Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Chez Clarabel
Publicité
audiolib
26 février 2014

Alex, de Pierre Lemaître

IMG_0654

Première incursion dans l'univers de Pierre Lemaître et je me sens déjà prête à récidiver (autant avouer que j'étais quasiment conquise, depuis le temps que j'entendais parler de cet auteur...), mais là j'ai aimé, beaucoup aimé. C'est un pur roman noir, à l'atmosphère étrange, envoûtante, glauque et oppressante. On y découvre l'histoire d'Alex, une jeune femme séduisante, célibataire, sans attache. Un soir, en sortant du restaurant, elle est kidnappée, sous nos yeux ébahis. Séquestrée dans une pièce microscopique, parmi les rats, elle fait face à son geôlier qui prend un plaisir sadique à la regarder mourir.

Une enquête de police est amorcée en alternance, sous la houlette du commissaire Camille Verhoeven (un pauvre type éprouvé, hanté par de vieux démons). Tout de suite, l'affaire s'annonce compliquée et tordue car on ignore tout de la victime, jusqu'à son identité, personne n'a signalé sa disparition, seuls quelques témoins ont assisté à son enlèvement. Et en effet, en tant que lecteur, on découvre une intrigue construite de façon alambiquée et machiavélique. On en voit de toutes les couleurs, passe par toute une gamme d'émotions (on s'en décrocherait presque la mâchoire) et on attend avec fébrilité le dénouement.

La fin m'est apparue très claire en écoutant l'entretien de l'auteur (d'au moins 30 minutes) sur l'Audiolib. Sans quoi, j'étais un peu perplexe. Certes, j'ai avalé cette lecture en une goulée, pas eu le temps de dire ouf. Seulement la dernière partie est à part, elle reflète toute la tension psychologique de l'intrigue, via une mise en place un peu plus longue, plus lente et vicieuse, mais au final on reste coi. Ou dubitatif.

Je relirai sans hésiter cet auteur, même si son inspecteur n'a pas brillé à mes yeux, et en dépit du malaise ressenti. Il y a chez Lemaître la conviction intime d'être un jouet entre les mains d'une imagination foireuse, qui vous fiche une bonne dose de stress à bon escient. J'en redemande !

Audiolib, mars 2011 - texte intégral lu par Philippe Résimont (durée d'écoute : 10h 40)
éditions Albin Michel, 2011 / existe en format poche.

Tour à tour tranchante et multipliant l’angoisse distillée par l’intrigue, la lecture de Philippe Résimont sait exacerber l’attente de son auditeur, jusqu’à l’imprévisible dénouement.

Publicité
23 février 2014

Le syndrome [E], par Franck Thilliez

Officier de police à Lille, Lucie Henebelle est confrontée à une affaire troublante : de manière incompréhensible, l'un de ses amis a perdu la vue en visionnant un étrange court métrage. Commissaire à Nanterre, Franck Sharko est confronté à la découverte de cinq cadavres atrocement mutilés, le crâne scié. 

IMG_0678

L'histoire avait pourtant bien commencé, l'auteur avait osé faire rencontrer ses deux personnages récurrents (Lucie Henebelle et Franck Sharko) autour d'une double enquête mêlant des cadavres mutilés, une pellicule dont le film déchaîne les passions, des morts en série, des révélations dérangeantes, obscures et glaçantes... Bref, il y avait matière à s'émoustiller et plonger dans une intrigue captivante. Hélas, le résultat s'est avéré fort décevant, notamment en raison des descriptions interminables, des théories scientifiques alambiquées, des faits historiques affligeants (authentiques ?). Hmm, c'est long, mou, assommant, j'avoue m'être ennuyée.

Et puis l'idée d'une romance entre les deux flics m'a paru ridicule, autant Thilliez est un auteur doué pour le sombre, le glauque et l'angoisse, autant il se révèle déconcertant dans un contexte romantique. Absolument incongru. Le personnage de Lucie est très attachant, par contre Sharko est au bout du rouleau, complètement anéanti. Il est tout sauf attirant. ** Petite note sur l'interprétation de Michel Raimbault, juste parfaite pour incarner ce personnage, avec un ton grave et appuyé, qui accentue parfaitement sa personnalité ravagée. Une lecture orale qui donne vie à un personnage fictif, tellement on s'y croirait ! **

Cette lecture aura donc été une déception, liée à une sensation inconfortable de délire auquel on n'y comprend goutte (situations invraisemblables, histoire trop compliquée, longueurs...), non ce n'était pas très captivant à suivre. Et pourtant, la fin nous piège et on a qu'une envie : lire Gataca sur le champ. Nerfs à vif droit devant !

