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Chez Clarabel
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susie morgenstern
7 novembre 2015

Oscar et le secret des lettres, de Susie Morgenstern & Amélie Graux

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Parce que les illustrations d'Amélie Graux sont pour moi ravissantes et égaient cette lecture de façon agréable,

Mais parce qu'il est impossible d'oublier cet avis critique et perspicace de Laure, qui souligne l'incongruité du texte et son propos, sur lequel je suis totalement d'accord,

Je vous laisse découvrir cet album conduit maladroitement, et néanmoins poétique et charmant dans la forme...

Album Nathan / Septembre 2015

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15 juillet 2015

Des roues roses dans la tête, de Susie Morgenstern & Charles Dutertre

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Aujourd'hui est un jour exceptionnel : notre bambin fête son anniversaire. Tandis que ses amis et lui font la java autour du gâteau et des bougies, son cadeau attend au fond de sa boîte, dans le noir. Patience, patience. Dès que les chants auront été entonnés de bon cœur, le garçon se rue sur ses paquets pour déchirer les papiers d'emballage. Et là, surprise ! Une belle petite voiture rose, comme jamais il n'en a reçu. Elle devient alors son jouet précieux qu'il ne quitte plus. L'enfant et la voiture sont dans leur bulle, où ils vivent des aventures imaginaires, qui n'appartiennent qu'à eux. Seulement, un copain est jaloux comme un pou et tente de lui chaparder son jouet préféré. Cri de guerre et saut d'attaque. On a frôlé le drame, mais tout rentre dans l'ordre.

Cette histoire a pour particularité d'être racontée d'après la petite voiture rose, devenue le jouet préféré du garçon, et sacralise ainsi la complicité existant entre eux. On notera de nouveau cette fixation du rose pour les garçons - Susie Morgenstern en fait son cheval de bataille ! Sans quoi, c'est un détail dans l'histoire. Place avant tout au partage, à la tendresse et à l'imaginaire poétique dont les illustrations de Charles Dutertre en sont le reflet. Une très chouette lecture, à l'esthétisme ravissant.

Seuil jeunesse / avril 2015

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10 juillet 2015

La Valise rose, de Susie Morgenstern & Serge Bloch

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Parmi les nombreux cadeaux reçus pour célébrer sa naissance, entre les peluches, les mobiles, les grenouillères, le cheval à bascule et la balançoire géante, le petit Benjamin a également reçu une valise rose. Par sa grand-mère un peu excentrique. Sa maman s'arrache les cheveux pour comprendre la signification d'un tel cadeau, tente de cacher la valise au fond de l'armoire, puis dans la cave, mais rien n'y fait, le petit Benjamin est fou amoureux de sa valise et ne peut pas s'en passer. Il dort dedans, il fait ses premiers pas avec ou part à l'école en y rangeant toutes ses fournitures. Le temps passe et la valise continue de l'accompagner durant les plus grandes étapes de sa vie.

Une valise rose utilisée comme un doudou inséparable, en voilà une idée originale proposée par Susie Morgenstern ! Elle suppose ainsi qu'il ne sert à rien de ressembler à tout le monde, c'est comme être invisible, après tout. Quel ennui. C'est avec beaucoup d'humour et de cocasserie qu'elle nous transporte dans cette histoire qui fait la part belle à la relation pleine de tendresse entre la grand-mère et son petit-fils, sans écarter les tensions dans le couple, avec la place de la « belle-mère », sujet de discorde intemporel. (De manière générale, l'épouse n'a jamais le beau rôle. Cf. la fin de l'histoire !)

Bref. C'est avec autant d'espièglerie que Serge Bloch s'empare du récit, grâce à ses dessins débordant de charme vintage, qui rendent la lecture drôle, intelligente et très attachante. On retrouve aussi l'obsession de S. Morgenstern pour le rose qu'il faut offrir aux garçons, afin d'en finir une bonne fois pour toute avec la discrémination sexiste... Cf. Des roues roses dans la tête (Seuil jeunesse) avec Ch. Dutertre.

