Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Chez Clarabel
Publicité
metailie
28 novembre 2006

Quo vadis, baby ? - Grazia Verasani

quo_vadis_babyGiorgia est détective privée en surchage pondérale, adepte des bars, du gin lemon et de la musique des années 80. Elle passe son temps à traquer les couples infidèles dans les rues de Bologne, la ville qui a perdu tout son charme pour faire la place à la débauche et la ruine. Un jour, Giorgia reçoit d'un ami de Londres les lettres de sa soeur Ada. Cette dernière s'est suicidée, il y a quelques années. Un mystère irrésolu, pour Giorgia et son père, qui rappelle le suicide de la mère, peu de temps auparavant. Aussi, entre ses filatures, ses nuits d'ivresse, ses rendez-vous sans queue ni tête, sa rencontre avec un inconnu qui la trouble, Giorgia tente malgré elle d'oublier son passé. Mais pour faire peau neuve, il lui faut comprendre et démêler les fils inexplicables.

A l'allure un peu rock'n roll, ce roman noir de l'italienne Grazia Verasani scotche le lecteur aux basques de l'héroïne attachante. Une femme de près de quarante ans, qui refuse l'amour et n'y croit pas, qui vit sa vie à travers son métier, lequel la fait côtoyer la faune suspecte de Bologne. Son autre problème, en plus de ses blessures du passé, concerne sa dépendance à l'alcool. Une façon pour elle d'oublier, c'est peu dire. "Quo Vadis, Baby" a la dégaine d'un roman plombant et lourd à digérer, pourtant c'est tout le contraire. Son rythme à cent à l'heure force la dépendance, avec ses personnages décadents et leurs histoires glauques. En cours de route, un meurtre est commis et un amoureux désespéré la poursuit... Ambiance morose. "Quo Vadis, Baby" emprunte son expression à Marlon Brando dans Dernier tango à Paris - déjà la promesse de toute une histoire pour un roman qui tient la dragée haute.

Métailié

Publicité
28 octobre 2006

La Femme en vert - Arnaldur Indridason

femme_en_vert.. Mais quoi ? Je croyais la suprématie anglosaxone indétrônable dans le registre polar et policier, mais non ! La bibliothèque nordique est capable de sérieusement remettre en question les plus plates données, essayez donc avec l'islandais Arnaldur Indridason. Quelques clés pour réussir : des personnages au look ordinaire, aux tourments universels, des hommes et des femmes accablés par la vicissitude quotidienne... Le commissaire Erlendur et son équipe, les inspecteurs Elinborg et Sigurdur Oli, sont appelés sur une enquête d'ossements retrouvés sur un terrain vague. Le squelette doit bien être enterré là depuis soixante ans, les policiers doivent remonter les pistes, fouiller le passé et retrouver les locataires d'une maison d'été. L'équipe va travailler en terrain boueux, car va s'ajouter une histoire spectrale d'un drame conjugal : une femme battue par son mari, sous les regards effarés de leurs enfants. De l'autre côté, Erlendur est également confronté à sa propre défaite quand il reçoit le coup de fil de sa fille, qui appelle au secours.

On secoue le shaker et on obtient un cocktail subtil, qui dépasse la simple qualification de "roman policier", avec une intrigue en béton, qui joue avec nos nerfs, et cette bouleversante confession d'une famille qui vit le drame de la violence conjugale n'est pas en reste pour nous tordre le coeur. Là j'avoue être complètement conquise (hmm, touchée...) par ce livre, les personnages, et l'ambiance islandaise, très âpre. Les voyages dans le temps épicent le récit, lui donnent un regain d'intérêt et l'ensemble est prodigieux. Honnêtement, un très bon moment de lecture !

Métailé

19 octobre 2006

Quatuor X - Jean Baptiste Baronian

quatuor_xRubens est détective privé à Bruxelles, il a la cinquantaine d'années, ne se vante pas d'avoir une carrière exemplaire, loin de là, et même sa vie sentimentale est un semi-désastre. Sa dernière relation avec une certaine Judith remonte déjà aux calanques grecques ! L'histoire de Rubens commence avec la visite d'un type tiré à quatre épingles, mais au physique ingrat. Il s'appelle Frédéric Lemaître, il est producteur de films pornos et demande au détective de retrouver sa fille Charlotte. Cette dernière vivait en couple avec un dénommé Bogart, comme l'acteur. Or, en se rendant chez cet homme, Rubens a la désagréable découverte d'un appartement saccagé et d'un corps sans vie qui baigne dans son sang. L'affaire prend une sale tournure, Rubens s'en doute. Il parcourt la ville de fond en comble pour débusquer quelques pistes, lesquelles le conduisent sur un sentier pentu, dans le milieu du cinéma pornographique et de la musique de chambre. D'ailleurs, son ex-compagne Judith semble également mêlée à cette intrigue malséante. L'enquête de Rubens s'embrouille, l'homme a le sentiment de baigner dans un cauchemar surréaliste, impossible de démasquer qui sont les prétendus suspects, et qui mène la danse.