Audiolib, avril 2011 - texte intégral lu par Michel Raimbault (durée : 16h 05) / Fleuve Noir, 2010 ou en format poche chez Pocket

Michel Raimbault sait donner toute sa résonance à ce thriller passionnant qui double les investigations de deux enquêteurs d’une plongée au plus obscur de l’âme humaine.

11 février 2014

La conjuration primitive, de Maxime Chattam

IMG_0613

Oh, purée ! Quelle lecture sensationnelle, mais ô combien éprouvante ! L'histoire débute quelque part dans les montagnes, un jeune gendarme toque à la porte d'un profiler à la retraite, puisqu'il aurait besoin de ses précieux services pour aider sa brigade à résoudre une affaire complexe. Le type dit niet, avant de se rétracter suite à un énième acte abominable, relayé par la presse. Une redoutable machination est en place, qui impliquerait tous les tordus de France et Navarre à se mobiliser pour faire entendre leur Cause et créer une nouvelle donne.

Bon sang de bon sang ! C'est qu'on ne rigole pas du tout. Et je vous épargne les scènes abjectes des faits et autres méfaits de ces malades, qui prennent leur pied en bichonnant leurs penchants sadiques. Parfois je me disais, ouf l'auteur va faire l'impasse, il s'arrête juste au moment crucial, et puis non ... quelques lignes plus loin, on est en plein dedans, dans la gadoue, dans l'innommable, l'impensable, l'intolérable. Mais comment il fait, l'auteur, pour jongler entre sa petite vie tranquille et son univers d'écrivain sans cesse au bord du gouffre  ?!!

J'adore les thrillers qui me collent des sueurs froides, avec Chattam c'est comme avaler un café sans crème et sans sucre, tellement noir que ça vous filerait presque un ulcère à l'estomac, mais pas de problème, j'en veux encore ! Pourtant, l'histoire est rude, les rouages grinçants, irritants, le rythme infernal, la bascule dans l'horreur est incessante, la surenchère n'est pas loin, mais j'étais déjà cuite. Je me suis même surprise à vouloir mettre mon quotidien entre parenthèse pour reprendre ma lecture et connaître la suite de l'histoire.

La version Audiolib est sans fausse note, juste un poil agaçante dans l'interprétation du profiler, mais il faut dire aussi que, même sur papier, c'est un type aux aptitudes surestimées, qui ne fait que de la figuration dans la résolution de l'intrigue et qui apparaît simplement en monsieur-je-sais-tout la plupart du temps. Un rôle surfait, pas assez exploité ! L'interprétation de Sylvain Agaësse ne nous le sauve pas, puisqu'il lui donne un air docte et désagréable ! Sinon, l'équipe de la Puzzle Squad est très attachante. La mise en scène est flippante à souhait, elle tient en haleine, nous plonge dans l'angoisse et l'horreur, le contrat est rempli, le lecteur mis k-o.

Audiolib, janvier 2014 - texte intégral lu par Sylvain Agaësse (durée d'écoute : 13h) - éditions Albin Michel, mai 2013

10 février 2014

L'Appel du Coucou, par Robert Galbraith

IMG_0606

Un soir d'hiver, la célèbre top-model, Lula Landry, fait une chute mortelle depuis le balcon de son appartement de Mayfair. Les conclusions de la police décrètent qu'il s'agit d'un suicide. Trois mois plus tard, le frère de la victime, l'avocat John Bristow, se présente chez le détective Cormoran Strike. Il est éploré depuis la mort tragique de sa soeur car il ne croit pas en la thèse du suicide et réclame une révision du dossier. D'abord réticent, Strike finit par accepter l'enquête (notamment pour renflouer ses caisses vides).

Dans le même temps, il reçoit sa nouvelle secrétaire intérimaire, Robin Ellacott, qui comprend rapidement dans quel bouge elle vient d'atterrir. Les affaires du privé sont au point mort, le type est un ancien militaire, de la Brigade spéciale d'investigation, rendu au civil après une blessure à la jambe. Il vient de rompre avec sa richissime fiancée, mis à la porte, obligé de crécher dans son bureau, Strike est au bord du gouffre. Il doit aussi rembourser une dette, reçoit des menaces de mort, voilà à quel quotidien s'oblige la jeune femme !