Gallimard Jeunesse / mars 2015 

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18 juillet 2014

Comment tomber amoureux... sans tomber, de Susie Morgenstern

Comment tomber amoureux

Samuel est américain, ne parle pas français et doit passer son Bac dans un lycée parisien. Annabelle, brillante élève, se voit proposer de le chaperonner. Une année riche et excitante s'annonce pour notre duo devenu inséparable, mais aussi pour leur famille aux vies bien mouvementées.
Chez Annabelle, son père a mis les voiles car il ne supportait plus que son épouse soit une accro au travail. Pourtant, ces deux-là s'aiment encore et devront trouver un compromis pour recoller leur famille éparse. Marguerite, la grand-mère, est également une boulimique du boulot car elle vise la deuxième étoile pour son restaurant dans le Sud. Fantasque et rêveuse, elle ne réfléchira pas à deux fois lorsque l'amour se présentera sous son nez, en la personne du grand-père de Samuel !
Le garçon, lui, est complètement dingue d'Annabelle, qui le considère comme un véritable ami. Son obsession, c'est sa réussite au Bac. Rester concentrée et butiner quelques grammes de légèreté à dose homéopathique. Sauf que l'amour, c'est une affaire de famille ! Même son jeune frère Anatole va plonger dans la marmite les deux mains devant.
Et qu'est-ce que c'est bon ! Je me suis surprise à bouquiner avec allégresse ce roman léger et charmant, qui papillonne de bonheur à vous parler du sentiment amoureux sous toutes ses coutures, en famille, entre amis ou entre amants. Mais c'est aussi et avant tout une jolie comédie familiale, pétillante et insouciante, avec des personnages attachants, qui sauront vous embarquer dans leur univers.
C'est lisse, quasi parfait et proprement invraisemblable, à réserver donc en lecture idéale pour les vacances. « Je tombe, tu tombes, nous tombons amoureux. C'est bien trouvé ! Il n'y a pas d'amour sans tomber ! Sans planer ! Et c'est tant mieux ! »

Grand Format / L'École des Loisirs @ mars 2014

4 juin 2012

Beau temps en juin, abondance de grain.

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Lu sur un conseil de libraire, le roman de Susie Morgenstern m'a très sincèrement surprise !

C'est l'histoire d'une jeune femme, Alizée Tramontane, 30 ans, institutrice et célibataire. Elle est passionnée par son métier et par la météorologie. Mais une collègue, jalouse d'elle et de sa beauté, parvient à monter toute l'école contre elle, cherchant à la contrarier dans ses moindres projets jugés exubérants. Par l'intermédiaire de sa tante, elle rencontre aussi un homme séduisant, riche, entreprenant, Axel D. Bertrand. C'est un homme de force, un homme conquérant, et Alizée se sent comme une petite fourmi à côté.

C'est un petit roman chic, et qui invite à rêver. L'histoire de cette jolie institutrice fait lever les yeux au ciel, de tendresse. C'est comme regarder les nuages filer et se représenter des formes imaginaires. C'est doux et apaisant, vraiment une belle invitation à flâner. Et puis c'est romantique, l'histoire entre Alizée et Axel est tourbillonnante, improbable mais elle régale les papilles. Ce roman séduira, et séduit, les jeunes filles et les mamans qui mettent du sent-bon à la rose derrière l'oreille.