"Quatuor X" est un roman noir, un digne héritier des polars façon années 50. D'ailleurs, ce n'est pas pour rien qu'on croise des personnages au nom comme Bogart, "Jeanne" Mansfied, etc. L'ambiance est glauque, dirigée par un détective blasé et guère brillant. On se promène dans la ville de Bruxelles avec une impression de "quai des brumes". C'est un roman pour cela très réussi : il fait gris et frisquet, les troquets rassemblent une faune égarée et marginale... Puis, à propos de l'affaire, sa progression adopte très vite un rythme de thriller, avec une disparition mystérieuse, les meurtres qui pleuvent et le spectre du tueur en série qui pointe son nez. La police oeuvre et Rubens fait sa philosophie de comptoir, au bistro du coin. Un polar, un vrai. On y pénètre très vite, la cadence est soutenue, l'ambiance un peu glauque. Toutefois j'émets un tout petit bémol pour la fin, que j'espérais plus "rebondissante". Mais cela n'enlève en rien la très bonne impression de lecture éprouvée avec "Quatuor X" : jamais on ne s'ennuie, c'est un très bon roman !

Métailié

7 octobre 2006

Le dernier train - Maria Mercé Roca

dernier_trainUn couple fait le bilan de sa vie commune, d'abord la femme Teresa est assez agacée et lasse de l'inertie de son époux. Lui, Andreu, est davantage désespéré et paralysé de lui annoncer sa Grande Nouvelle. Car, en effet, le couple au cours de ses vingt-six ans de mariage n'a pas su accorder ses violons, n'a pas su se comprendre et a même loupé l'éducation de leur fille Clara, qui a préféré claqué la porte du foyer pour vivre sa propre vie. Le roman est décomposé en trois parties, dans lesquelles chacun se justifie, plaide sa cause, expose des faits. L'ambiance est teintée d'acrimonie, d'irritation et de fébrilité. A plusieurs occasions, sur des passages presque communs, le lecteur s'aperçoit que le couple n'était jamais en phase, tant sur le plan professionnel et émotionnel, même leur rupture (annoncée) prend un mauvais goût de bâclé et de dialogue de sourds. "On avait l'air d'un couple heureux" dit la femme, "tu me regardais, tendre et ému, plein de gratitude, de confiance envers moi, et tu me faisais de la peine". Lui répond : "entre toi et moi, il n'y a jamais eu de cri ni de disputes, on ne s'est jamais manqué de respect, on ne s'est pas rendu la vie impossible. C'est pour ça que les gens qui nous connaissent ne vont pas comprendre et diront que c'est inconcevable. On a plutôt formé un joli couple toutes ces années : toi plus sérieuse, moi plus distrait, mais toujours ensemble. Tu as toujours tiré ton épingle du jeu. Moi, je me suis souvent planté." - Et le couple n'en finit pas d'analyser leur parcours conjugal, franchement bancal et décalé. C'est un portrait plutôt réaliste et déchanté, la radiographie des couples de cinquantenaires, habitués l'un à l'autre, ennuyés et blasés, mais bon... Ce roman est tantôt cruel mais il est désespéremment actuel.