Et pourtant, Robin prend peu à peu goût à cette ambiance décalée et sordide, elle s'implique dans ses recherches pour Cormoran, s'investit dans son travail et se surprend à aimer ça. Strike opère de façon méticuleuse, épluche tous les articles de la presse, rencontre les proches de Lula, met bout à bout tous les morceaux du puzzle qui se reconstitue à fur et à mesure. Car le bougre va réussir à arracher la vérité à cette sombre affaire où fleurent aussi les secrets familiaux, les intérêts personnels, les trahisons, mensonges et autres vilains secrets.

Bluffée, non je ne l'ai pas été, car ça reste tout de même une enquête très classique, construite de manière traditionnelle, sans être rébarbative non plus. J'ai en effet pris un plaisir fou à suivre les pérégrinations de notre détective désabusé (et j'ai adoré son assistante de choc !). C'est incontestablement une lecture qui se laisse parcourir en toute aisance et simplicité. Sûr que la véritable identité de l'auteur a largement contribué au succès du livre, au risque d'en lasser d'autres et de décevoir encore et toujours les plus nostalgiques... Pour ma part, j'ai appris qu'il y aurait d'autres livres avec le détective Cormoran Strike et je m'en réjouis d'avance !

La version audio est une pleine réussite, grâce à Lionel Bourguet qui livre une interprétation haletante, “rendant palpable l'inquiétante noirceur de ces personnages apparemment festifs que l'on croise au coin d'une rue, la nuit”. En somme, on ne décroche pas avant la fin, on frissonne, on s'interroge, on savoure cette ambiance londonienne et le déroulement conventionnel de l'intrigue. Très, très bien !

Audiolib, janvier 2014 - texte intégral lu par Lionel Bourguet (durée d'écoute : 18h 23)
Traduit par François Rosso pour les éditions Grasset.

5 février 2014

Demain j'arrête ! de Gilles Legardinier ❤

Oui, en version audio pour changer !

IMG_0559

Hello, voici le retour de Julie, de Ricardo et du chat avec son bonnet péruvien ! J'ai testé pour vous la version audio de cette histoire qui connaît un succès fou auprès des lecteurs, succès largement mérité, entre nous soit dit. Car c'est une lecture qui rayonne de joie et communique un vrai bonheur de vivre.

On suit avec ravissement l'histoire de Julie, qui vient de rompre avec son gros nul de petit copain et qui flashe sur le nom, inscrit sur la boîte aux lettres, de son nouveau voisin. Ricardo Patatras. Ni une, ni deux, la vie de Julie va basculer dans la quatrième dimension. Sans se l'expliquer, Julie fait une fixation sur cet inconnu et va tout entreprendre pour le croiser. Alors là, je ne vous raconte pas, mais c'est fort, très très fort. Cela démarre par une main coincée dans la fente de la boîte aux lettres, un premier dîner en tête-à-tête carrément explosif (dans la chambre, dans la salle de bains, ça pète partout !). Même les copains s'en mêlent, Xavier et son engin automobile qu'il faut extirper du garage, Sarah et son pompier australien, Sophie qui se dévoue pour du jogging matinal... Sans oublier, la filature avec le bonnet péruvien sur la tête et les lunettes noires sur le nez, grand GRAND moment de bidonnade !

La version Audio obtient une mention Très Bien à ce test. La comédienne, Ingrid Donnadieu, interprète une Julie plus délirante que jamais (voire, un peu hystérique sur les bords... surtout dans ses apartés censés être doucement sarcastiques). L'accent est mis sur la fantaisie et le cocasse de chaque situation (oui, Julie explose son quota de clownerie et prouve à maintes reprises que le ridicule ne tue pas). En somme, on se régale, comme avec le livre. Gilles Legardinier a vraiment saisi le truc et touche son public avec une authenticité jamais édulcorée. On le retrouve pour un entretien d'une petite dizaine de minutes en dernière piste de cet Audiolib. C'est du petit lait à boire. On sourit tout le temps.

Audiolib, janvier 2014 - texte intégral lu par Ingrid Donnadieu (durée d'écoute : 8h 50)

Publicité
31 janvier 2014

Le Pacte, de Lars Kepler

IMG_0458

J'avais été déçue par L'Hypnotiseur, qui introduisait l'inspecteur Joona Linna en le confrontant à une enquête rude et implacable, sous l'assistance d'un psychiatre, Eric Maria Bark. Ce dernier ne figure plus au casting, ouf, contrairement à notre cher inspecteur, qu'on soupçonne d'entretenir des petites cachotteries, mais pour l'heure il va faire équipe avec la ravissante Saga Bauer, une employée de la cellule antiterroriste, pour les besoins d'une nouvelle affaire qui va nous tenir en haleine !