Mademoiselle Météo, par Susie Morgenstern
Neuf de l'Ecole des Loisirs, 2011 - illustration de couverture : Gabriel Gay 

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8 mai 2011

Mon royaume est un cheval

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Quatre auteurs se partagent l'affiche autour d'un même thème : le cheval. L'animal sert principalement à symboliser une envie, un rêve, l'enfance, l'espoir, l'acte de grandir, l'amitié, l'amour aussi... Yann Coridian évoque le premier amour, à travers un spectacle scolaire, où le jeune narrateur joue le rôle d'un cheval et n'a d'yeux que pour une petite copine qui interprète un arbre. Ils sont en CM2, la fin d'année approche, ils vont se séparer, ce sont les vacances et le garçon reçoit une carte postale avec un cheval, illustrant la réciprocité des sentiments. Et j'ai été attendrie par cette belle histoire, même si elle est bien trop courte aussi. C'est le souci du recueil de nouvelles, de toute façon. Les mondes s'enchaînent, les rencontres avec les personnages passent à toute vitesse, et le lecteur jongle avec l'immension frustration de dire adieu et bonjour à la fois.
Susie Morgenstern a le goût de la chute - un garçon est attaché à son cheval, c'est son trésor, le dernier cadeau de son grand-père, il n'en parle même pas à ses meilleurs potes, il se coupe du monde extérieur pour passer son temps avec, un peu aussi pour se réfugier des disputes incessantes de ses parents, lesquels divorcent puis se remarient avec un bébé à la clef. La nouvelle ne l'enchante guère, mais c'est sans se douter que cela l'aidera à grandir et à se détacher de son cheval. Pour un bien. Pour grandir, quoi.
Le texte de Christian Oster est celui qui m'a le moins emballée : un cheval (qui parle), vieux et traînant la patte, désormais sans maître ni cavalier, erre comme une âme en peine et rencontre un escargot. Ils font route ensemble, la bestiole sur la tête afin d'observer le paysage. Un lutin leur offrira un coup de bûche pour faire grossir l'escargot, qui bave de plus en plus, mais la proposition de la fée sera poliment déclinée, et même la promesse faite à la limace n'entravera pas cette jolie connivence qui s'est crée entre le cheval et l'escargot. Non, honnêtement je n'ai pas beaucoup apprécié.
Par contre, j'ai été fort sensible au joli récit de Brigitte Smadja où une jeune adolescente, rêveuse, passe deux semaines de vacances chez sa tante en soupirant d'ennui. Elle rencontrera sur la plage un cheval fou et sa cavalière et sera pleine d'admiration devant ce couple. Elle prendra conscience qu'elle a besoin de changement dans sa vie, elle aime le latin mais n'osait pas l'assumer devant sa bande de copains. A la place, elle suivait le mouvement en mettant le bazar et en se moquant de la prof. Elle en a soupé d'être un mouton, elle veut de nouveau ressentir ce que la rencontre du cheval et sa cavalière a éveillé en elle, et elle y arrivera à force de ténacité et d'indifférence. C'est un texte d'une telle force, laquelle se dégage tranquillement, j'ai beaucoup aimé ce doux paradoxe !
En bref, voilà un recueil à la qualité appréciable mais au plaisir parfois inégal. A la base, je voulais relire un texte de Yann Coridian, et je n'ai pas été déçue.

Neuf de l'Ecole des Loisirs (2011) - 100 pages - 8,00€
illustration de couverture : Sereg

25 juin 2010

Pêle-Mêle Clarabel

La reine des chats ~ Elise Fontenaille

la_reine_des_chatsNina porte un amour fou pour son chat Mina. Depuis la naissance de son petit frère, suivi par le déménagement dans un appartement sans jardin, la fillette a perdu ses repères et se console auprès de son animal et des deux chatons qu'elle vient de mettre bas. Et puis le petit frère tombe malade, les médecins informent les parents qu'il est allergique aux poils de chats et qu'il faut se séparer de Mina et ses petits. Nina ne l'accepte pas et préfère fuguer. Elle se réfugie dans un parc où elle rencontre une princesse gothique, qui l'emmène chez elle, dans sa maison biscornue où vivent déjà sept chats !
C'est une histoire inspirée d'une expérience personnelle, raconte l'auteur à la fin du roman. Mais au lieu d'être triste et injuste, son histoire se veut plus optimiste car tout se termine bien. Moi qui aime la collection ZigZag parce qu'il y a beaucoup de fraîcheur dans ses livres, je n'ai pas été déçue par ce titre, pas transportée non plus, car j'ai trouvé que c'était un titre - et c'est normal - plutôt enfantin. Par contre, je suis tombée en admiration devant les illustrations de Céline Le Gouail, tellement expressives, tendres et attachantes, elles réinventeraient presque le livre à elles toutes seules (enfin, ne minimisons pas le travail d'Elise Fontenaille non plus !).
Pour les jeunes lecteurs, notamment ceux qui adorent les chats ou qui ont un animal de compagnie à la maison, ils seront comblés par cette histoire riche en émotions !

