera la fin de sa tristesse et le bonheur de retrouver les siens.
Le propos de l'histoire me laisse perplexe, mais c'est merveilleusement illustré, avec des couleurs chatoyantes. Cela illumine le texte, renforce la poésie et le côté imaginaire. Il est bon de pleurer, lâchez-vous et cessez de vous cacher ! Les amis sont là aussi pour les coups de blues et pour vous soutenir en séchant vos grosses larmes.

Mouche de l'école des loisirs (avril 2010) - 6,50€

Tu veux être ma copine ? ~ Susie Morgenstern

tu_veux_etre_ma_copineLes parents d'Hedwige ont quitté Paris pour vivre à la campagne où ils ont décroché un nouveau poste. La fillette entend souvent parler du directeur des ressources humaines et comprend que sa mission est de dégoter le meilleur candidat pour le poste à pourvoir.
Cela lui donne une idée. A l'école, où elle se sent seule et malheureuse, Hedwige rédige un questionnaire qu'elle fait passer à ses camarades. Son but : découvrir qui pourrait devenir sa meilleure copine. Hélas, les réponses obtenues ne la satisfont pas du tout. Hedwige est dure en affaires ! Dépitée, elle cherche à approfondir le casse-tête des ressources humaines quand ses parents lui expliquent qu'il faut parfois un peu de souplesse pour obtenir ce qu'on cherche.
De fil en aiguille, Hedwige va donc comprendre qu'en amitié, il ne faut rien brusquer, juste attendre le coup d'amitié, comme le coup de foudre en amour. Selon elle, c'est un peu la même chose, ça te tombe dessus, boum ! " On ne pose pas de questions à l'amitié, c'est l'amitié qui donne des réponses ! "
Ce qui frappe au premier coup d'oeil dans ce livre, ce sont les illustrations ravissantes de Claude K. Dubois. L'histoire, ensuite, est mignonne et intelligente. L'auteur n'est pas tombée dans le piège du discours bêtifiant, même si son sujet paraît simple et pas follement original. Le jeune lecteur, lui, apprécie et y trouve son plaisir. Que demander de plus ?

Mouche de l'école des loisirs (mars 2010) - 7,50€
illustrations de Claude K. Dubois

Talam ~ Walter Spock
T1. L'énigme du tigre (Jean-Michel Payet)
T2. L'envol de l'aigle (Cécile Roumiguière)

Sous le pseudonyme de Walter Spock, se cachent Jean-Michel Payet, Cécile Roumiguière, Maryvonne Rippert et Sigrid Baffert. Oui, la même équipe complice de la série des Blue Cerises. Ils ont remis ça, en écrivant à quatre mains une série qui s'adresse pour les plus jeunes lecteurs (dès 8 ans) et qui s'intitule Talam.

talam1Dans le premier tome, on fait la connaissance de Tennessee qui, sur le chemin de l'école, découvre un drôle de tag sur un mur. Il s'agit bien sûr de TALAM. D'autres coincidences vont la poursuivre et c'est en discutant avec sa grand-mère qu'elle apprend l'existence d'un poème, reçu alors qu'elle n'avait que sept ans, et qui aujourd'hui prend toute sa signification, ou du moins, qui commence à avoir son utilité. Ce poème parle d'un tigre, d'un lièvre, d'un aigle, des douze ans et de cinq pouvoirs. Ce n'est pas très clair, d'autant plus qu'un chat noir ne cesse de la suivre,  qu'un cirque avec un lama vient de s'installer en ville, qu'à l'école elle se métamorphe en tigresse car elle ne supporte plus les moqueries des autres filles.
Etrange, très étrange ?

talam2Dans le deuxième tome, L'envol de l'aigle, les explications se font encore désirer. Anton est nul au tennis et cartonne aux jeux vidéo et en maths. Ses parents décident de l'inscrire dans une école de cirque où il retrouve Tennessee. Lui aussi a reçu un poème à l'âge de ses sept ans, au sujet de Talam, mais il ignore ce que cela cache. Depuis quelques temps, il est sujet à des visions mais n'ose en parler à personne, de peur d'être ridicule. Au cirque, Mariposa Butterfly n'est pas une jeune femme quelconque et semble attendre beaucoup des enfants, lesquels, pour l'instant, pataugent encore dans la semoule.

C'est une série entraînante, auréolée de mystères, avec des personnages attachants, qui laisse peu à peu entrevoir ses trésors, en ne livrant qu'au compte-gouttes ses chères révélations. L'histoire se met en place lentement. Livre après livre, le mystère ne désépaissit pas. Le lecteur, de son côté, est bigrement intrigué et souhaite poursuivre sur sa belle lancée !

A suivre : T3. Skate toujours (Maryvonne Rippert - T4. L'homme-termite (Sigrid Baffert)
Milan poche cadet aventure (mai 2010) - 5,90€
illustrations de Benoît Perroud

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15 octobre 2009

Rose ~ Colas Gutman

Neuf de l'école des loisirs, 2009 - 82 pages - 8,50€
illustration couverture : Dorothée de Monfreid

rose_gutmanLe livre de Colas Gutman est un amour de petit roman.
C'est l'histoire d'une fillette, Rose, élève en cm2. Elle a pour particularité de parler comme une nouille, comme elle dit, et de voir sa famille déménager quartier après quartier, parce qu'il faut sans cesse changer d'école. Pas facile d'avoir la langue qui fourche, de penser une chose et l'exprimer autrement.
Du coup, le langage de Rose est fleuri, culotté, drôle, cocasse, impertinent, mais aussi ridicule, gênant et source de gros malentendus (d'où les déménagements, donc). Dans sa bouche, maman devient Ventouse et papa Patate, les grandes personnes sont des lampadaires, la main une pince à cinq doigts, un collant un ami, bonjour-chez-vous une connaissance, des paupiérises des clins d'oeil et être coeurifié signifie être amoureux.
A lire, c'est un vrai régal. A vivre, on devine le malaise de l'enfant... qui comprend que son parler s'emmêle dès qu'elle s'échauffe, et la demoiselle est du genre soupe-au-lait (elle a de bonnes raisons de s'agacer, à ce propos) et fatalement cela devient un cercle infernal.
Dans sa nouvelle école, par exemple, il y a une barrière qui sépare la cour de celle du collège. Les plus jeunes ont interdiction de s'y approcher, les grands ont tendance à leur lancer des cailloux ou des insultes. Bien évidemment, Rose trouve cette situation inqualifiable et décide de passer outre. Elle s'affiche devant la barrière, elle fait front et elle ose. Admiration générale de la part de ses camarades, tolé de protestation chez les classes de 6°.
La devise de Rose fait des émules : ^avec les solitaires, on est jamais seul^ ! Et ainsi Rose va se sentir plus en confiance, enfin comprise et soutenue, car la petite n'est pas bête, bien loin de là !
Je vous conseille de le lire et de le faire lire à vos enfants, de bonnes séances de rigolade sont à prévoir (mais pas seulement).

 

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