Penelope, une militante pacifiste, s'offre un weekend en mer avec son amoureux et sa jeune soeur, mais l'expédition vire au cauchemar et la jeune femme a un tueur à ses trousses. S'engage alors une course-poursuite infernale, sans pitié, menée à bout de souffle et parfois semée de rencontres effarantes (je pense à l'ancien animateur tv). Joona Lina, lui, piétine sur les lieux d'un suicide, sans grande conviction, avant de vouloir fouiller plus loin lorsqu'il sera en possession d'éléments plus concrets, mais plus troublants.

Car l'histoire est multiple, surfant sur de nombreuses pistes. On passe d'un chapitre à l'autre, très court dans l'ensemble, au rythme d'un tempo soutenu et nerveux. L'histoire ne dévoile pas tout de suite les liens qui pourraient exister entre les différents personnages, on les devine, mais on n'envisage encore aucune hypothèse. De toute façon, c'est proprement inconcevable : la toile tissée est tentaculaire, toutes les chutes sont vertigineuses, et puis les coups sont rudes, violents, implacables.

Il règne donc dans ce 2ème livre de Lars Kepler un climat stressant, mais vraiment palpitant. J'ai complètement adhéré à la nouvelle formule, qui s'inscrit dans le registre du polar noir à la façon d'un feuilleton haché menu, qui cultive action et suspense à larges doses. Tension palpable, personnages irritables, agissements troubles et révoltants, vraiment on pousse loin le sujet des accords politiques véreux et du commerce des armes à des fins peu honorables, en scellant des pactes jusqu'au-boutistes. C'est un univers cauchemardesque, dans lequel on baigne sans dégoût non plus, car la lecture est épatante.

Excellente interprétation de Thierry Janssen, qui donne sa pleine mesure à ce thriller où  “le terrifiant envahit le quotidien, dans une Suède bien éloignée des clichés traditionnels”.

Audiolib, avril 2012 - texte intégral lu par Thierry Janssen (durée d'écoute : 15h 54)
Traduit par Hege Roel-Rousson pour les éditions Actes Sud - disponible en format poche (Babel noir, janvier 2014)

30 janvier 2014

La lettre à Helga, par Bergsveinn Birgisson

IMG_0459

Cette lecture aura été une terrible déception ! J'ai détesté le personnage de Bjarni Gislason de Kolkustardir, à tel point que je suis demeurée totalement insensible aux envolées lyriques de sa prose de désespéré. Le type est un vieil homme usé, qui décide de prendre sa plume pour écrire à la seule femme qu'il a jamais aimée, Helga. Il revient sur leur liaison, et surtout sur les sentiments fous et incandescents qui ont germé en lui. Oui, il était complètement fou de Helga. Et pourtant, leur histoire a capoté...

Il revient sur cette vie de cul-terreux, en pleine campagne islandaise, dans une contrée gangrenée par les cancans, et tellement attachée à ses valeurs ancestrales. Quelque part, c'est une bouffée d'air pur ravigotant. C'est une évasion, un dépaysement. On s'imagine dans cette fabuleuse nature du bout du monde, tendant l'oreille pour percevoir les échos d'une folle passion avortée ou contrariée. Mais on s'en fiche un peu ! Bjarni Gislason de Kolkustardir n'est qu'un pauvre type, en fin de compte.

Le comédien Rufus s'emploie alors à nous emporter dans le récit avec une émotion désarmante. Il roule les accents au son des patronymes islandais, il chuchote, il s'enflamme, il maugrée, il ronge son amertume. À sa façon, il exprime avec talent la mélancolie, le délire fanatique, la repentance, la frustration, bref l'intensité des sentiments du Bjarni. Mais cela n'a pas suffi pour me convaincre, puisque je n'ai éprouvé que ressentiment, agacement et pitié envers celui-ci.

“L'amour le plus ardent
est l'amour impossible.
Mieux vaut donc n'aimer personne.”

Audiolib, janvier 2014. Texte intégral lu par Rufus (durée d'écoute : seulement 2h 54).
Traduit par Catherine Eyjolfsson, pour les éditions Zulma.