Coll. ZigZag du Rouergue (février 2010) - 6,50€

L'été à Pékin ~ Elise Fontenaille

lete_a_pekinLa meilleure amie de Valentine, Nikita, vient de partir en Chine avec son père pour une durée de deux ans. Valentine est malheureuse comme les pierres, elle se sent seule et abandonnée. Même les liens de l'internet peinent à raccomoder le fil détendu, la demoiselle n'a plus le moral.
Pris de compassion, ses parents lui proposent de lui payer un voyage à Pékin si Valentine parvient à faire augmenter sa moyenne en maths. Le pari est risqué mais tous les moyens sont bons pour décrocher la timballe. Valentine va se réconcilier avec une ancienne copine, ensemble elles vont réviser comme des malades, d'un autre côté Valentine commence à apprendre le chinois et prendre des cours de calligraphie, bref c'est l'effervescence !
L'enthousiasme de Valentine fait plaisir à lire, le roman ne s'attache à aucune réelle difficulté, même les soucis d'argent sont réglés en un claquement de doigts, tout paraît surréaliste, et pourtant les jeunes lecteurs n'en voudront pas à cet excès de bonne humeur pour s'embarquer dans cette aventure. Le ton est léger, le propos intelligent, avec une fenêtre ouverte sur la culture chinoise. C'est simple, efficace, à conseiller pour les 9-10 ans.

Coll. Dacodac du Rouergue (avril 2010) - 5€

Le sourire de maman ~ Isabelle Rossignol

le_sourire_de_mamanLa vie de Chloé n'est pas rose. Sa maman et elle ont un secret. De l'extérieur, c'est une grande actrice, en pleine préparation pour son prochain spectacle. De l'intérieur, il n'y a que du pain de mie à manger le soir, plus d'argent pour régler la cantine, un trou dans la botte de Chloé, des hommes qui viennent prendre leurs affaires pour payer les factures. Face au monde, Chloé et sa maman gardent la tête haute et affichent un sourire forcé. Mais de plus en plus, la petite fille se crispe, elle s'isole et elle a honte si jamais l'école apprend toute la vérité.
Un soir, le directeur les convoque et propose un marché. La maman de Chloé accepte sans conviction, les petites camarades de Chloé se gaussent. Et pourtant, c'est la réalité du chômage, même si le texte n'emploie jamais le mot, et il n'y a pas de déshonneur à ne pas avoir de travail et encore moins à accepter le premier poste venu pour payer son toit et pour manger.
L'histoire est vécue d'après le ressenti de Chloé, une petite fille déboussolée, tantôt en colère, tantôt malheureuse. Isabelle Rossignol a évité de tomber dans le pathos ou le misérabilisme, elle raconte une histoire qui, hélas, concerne beaucoup d'enfants de nos jours, montrant ainsi qu'ils préfèrent se taire sous le poids de la honte. Les copines de l'école ne sont pas toujours compréhensives, trop jeunes, trop bêtes, trop attachées aux apparences. A sa façon, Chloé aussi se défend, arrondit les angles et triche mais c'est pour mieux se protéger.
Ici, l'histoire connaît un happy end qui suit la logique de l'intrigue : courage, espoir et confiance font donc bon ménage. C'est un petit texte qui sait ouvrir les yeux et dire les choses vraies en toute simplicité.