Métailié

7 octobre 2006

Symptomatique - Danzy Senna

symptomatique"Avez-vous jamais vu la fin d'une histoire avant même qu'elle commence ?" - C'est la question que se pose la narratrice de "Symptomatique", roman âpre et semi-latent d'une violence liée à la solitude et l'amertume de la mixité. La jeune new-yorkaise fraîchement débarquée de sa Californie natale commence un stage dans un magazine, un peu contre les principes new-age de ses parents baba cool. Elle rencontre Andrew mais leur aventure capote, un peu abruptement. Prise de court, la jeune femme recherche un appartement et c'est une collègue de bureau, Greta Hicks, qui lui trouve la solution. Suite à cela, cette femme de 43 ans va soudainement empiéter doucement dans la vie de la jeune femme. Toutes deux ont en commun d'avoir un père noir et une mère blanche, Greta pense qu'elles constituent à elles deux "une race à part". Car insidieusement Greta s'impose dans la vie de sa jeune camarade, laquelle subit de plus en plus cette "amitié". Le sentiment d'étouffement prend le pas, succède l'égarement combiné à la solitude. Les pas de la narratrice mènent la danse, guident le lecteur dans un New-York plombé par le froid hivernal. C'est la sinistrose, une lente plongée dans des profondeurs abyssales. Et avec ça, il y a une prise de conscience de la haine raciale, de la couleur de peau qui délimite les affinités dans cette Amérique bien tranchée. Ce deuxième roman de la new-yorkaise Danzy Senna est, pour le tout, bien captivant et flippant !

Métailié

Publicité
7 octobre 2006

La fille du Cannibale - Rosa Montero

fille_du_cannibaleL'histoire folle de Lucia commence dans un aéroport, à la veille d'un embarquement pour Vienne, afin d'y fêter la nouvelle année. Lucia et Ramon sont mariés depuis dix ans, la flamme est éteinte depuis un bail, et c'est d'un regard goguenard et agacé qu'elle suit son mari aller aux toilettes quelques minutes avant l'appel. Or, les minutes passent et Ramon ne revient pas. En clair : il a disparu ! Paniquée, proche de la démence, n'y comprenant plus rien, Lucia va apprendre que son époux a été kidnappé par un mouvement indépendant, qui réclame une forte somme d'argent en échange de sa libération. La police est impuissante, Lucia prend en charge d'aller sur le terrain pour débusquer la vérité, mettre la main sur Ramon et se sortir de ce cauchemar. Elle sera secondée par son voisin Felix Roble, un vieillard de 80 ans, ancien pistolero, anarchiste révolutionnaire et torero, et aussi par Adrian, jeune homme de 21 ans, paumé, mystérieux mais incroyablement séduisant. Lucia a le coeur qui s'emballe, la tête fiévreuse et les sens en alerte. En s'embarquant dans cette quête, cette femme de quarante ans n'imaginait pas qu'elle allait parcourir un long, douloureux et irréversible chemin.

Lucia va croiser de vilains truands, négocier une rançon bien mal acquise, jouer un rôle auprès de la police, prétendre être ce qu'elle n'est pas. Mais ses compagnons sont de fidèles acolytes qui vont la guider et l'aider à garder la tête hors de l'eau, que ce soit par la confession des souvenirs de Felix, autrement dit Fortuna, ou par la séduction dangereuse d'Adrian. Dans le fond, ce kidnapping va permettre à Lucia de se dévoiler la face, de fouiller sa mémoire pour sortir de l'enfance et des images de ses parents. « La fille du Cannibale » est un titre qui fait peur, mais le cannibale en question n'est qu'un acteur de second plan. Son anthropophagie est plus exactement une voracité autrement inquiétante : il dévore ses femmes d'un amour totalitaire, il les mange à petits feux, de sorte qu'elles lui sont acquises, dévouées, bafouées. Mais le Père-Cannibale est, au contraire, un homme différent du souvenir que Lucia a conservé. En voulant retrouver Ramon, Lucia va en fin de compte se trouver elle-même, dans le dédale de ses perditions, de sa crise de la quarantaine, dans le souci de ne plus plaire, de vieillir, de perdre la beauté, d'échapper au temps qui passe.

« La fille du Cannibale » est en somme un roman formidable, à la fois initiatique, policier, drôle et pertinent. Son personnage de Lucia Romero, écrivain de contes pour enfants, est un drôle de bout de femme, attachante et lucide, accrochée à des illusions, des faux-semblants. Son histoire est captivante, palpitante, parfois angoissante. L'auteur Rosa Montero est habile dans son intrigue, dans le portrait de ses personnages et dans la véracité de décrire l'époque cahotique de l'Espagne du 20ème siècle, et le monde taurin.

Métailié

Publicité
<< < 1 2 3 4
Chez Clarabel
Publicité
Newsletter
Publicité
2023 Reading Challenge
Clarabel has read 8 books toward her goal of 200 books.
hide
Sauveur & fils
Quatre sœurs : Geneviève
Audrey Retrouvée
Le sourire étrange de l'homme poisson
Calpurnia et Travis
L'homme idéal... ou presque
Trop beau pour être vrai
Tout sauf le grand amour
Amours et autres enchantements
Ps I Love You


Clarabel's favorite books »
Publicité