20 janvier 2014

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, de Mary Ann Shaffer & Annie Barrows ❤

IMG_0426

Et de trois ! Après la VO, la VF... voici maintenant la version audio. À chaque fois, ce livre me surprend, m'éblouit, me dorlote, me donne le sourire et les larmes aux yeux. Je suis irrémédiablement amoureuse du Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, c'est un livre chéri, bichonné, chouchouté, je l'aime d'amour. Une fois encore, il m'a été précieux. Car il est tombé à point nommé, j'avais besoin de douceur, de tendresse, de bonnes ondes, et il s'est présenté à moi de façon logique, claire, indiscutable.

Quel régal ! J'ai replongé avec excitation dans l'histoire, à ma grande honte j'en avais un peu oublié les entournures, au moins j'ai pu doublement apprécier cette énième lecture. Tout commence autour d'un livre de Charles Lamb. Un jour, Juliet Ashton, une célèbre chroniqueuse qui vient de publier son premier ouvrage et connaît un succès fou, reçoit une lettre d'un certain Dawsey Adams, résidant à Guernesey. Entre autres banalités, il évoque le Cercle des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates. Il n'en faut pas davantage pour titiller la curiosité de notre journaliste. S'ensuivra, bien évidemment, une correspondance enjouée, exaltante et exaltée entre Juliet et les habitants de l'île anglo-normande.

C'est ainsi toute une communauté attachante et passionnante qu'on découvre, Amelia Maugery, Isola Pribby, Eben Ramsey... et même l'insupportable Miss Adelaide Addison. Tous rapportent leurs conditions de vie durant la guerre, l'île ayant été occupée par les allemands. Ils avaient donc mis en place un cercle littéraire, pour sauver les apparences et permettre de se nourrir en douce, tout en prenant goût à la lecture en fin de compte. Quelle expérience ! Bien sûr, ils n'ont pas été épargnés par les drames non plus et on devine notamment qu'Elizabeth McKenna, autour de laquelle tournent toutes les discussions, figure comme étant une icône mystique et intouchable.

Juliet est fascinée, le lecteur aussi. Au fil des lettres, on est immédiatement pris dans le tourbillon des intrigues, des secrets, des révélations... Que d'émotions ! J'avais l'impression de tout (re)découvrir comme une première fois. C'était encore plus bouleversant, j'ai adoré. La version Audiolib est d'autant plus radieuse et enivrante ! Ce sont cinq comédiens qui se partagent l'affiche, Cachou Kirsch, Nathalie Hons et Nathalie Hugo, qu'on retrouve notamment dans des ouvrages aussi enthousiasmants comme Le Goût des pépins de pomme ou La couleur des sentimentsThierry Janssen et Philippe Résimont. Ils ont donné vie à des personnages et à une histoire vraiment passionnante, bouleversante, drôle aussi et que je ne cesse de chérir au fil du temps.

Audiolib, novembre 2009. Texte intégral lu par Cachou Kirsch, Nathalie Hons, Nathalie Hugo, Thierry Janssen, Philippe Résimont (durée d'écoute : 8h 17).
Traduit de l'américain par Aline Azoulay, pour les éditions NiL.

20 janvier 2014

La Femme du Ve, par Douglas Kennedy

IMG_0419

Il y a encore quelques mois, Harry Ricks enseignait dans une université américaine et menait une vie tranquille. Aujourd'hui, il peine à survivre à Paris et loge dans une chambre de bonne minable. Son existence est devenue sordide, aussi se change-t-il les idées en fréquentant une soirée privée dans un quartier chic, où il fait la rencontre de Margit, une belle Hongroise, séduisante et cultivée. Leur liaison est passionnelle, mais dictée selon des règles strictes et mystérieuses (ils ne peuvent se voir que tous les trois jours, entre 17 et 19 heures).

Harry accepte, puis finit par s'interroger. Qui est-elle ? Comment expliquer aussi tous ces faits surprenants et ces coïncidences qui surviennent depuis peu dans sa vie, semblant résoudre soudainement, et comme par miracle, des soucis personnels ? C'est de plus en plus bizarre, finalement Harry va chercher à la confondre. Et puis, c'est une toute autre histoire qui nous éclabousse à la figure, qui nous renvoie dans nos filets et qui nous laisse abasourdi.