Mouche de l'école des loisirs (avril 2010) - 8,00€
illustrations d'Audrey Poussier

La boîte à pleurs ~ Dorothée de Monfreid

la_boite_a_pleursHmm, étrange petit roman. Charmant, mais déconcertant. Qu'on ne me demande pas son explication, je n'en sais strictement rien ! A croire que c'est simplement un livre à prendre pour soi, pour son plaisir de lire. Chacun, ensuite, interprète ce qu'il a envie.
C'est l'histoire de Pépita qui est née en éclatant de rire. Depuis, elle ne cesse de consoler ses amis, d'écouter leurs malheurs, d'offrir son sourire et les aide à guérir leurs chagrins. En fait, en cachette de ses proches, Pépita a une boîte sous son lit qui lui sert pour recueillir toutes ses larmes. Car Pépita pleure loin du regard des autres, jusqu'au jour où elle craque. Elle se met à pleurer dans la forêt, elle ne se contrôle plus, sa boîte à pleurs déborde et c'est le déluge dans sa chambre. Un raz-de-marée de larmes. Pépita se réfugie dans sa boîte, y fait la connaissance de Boubou et ensemble ils vont vivre sur une île déserte. Le retour sur Terre signera la fin de sa tristesse et le bonheur de retrouver les siens.
Le propos de l'histoire me laisse perplexe, mais c'est merveilleusement illustré, avec des couleurs chatoyantes. Cela illumine le texte, renforce la poésie et le côté imaginaire. Il est bon de pleurer, lâchez-vous et cessez de vous cacher ! Les amis sont là aussi pour les coups de blues et pour vous soutenir en séchant vos grosses larmes.

Mouche de l'école des loisirs (avril 2010) - 6,50€

Tu veux être ma copine ? ~ Susie Morgenstern

tu_veux_etre_ma_copineLes parents d'Hedwige ont quitté Paris pour vivre à la campagne où ils ont décroché un nouveau poste. La fillette entend souvent parler du directeur des ressources humaines et comprend que sa mission est de dégoter le meilleur candidat pour le poste à pourvoir.
Cela lui donne une idée. A l'école, où elle se sent seule et malheureuse, Hedwige rédige un questionnaire qu'elle fait passer à ses camarades. Son but : découvrir qui pourrait devenir sa meilleure copine. Hélas, les réponses obtenues ne la satisfont pas du tout. Hedwige est dure en affaires ! Dépitée, elle cherche à approfondir le casse-tête des ressources humaines quand ses parents lui expliquent qu'il faut parfois un peu de souplesse pour obtenir ce qu'on cherche.
De fil en aiguille, Hedwige va donc comprendre qu'en amitié, il ne faut rien brusquer, juste attendre le coup d'amitié, comme le coup de foudre en amour. Selon elle, c'est un peu la même chose, ça te tombe dessus, boum ! " On ne pose pas de questions à l'amitié, c'est l'amitié qui donne des réponses ! "
Ce qui frappe au premier coup d'oeil dans ce livre, ce sont les illustrations ravissantes de Claude K. Dubois. L'histoire, ensuite, est mignonne et intelligente. L'auteur n'est pas tombée dans le piège du discours bêtifiant, même si son sujet paraît simple et pas follement original. Le jeune lecteur, lui, apprécie et y trouve son plaisir. Que demander de plus ?