J'ai un gros problème avec les livres de Douglas Kennedy, je n'aime pas du tout ses personnages, que je trouve souvent lamentables, pathétiques et suffisants. Par contre, je dois m'avouer bluffée par la façon dont l'auteur manipule son lecteur, en brodant des histoires assez simplistes, mais qui parviennent à nous épingler. Cette fois encore, j'ai été complètement bernée. J'ai d'abord entamé ma lecture sans grande conviction, puis je n'ai eu qu'une envie : avancer dans l'histoire et en connaître l'aboutissement. C'est embêtant d'être une marionnette entre les mains d'un auteur qu'on n'apprécie pas forcément ! Mais passons.

Aux commandes de l'Audiolib, nous retrouvons Jean-Marc Delhausse, un comédien qui s'est déjà illustré à l'exercice [c'est la voix des romans d'Arnaldur Indridason] et qui réussit l'exploit d'agripper notre attention pour suivre les (més)aventures de l'américain Harry, un spécimen spongieux, qui s'encanaille en se justifiant, puis en culpabilisant à l'infini. Ce type est un gros nul ! Heureusement l'histoire n'est pas mal du tout, dans sa mécanique assez singulière et un peu déconcertante. L'auteur, lui, ne cesse de nous baratiner et on mord à l'hameçon. Un procédé habile, assez remarquable, je le reconnais avec amertume.

Audiolib, février 2008. Texte intégral lu par Jean-Marc Delhausse (durée d'écoute : 10h 30).
Traduit de l'américain par Bernard Cohen, pour les éditions Belfond.

14 janvier 2014

Le Chuchoteur, par Donato Carrisi

Cinq petites filles ont disparu.
Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière.
Au fond de chacune, un petit bras, le gauche.
Depuis qu’ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe ont l’impression d’être manipulés. Chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d’un sixième bras, appartenant à une victime inconnue, les convainc d’appeler en renfort Mila Vasquez, spécialisée des affaires d’enlèvement. Dans le huis clos d’un appartement converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, et l’œuvre d’un insaisissable tueur en série…

IMG_0309

Au départ, j'étais intriguée par le phénomène de ce livre, porté par un bouche à oreille enthousiaste, récompensé par le prix SNCF du polar européen. Il ne m'en fallait pas davantage ! C'est par le livre-audio que j'ai choisi de tenter l'aventure, une expérience qui a généralement su se révéler concluante. En avant pour plus de 16 heures d'écoute (mine de rien) ! J'ai tout gobé, sursauté, allumé toutes les lumières de la maison dès que j'étais seule, j'ai flippé tout le temps et élaboré des tonnes de théorie. Mais je suis aussi restée sur mes gardes, méfiante vis-à-vis de la technique de l'auteur (eh oui). Celui-ci sait grandement nous manipuler via des artifices basiques (tension psychologique, angoisse et suspense, crimes répétés, sursauts dans l'intrigue, révélations fracassantes...). Le style est simple, mais oppressant. Par contre, les personnages sont fades, flous, englués dans des histoires sordides, comme si cela ne suffisait pas de suivre des criminels tordus et leurs forfaits accablants, on en rajoute une couche chez les enquêteurs !

L'auteur n'a certes pas produit une œuvre remarquable et exceptionnelle, mais sa technique est redoutable. Elle s'appuie sur une recette ancestrale, classique mais efficace. Au final, on n'a pas seulement UN tueur en puissance, mais la démonstration d'un cerveau retors, qui aime réveiller la petite étincelle en sommeil chez les psychopathes pas encore avérés. C'est sciant. L'interprétation, pour Audiolib, a eu toutefois ses limites - la lecture se fait lentement et produit des effets déprimants, elle nous prend aussi en otage et ne nous permet aucun recul face à cet univers glauque et suffoquant. Pour une fois, j'émets quelques réserves sur le choix du comédien.

Audiolib, novembre 2010. Texte intégral lu par Pierre Forest (durée d'écoute : 16 h 10). 
Traduit de l'italien par Anaïs Bokobza, pour les éditions Calmann-Lévy.

Publicité
<< < 10 20 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 > >>
Chez Clarabel
Publicité
Newsletter
Publicité
2023 Reading Challenge
Clarabel has read 8 books toward her goal of 200 books.
hide
Sauveur & fils
Quatre sœurs : Geneviève
Audrey Retrouvée
Le sourire étrange de l'homme poisson
Calpurnia et Travis
L'homme idéal... ou presque
Trop beau pour être vrai
Tout sauf le grand amour
Amours et autres enchantements
Ps I Love You


Clarabel's favorite books »
Publicité