Mouche de l'école des loisirs (mars 2010) - 7,50€
illustrations de Claude K. Dubois

Talam ~ Walter Spock
T1. L'énigme du tigre (Jean-Michel Payet)
T2. L'envol de l'aigle (Cécile Roumiguière)

Sous le pseudonyme de Walter Spock, se cachent Jean-Michel Payet, Cécile Roumiguière, Maryvonne Rippert et Sigrid Baffert. Oui, la même équipe complice de la série des Blue Cerises. Ils ont remis ça, en écrivant à quatre mains une série qui s'adresse pour les plus jeunes lecteurs (dès 8 ans) et qui s'intitule Talam.

talam1Dans le premier tome, on fait la connaissance de Tennessee qui, sur le chemin de l'école, découvre un drôle de tag sur un mur. Il s'agit bien sûr de TALAM. D'autres coincidences vont la poursuivre et c'est en discutant avec sa grand-mère qu'elle apprend l'existence d'un poème, reçu alors qu'elle n'avait que sept ans, et qui aujourd'hui prend toute sa signification, ou du moins, qui commence à avoir son utilité. Ce poème parle d'un tigre, d'un lièvre, d'un aigle, des douze ans et de cinq pouvoirs. Ce n'est pas très clair, d'autant plus qu'un chat noir ne cesse de la suivre,  qu'un cirque avec un lama vient de s'installer en ville, qu'à l'école elle se métamorphe en tigresse car elle ne supporte plus les moqueries des autres filles.
Etrange, très étrange ?

talam2Dans le deuxième tome, L'envol de l'aigle, les explications se font encore désirer. Anton est nul au tennis et cartonne aux jeux vidéo et en maths. Ses parents décident de l'inscrire dans une école de cirque où il retrouve Tennessee. Lui aussi a reçu un poème à l'âge de ses sept ans, au sujet de Talam, mais il ignore ce que cela cache. Depuis quelques temps, il est sujet à des visions mais n'ose en parler à personne, de peur d'être ridicule. Au cirque, Mariposa Butterfly n'est pas une jeune femme quelconque et semble attendre beaucoup des enfants, lesquels, pour l'instant, pataugent encore dans la semoule.

C'est une série entraînante, auréolée de mystères, avec des personnages attachants, qui laisse peu à peu entrevoir ses trésors, en ne livrant qu'au compte-gouttes ses chères révélations. L'histoire se met en place lentement. Livre après livre, le mystère ne désépaissit pas. Le lecteur, de son côté, est bigrement intrigué et souhaite poursuivre sur sa belle lancée !

A suivre : T3. Skate toujours (Maryvonne Rippert - T4. L'homme-termite (Sigrid Baffert)
Milan poche cadet aventure (mai 2010) - 5,90€
illustrations de Benoît Perroud

16 juin 2009

Tout amour est extraterrestre ~ Susie Morgenstern & Alain Grousset

tout_amour_est_extraterrestreCe roman est, comme l'indique la couverture, un ovni ! C'est d'abord l'histoire de Pauline, quinze ans, qui appartient à la quatrième génération de femmes. Car dans sa famille, de mère en fille, on donne naissance au sexe féminin. Les hommes n'ont pas droit de cité. Et cette aversion commune finit par déranger l'adolescente qui, a contrario, est fascinée par le sexe opposé. Son flirt avec Oliver est très poussé, son obsession pour le dessous de la ceinture aussi.

Et puis Pauline se découvre une poussée hormonale anormale, elle commence à se poser des questions, quand tombe le couperet. Autour de la tablée familiale, le secret des origines de Pauline est annoncé clairement. C'est la stupéfaction. Même chez le lecteur !

Un roman qui s'annonçait chronique d'une adolescente d'aujourd'hui, en quête de son identité sexuelle, curieuse de l'autre et scrupuleuse des détails corporels, devient d'un coup d'un seul un vrai roman d'aventures et de science-fiction ! Je dis ça, je n'en dis pas davantage. Il faut pousser la porte de la curiosité pour apprécier ce que Susie Morgenstern et Alain Grousset ont imaginé de concert. Et c'est franchement ahurissant. Le ton est donné, les descriptions jolies et coquines, on se met dans la peau d'une fille ou d'un garçon sans rougir, point de tralalas sur la chose, on flirte avec l'identité sexuelle en même temps qu'on recherche d'où l'on vient et qui l'on est. C'est fin, mené de façon intelligente et ce n'est jamais vulgaire ou voyeur. Et le fait que ce roman ouvre ses tiroirs pour rebondir sur d'autres intrigues en étonnera plus d'un, puisque c'est drôlement bien pensé, bien écrit, bien servi sur un plateau.
J'ai beaucoup aimé.

Medium de l'Ecole des Loisirs, 2009 - 137 pages - 9,00€

15 janvier 2009

Marre du rose ! ^__^

Et pourquoi dans la vie faudrait-il forcément faire ou ne pas faire ceci sous prétexte que c'est un truc de filles ou un truc de garçons ? Et qu'est-ce qui détermine les codes ou les règles à suivre ? Et pourquoi le rose est pour les filles, le bleu pour les garçons ? N'aurait-on pas le droit de tout bouleverser, de faire ce qu'il nous plaît ?

A bas les diktats, qui sont d'ailleurs écrits par qui ? On ne le sait plus, à force de nous les rabâcher, on oublie qui a commencé, et pourquoi, et comment... Voilà pourquoi l'héroïne de Nathalie Hense a choisi de crier :

Marre du rose !

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Marre du rose, c'est l'histoire d'une petite fille qui est un peu garçon manqué. Elle aime le noir, grimper dans les arbres, elle n'a pas peur des araignées, elle aime les dinosaures et les grues. Par contre, elle n'aime pas les tralalas de princesses, les rubans et les poupées. Et elle n'aime pas le rose.

Cela brise les idées reçues, aborde certains tabous (les garçons qui jouent aux poupées, par exemple). Et d'ailleurs, l'expression « garçon manqué » est injustement réductrice. Pourquoi « manqué » ? C'est un peu comme « raté ». La petite fille proteste, « moi, je trouve que je suis une fille réussie, même si je n'aime pas le rose. Ça m'est égal... On n'est pas obligé. ».

Tout simplement.

*** Un album qui remet les pendules à l'heure, qui raconte qu'être fille ou garçon ne veut pas dire forcément que c'est « comme ça ». On a le droit de faire comme il nous plaît ! D'ailleurs, cela signifie quoi, « comme ça » ? Des modes et des recettes, s'il vous plaît. ***

Très belles illustrations d'Ilya Green, que nous avions déja remarquées dans les aventures de Strongboy (le tee-shirt de pouvoir).

Marre du rose, texte de Nathalie Hense - illustrations de Ilya Green
Albin Michel jeunesse, 2009  /  10,90€

**********

Après cette lecture, j'ai aussitôt pensé à un autre texte écrit par Susie Morgenstern, en collaboration avec Jacqueline Duhême (par ses gravures en noir et blanc). Son titre : Comme il faut.

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Pour satisfaire le souhait de sa petite-fille de trois ans, une grand-mère s'est investie d'une mission qui se révèlera casse-tête : trouver « une poupée comme il faut. Une poupée garçon grand et costaud ». Parce que ce n'est pas si facile, les magasins de jouets rengorgent de poupons à la pelle, mais ils n'ont pas l'objet du désir, soit « un vrai garçon », qui cache son petit trésor sous la couche.

Il ne faut pas prendre les enfants pour des idiots ! Dès leur plus jeune âge, ils ont très bien compris les mystères de leur corps, ce qui les distingue du sexe opposé. Que dire de l'hypocrisie de notre société qui tente de camoufler, et de proposer des objets asexués ? L'histoire montre aussi une certaine critique de la consommation à outrance, notre société croit qu'elle peut répondre à tous les désirs, alors qu'elle ne propose qu'une représentation standardisée et édulcorée de la réalité. Une réalité « comme il faut ».

Ces deux histoires prouvent qu'il faut que ça change !

Comme il faut, texte de Susie Morgenstern / illustrations de Jacqueline Duhême
Le rouergue, coll. Varia /  13€

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